Calixthe Beyala. Romancière camerounaise. Pourquoi parlez de cette femme alors que l’actualité reste dominée par l’intervention militaire qui bat son plein au Nord du pays où, justement, les djihadistes semblent avoir disparu de l’écran radar ? Simplement en raison de sa détermination on ne peut plus démesurée à faire passer les voyous du Mouvement National de Libération de l’Azawad (MNLA) pour le représentant d’une communauté touareg qui serait assoiffée d’autonomie. Depuis un certain temps en effet, la romancière dont je connais très peu l’audience dans le monde littéraire, est devenue l’une des voix les plus insistantes sur la revendication d’autonomie ou d’autodétermination du MNLA, revendication qu’elle trouve de bonne guère et dont elle pense qu’elle peut bel et bien être accordée.
Voilà qui a le don de faire sortir de leurs gonds un nombre incalculable de maliens, déjà gagnés au slogan ‘’Mali Un et Indivisible’’ qui mérite d’être médité par tous ces propagandistes fortement attachés à ce mythique Azawad, et dont ils soutiennent l’autonomie ou l’autodétermination. On le sait, depuis qu’a démarré la rébellion label MNLA, blogs, réseaux sociaux, internet sont empoisonnés par une lutte, désormais sans merci, entre les tenants de l’avis selon lequel il faut donner l’autonomie à l’Azawad et ceux du ‘’Mali Un et Indivisible ‘’. Cela étant dit, la question est là : en quoi la romancière camerounaise, Calixthe Beyala, est-elle concernée ? La réponse est limpide : dans un récent post sur facebook, bastion de la propagande, elle relevait que : « Chasser l’AQMi est une nécessité, protéger les touaregs est également une nécessité pour qu’ils cessent de souffrir sous le joug d’autres qu’ils viennent Etats ou du sud du Mali. Ma solution : chasser AQMI en évitant de faire des morts civils dans les populations touaregs qui souffrent depuis 50 ans et donnez à l’Azawad une autonomie. » Ce serait dormir que de ne pas être démangé par l’envie brûlante d’apporter une réponse à pareille appréciation. Parce qu’il est patent que Calixthe Beyala, dans son post, part non de ce quoi constitue l’essentiel de la question touareg, mais d’un certains nombres de faits isolés. De fait, il est impossible de ne pas lui faire observer que les faux jetons du MNLA qui portent la flamme de ce banditisme à grande échelle _ qu’on appelle, à tort, rébellion_ , ne sont guère représentatifs du peuple touareg qui a refusé de les suivre , les laissant préparer leur propre malheur, et qui reste convaincu que le Mali gardera son unité qu’il pleuve ou qu’il neige ! Ensuite, on se désole de noter que Calixthe Beyala donne là une occasion de la mettre dans le même sac que toute cette kyrielle de tarés en tous genres : ancien ambassadeur de tel pays, ancien ministre des affaires étrangères, spécialistes de telle ou telle question qui soutiennent mordicus, non sans errements, que les touaregs souffrent et qu’ils méritent leur autonomie. Comme ces propos, rapportés par Beyala, de Hubert Verdine, ancien ministre des affaires étrangères français, tenus sur France Culture : « Il faudrait penser à donner son autonomie au peuple touareg… » Plus important encore, c’est qu’après qu’elle a rapporté cela, Beyala essaye de faire comme Cassandra en écrivant : « A méditer par nos frères maliens dont j’ai attiré l’attention sur cette question et qui s’y sont opposés en me traitant de tous les noms. C’est ce qui va se passer. On n’aurait pu éviter cette guerre en allant directement à cette solution, épargnant ainsi la vie de nombreux civils. » C’est vraiment comme Cassandra dans la mythologie grecque !
Outre le rappel, toujours utile, de la lourde responsabilité du MNLA dans la situation que nous vivons actuellement, il faut avoir la conscience de relever ce mensonge grossier qui consiste à dire que « les touaregs souffrent depuis 50 ans » Et même si c’est le cas, ils n’ont souffert que de la bêtise et de la traitrise de ces voyous du MNLA qui, dans leur banditisme, arrivait chaque fois à un accord avec l’Etat malien, mais n’avaient pas l’ombre de la honte à reprendre les armes quand cela leur plait. Il serait aussi intéressant de rappeler ce qu’écrivait récemment Abdoul Madjid Thiam, journaliste à ‘’Les Echos’’ : « Si le dialogue portait, le Nord serait présentement un havre de paix envié par le monde entier. Depuis 1992, tout a été fait politiquement, économiquement, socialement et culturellement pour que les canons ne tonnent plus dans ce pays. Portant les vertus du dialogue à leur paroxysme, un certain président en est même arrivé à désarmer l’armée pour faire plaisir à un groupe qui n’est pas supérieur aux autres maliens (Accord d’Alger, tristement célèbre). Au grand dam de toutes les concessions, ils ont franchi la ligne rouge en proclamant l’indépendance l’un… Des dispositions contraires à la loi. Et avec tout ça des Etats voisins, qui ne tolèrent pas la même chose chez eux, pressent pour qu’on tende une main amicale aux traitres à la patrie, qui se tapent la poitrine pour leurs exploits macabres au lieu de la guerre totale, la couleuvre est dure à avaler ! »
Tout cela est déjà beaucoup pour remarquer que l’autonomie ou l’autodétermination du mythique Azawad est un rêve pieux, et que Cassandra_ il faut le rappeler à Calixthe Beyala_ a été désavouée par Apollon !
Boubacar Sangaré

M'envoyer un e-mail lorsque des personnes publient un commentaire –

Vous devez être membre de Atelier des médias pour ajouter des commentaires !

Join Atelier des médias

Réccemment sur l'atelier

Simon Decreuze via Twitter
“La ruée vers le podcast” par @sarahloulepers https://medium.com/p/7b417783b23b 
Il y a 1 heure
Atelier des médias via Twitter
Cameroun: la presse inquiète de la nouvelle loi antiterroriste http://rfi.my/1wldbgs  Via @RFI
Il y a 2 heures
Renaud Creus via Twitter
Jusqu'à minuit, TOUT http://www.mediapart.fr  est en accès libre ! #Cadeau #Openbar #HaveFun pic.twitter.com/4CQLcH1Tu7
Il y a 2 heures
Gaspard-Hubert Lonsi Koko posted blog posts
Il y a 3 heures
Plus...