Burkina: Une campagne de désobéissance civique contre « le coup d’Etat Institutionnel »

Décidément, impossible n’est pas Africain. Après l’annonce de l’adoption du projet de loi du gouvernement burkinabé qui permettra de faire un referendum en vue de modifier l’article 37 de la constitution pour que l’éternel Blaise Compaoré puisse briguer un n ième mandat présidentiel. Au pouvoir depuis 27 ans, l’ex frère d’arme de Thomas Sankara devra cette fois, faire face à une opposition qui compte lui mettre des bâtons dans les roues.

Le chef de fil de l’opposition burkinabée, Zéphirin Diabré a appelé les députés à rejoindre le mouvement de désobéissance civique dont le coup d’envoi sera donné ce mardi 28 octobre. Une journée nationale de protestation contre le « coup d’état institutionnel » sur toute l’étendue du territoire burkinabé. Il déclare « L’opposition politique appelle tous les députés patriotes épris de paix et de liberté à faire montre de dignité et à se démarquer du clientélisme. C’est maintenant au peuple burkinabè qu’il appartient de prendre son destin en main, de s’assumer. C’est aux Burkinabè de savoir ce qu’ils veulent et de le manifester ».

« Je ne vois même pas ce vote avoir lieu puisque nous rentrons dans une phase de lutte pour qu’il n’ait pas lieu, mais si jamais il avait lieu, je ne vois plus quelle crédibilité un député pourra avoir à nos yeux, explique Sara Sérémé, présidente du Parti pour la démocratie et le progrès. Elle ajoute « Nous n’avons pas fixé de date limite tant que nous n’aurons pas atteint notre objectif ».

A cause de leur gestion souvent gabégique et une situation économique morose à leur actif, certains chefs d’Etats africains ont trouvés la parade, la faille aux constitutions dites « démocratiques » que la France leur avait imposés suite à la conférence de LA BAULLE, en 1990. Vu qu’une loi peu en abroger une autre, alors ils usent et abusent de ces lois pour manier la constitution en leur faveur. Pour s’éterniser au pouvoir tel un monarque !

Ceci pourrait donner des idées au Président mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz, qui, entame son deuxième et dernier mandat constitutionnellement parlant. Le fait qu’il ait donné une réponse ambigüe à cette question : Allez-vous briguer un 3ème mandat ? posée en marge de la cérémonie de son investiture, laisse planer un doute certain sur les intentions de celui qui comme Blaise s’était imposé au sommet de la hiérarchie étatique suite à un coup d’Etat.

Quand à l’opposition burkinabée, elle exige « le retrait immédiat et sans condition » du projet de loi remis en question. La réaction de la rue et de la communauté internationale sera scrutée de près dans les autres pays où la tentation d’une révision constitutionnelle existe aussi.

Le Quotidien de Nouakchott Avec RFI

Amadou Sy

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