Les différents témoins  de cette affaire sont tous revenus sur le film de ce holdup spectaculaire pendant l’audience qui s’est ouverte hier au  Tribunal militaire de Douala.

 On se croirait dans une salle de cinéma où se diffusent les films Hollywoodiens ce 11 mars 2013 au Tribunal militaire de Bonanjo. La quatrième  audience de l’affaire Ecobank qui se tenait dans ce tribunal ce jour là  a permis aux différents  témoins victimes de ce braquage spectaculaire de revenir sur  le film de ce malheureux évènement  qui s’est déroulé à Bonabéri dans la nuit du 18 au 19 mars 2011.


Pendant ce procès basé sur l’audition des différents témoins de l’accusation, l’histoire de ce film épouvantable a été contée par les différents témoins ayant déposé devant la barre.   De tous les témoins présents  à l’audience, cinq uniquement ont témoigné.  Parmi les  dépositions, bien que variantes les  unes des autres par endroit, l’histoire  narré par  Jean Paul Djiengogoué, agent de sécurité G4s  qui a vécu le braquage en direct a retenu l’attention à la fois du tribunal, des  deux parties et du public venu nombreux à cette audience. 


Ce récit qui paraissait plus proche de la vérité  a refroidi la salle archicomble et bruyante du tribunal militaire, et plongé  toute l’assistance au cœur de  ce holdup extraordinaire. «J’étais assigné à la zone de Bonabéri ce soir là. Je faisais une patrouille rapide. Il n y avait rien d’anormal quand je suis arrivé. Mon agent était bien  en place » introduit-il. «Au moment où je demande  au chauffeur de faire la marche arrière pour poursuivre la patrouille, j’entends des coups de feu. J’ai d’abord cru que c’était des pétards. Quand je me retourne, j’aperçois une bande de personnes armées qui nous canardent. Ils étaient habillés comme des enfants de la rue et étaient tous armés.  Seul leur chef portait un gilet pare balles au couleur militaire. Une balle a cassé la pare Brise du véhicule et j’ai ouvert la portière et sauté à l’extérieur. J’ai roulé pour  esquiver la balle. Quand j’ai été atteint à l’épaule, je me suis couché comme mort. Je n’ai plus  bougé. Mon chauffeur resté dans le véhicule a tenté de sortir lui aussi quand il a été atteint  par plusieurs balles. Il est tombé mort. L’un d’entre eux s’est rapproché de moi, il m’a brulé les mains avec le canon de son fusil et m’a botté les cotes. Celui qui dirigeait l’opération a donné l’ordre qu’on me fouille puis a proposé qu’on réquisitionne notre véhicule. Ils ont continué à tirer.  J’ai été atteint par un éclat de balle. Un autre groupe est descendu vers le bas en tirant tandis qu’un autre remontait vers le haut. J’étais couché et je ne bougeais pas. J’ai entendu les bruits de gyrophares et l’un d’entre eux  a déclaré en pidgin (langue locale camerounaise parler dans les zones anglophones) « na dem di come »  qui signifie les voilà qui arrive et le chef de répondre  « let them come fire go be » ce qui signifie laisse les venir il y aura  guerre ou il y aura feu. Pendant ce temps poursuit  jean Paul Djiengogoué, ils se sont d’avantage rapproché de la banque et continuaient à tirer. Quelques minutes plus tard, un sac plein d’argent est sorti,  puis un second et ils sont partis à bord de notre véhicule et d’un cargo de couleur blanche. C’est alors que je me suis levé et je suis allé alerter ma base. Ils sont venus avec  le véhicule et j’ai été transporté à l’hôpital de la garnison militaire où j’ai été interné. J’ai été traumatisé parce que c’était la première fois que je vivais ce genre de chose là. C’étais la première fois que je voyais un collègue être assassiné.» raconte-t-il avant de démontrer à la barre comment il a pu s’extirper du véhicule pendant qu’on leur tirait dessus. Après avoir présenté à la cour, son carnet de santé, il a rappelé que son entreprise a investit beaucoup d’argent pour sa santé et pour sa rééducation.

Bien avant la déposition de jean  Paul Djiengogoué, dame Bernadette  Mangang  et  Daniel Ngachili tous des passagers à bord de car de transport en commun faisaient la  leur. Selon la première, elle était à bord du car quand des hommes armés ont ouverts le feu sur leur véhicule et elle a reçu deux balles à la jambe. Pour Daniel Ngachili, le bus de l’agence Feric Voyage  laissait un passager quand tout s’est passé. «J’ai  aperçu deux hommes en tenu avec des armes et quelques secondes après, j’ai entendu des coups de feu. C’était la débandade. J’ai été atteint par trois balles, l’une derrière la tête, l’autre au bras et une dans les cotes. J’ai perdu connaissance  et je me suis retrouvé à l’hôpital de la garnison militaire pendant l’opération.» racontent-ils en montrant  au tribunal les impacts de balles sur son corps.


Comme Jean Paul, Bernadette et  Daniel, les cinq  témoins victimes de ce braquage  qui ont témoigné devant  la barre ce 11 mars 2013 ont subit tous des traumatismes pendant ce braquage. Certains ont perdu des membres de familles et d’autres portent encore des stigmates de ce cambriolage. Tous ont émis le vœu de voir cette affaire s’achever car ils  continuent d’en souffrir.   L’audience de ce 11 mars 2013, a permis pareillement aux accusés dans cette affaire de plaider pour une accélération de ce dossier qui dure depuis deux années déjà. L’audience qui s’est finalement achevée à 17h30 minutes  a été renvoyée au 25 mars 2013.
 

Hervé Villard Njiélé

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