crédit photo: Bouteflika

On y a cru un moment, on aurait vraiment voulu assister à un changement de régime politique en Algérie mais Abdelaziz Bouteflika a bien été réélu pour la quatrième fois au terme d'un scrutin entaché de nombreuses irrégularités, comme l'estiment de nombreux observateurs de même que la presse algérienne. 

La situation actuelle en Algérie aussi décevante soit- elle continue toutefois de s'observer dans différents pays d'Afrique. De fait, sur le continent, les véritables élections favorisant une alternance réelle du pouvoir politique restent encore peu nombreuses, car certains candidats ou hommes d'Etat continuent de penser comme l'ancien Président de la République du Congo Pascal Lissouba, qu'on n'organise pas une élection pour la perdre.

Notons qu'à l'occasion de l'élection présidentielle en Algérie, de nombreuses protestations contre un quatrième mandat d'Abdelaziz Bouteflika se sont produites avant et durant la période électorale.

Dans les médias algériens et sur les réseaux sociaux, plusieurs voix se sont également fait entendre pour demander un boycott de la candidature d'Abdelaziz Bouteflika.

Sur internet mais également dans les médias locaux, des caricatures montrant un président momifié se sont multipliés. Dans les différents médias qui ont couvert la tenue de cette élection, des critiques acerbes à l'encontre de Bouteflika ont également été faites et toujours pour contester la candidature d'Abdelaziz Bouteflika, un opposant algérien a eu l'idée de reprendre le tube "Papaoutai" de Stromae.

 

A ce sujet, c'est le cas de rappeler que quelques semaines avant l'élection présidentielle, la chaîne de télévision Al-Atlas fut fermée par les autorités algériennes.

Les locaux de cette chaîne de télévision  reconnue pour son soutien aux partis d'opposition et qui émettait en Algérie depuis mai 2013 ont été perquisitionnés le 12 mars dernier.

A part cette perquisition, le matériel de la chaine a été saisi et les studios d'Al-Atlas ont été scellés par les forces de l'ordre. Toujours dans le secteur de la télévision, la ligne éditoriale de la chaine privée Dzair détenue par un investisseur pro- Bouteflika a subi des modifications suite à des pressions de la part des autorités algériennes.

Au niveau de la presse écrite, les responsables de l'Agence nationale d'édition et de publicité Algérienne ont signifié au journal Algérie News l'arrêt de diffusion de publicité dans les colonnes du journal parce que les animateurs du mouvement barakat (en français ça suffit) ont eu l'autorisation de se réunir dans leurs locaux.

En 2009, les quotidiens arabophones El Watan et El Khabar avaient pour leur part reçu la visite du fisc la veille du scrutin présidentiel.

Sur un autre plan, Reporters sans frontières déplora le fait que les autorités algériennes ont été particulièrement lentes à traiter les demandes de visas des journalistes souhaitant couvrir l'élection présidentielle algérienne cette année.

D'après Reporters sans frontières, les délais d'obtention de visa pour l'Algérie sont normalement de deux semaines. Malheureusement, les autorités algériennes ont davantage traîné en longueur dans la délivrance de visa à l’occasion du scrutin présidentiel de 2014.

 Reporters sans frontières ajoute aussi que les journalistes qui se sont vus octroyer des visas, ont eu des autorisations de séjour avec des restrictions, car sur certaines autorisations il fut spécifié que les journalistes pouvaient se rendre uniquement à Alger, Tizi-Ouzou, Constantine et Oran.

 Tous ces faits aussi tristes soient-ils illustrent le refus du pouvoir algérien de laisser les médias assumer leur rôle de façon indépendante dans une Algérie encore en proie à un système éducatif de mauvaise qualité, à l'abandon et au mépris de sa jeunesse, à une corruption généralisée et une gestion douteuse de la rente pétrolière.

 

Classé 121ème sur 180 dans le dernier  rapport de Reporters sans frontières avec une liberté d'expression en recul constant, il serait de bon ton que le pouvoir Algérien accorde plus d'importance au respect de ses engagements constitutionnels et internationaux en matière de libertés d'informations et qu'il procède à une refonte en profondeur de son paysage médiatique.

Doctorant en sciences de l'information et de la communication, Qemal Affagnon a exercé dans trois différentes multinationales des fonctions en vente et conseil. Diplômé d'un Master 1 de gestion des médias à l'Institut Supérieur Européen de Gestion de Paris puis d'un Master 2 de recherche en communication conjointement à l'université d'Arhus (Danemark) et de Florence (Italie), il s'intéresse aux évolutions sociales, économiques et culturelles dans les médias d'Afrique. Actuellement, il est chargé de cours en communication et journalisme sur le campus européen d'une université américaine basée dans l'état du Maryland.

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Commentaires

  • il faut reconnaitre que le president bouteflika est malade.même s,il est aime par une partie du peuple.sa présence devient pesante.

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