Blocus autour de la résidence de Gbagbo

Le Président Ado a-t-il anticipé sur une guerre extérieure?

Le premier discours du Président ivoirien, Alassane Ouattara depuis que la situation postélectorale s’est transformée en guerre à l’arme lourde et automatique donne une lueur d’espoir aux Ivoiriens.

D’abord l’annonce du blocus autour de la résidence présidentielle où serait toujours retranché Laurent Gbagbo, quelques membres de sa famille et ses derniers fidèles, les plus fidèles. La prise de toutes les dispositions pour un rétablissement rapide des services de base à Abidjan.

En effet, les priorités du Président Alassane Dramane Ouattara tournent autour : la réconciliation nationale, le rétablissement des services et de l’activité économique de base à Abidjan, ainsi que la justice pour les victimes de massacres. Aussi, la ville d’Abidjan est-elle livrée aux pillages, les corps des victimes jonchent les rues tandis que le système de santé s'est effondré, la nourriture manque, et que l'eau et l'électricité sont souvent coupées. En somme, la Côte d’Ivoire et particulièrement la zone d’Abidjan sombre dans le chao humanitaire chaque jour davantage.

Le volet sécurité avec l’ouverture des commissariats de police par le ministre de l’Intérieur quelques jours plus tôt et le maintien de l’ordre et de la sécurité annoncés sont de nature à garantir la vie sociale dans un environnement où la famine et l’escalade de la violence montent en puissance. Au-delà de la souffrance que vit le Président en lieu et place de ses élus, il y a la guerre que certains pays restés fidèles à Laurent tentent de mener contre les Forces républicaines de Côte d’Ivoire. Le danger est donc, imminent et il y a des signes qui ne trompent pas. Et pour cause, mardi soir, Laurent Gbagbo a tenté de joindre le rédacteur en chef de LCI en urgence pour intervenir sur la chaîne d'info. Ecrit Jean Marc Morandini sur son blog. Et de poursuivre « mais comme il n'a pas réussi, il s'est tourné vers le standard qui, au début, pensait qu'il s'agissait d'un canular », rapporte Le Figaro. « Finalement, l'appel a été dirigé vers l'équipe de Vincent Hervouët, qui a alors réalisé une interview de 20 minutes du président ivoirien, vers 19h30 ». Un entretien réalisé après une nuit de frappes sur sa résidence dans le quartier de Cocody à Abidjan. Les observateurs les plus avertis affirmaient la capitulation quand d’autres parlaient de reddition de Laurent Gbagbo. Rien n’y fit.

 

Comme le sphinx il renait

 

« Je réclame la vérité des urnes. Ouattara n'a pas gagné les élections », a-t-il martelé dans cette interview à LCI. Du coup, ceux qui n’avaient pas encore compris que « Alassane devrait enjamber le corps de Gbagbo avant d’arriver au palais ses sont rendus compte que l’ex-chef d’Etat ivoirien reste serein. Pourquoi garde t-il une telle sérénité là où il devrait faire une reddition ?

C’est le confrère de Jeune Afrique qui semble mieux cerner le contour. L’Afrique du Sud se prépare à une intervention de son armée dans la capitale économique ivoirienne, pour protéger ses ressortissants, pourtant peu nombreux. Ecrit le confrère.

Va-t-on vers l’intervention d’une nouvelle armée étrangère en Côte d’Ivoire ? Selon nos informations, l’Afrique du Sud se prépare en effet à envoyer des soldats à Abidjan pour mettre ses ressortissants en sécurité. La marine sud-africaine dispose déjà d’un navire ravitailleur qui mouille au large d’Abidjan, le SAS Drakensberg. Ce bâtiment peut notamment accueillir un hélicoptère (voir photo).

Pretoria dispose aussi d’un autre bâtiment de guerre, situé dans le Golfe de Guinée, et qui devrait faire mouvement vers Abidjan prochainement.  Et le confrère de s’interroger sur  la «  préparation d'une intervention de l'Afrique du Sud à Abidjan ? »

Une centaine de parachutistes-commandos sud-africains sont aussi stationnés à Accra (Ghana) et pourraient intervenir dans la capitale économique ivoirienne.

Pour une vingtaine de ressortissants

Il s’agirait pour Pretoria de mettre ses ressortissants à abri et éventuellement de les évacuer. Mais le  faible nombre de Sud-Africains à secourir (ils ne sont que 20 à Abidjan, selon nos informations) pose question.

On ne peut faire que des supputations à ce stade, mais si Laurent Gbagbo, assiégé à dans sa résidence présidentielle, en venait à choisir l’exil, il aurait besoin d’un point de chute et d’une exfiltration par des forces qui ont sa confiance...

L’Afrique du Sud s’était en tout cas distinguée  par sa relative bienveillance à l’égard de Laurent Gbagbo tout au long de la crise ivoirienne. Pretoria était favorable à une négociation entre lui et Alassane Ouattara, quitte à permettre au président ivoirien sortant de rester en place.

L’Afrique du Sud n’avait demandé officiellement le départ de Laurent Gbagbo qu’après la remise des conclusions du panel des chefs d’État et de gouvernement de l’Union africaine (dont faisait parti le président Jacob Zuma), le 10 mars.

Pretoria s’est à nouveau fait remarquer cette semaine en prenant ses distances avec les frappes aériennes conjointes de l’Onuci et de la force française Licorne.

« Je ne me rappelle pas avoir donné un mandat à quiconque pour un bombardement aérien sur la Côte d'Ivoire, avait déclaré la ministre des Affaires étrangères Maite Nkoana-Mashabane lors d'un point-presse à Pretoria. Nous ne soutenons pas nécessairement ce que nous n'avons pas voté. » Une position ambigüe du pays de Nelson Mandela qui donne froid dans le dos.

Il ne reste qu’au Président Alassane de prendre ses dispositions pour mettre de l’ordre et s’apprêter à une éventuelle attaque des positions des Frci, de la Licorne et de l’Onuci par les pays amis restés fidèles à Laurent Gbagbo.

           

      Seriba Koné, journaliste déplacé à Bouaké        

 
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