BIENVENUE AU CARNAVAL HAÏTIEN

BIENVENUE AU CARNAVAL HAÏTIEN

Ce week-end les haïtiens se préparent à fêter le carnaval national qui aura lieu le 19, 20, 21 février 2012 aux cayes. Cette fête tire ses origines de l’époque coloniale esclavagiste. C’était un moment de répit ou les grands planteurs et les colons appréciaient la dramaturge locale de leurs esclaves. On buvait et on festoyait durant des jours. Cette fête est rentrée dans les festivités nationales après l’indépendance d’Haïti en 1804. Ainsi, depuis plus de deux cent ans, on commémore le carnaval en Haïti. Moment de grandes réjouissances à travers les rues de Port-au-Prince, la capitale d’Haïti et de la province plus précisément de Jacmel.
Le carnaval de Jacmel est plus apprécié que celui de Port-au-Prince et reçoit aussi plus de touristes à cause de la beauté de ses masques originaux qui font penser aux peintures des naïfs haïtiens spécialisés dans le genre animalier. Le carnaval est aussi plus coloré et l’ambiance est courtoise. Dans la soirée, après le défilé, de grands bals populaires sont organisés dans les quartiers.
Le carnaval de Port-au-Prince qui chose première aura lieu dans le département du sud d’Haïti cette année, plus précisément aux Cayes par ordre du gouvernement qui répugnent à organiser le carnaval traditionnellement dans la capitale à cause des abris provisoires qui occupent encore le champ de mars la plus grande place publique de Port-au-Prince, de l’insalubrité des lieux et des traces trop visibles du séisme après deux ans est souvent plus meurtrier que celui de Jacmel mais le défilé ponctué de meringues, de danses et de chants de touts sortes où se défilent indiens, hindous, arabes du désert, bœufs, cyclistes, motocyclistes, jambes de bois, choucounes, grosses têtes et autres masques sans oublier les chars allégoriques et les groupes les plus en vogues de la musique compas, racine, rap, reggae, rabòday et autres genres musicaux dure plus longtemps . Autrefois, après le défilé, on se rendait au bal masqué mais cette tradition toujours en vogue à Jacmel n’est plus de mise à Port-au-Prince car le défilé se termine habituellement trop tard.
C’est un moment très important pour le peuple haïtien. Tout le monde y trouve leur compte. Le gouvernement toujours en crise a un moment de répit durant les trois jours gras car le peuple occupé à festoyer oublie les problèmes politiques, les entreprises en sponsorisant les chars et les groupes musicaux reçoivent en échange une grande couverture publicitaire. Les haïtiens de la diaspora rentrent au bercail et permettent ainsi au pays de rentrer un peu d’argent car contrairement au Brésil, ce carnaval est peu prisé par le tourisme malgré sa grande diversité culturelle à cause de la situation politique du pays depuis deux décennies et de la mauvaise image d’Haïti diffusée par les medias internationaux et de l’indolence des gouvernements haïtiens qui ont succédés sur la scène politique haïtienne durant ces 20 dernières années et qui n’ont rien fait pour effacer cette mauvaise image d’Haïti à l’étranger. Le carnaval haïtien a aussi une forte dimension politique. Même si la majorité des chansons parlent de la femme haïtienne ou de son corps en des termes parfois choquants, les groupes musicaux en profitent aussi pour soit ridiculisé le gouvernement en place, soit le flatter ou encore s’en prendre à certains personnages qui ont fait coulé beaucoup d’encre dans la presse haïtienne durant l’année précédente. Toutes ses choses qui ne peuvent être dit ouvertement sont chantées dans les meringues carnavalesques.
À travers cette grande fête populaire où pauvres et riches dansent au même rythme, on découvre la richesse de la culture haïtienne et sa grande beauté.

Aurore
17 février 2012

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