BIENTOT LA GUERRE DE L’EAU AU CAMEROUN

BIENTOT LA GUERRE DE L’EAU AU CAMEROUN

Le 25 Décembre 2000, une violente pluie arrosa les sept collines de Yaoundé la capitale camerounaise, alors qu’on n’était en pleine saison sèche. C’était le tout premier signe du changement climatique au Cameroun. Dès lors, on n’a plus confiance au climat équato-tropical camerounais. Le ciel nuageux n’annonce plus l’arrivée de pluies. La météo nous parle d’une pluie qui va s’abattre mais c’est plutôt un soleil ardent qui apparaît après un brouillard pour nous brûler le crâne. Mais malgré ce changement climatique, la saison pluvieuse qui tarde encore à s’envoler finira par céder la place à la saison sèche, période de la guerre de l’eau au Cameroun. D’ailleurs, cette saison s’annonce déjà. Et quand elle viendra, la lutte pour avoir l’eau débutera. Les enfants ne dormiront d’un sommeil profond. Ils veilleront pour espérer avoir un peu d’eau de la CAMWATER à 22heures, 01heures, 03heures ou 04heures. Et lorsqu’ils ne parviendront pas à en avoir en ces moments tardifs de la nuit, ils inonderont aussitôt les puits profonds ou les sources à partie de 05heures où c’est à souhaiter qu’un aîné ne vienne en dernière position créer une bagarre. Car, certains grands arrivent après mais impatients, ils veulent puiser avant les petits qui sont là depuis. Et comme les petits d’aujourd’hui ne se laissent pas facilement faire, il y a bagarre. Si par malheur ils ne parviennent pas à avoir l’eau des puits ou des sources qui tarissent très souvent, ils vandaliseront les installations de la CAMWATER : en cassant les tuyaux ou en enlevant les compteur par exemple. De passage dans un sous quartier des villes du Cameroun où le problème d’eau est une grande importance en saison sèche, on voit souvent de l’eau sortir du sol, dans ce coin ou l’autre coin de la rue. Il s’agit tout simplement d’un tuyau cassé ou d’un compteur qui était arraché. Ignorant, on peut penser que la pression d’eau étant élevée, a dû éclater le tuyau de mauvaise qualité ou arracher le compteur mal placé. Mais si on demande aux enfants qui s’y trouvent en train de se battre pour avoir un peu d’eau, ils répondent avec un sourire : « ça fait presque trois jours qu’on n’a pas d’eau ici quartier. Les gens ont certainement cassé ce tuyau dans la nuit pour qu’on ait un peu d’eau. »Un problème d’eau, pourtant, il n’est pas rare d’entendre sortir de la bouche des autorités : « le Cameroun a une bonne potentielle en eau. » Très vrai mais pourquoi une guerre pour avoir ce liquide sang de vie ? C’est incroyable, inacceptable qu’un pays en région équatorial ait un problème d’eau. Mais la réalité est bien là.Connaissant ce qui les attend à la saison sèche, les jeunes Camerounais du Quartier Carrière à Yaoundé et ceux du Quartier Doualaré à Maroua, souhaitent qu'il continue à pluvoir.A notre ère, très peu de Camerounais ont accès à l’eau portable. Les enfants parcourent des longues distances à la recherche d’eau de puits ou de sources, qui est généralement à l’origine des maladies hydriques. Le gouvernement bien au courant de tout ça fait alors quoi pour aider la population à éviter ces maladies hydriques ? Quasiment rien. On dirait qu’il ignore que « l’eau c’est la vie ».
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Commentaires

  • Merci Denis pour cet article qui relève un problème épineux du changement climatique : la guerre de l'eau.
    L'eau source de vie, l'eau source de mort enfin l'eau qu'il va nous falloir apprendre à gérer avec les changements climatiques.
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