Berlinale 2011 - Jour 3 : Hippolyte hypocrite

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Bien, que s'est-il passé aujourd'hui...ben pas grand chose, la routine, 1er film à 9h00, puis conférence de presse, puis 2ème film, etc. jusqu'à minuit. Pas d'interviews directes, pas de rencontres fortuites, pas de grands films, pas de grandes catastrophes, pas de grandes émotions...ah oui, si, j'allais oublier (et je ne m'explique ce presque oubli que par un instinct aiguisé de ma tête pour contrôler son mal) l'inéfable Hippolyte Girardot.

Il faut vous dire, que lui et moi, c'est une inimitié qui date de 1989 et d' "Un monde sans pitié". A l'époque, il ne s'agissait pas pour moi d'écrire des critiques, ni même de me prétendre compétent en matière cinématographique, mais juste de voir des films, le plus possible pour assouvir cette passion. Et je reconnais, j'ai immédiatement eu un sentiment d'aversion et pour Hippo (le personnage du film) et son acteur. Quelque chose me disait que cet individu ne jouait pas vraiment un rôle de pauvre type blasé, puant de condescendance, plein de morgue, en réalité faussement débonnaire, vraiment étriqué, à la limite philistin.
Pour être plus précis, cette antipathie était par la force des choses unilatérale, lui n'ayant aucune idée de mon existence. Ceci a changé en décembre dernier. J'ai eu la délectation de le voir au Festival du film français de Berlin où il présentait un film d'une telle pauvreté et débilité que je n'avais pas vu depuis au moins 3 ans...et je vois en moyenne 300 films par an, dont une grande partie est mauvaise! Bref, notre ami voyant l'accueil d'un public berlinois pourtant d'ordinaire très indulgent en ce qui concerne les productions françaises (je ne comprendrais d'ailleurs jamais cet engouement) s'est refusé à répondre aux questions telles que "pourquoi vous avez accpeté ce rôle" ou "qu'est-ce qui vous a attiré dans ce script", sans compter la question qui à 1 cent que tout le monde se posait: "mais qu'est-ce que veut dire ce film, en avez-vous une interprétation?". Alors si on comprend sa difficulté à s'exprimer sur ces questions auxquelles personnellement je ne conçois aucune réponse sensée, il était à la fois jubilatoire, à la fois honteux de le voir en 1ère phase essayer de s'en sortir par des pirouettes, en 2ème phase d'adopter une attitude arrogante et pour finir lancer un coup de gueule contre ces gens qui veulent à tout prix savoir le pourquoi du comment. Re-bref, pour finir il a envoyé sur les roses une amie et, 21 ans après ma première impression, celle-ci c'est confirmée en direct: ce monsieur empeste la médiocrité, louvoie et se drape dans une exaspération qui se veut intellectuelle pour tout simplement ne pas prendre position ou sa responsabilité.

Et aujourd'hui, en compétition offficielle je vous prie, le revoilà dans un film germano-français, même pas mauvais, juste inutile et insignifiant, dans un rôle en harmonie avec le film, toujours dans le même registre du type imbuvable (c'est sûr que là-dedans, il excelle). Pendant la conférence de presse, monsieur la diva s'illustre à nouveau par une réponse mi-excédée mi-dédaigneuse à une question qui ne lui était même pas posée: pourquoi les protagonistes n'arrivent pas à quitter l'Afrique, y a-t-il quelque chose de particulier là-bas qui rend ces retours pour les Européens si difficiles. Et voilà pas notre ami, dans un grand moment d'emphase métaphorique extrêmement délicate et , se mettant à comparer l'Afrique à un bar. Car oui, mesdames et messieurs, vous savez, pas besoin d'être aller en Afrique pour connaître ce sentiment-là. Il y a plein de gens qui sont dans des bars et qui n'arrivent pas à sortir du bar. Et figurez-vous que c'est parfaitement normal, ordinaire et quotidien: il y a toujours des gens qui ne veulent/peuvent pas sortir du bar et d'autres qui veulent y entrer (ici la référence était en rapport avec un autre protagoniste qui y allait pour la première fois en Afrique).

S'il y a un Ours d'or de la connerie ordinaire, pour sûr qu'il l'obtiendra haut la main!

Pour toi Christine, cette photo: t'as pas l'impression qu'il m'a reconnu, au regard qu'il me jette.

Au fond, je peux être satisfait d'une chose: je crois que j'ai reussi à équilibrer nos rapports, entre Hippolyte et moi: enfin une animosité parfaitement réciproque.

 

MaB

 

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