Enfin, il n'a d'africain que le réalisateur et le co-producteur qui est la même personne que le réalisateur: Rachid Bouchareb.Le film a été extrêmement bien recu par la critique et le public. deux journalistes sont même venus féliciter Missoum pour ce merveilleux film...comme si Missoum l'avait fait! Et Heureusement qu'il ne l'a pas fait, car c'est de la soupe aux oignons cuite à point pour faire pleurer dans les chaumières occidentale. Aujourd'hui, c'est moi qui ai la rage (ceux qui suivent le blog savent de quoi je parle). Tout d'abord l'histoire telle qu'elle est présentée dans le catalogue officiel:"Le 7 juillet 2005 au matin, peu avant 9 heures et puis exactement une heure plus tard, ce sont en tout quatre bombes qui explosent à Londres. (...) Le film raconte l’histoire de deux personnes directement touchées par lesattentats bien que se trouvant très loin de là au moment des explosions. LONDON RIVER raconte l’histoire d’Ousmane, un musulman, et de Mrs. Sommers, une chrétienne. Ousmane vit en France, Mrs. Sommers, sur l’unedes îles anglo-normandes. Ils mènent tous deux une existence tout à fait normale jusqu’au jour où ils apprennent que leurs enfants sont considérés comme disparus depuis « 7/7 », le jour des attentats terroristes de Londres.Une fois arrivés dans la capitale britannique, ils apprennent que leurs enfants y vivaient ensemble. Ousmane et Mrs. Sommers sont certes différents de par leur croyance religieuse et leur milieu culturel – ils partagent toutefois le même espoir de retrouver leurs enfants vivants."Je passe sur les stéréotypes, les scènes qui posent l'histoire en contre-plaqué, comme si le spectateur était trop idiot pour comprendre que les deux personnages principaux étaient le reflet l'un de l'autre mais dans un autre contexte religieux et culturel, la crédibilité des coïncidences, etc, etc. Non, je passe sur tout cela et je me contente de me demander pourquoi la toile de fond de cette histoire est celle d'attentats terroristes en Occident. C'est d'ailleurs la question que je lui ai posé lors de la conférence de presse, avec en supplément s'il pensait qu'un autre cadre tragique aurait pu faire l'affaire. La réponse: "je vis en Europe et Londres me parraissait intéressant car je voulais absolument un cadre pour réunir Brenda Blethyn et Sotigui Kouyate sans lesquels je n'aurais jamais fait les films, mais on aurait évidemment pu parler des attentats de Madrid ou d'Afrique du nord."L'explication semble être honnête: ce sont des contraintes qu'il s'est imposé. Le corrolaire par contre (madrid ou afrique du nord) m'horripile, car de quels attentats en Afrique du nord parle-t-il? Alger, Blida, Tizi Ouzou? Non, bien sûr: Casablanca, Djerba plutôt. Là où il y a des touristes. Là où le spectateur occidental ressent de l'empathie. Et ca, ca me met en rage. Qu'il ait le courage de dire qu'il fait un film qui parle aux Occidentaux et que le reste n'est que pretexte. Cela ne me gênerait pas. C'est normal, c'est son travail, son oeuvre et il en fait ce qu'il veut. Mais nous vendre cela comme un pont entre le Nord et le Sud, un universalisme des douleurs et un lieu de rencontre des cultures, je me marre, mais autant que ceux qui ont pleuré en regardant le film (une journaliste lui a dit pendant la conférence de presse: "vous m'avez fait pleurer plusieurs fois, vous avez ruiné mon maquillage"). Je ne les ai pas beaucoup entendu pleurer lorsque pendant 10 ans l'Algérie agonisait sous les bombes, les égorgements, les bébés brûlés...ah si, peut-être quand des prêtres blancs (paix à leurs âmes) ont été assassinés. Au passage, des gens cherchent encore des enfants disparus en Algérie. Mais qui cela intéresse-t-il? Personne, et c'est tant pis pour nous, on avait qu'a avoir plus de touristes...Que l'on me comprenne bien: je ne demande pas à ce qu'un réalisateur algérien fasse obligatoirement un film sur notre tragédie, mais qu'il ne me raconte pas que le choix d'attentats terroristes en occident n#est pas un choix de maximisation de l'impact sur un public conditionné par les discours d'insécurité et de peur, prêt donc à être ému par des personnages auquel il peuvent s'identifier, alors que si l'on y réfléchit bien, ce même public à plus de probabilités d'être touché par une catastrophe naturelle ou mécanique ou industrielle (ce qui à mon avis aurait pu être le fameux cadre tragique dans lequel se passe l'histoire) que par un attentat terroriste.Je pense que ce film aura un quelconque prix, voire même...non, je ne veux pas y penser!, et un certain succès en salle...je crois que je vais retourner voir RAGELondon River; de Rachid Bouchareb; avec Brenda Blethyn, Sotigui Kouyate, Roschdy Zem, Sami Bouajila, Bernard Blancan; Algérie/France/Grande-Bretagne; 2009; 87 min.MaBPS.: Pendant plus de 10 jours j'ai attendu pour avoir une interview pour M. Bouchareb avec mon collègue. Dire que j'ai interviewé des vedettes d#hollywood, même un oscarisé...même pour me dire non, les étasuniens m'ont toujours répondu (faut leur reconnaître cela). Mais l#attaché de presse francais du film non! Il a fallu que j'écrive une lettre personnelle à Bouchareb, signée de nous deux, pour que quelqu'un me contacte en catastrophe hier soir. Je ne ferai pas l'interview, mais comme cela tient beaucoup à coeur à Missoum, j'ai contacté l'attachée de presse allemande (très compétente et sympathique, elle) et il fera l'interview demain. J'espère qu'il en partagera les meilleurs moments avec nous.

Photo: Berlinale
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Commentaires

  • Le réalisateur n'a pas été correct avec Missoum lors de l'interview, il lui a demandé de laisser en priorité les Occidentaux dans le même groupe que lui poser les questions. Une preuve, s'il en était besoin qu'il ne s'intéresse qu'à la rive nord du soi-disant pont qu'il veut représenter entre le nord et le sud...
    Mais, petite consolation, il s'est laissé prendre en photo avec Missoum.

    Photo: une journaliste anglaise qui m'a bien sali mon appareil...je me demande comment on peut laisser tant de traces en faisant une seule photo! C'est vraiment pour toi Missoum que je t'ai prêté mon Linux...tu sais comment je suis maniaque et j'ai vraiment dû prendre sur moi...je te dis pas ma tête quand je l'ai récupéré au desk presse!!!
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