Depuis quelques années, le cinéma iranien fait le bonheur des festivals du monde entier. Cela a commencé avec des films mettant en scène des enfants et beaucoup de métaphores pour contourner les contraintes admnistratives, disons le comme cela, puis des films montrant la société iranienne avec ses difficultés quotidiennes dans les villes comme dans les campagnes, et aujourd'hui, petit miracle dans la compétition: "Darbarey Elly" (A propos d'Elly), un film qui pourrait venir d'Europe si ce n'était les éléments qui placent -et c'est tant mieux- l'histoire dans un environnement socio-culturel. Avec ce film, le cinéma iranien passe un cap, celui de l'universalité. L'histoire et son langage parlent à tout le monde, les acteurs sont fabuleux...rien à dire, si ce n'est à ceux qui ont quand même cherché la petite bête en sous-entendant qu'il y avait forcément un message sur l'oppression de la femme. A ceux-ci, je dis: là où il y a oppression de la femme, il y a oppression tout court.Extrait du catalogue: Ahmad, qui vit depuis longtemps en Allemagne, est de retour en Iran pour un bref séjour et ses anciens amis d’université décident de passer trois jours de vacances ensemble au bord de la mer Caspienne. Sepideh, une des femmes du groupe, de caractère très enjoué, a pris en charge l’organisation du séjour. Elle a également convié au voyage Elly, l’institutrice de sa fille qui est en maternelle, et ceci à l’insu des autres participants.Ahmad, qui sort d’un mariage malheureux avec une Allemande, est désireux de refaire sa vie avec une Iranienne et les amis se rendent compte peu à peu de la raison pour laquelle Sepideh a invité Elly. Elle va désormais captertoute leur attention, les uns et les autres lui trouvant mille qualités. Le second jour, alors que tout se passe bien et que la joie et l’harmonie sont au rendez-vous, un incident survient au cours duquel Elly s’éclipse dans la nature. L’ambiance joyeuse disparaît d’un seul coup et l’harmonie fait place aux diverses spéculations des amis sur le pourquoi et le comment de la disparition d’Elly.de Asghar Farhadi, Iran, 2009, 119 min.

Photo: BerlinaleMaintenant la polémique: des activistes iraniens opposant au régime en place bien sûr tiennent des banderoles où il est écrit que la Berlinale est un lieu de propagande pour le régime iranien, promeut les islamistes et l'antisémitisme. Ce qui est n'importe quoi, c'est bien évidemment l'accusation voulant que la programmation soit un porte-voix pour les islamistes et antisémites. Personnellement, je n'ai encore rien vu de tel, et des films, à la fin d'un festival, j'en ai vu 150 environ.Maintenant, j'ai quand même posé la question à ces militants anti-Ahmadinejad contre quoi exactement ils protestaient. Ils protestent contre le fait que des films iraniens, n'importe lesquels, soient présentés ici et plus généralement en Occident. Ils soutiennent un boycott culturel qui couperait l'Iran d'un moyen d#expression que le gouvernement contrôlerait pour montrer un visage civilisé au monde. Je leur ai dit que j'ai souvent vu des films critiques sur les travers de la société, que j'ai appris des choses sur l'Iran grâce à ces films. Pour eux, ceci n'est qu'une facade, les tournages sont soumis à autorisation, qu'ils (les mollahs) laissent ces films exprès pour l'international mais qu'ils ne sont pas tournés pour les Iraniens ni montrés aux Iraniens, ce à quoi je leur fait remarquer que Marjane Satrapi (Persepolis) n'a pas eu besoin de faire des séances à Téhéran: deux jours après la sortie de son film en France ses amis le visionnaient à Téhéran sur DVD.Ceci dit, le débat est quand même intéressant: un boycott culturel a-t-il le même sens qu'un boycott économique ou politique...MaB

Photo: Malik BerkatiPS. et comme Missoum ne s'est pas réveillé ce matin pour voir Elly à 9h00, et bien j'espère que sa copine Tilda ne sera pas aussi enthousiaste que je le suis et ne lui donne pas un prix!
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