Pour trouver une issue aux grèves déclenchées par des syndicats de l'Administration publique réclamant la revalorisation de leur point indiciaire de 1,25%, le Premier ministre, Pascal Irenée Koupaki, assisté de Madame Mêmouna Kora Zaki Léadi, Ministre du travail et de la fonction publique, a eu une séance de travail avec les Secrétaire généraux des centrales et confédérations syndicales, ce vendredi 8 juillet 2011 à l’INFOSEC à Cotonou. Cette ultime rencontre n'a pas comblé les attentes des syndicalistes. Le Premier ministre fait ici le point des négociations.  





"Pendant 6 heures d’horloge, les discussions ont eu lieu ce matin entre le gouvernement, les centrales et les confédérations syndicales élargies à la Fédération des travailleurs des syndicats du Ministère de l'économie et des finances et aussi à une coalition qui s’est formée récemment. Vous savez que depuis une semaine, nous étions en train d’examiner la question qui se rapporte à la revalorisation du point indiciaire et à l’harmonisation des primes au sein de la fonction publique et à la correction des disparités catégorielles. En fait, c’est des sujets connus depuis un certain temps. Au mois d’avril 2011, nous avons eu à trouver une formule qui devrait permettre de calmer l’environnement social, pour que nous puissions nous mettre résolument au travail. Ce qu’on a indiqué aujourd’hui, c’est d’abord que nous sommes tous convaincus que le patriotisme doit prévaloir dans les discussions ou le dialogue social. Nous sommes aussi convaincus que l’information entre le gouvernement et le monde syndical doit circuler. C’est une question de transparence. Mais pour aujourd’hui, nous avons principalement relevé qu’il n’était pas possible d’accéder à la généralisation de la revalorisation du point indiciaire et d’ailleurs que la Cour constitutionnelle a eu à délibérer sur la matière. Et pour des raisons de discrimination, la Cour constitutionnelle a cassé le Décret, que le gouvernement a par ailleurs abrogé. Donc il fallait mettre la balle à terre et reprendre les négociations. C’est ce que nous avons fait. 
Le gouvernement a donné suffisamment d’information sur la situation économique et budgétaire que notre pays traverse. Vous savez que le taux de croissance est toujours dans les environs de 3%, certainement en 2012, le taux de croissance sera dans les environs de 4% , et ce n’est pas encore suffisant pour nous produire autant de recettes pour prendre en charge autant de dépenses. La gestion budgétaire orthodoxe nous indique que toute nouvelle dépense doit être adossée à de nouvelles recettes. Si nous ne faisons pas ainsi, les besoins de financement des investissements ne seront jamais couverts. Ceci est partagé par tout le monde. Mais quand on en arrive au coefficient de revalorisation du point indiciaire, un coefficient de 1,25 équivaut à 22,5 milliards de francs CFA annuellement. C’est-à-dire que si nous institutions ça maintenant, par an ça doit nous coûter 22 milliards et demi. Nous ne pouvions pas déjà prendre en compte dans le budget 1,5 milliard qui concerne les travailleurs du Ministère de l’économie et des finances. Alors, demander au gouvernement de prendre en charge 22,5 milliards, je pense qu’il y a là quelque chose qui ne va pas. Nous devons mieux apprécier les réalités économiques, budgétaires et financières de notre pays : ça c’est fondamental. Nous avons donc montré les limites qu’il y a à prendre en charge un tel volume de dépenses, surtout que les recettes ne sont pas en phase. Après cela, nous avons partagé l’idée qu’il va falloir aller vers une progressivité et donc, il faut éviter désormais toute discrimination, puisque ça aussi c’est un problème. Mais ce qui apparaît aujourd’hui discriminatoire ne l’était pas vis-à-vis du monde syndical en avril dernier, sinon on n’aurait pas fait cela. 
Enfin, nous sommes d’accord que l’approche doit être une approche globale, et non-discriminatoire. Et l’approche non-discriminatoire sera une approche progressive en fonction des ressources disponibles aujourd’hui et projetées pour 2012, 2013, 2014. Une fois que nous nous sommes entendus un peu sur cette approche, la question c’est de savoir s’il y a des dépenses que le gouvernement peut mieux maîtriser. Nous avons dit qu’on va faire un audit des effectifs, ceci est important. Deuxièmement, il y aura un audit des budgets, peut-être qu’il y a des dépenses que nous pouvons mieux maîtriser. 

Si les travailleurs qui sont des Agents permanents de l’Etat ont le sentiment qu’il y a certaines dépenses qui peuvent être mieux maîtrisées, ce sont eux qui nous aident à élaborer les budgets, on en tiendra compte. Et je leur ai indiqué que dans le cadre de l’élaboration du budget 2012, nous allons examiner la question concernant les audits des différents budgets. Si dans l’intervalle nous avons des résultats, nous allons les intégrer dans le budget 2012. Voyez-vous, le gouvernement manifeste sa volonté. Nous voulons prendre en charge des dépenses, mais dans la limite des moyens et des recettes disponibles. Dans le même temps, nous sommes sur le front de la mobilisation des recettes. C’est comme cela que nous pouvons avancer. Il y a une proposition qui a été faite par les Secrétaires généraux en début de semaine. Comme l’Etat ne peut pas prendre en compte la charge, compte tenu de l’importance des montants de la revalorisation de 1,25 %, ils ont proposé que peut-être dans un premier temps, on fasse la conversion des 2 primes en traitement indiciaires. Il s’agit de la prime de rendement et de la prime spécifique. Ces deux primes sont servies dans l’ensemble des ministères, donc les regrouper et les transformer en traitement indiciaire, c’est possible. Mais aujourd’hui, nous avons pris note du fait que certains syndicats de base ne souhaitent pas çà comme solution au financement de ce volume de nouvelles dépenses. Donc, à partir de ce moment-là, comme il y a eu ce recul, nous devons maintenant discuter avec nos partenaires. Vous savez qu’il y a une mission du Fmi et de la Banque mondiale présentement chez nous. Nous allons discuter avec eux pour voir s’il y a possibilité de caser certaines dépenses du genre. Mais j’ai aussi indiqué que cela me paraît extrêmement difficile.

Si nous ne pouvons pas incorporer dans le budget une dépense de 1,5 milliard, ce n’est pas une dépense de 22,5 milliards que nous pouvons incorporer. Donc, il faut absolument qu’on se comprenne. Le gouvernement veut bien améliorer les conditions de service des agents permanents de l’Etat. Aucun gouvernement au monde ne dira le contraire. Mais la réalité économique et financière nous impose une démarche progressive.
Je vous remercie".
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