Le président de la République a formé le samedi 28 mai son premier gouvernement qui compte 26 portefeuilles ministériels. Plusieurs leçons peuvent être déjà tirées de cette équipe chargée de conduire le processus de refondation.

Le nombre de portefeuilles ministériels a été effectivement revu à la baisse. Il passe désormais de 30 à 26. Mieux, c’est un vrai balayage qui a été opéré, parce que seulement 19,23% de l’ancienne équipe sont maintenus. En d’autres termes, le gouvernement a été remanié à 80, 77%. Deux ministres rescapés ont passé entièrement le premier quinquennat avec Yayi Boni. C’est le cas de Pascal Irénée Koupaki et Issifou Kogui N’douro. Rékya Madougou et François Abiola viennent du dernier gouvernement et Martial Souton a été choisi en pleine crise Icc-services pour remplacer Armand Zinzindohoué. Cinq anciens conseillers ont été repêchés et sept députés cèdent leurs places à leurs suppléants. Il s’agit de Marcel de Souza promu Ministre chargé  l'analyse économique, du développement et de la prospective, Raphaël Edou, le nouveau locataire du ministère de la décentralisation, Lambert Koty aux travaux publics, Max Awèkè à la communication et Didier Aplogan à la jeunesse et aux sports pour les premiers. Alassane Soumanou Djimba de l’enseignement secondaire et technique, Eric N’dah de l’enseignement primaire, Nassirou Bako Arifari des affaires étrangères, Blaise Ahanhanzo-Glélé de l’environnement, Martial Souton de la Réforme administrative et François Abiola de l’enseignement supérieur sacrifient leurs sièges de parlementaires. Deux Maires abandonnent également leurs Communes pour siéger au gouvernement. C’est le cas de Blaise Ahanhanzo d’Abomey et Katé Sabaï de Banikoara. On peut conclure au vu de ces réalités, que ces députés et maires perdront tous leur mandat électif jusqu’aux prochains scrutins, dès que le Président Boni Yayi prendra la décision de se séparer d’eux. Il y a plusieurs hommes de l’ombre qui viennent aux affaires par ce remaniement. C’est le cas des ministres Safiatou Bassabi et Jean-Michel Abimbola. Sans être nommés conseillers, ils étaient assez souvent consultés dans le cadre des recherches de solution à certaines préoccupations au sommet de l’Etat. Deux anciens ministres du Général Mathieu Kérékou, en l’occurrence Me Marie-Elise Gbèdo et Dorothée Akoko Kindé Gazard reviennent aux affaires. Deux directrices centrales remplacent leurs propres ministres. C’est le cas de Adidjatou Mathys , Directrice de cabinet au ministère de l’économie et des finances et Mêmounatou Kora Zaki, Directrice générale du travail. Il y a également un candidat malheureux à l’élection présidentielle passée en la personne de Me Marie-Elise Gbèdo et Benoît Dègla qui n’a pas pu sauver son siège de député.

Un portefeuille de Premier ministre comme en 1996
 
Le Président
Boni Yayi a effectivement prévu un portefeuille de Premier ministre dans son premier gouvernement. Il réédite l’expérience du quinquennat 1996-1998 sous le Général Mathieu Kérékou. Ainsi, comme Me Adrien Houngbédji, Pascal Irénée Koupaki ne forme pas de gouvernement et n’a aucun pouvoir reconnu par la constitution. Ici, il joue juste le rôle de suppléant informel pour le résident Boni Yayi et le remplace en son absence. Il coordonne l’action gouvernementale, dirige les réunions du Conseil des ministres qui ne nécessitent pas la présence du Chef de l’Etat. Il gère certaines attributions du Ministre chargé du plan, surtout en ce qui concerne le développement. En dehors du secteur de l’éducation qui est resté saucissonné en trois ministères, la réduction des charges de l’Etat a débouché sur la mise ensemble de plusieurs anciens départements. C’est le cas du Ministère du travail et de la fonction publique et ceux du commerce et de l’industrie.

Les femmes mieux loties que par le passé
 
Huit femmes ministres dans ce premier gouvernement du deuxième quinquennat du Président Boni Yayi. C’est effectivement les 30% promis à la gente féminine lors de son investiture à Porto-Novo. C’est plutôt une première depuis 1990. Encore que la formule a été étendue à l’Assemblée nationale et le député Sofiath Schanou est devenue présidente du groupe parlementaire "Refondation paix et développement". Dans la même foulée des innovations, on remarque que le Président Boni Yayi a rajeuni son équipe gouvernementale. C’est au moins une dizaine de jeunes cadres qui ont été promus samedi passé pour faire valoir leur expérience aux côtés de quelques aînés chapeautés par Pascal Irénée Koupaki.

Gouvernement d’ouverture ?
 
Il est aujourd’hui difficile d’affirmer que la promesse d’ouvrir le gouvernement à l’opposition a été respectée. En réalité, le Ministre Blaise Ahanhanzo Glélé représente beaucoup plus la Renaissance du Bénin que l’alliance "Union fait la Nation". Or, il n’est pas facile dans les conditions actuelles de situer cette formation politique entre la mouvance et l’opposition. D’ailleurs, l’Union est aujourd’hui très divisée et les ténors du grand groupe ne se reconnaissent pas dans les positions prises à la Renaissance du Bénin, tant à l’Assemblée nationale, que dans le gouvernement, et à travers son communiqué de presse. Les jours à venir permettront à l’opinion publique de mieux se situer. Par ailleurs, si ouverture il devrait y avoir, ce n’est pas un seul ministre qui représentera l’opposition dans ce gouvernement.
 


Source : Le Matinal
Souaïbou Farougou
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