L’opposition est descendue dans les rues ce jeudi 24 mars 2011. La marche de "défense de la démocratie " qu’elle a initiée aux environs du carrefour "La Roche" à Akpakpa et à Wologuèdè, a été dispersée par les forces de l’ordre. Des blessés et plusieurs arrestations sont enregistrés, dont celle du député du Parti pour le Renouveau Démocratique (PRD)  Raphaël Akotègnon.

 
Attroupement peu ordinaire ce jeudi aux environs du carrefour "la Roche" à Akpakpa. Des manifestants, branchages en main, banderoles et pancartes érigées crient à la fraude. Un groupuscule au départ, la masse des manifestants s’épaissit à mesure que les minutes s’égrènent. C’est le branle-bas pour une marche ou une descente. Difficile au départ de comprendre l’objectif de la manifestation. Mais cela ne va pas durer, car quelques minutes après, on vit apparaître le député du PRD Raphaël Akotègnon au devant du mouvement. La vague des manifestants devra prendre départ du carrefour la Roche pour la place Lénine. Jusque-là, rien ne présageait une intervention des forces de l’ordre. Pas de trace d’homme en uniforme. Voilà qui peut bien rassurer. Mais dans la foulée, les manifestants brûlent des pneus. Une fumée épaisse obscurcit le ciel. La tension monte d’un cran et la crainte d’une intervention policière hante les esprits. Quelques minutes plus tard, les policiers firent leur apparition. Aussitôt, ils s’engagent dans une course poursuite après les manifestants. Des coups de matraques sont distribués à la volée. C’était la débandade. Plusieurs arrestations ont lieu. Le député Raphaël Akotègnon est mis aux arrêts. On note plusieurs blessés dans le rang des manifestants.

La marche de Wologuèdè contenue

Conduite par les députés Epiphane Quenum et Basile Ahossi, la marche annoncée par l’opposition aux environs de la Maison des jeunes de Wologuèdè n’a pu se tenir elle aussi. Les protestataires ont été dispersés par les forces de l’ordre. Pour le député Basile Ahossi, il s’agit d’une marche pacifique pour protester contre ce qu’il appelle le trucage et le complot ourdi par le Président de la Commission électorale nationale autonome CENA, Joseph Gnonlonfoun et certains membres de la Cour constitutionnelle contre la démocratie. Il déplore la recrudescence de l’intervention policière et appelle à une mobilisation générale. Le député Akotègnon conduit au Commissariat central de Cotonou a été entendu par le procureur général de la Cour d’appel près le Tribunal de première instance de Cotonou, dans la soirée d’hier.

Il est alors à se demander si l'opposition choisit la meilleure manière pour remettre en cause les résultats de l'élection présidentielle du 13 mars 2011 qui donnent provisoirement Boni Yayi vainqueur dès le premier tour. Dans un pays de droit, force doit rester à la loi. Les règles du jeu concernant le scrutin présidentiel sont bien définies et tout candidat disposant de preuves avérées de fraudes a le droit de déposer un recours auprès de la Cour constitutionnelle. En mettant les jeunes dans les rues pour des manifestations interdites par le Ministre de l'Intérieur, l'opposition sort du cadre réglementaire et s'expose aux rigueurs de la loi.  Le député Raphaël Akotègnon vient de l'apprendre à ses dépends.

Source : Le matinal
Commentaires: Souaïbou Farougou
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