C'est maintenant officiel. Boni Yayi vient de remporter 53,18% des suffrages exprimés. L'opposition qui redoutait ce verdict a essayé ces derniers jours de forcer un deuxième tour du scrutin. Désormais, les regards sont tournés vers la Cour constitutionnelle pour  la proclamation des résultats définitifs
 

 Sauf revirement spectaculaire, un second mandat de cinq ans vient d'être accordé à Boni Yayi à l'issue du premier tour de l'élection présidentielle du 13 mars 2011.  D'après la Commission électorale nationale autonome (CENA), Boni Yayi a recueilli  53,18% des suffrages contre 35,66% pour Adrien Houngbédji et 6,28% pour Abdoulaye Bio Tchané.  Les 11 autres candidats ne se partagent que 4,88%.   
Déjà après la fermeture des bureaux de vote le 13 mars 2011, ceux qui ont sillonné les centres de vote de Cotonou ont été surpris de voir Boni Yayi en tête face à son principal challenger Adrien Houngbédji. Avec les dénonciations de ce que l'opposition appelle les "scandales", certains s'attendaient à un vote sanction. "Ce sont les femmes qui ont voté pour lui à cause des microcrédits" entendait-on dire dans les discussions qui s'animaient après le décompte des voix. Au cours de la nuit électorale organisée par la chaine de télévision privée Canal 3, les représentants de Boni Yayi, qui avaient déjà pris connaissance de quelques chiffres parvenus à leur état major, s'étaient dit confiants parce que le Président sortant était de loin en avance sur ses concurrents. Les jours suivants, plusieurs organes de presse béninois ont annoncé les mêmes tendances créditant Boni Yayi entre 54 et 55% des voix. L'opposition qui avait  pensé trouver la bonne stratégie en se regroupant autour d'un creuset appelé l'Union fait la nation n'en revenait pas. Tous les observateurs ont alors suivi le désarroi qui avait pris ceux qui voulaient en finir avec le Président sortant. C'est alors qu'à coup de conférences de presse quotidiennes, de diffusion de faux résultats, de dénonciations de fraudes, de tentatives de faire annuler les suffrages provenant du fief de Boni Yayi, elle  a voulu forcer un second tour. Désormais le verdict est connu et chacun doit s'y plier étant donné que le Bénin constitue toujours une référence en matière de démocratie en Afrique.
La rançon d'une stratégie catastrophique

L'opposition béninoise avait pensé trouver la bonne formule en se mettant ensemble autour d'un candidat unique. Cette stratégie, apparemment porteuse d'espoir, avait en son sein les germes de sa propre destruction. En effet, ce regroupement politique a été très tôt perçu par bon nombre d'observateurs comme une tentative de diviser le Bénin en deux parties et les propos tenus par certains ténors de l'opposition n'ont guère calmé les inquiétudes. La plupart des barrons de ce regroupement ont eu à exercer ou à participer à l'exercice du pouvoir  durant les 20 dernières années et de mauvais souvenirs restent encore gravés dans la mémoire de bon nombre de béninois. Il est aussi évident que le peuple ne suit pas toujours les consignes de vote. Adrien Houngbédji ne devrait donc pas s'attendre à faire un score extraordinaire dans les fiefs de ses compères. De plus, les tentatives de bloquer la réalisation de la Liste électorale permanente informatisée  (LEPI) a été perçue comme  une volonté de s'opposer à la transparence des élections. L'opposition a dépensé ainsi inutilement son énergie à combattre la LEPI au moment où Boni Yayi poursuivait inlassablement ses œuvres de développement. L'erreur fatale commise par l'opposition a été de baser sa campagne électorale sur la dénégation des nombreuses réalisations du Président Boni Yayi. Les citoyens béninois  témoins des actes salutaires posés par Boni Yayi en termes d'infrastructures, d'œuvres sociales, de recrutements massifs d'agents de l'Etat, d'amélioration des salaires de tous les fonctionnaires etc. ne pouvaient pas accepter que ceux qui veulent conquérir le pouvoir disent que le Président Boni Yayi n'a rien fait en 5 ans d'exercice du pouvoir d'Etat. Ils ont été de ce fait perçus comme de simples menteurs, coupant ainsi eux-mêmes la branche sur laquelle ils étaient assis. Le candidat qui doit aussi se mordre les doigts est Abdoulaye Bio Tchané. Il a pensé faire de son coup d'essai un coup de maître, mais il a été tout simplement humilié avec 6% des suffrages. Le comble, c'est que le Président Boni Yayi l'a battu dans sa ville natale et même dans son bureau de vote. La recomposition de la classe politique béninoise est désormais en marche.


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