A compter de mardi 4 octobre, les douaniers béninois devraient être en grève de 72 h pour soutenir la FESYNTRA-Finances. Mais, le moins qu’on puisse dire est que ce mouvement était parti pour ne pas être suivi : réunis en assemblée générale, les avis des douaniers sont partagés sur la conduite à tenir. La raison, la loi qui interdit la grève des paramilitaires avec pour conséquence, la radiation des agents grévistes. Encore que le Secrétaire général de la FESNTRA-Finances, prenant la mesure de la situation, n'est pas prêt à inciter ses syndiqués de la douane à violer la Loi...

La Cour constitutionnelle a déclaré conforme à la Constitution, la loi portant règles générales applicables aux personnels militaires, des forces de sécurité publique et assimilés. Aussitôt après, elle a été promulguée par le Chef de l’Etat, Boni Yayi qui, dans un message à la nation le samedi dernier, a réaffirmé sa détermination et sa fermeté à appliquer la loi dans son intégralité. Pour ce faire, il a exhorté les agents des douanes à l’esprit citoyen et au patriotisme. C’est dire qu’à partir de la date de promulgation de cette loi, tout agent des douanes qui osera aller en grève sera purement et simplement radié de la Fonction publique conformément aux articles 9 et 10 de la loi No 2011-25.

Mais voilà que, par solidarité, le Syndicat des douanes béninoises (SYDOB) affilié à la FESYNTRA-Finances, réuni en Assemblée générale le vendredi 30 septembre dernier, avait décidé d’observer le mouvement de grève de 72 h déclenché à partir de ce mardi 4 octobre par la FESYNTRA-Finances. Dès lors les béninois se demandaient si les agents des douanes accepteront de suivre le mot d’ordre de grève et par voie de conséquence se faire radier de la Fonction publique comme le prévoit la nouvelle loi applicable aux personnels militaires et paramilitaires. A l’assemblée générale extraordinaire organisée le lundi 3 octobre pour savoir la conduite à tenir, les avis étaient partagés entre les douaniers au cours de cette rencontre, selon des indiscrétions. Pendant que certains ont opté pour la grève, d’autres ont radicalisé leur refus optant ainsi pour la sauvegarde de leur gagne-pain. Pour ces derniers, dès lors que la loi interdit d’aller en grève, il faut s’en tenir à cela et ne pas chercher à braver l’autorité de l’Etat. " C’est vrai que nous sommes tous des douaniers mais chacun sait comment il est venu à la douane et ce qu’il veut faire de sa vie. Moi j’ai des objectifs que je poursuis dans ma vie et demain je serai à mon poste de travail comme d’habitude ", a laissé entendre un Inspecteur des douanes qui a requis l’anonymat. Dans l’entourage du Chef de l’Etat, on est plus que formel : tout agent des douanes qui va abandonner son poste de travail pour raison de grève sera purement et simplement radié sans autre forme de procès. D’ailleurs, la même source indique que des dispositions sont en train d’être prises à cet effet.

Toutefois dans sa déclaration, le Secrétaire général de la Fédération des syndicats des travailleurs de l’administration des finances (FESYNTRA-Finances), Laurent Mêtognon, a fait remarquer qu’il ne devrait pas inciter les agents douaniers à la parjure. Car pour lui, autoriser ses militants douaniers à aller en grève, c’est les amener à violer la loi portant règles générales des personnels militaires, des forces de sécurité et assimilés. Tenant compte des messages d’apaisement formulés par l’Archevêque de Cotonou, il a souligné qu’il était nécessaire d’accorder une chance à la médiation dans laquelle s’est engagé Monseigneur Antoine Ganyé avec le chef de l’Etat. 

Sources : Adjinakou et Le Matinal

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