Les douaniers observent depuis hier mardi 27 septembre 2011 un mouvement de grève de soixante-douze heures. Les motifs du débrayage tiennent cette fois-ci non d’une bastonnade prétendument infligée à un quelconque douanier mais de la proposition de loi portant loi applicable aux personnels militaires des forces de sécurité publique et assimilées, dont l’avènement fait grincer les dents dans le rang des disciples de Saint Mathieu.

 
Les douaniers qui apparaissent comme un corps atypique et singulier dans le rang des paramilitaires, bénéficiaient jusque-là, outre les avantages pécuniaires alléchants que l’opinion leur connaît, d’autres importants privilèges comme le droit de grève et surtout le droit de faire la politique. Ainsi, il est courant de voir des douaniers encore en exercice, prendre part aux joutes électorales ou créer un parti politique pour participer à l’animation de la vie publique. A contrario, leurs autres confrères paramilitaires comme les policiers ou les forestiers sont privés de ces droits. Longtemps donc, la République a créé ces disparités au sein de ces corps et l’injustice née de cet état des choses avait déjà amené les policiers à réclamer le droit de se constituer en syndicat. Cumulant de tels avantages et faisant des jaloux au sein des corps habillés, les douaniers sous le saoul de tant d’opulence et de privilèges, ont fini par glisser dans le piège de l’abus au point d’obliger les pouvoirs publics à prendre aujourd’hui leurs responsabilités. La grève déclenchée depuis hier à l’appel du Syndicat des douaniers béninois ( Sydob) présidé par le Colonel Catherine Egounléty, en est une de trop et se justifie fort difficilement dans un pays où c’est ce corps qui mobilise les plus importantes recettes de l’administration publique.
En vérité la loi sur le droit à la grève qui vient d’être votée par l’Assemblée nationale corrige les disparités et l’injustice qui avaient prévalu au sein des corps paramilitaires et qui faisaient des douaniers un corps libertaire des forces armées béninoises. Avec l’avènement de la loi portant loi applicable aux personnels militaires des forces de sécurité et assimilées et qui sera promulguée dans les tout prochains jours par le Chef de l’Etat, les douaniers béninois devront dorénavant honorer l’uniforme qu’ils portent autant que les confrères policiers et forestiers. Dès lors, la grève actuelle des douaniers ne peut qu’être symptomatique d’une paranoïa face aux réformes politiques et structurelles qui appellent ce corps à plus de vertu et de citoyenneté envers la République.

Source: Aube Nouvelle

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