Face à la poursuite de la fronde sociale dans l'Administration publique, le Gouvernement est décidé à mettre de l'ordre dans le rang des syndicats béninois. Le diagnostic opéré par le Conseil des ministres en sa séance extraordinaire du 14 juillet 2011 est que la plupart des syndicats ne disposent pas de textes régissant leur fonctionnement et ceux qui en disposent ne les respectent pas. Pour mettre fin aux abus en matière de grève, le Gouvernement a demandé à l'Assemblée nationale une relecture de la Loi sur le droit de grève au Bénin. Voici en intégralité le compte rendu présenté par le Secrétaire général du Gouvernement.
 Le Conseil des ministres s’est réuni en séance extraordinaire le jeudi 14 juillet 2011 sous la présidence effective du président de la République, chef de l’Etat, chef du gouvernement. Au cours de la séance, le Conseil des ministres s’est consacré essentiellement à l’examen d’une part, de la situation sociale créée par des mouvements de débrayage qui s’observent en ce moment dans les administrations publiques et d’autre part, du point du suivi desdits mouvements par les agents dans chaque ministère et dans les services déconcentrés. Des rapports présentés par les ministres, le Conseil des ministres a noté que : 1) environ mille cinq cents (1500) agents persistent encore à observer les mouvements de grève sur l’ensemble du territoire national ;
2) d’importants dysfonctionnements minent la bonne gouvernance des organisations syndicales. Ces dysfonctionnements se traduisent par le fait que :
- la plupart des centrales et confédérations ou des organisations syndicales de base ne disposent pas de textes fondamentaux (statuts, règlement intérieur, etc.) au mépris des dispositions de la convention 87 de l’Organisation internationale du travail sur les libertés syndicales ; un texte qui est une norme universellement établie ;
- les syndicats, au cas où ils en disposent, ne respectent pas les textes dont ils se sont eux-mêmes dotés et ne renouvellent pas leurs instances dirigeantes dont les mandats sont arrivés à terme depuis plusieurs années.

Mieux, les dirigeants qui bloquent le renouvellement des instances n’ont plus qualité de travailleurs pour la plupart, puisqu’ils sont déjà admis à faire valoir leurs droits à la retraite. Eu égard à ce qui précède et en raison des insuffisances que comporte la loi sur le droit de grève au Bénin, le Conseil des ministres a décidé :

1 - Sur le plan législatif :
- d’amener les organisations syndicales à travailler à la mise aux normes périodiques des instruments qui les régissent afin d’instaurer la meilleure gouvernance possible au sein de ces organisations ;
- de solliciter de la Représentation nationale, l’accélération de la relecture de la loi sur le droit de grève en République du Bénin.

2 - Au plan du partenariat gouvernement / syndicats :
- de maintenir et de poursuivre le dialogue social avec les syndicats ;
- de sécuriser les lieux de travail, aussi bien au niveau central que dans les structures déconcentrées dans les départements et les communes afin de permettre à tous les agents désireux de s’y rendre pour travailler, de le faire sans crainte dans la tranquillité et la sérénité.

Le Conseil des ministres tient cependant à informer l’opinion que des consultations que le Bénin tient périodiquement avec les Partenaires techniques et financiers (PTF) et l’ensemble de la Communauté internationale sous la supervision du Fonds monétaire international (FMI), il ressort que le niveau de la masse salariale, au titre de l’année 2011, ne doit pas excéder 270 milliards de francs Cfa au risque de bloquer l’accès de notre pays aux crédits octroyés par des bailleurs de fonds. Or, la marge disponible sur la masse salariale de l’année 2011 n’est que de 1,5 milliard de francs CFA, montant largement inférieur à l’incidence financière nécessaire, estimée à plus de 22 milliards, pour la satisfaction de la mesure d’indexation de 25% réclamée par l’ensemble des travailleurs. Or, bloquer l’accès du Bénin aux crédits internationaux reviendrait à hypothéquer et à obérer les possibilités d’investissements en faveur des couches défavorisées du Bénin profond qui manquent encore d’écoles, de centres de santé, d’électricité, de routes et d’eau potable. Ce qui n’est pas envisageable.

Eu égard à ce qui précède, le Conseil des ministres lance à nouveau un appel patriotique à tous les agents qui observent encore le débrayage à reprendre instamment service. En tout état de cause, le principe de retenues sur salaire pour fait de grève demeure maintenu. De même, la liberté d’aller et de venir étant un droit constitutionnel reconnu à tous les citoyens béninois et plus encore aux travailleurs, les dirigeants des organisations syndicales seront tenus pour responsables de tous actes d’agression ou autres atteintes dont pourraient être victimes tout agent de l’Etat sur son lieu de travail, à son domicile ou en route pour le service.

Fait à Cotonou, le 14 juillet 2011
Le Secrétaire général du gouvernement,
Eugène Dossoumou
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Commentaires

  • Le roi David

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    Ondes de Rock : Parlons du nouvel album, “Forevermore”. Tu as déclaré que c’est un « cocktail solide » de tout ce qu’il y a dans la musique de Whitesnake, des débuts du groupe jusqu’à aujourd’hui, à savoir de la soul, du blues, du hard rock, des mélodies…

    David Coverdale : Et de l’humour ! (rires). Ce que de nombreux critiques oublient bien souvent. Or, c’est un ingrédient très important pour moi.

    Peux-tu nous en dire plus ?

    Et bien, si le blues est une immense source d’inspiration pour moi, ce n’est pas nécessairement au sens traditionnel du terme. Je trouve par exemple que Jimi Hendrix était un vrai bluesman, indépendamment de l’aspect contemporain, électrique ou cosmique de sa musique. J’ai toujours ressenti beaucoup d’expression en l’écoutant. Et selon moi, le blues est un autre nom pour l’expression. Alors même si j’adore le blues traditionnel, je n’ai jamais voulu faire partie d’une formation de blues traditionnel. J’aime au contraire mettre de l’expression dans mon rock, mais aussi de l’humour, comme on en trouve dans beaucoup de morceaux de blues. D’ailleurs, un des types les plus drôles que j’ai jamais rencontré était Muddy Waters… Un mec vraiment charmant et amusant. Le blues est autant une célébration de la vie, qu’une illustration de la tristesse ou de la solitude.

     

     

     

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