Diversement apprécié, le vote de la loi applicable aux personnels militaires, des forces de sécurité publiques et assimilés agite la classe politique et soulève la colère des douaniers. S’il advient que la Cour constitutionnelle déclare cette loi conforme aux dispositions constitutionnelles, les douaniers plus que jamais décidés à exercer leur droit de grève pour diverses raisons en seront privés.
Ainsi, la menace d’une paralysie de l’administration douanière devenue presque une épée de Damoclès suspendue au-dessus de la tête de l’Etat, ne sera plus à l’ordre du jour des débats et de l’actualité nationale. Cependant, la loi leur reconnaît la liberté syndicale, comme le prescrit la loi fondamentale du pays. Si certains, en l’occurrence les partisans du chef de l’Etat parlent en bien de la loi votée hier par les députés, l’opposition rejoignant la position des disciples de St Mathieu, dénonce une loi liberticide et évoque une violation de la constitution du 11 décembre 1990. C’est donc sur fond de divergence politique, voire d’opinion que l’initiative a franchi un grand pas vers l’aboutissement définitif. Mais alors, faudrait-il voir à travers le vote de cette loi, une entreprise qui inspire la majorité des citoyens ou une initiative qui tend à régler un problème qui bloque tout un pays ? Dans l’un ou l’autre des cas, il faut souligner qu’en appelant de tous ses vœux l’avènement de la nouvelle loi portant règles applicables aux personnels militaires et paramilitaires, le chef de l’Etat a choisi privilégier l’intérêt général. Au lieu de chercher à plaire à un corps habillé de la République, il a préféré son peuple devant lequel il a pris des engagements. Il a voulu prendre ses responsabilités par les moyens les plus appropriés. Qu’est-ce que le pays gagne pendant qu’il est en grève ? A quoi cela servira t-il de ne pas travailler durant 48, 72 heures, alors qu’on est conscient qu’en 24 heures de paralysie le pays perd énormément de l’argent ? Comment accepter que les opérateurs économiques soient tout le temps bloqués du fait de la grève des douaniers ? Le fait qu’on enregistre sur la même question des positions contradictoires dans les rangs des douaniers, illustre une certaine prise de conscience en leur sein. Il y a plusieurs raisons qui poussent à souhaiter le vote d’une telle loi. Même si la Constitution du 11 décembre 1990 fait obligation à l’Etat de reconnaître aux travailleurs le droit de grève qui doit s’exercer dans les conditions fixées par la loi, il n’en demeure pas moins une obligation selon les conventions du Bureau international de travail (Bit) que certains corps dits paramilitaires dont la Douane et la Police, doivent être exempts de cette disposition nationale.

Ce n’est pas indécent, ni malvenu de trouver que la loi est conforme aux conventions internationales, comme le soutiennent les membres de la majorité présidentielle. Ce qu’on peut reprocher, c’est son caractère qui met fin brusquement à une expression. La démarche est brutale, puisqu’elle n’a fait l’objet d’aucune approche participative des travailleurs visés. De même, il faut reconnaître qu’on n’en sera pas là aujourd’hui, si les douaniers avaient mis un peu d’eau dans leur vin suite aux derniers évènements qui les ont précipités dans le spectre des grèves renouvelables. Quinze jours après la grève des 13 et 14 septembre 2011, ils étaient à nouveau au front hier pour reconduire le mouvement, cette fois-ci pendant 72 heures. Ils comptaient reprendre la protestation contre le silence quasi-total observé par le chef de l’Etat Yayi Boni et son premier ministre Pascal Iréné Koupaki au sujet des excuses publiques auxquelles ils doivent s’adonner pour laver l’affront fait à la corporation douanière qui se dit victime d’une campagne de dénigrement du patron du gouvernement. Mais à l’Assemblée générale d’hier, les participants ont relégué à l’arrière plan ces exigences en donnant priorité aux discours hostiles à la nouvelle loi. Ils n’ont pu rien empêcher. Les espoirs d’un dialogue se sont définitivement envolés. D’ailleurs, le débat n’est plus à ce niveau. Il se situe au niveau de la Cour constitutionnelle qui doit donner son avis.

Source : Le Matinal

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