Apparu très en colère hier mercredi 28 septembre au sujet de la grève des douaniers, le chef de l’Etat Boni Yayi a annoncé avec fermeté que la fin du désordre des grévistes est pour bientôt. Alors qu’il s’adressait dans son Palais aux douaniers retraités et aux personnels contractuels civils appelés comme réserve, le maître des lieux a juré presque la main sur le cœur, qu’il est prêt à radier les grévistes de la fonction publique pour sauver la patrie.
Lassé de voir les douaniers béninois sans cesse en grève, le chef de l’Etat Boni Yayi est monté au créneau hier mercredi 28 septembre 2011, pour non seulement fustiger cette pratique, mais aussi lancer un dernier avertissement aux grévistes. « Trop c’est trop », s’est t-il indigné, souhaitant avec empressement que la Cour constitutionnelle déclare conforme à la Constitution la nouvelle loi portant règles applicables aux personnels militaires et paramilitaires. Cette loi querellée qui prive ceux-ci à l’image des éléments de l’Armée de droit de grève, est conforme aux conventions de l’Organisation internationale du travail (Oit), a relevé le président de la République. A la suite de l’avis de la Haute juridiction qui, espère Boni Yayi, lui sera favorable, sa promulgation ne va pas attendre et, elle entrera aussitôt en vigueur. A partir de cet instant, en cas de récidive, la sanction sera la radiation de la fonction publique, lance t-il l’air très préoccupé et le ton autoritaire. Une menace proférée avec fermeté en présence des douaniers retraités et du personnel contractuel civil en service dans l’administration douanière. Il les a invités au Palais de la République dans le but de sonner la mobilisation de la réserve. Il leur demande de se tenir prêts. « Vous êtes la réserve. La République vous fait appel. Ne laissez pas tomber le Bénin », a lâché le président de la République. Ce n’est pas qu’à ses invités qu’il s’est adressé. Il a fait un clin d’œil aux appelés du service militaire d’intérêt national, dont certains selon ses propres mots, ont été formés pour servir les douanes béninoises. Apparu particulièrement touché par l’attitude des douaniers, Boni Yayi ne s’est pas empêché d’affirmer qu’il ira jusqu’au bout. « C’est une question de vie ou de mort, de patrie ou de mort également », a martelé le président de la République. D’entrée de jeu, s’inspirant des constats du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale sur les finances publiques en 2009, il a fait remarquer les difficultés du pays à décrocher des lettres de confort auprès de ces institutions de Breton Woods contre des engagements d’assainir les caisses de l’Etat et d’accélérer les réformes inévitables et capitales pour l’émergence du Bénin. L’exemple du Programme de vérification des importations (PVI), nouvelle génération, le plus récent en terme de réforme introduite pour améliorer les finances publiques, a été évoqué par le chef de l’Etat pour démontrer sa détermination à trouver des solutions adéquates à la crise que traverse le pays.

Alors qu’ils sont au chœur de cette réforme, les douaniers multiplient les manœuvres pour la bouder, regrette le chef du gouvernement qui martèle que les choses ont été faites suivant les règles de l’art. Il est inadmissible à ses yeux que les douanes, principales mobilisatrices des revenus décident à leur bon vouloir de paralyser l’économie nationale et de bloquer tout le pays. Ce n’est pas parce qu’on est chargé de mobiliser les ressources qu’on doit se croire au-dessus de tout le monde, reproche le chef de l’Etat aux douaniers. « On met tout un peuple dans la souffrance. Tout un peuple. Et on sait que c’est la source de financement. Si vous avez la chance d’avoir la responsabilité, dans votre vie de collecter des ressources pour la République, pourquoi voulez-vous croire que vous êtes au-dessus de tout le monde, au point d’exiger des excuses du chef suprême qu’est le président de la République ? Où est le respect des Institutions ? » s’interroge Boni Yayi, avant de déclarer qu’ils sont gonflés, les douaniers. Diluant ses propos, il souligne dans son intervention qu’il ne les critique pas. « Ils sont mes enfants ; ils sont mes compatriotes. Mais on dit souvent : qui aime bien châtie bien. Si je ne leur dis pas la vérité, comment sauront-ils que ce qu’ils font n’est pas bien » ? charme le président de la République tout en restant ferme sur sa position et ne laissant de place à aucune souplesse.
Adversaires politiques et la FESYNTRA-finances dans la ligne de mire.

Le désir de mettre fin au diktat des disciples de St Mathieu, la volonté de changer les choses, la détermination d’aller jusqu’au bout, sont les qualités que le chef de l’Etat a imprimé à son message d’hier. Plus rien ne sera comme avant, a martelé le locataire de la Marina. Estimant qu’ils ont franchi la limite, Boni Yayi est convaincu que les douaniers bénéficient de plusieurs soutiens. Saisissant la balle au bond, il a distribué quelques diatribes aux hommes politiques qu’il considère comme ceux qui tirent les ficelles de la situation en persuadant les douaniers de la nécessité d’aller en grève dans le seul but de faire tomber son régime. Dans son intervention, il a laissé entendre « que ce qu’on n’a pas obtenu par les urnes, on veut utiliser la rue pour l’avoir.. ». Pour le chef de l’Etat, ils se trompent en demandant aux travailleurs d’aller en grève. « Le peuple béninois n’a pas voté pour moi parce que je suis de grande taille. C’est le programme qu’il a voté », a déclaré le président de la République. Il n’a pas manqué de tacler les centrales syndicales qui comptent agir par solidarité pour soutenir les douaniers. Il a parlé du soutien qui pourrait provenir du Ministère de l’Economie et des finances pour aggraver la crise. Mais, loin de s’en émouvoir, le chef de l‘Etat se dit prêt à aller jusqu’au bout de ses intentions.

Source: Le matinal

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