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L’actuel président de la république du Sénégal prendra-t-il part aux élections présidentielles prochaines prévues le 26 février 2012 en tant que candidat et non pas seulement en tant qu’électeur ? Il semble que c’est le Conseil Constitutionnel qui doit donner la réponse au peuple de la république et à ceux qui sont  dans d’autres Etats du monde. On ne les a pas encore entendus depuis le Temple de la sagesse. Mais ce que l’on entend de l’extérieur ne rassure guère.

 

 

 

Lorsque les juges ne sont plus capables de dire en toute transparence ce que dit la Loi dont ils sont eux-mêmes les esprits et les mains qui la pensèrent et écrivirent sans trembler si ce n’est du tort qu’ils pourraient se faire eux-mêmes et par-delà leur propre personne et image singulière atteindre tous les autres au sein de la république ,il n’y a plus de doute que la république tout entière est en danger et aucune vie humaine raisonnable ne saurait espérer le seul survivant dans les cimetières de la subjectivité anarchique.

 

Hier soir j’ai tremblé, mais hier soir aussi j’étais très content de voir que les philosophes ne sont donc pas les seuls à ne pas savoir s’ils vont dans la même direction, avec les mêmes moyens, les mêmes intentions, les mêmes représentations mentales, les mêmes raisonnements, les mêmes exemples, les mêmes intérêts. Albert Camus a donc parfaitement raison de penser et d’écrire dans L’Homme révolté ,que l’une des fonction essentielle de la philosophie et l’un de ses pouvoirs les plus redoutable est de transformer le juge en bourreau et le bourreau en juge, la victime en en coupable et le coupable en victime, par la puissance de la dialectique et du sophisme. Qui disait donc que la philosophie n’a plus quelque chose à apporter à notre monde et à l’homme que nous sommes. Le monde devient de plus en plus obscur malgré l’augmentation de ses lumières car ces lumières qui brillent dans la vie humaine préfèrent l’obscurité à leur propre nature.

 

Ils étaient quatre juges hier autour de la question des candidatures à la présidentielle de 2012 au Sénégal,quatre juges sénégalais et professeurs d'université!

 

J’attendais une réponse aussi précise qu’un diagnostic de cancer, mais il m’a semblé entendre nos juges parler comme René Descartes ou l’existentialiste Kierkegaard : le monde extérieur n’a aucun sens, aucune valeur, aucune direction, aucune intention, aucune finalité, c’est à la conscience individuelle d’en faire ce qu’elle veut. La Loi ne dit rien d’immuable, la conscience du juge peut l’infléchir dans le sens qu’elle veut. Mais les juges ne tombent pas d’accord, comment pourrait-il avoir légitiment le droit d’empêcher au peuple de se faire sa compréhension ?

Ainsi il me semble entendre certains juges parler : « Nous voici donc aux portes du nouveau Sénégal. Commençons par revoir la Loi fondamentale par laquelle chacune et chacun parmi nous, d’abord par sa propre conscience même oublieuse, ou par la puissance de contrainte au-dessus de nous tous, se laissera désormais gouverner et gouvernera partout lorsque la volonté du peuple et celle de la république l’appelleront à diriger. Mais à Moi et à Moi seul, nous permettrons de ne pas s’appliquer ces nouvelles lois. »

C’est en toute transparence le réveil de la dictature ou sein de la république qui pourtant au soir de sa naissance la porta au plus profond de ses entrailles. Quelle ingratitude envers la Loi, la République et le Peuple ! Rousseau et Finkielkraut ont bien raison : l’humanité a bien besoin quelque fois de catastrophe pour se réveiller de son profond sommeil existentiel. De quelle catastrophe avons-nous encore besoin pour se réveiller afin d’entendre ce qu’il faut entendre au sein de la république et au sein du monde nouveau ?

 

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