Confusion totale, le danger toujours aux portes des populations

 

Nous annoncions dans notre colonne il y a quelques minutes que Gbagbo tient à assassiner Ouattara. Cela vient d’être confirmé par des riverains qui affirment entendre des tirs nourris depuis le Golf hôtel où est retranché Alassane Ouattara depuis le déclenchement de la crise postélectorale. Cette attaque il ya une trentaine de minutes du Quartier Général du Président de la République si, elle venait à être confirmée, démontre au plus haut niveau comment la sécurité est précaire. L’affaire est très sérieuse et constitue un véritable tournant dans la crise en cours à Abidjan. L’Onuci selon des témoins aurait tenté de contenir l’assaut mais, pourrait être débordée.

C’est l’occasion d’affirmer que, le déluge de feu des forces onusiennes et Licorne pour « détruire les armes lourdes » de Laurent Gbagbo qui, à l’analyse devrait aider les Frci (Forces républicaines de Côte d’Ivoire) à venir à bout des Forces pro Gbagbo, est resté vain. Le « jeu d’enfant » annoncé par le premier ministre, ministre de la Défense, Guillaume Kigbafory Soro, se transforme en un véritable cauchemar. Tant côté Frci que les populations qui ont salué « cette libération » de la Côte d’Ivoire. L’escalade de la violence a atteint une proportion de plus en plus en plus dégradante. Pourtant du côté des Frci du Président Alassane Ouattara, tout comme la petite soldatesque restée fidèle à l’ex-chef d’Etat Laurent Gbagbo, chacun réclament « le contrôle » d’Abidjan. Qui contrôle quoi et comment ? La question mérite d’être posée. Tant les mercenaires et miliciens continuent à tuer, brûler vif, assassiner, piller…commettre des atrocités de tout genre sur les populations, comme si rien n’est fait. En lieu et place du « ratissage » des Frci, les miliciens et mercenaires continuent de faire boire du calice jusqu’à la lie aux populations et hommes du général Gueu Michel, conseiller militaire du premier ministre Guillaume Soro. Le mal est donc, profond. Plus profond que le plus petit observateur de l’évolution de cette guerre pouvait l’imaginer.

 

Confusion totale

 

Les forces fidèles au président sortant ivoirien Laurent Gbagbo ont regagné du terrain à Abidjan et contrôlent désormais la totalité des quartiers du Plateau et de Cocody, a déclaré vendredi Alain Le Roy, secrétaire général adjoint de l'Onu chargé des opérations de maintien de la paix en Côte d’Ivoire.
Selon lui, les hommes de Gbagbo ont mis à profit la trêve de mardi, durant laquelle ont eu lieu des tractations, pour renforcer leurs positions, et ils disposent encore d'armes lourdes, même si les forces de l'Onuci et de la force française Licorne en ont détruit une partie. Un constat édifié par les positions des Frci à travers le District d’Abidjan.

La commune de Yopougon, la commune aux 52 quartiers est entièrement aux mains des miliciens et mercenaires pro Gbagbo. Les Frci dont la base est à Gesco (corridor sud) d’Abidjan n’ont que le contrôle de Port-Bouêt II, carrefour Chu de Yopougon et légèrement Andokoi où ils coordonnent leurs opérations à partir du carrefour zone industriel de Yopougon avec le commando invisible qui a le contôle d’Abobo en passant par la Maca et zôpleu. Le camp des miliciens dénommé, Guatanamo au premier pont sis au sable a été « nettoyé » certes, dès les premiers jours des évènements mais, des poches de résistances les plus dangereuses restent « intouchables ». Dans les quartiers comme, Nouveau quartier, Selmer, Mossikro, Koweït, Lem, Sicogie, Niangon-continue, Nord et Sud, Quartier académie de la mer, Wassakara etc. personne n’est à l’abri des atrocités des « rebelles » pro Gbagbo. Ils continuent de régner en maitre.  Leurs barrages d’auto-défenses sont toujours visibles dans des quartiers comme Niangon, Koweit, Sicogie etc. où ils continuent de commettre des crimes et atrocités graves sur les populations pro Rhdp.

A Adjamé, c’est « une sécurité précaire », nous dit un habitant même si la cité universitaire qui servait de résidence « aux rebelles » a été « nettoyée». Le siège d’Edipresse, maison de distribution des journaux a été mis à feu, des véhicules calcinés avec, des pertes de vies humaines par ces derniers qui terrorisaient les populations.

Cocody, quartier des « boss », ou quartier vers lequel tous les regards sont tournés. Là aussi,  c’est le statut quo. La Rti (Radio télévision ivoirienne) continue d’émettre « depuis le fameux véhicule ambulant ». Des tirs à l’arme lourde sont toujours entendus du côté de la Riviera, les II-Plateaux, Angré chaque fois qu’il y a reprise au non d’une offensive des Frci sur la résidence de l’ex-chef d’Etat, Laurent Gbagbo. Les mercenaires et miliciens arrivent même à « prendre » en otage des diplomates étrangers. Comme ce fut le cas de l’ambassadeur du Japon en Côte d’Ivoire qui a dû son salut à Licorne qui l’a exfiltré sans dégât. Le blocus autour de la résidence de Laurent Gbagbo est diversement exprimé. D’aucun disent qu’il est sous contrôle des forces onusiennes et Licorne quand certains accusent l’Onuci de ne pas jouer franc-jeu. En état de cause, il y a un flou concernant ce blocus. Derrière la lagune Ebrié après les ponts Félix Houphouët Boigny et François Mitterand c’est confusion généralisée. Personne ne sait exactement qui contrôle quoi.

 Treichville, Koumassi, Port-Bouët, Marcory etc. les populations « sont fatiguées » des parades des miliciens armés et mercenaires. « De quelle sécurité nous parle t-on au moment ou des personnes armées tirent chaque fois sur nous ?» s’interroge un riverain de Port-Bouët. La mairie de ce quartier, selon des témoins auraient été incendiées vendredi 8 avril 2011, par les miliciens.  En sommes, la situation reste confuse mais, il apparait clairement que les Frci n’ont pas les leviers pour assurer la moindre sécurité. Est-ce la non maitrise du terrain, le manque de matériels de combats ou de coordination entre les hommes du Général Gueu Michel, ou encore insuffisance d’hommes ? La réponse à cette interrogation reste sans suite. Aucune source ne veut épiloguer là-dessus. Véritable silence radio. Dans ce combat d’arrière garde que revendiquent les deux parties aux conflits, les populations souffrent le martyr. La Côte d’Ivoire est au bord du chao humanitaire.

Danger à l’horizon                                                                                         

 

L’Atci (Agence des télécommunications de Côte d’Ivoire) qui, donne les fréquences est sous le contrôle d’un proche de Laurent Gbagbo, Kla Koué Sylvanus. Or, de sources proches de l’ex-chef d’Etat, des mercenaires russes seraient en Côte d’Ivoire dans le but de « gérer le secteur des communications radios et autres». C’est donc, le plus naturellement possible que le « fameux véhicule ambulant » continue d’émettre des émissions de la Rti, sans qu’il ne soit repéré par les Frci.

La Sodeci et la Cie avaient été réquisitionnées par les proches de Laurent Gbagbo. Pour preuve, il interrompt comment et quand ils veulent à Abidjan comme à l’intérieur du Pays. Pis, Pretoria s’est à nouveau fait remarquer cette semaine en prenant ses distances avec les frappes aériennes conjointes de l’Onuci et de la force française Licorne. « Je ne me rappelle pas avoir donné un mandat à quiconque pour un bombardement aérien sur la Côte d'Ivoire, avait déclaré la ministre des Affaires étrangères Maite Nkoana-Mashabane lors d'un point-presse à Pretoria. Nous ne soutenons pas nécessairement ce que nous n'avons pas voté. », a déclaré la diplomatie de l’Afrique du sud. Selon des informations en possession d’un confrère panafricain, l’Afrique du Sud se prépare en effet à envoyer des soldats à Abidjan pour mettre ses ressortissants en sécurité. Pis, la marine sud-africaine dispose déjà d’un navire ravitailleur qui mouille au large d’Abidjan, le SAS Drakensberg. Ce bâtiment peut notamment accueillir un hélicoptère. Pretoria dispose aussi d’un autre bâtiment de guerre, situé dans le Golfe de Guinée, et qui devrait faire mouvement vers Abidjan prochainement. Une centaine de parachutistes-commandos sud-africains sont aussi stationnés à Accra (Ghana) et pourraient intervenir dans la capitale économique ivoirienne. La sécurité est donc, entre deux feux. Voir plus, puisqu’il faut veiller à contrôler la communication, la Cie et Sodeci qui restent des leviers très importants. Même l’ouverture des banques dans des conditions confuses ne garantie rien. Les populations seront confrontées à des attaques de « ces rebelles » qui ne pensent qu’à tuer, piller pour « vivre ».

 

 Seriba Koné, journaliste déplacé à Bouaké

seriba67@yahoo.fr

 

 

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