Atelier des médias (émission n°54)

Ecoutez l'émission (31 min. et 27 sec.)

[L'émission que vous écoutez est la version brute, avant montage]
[Photo: Philippe Couve/RFI]

Emission spéciale avec André Gunthert

Les appareils photo numériques de plus en plus petits (souvent intégrés aux téléphones portables) et les outils de publication en ligne (sites de partage, réseaux sociaux et blogs) ont modifié notre production d'images et l'ensemble de notre rapport aux images.

André Gunthert est chercheur, maître de conférences à l'EHESS, directeur du Laboratoire d'histoire visuelle contemporaine. Il est également le créateur du blog "Actualités de la recherche en histoire visuelle". C'est un blog scientifique spécialisé dans le domaine des études visuelles (photographie, cinéma, vidéo, illustration, etc).

Avec André Gunthert, nous évoquons ces mutations en cours dans nos images et il analyse ce qu'elles révèlent de nous.

Les sites dont on parle dans l'émission:

Une sélection des articles publiés par André Gunthert sur son blog:

Envoyez-moi un e-mail lorsque des commentaires sont laissés –

Vous devez être membre de Atelier des médias pour ajouter des commentaires !

Join Atelier des médias

Commentaires

  • Bonjour,
    Je vous écris depuis le Burkina Faso où je vis. Je dirige une société de services en informatique. Pour revenir sur le sujet en question je dois dire que moi je suis encore un adepte de la photo argentique. Je possède un veil Nikon F4 que j'utilise depuis des années. J'ai plus de 9000 photos à mon actif avec ma toute première photo que j'ai prise en 1981 j'avais 8 ans. J'ai tenté de laissé mon argentique pour un numérique mais sans succès. Pour moi la photo est un arrêt sur le temps que l'on ne doit pas pouvoir modifier. C'est la retranscription sur papier d'un instant de vie vu avec la sensibilité, le métier, l'humeur du gars qui appuie sur le déclencheur. Ce moment précis est important, pas une seconde avant ni une seconde avant mais le clic présent. Paradoxalement, je possède un téléphone mobile, un nokia n80 pour ne pas faire de publicité, dans lequel est incorporé un appareil photo numérique de 3 mégapixels avec une vrai focal de 4.7mm (plus ou moins 35mm). Je dois avouer que je l'utilise de temps à autre pour prendre des photos de situations où la grosseur de mon F4 m'empêcherait de le faire. Tout cela pour dire que ce n'est pas tellement l'aspec numérique qui me dérange que l'aspect retouche de l'image autant que l'aspect shooting.
    Que ce soit le numérique ou l'argentique, je pense que tout dépend de l'utilisation que l'on fait de son appareil. Un professionnel à cause des contraintes de son employeur devra utiliser un appareil numérique ayant une connexion wifi pour envoyer l'information plus rapidement. Le monsieur et madame tout le monde va préférer le numérique parce qu'il pourra prendre 200 photos à la suite sans se soucier de la facture de développement qu'il aura à payer ou parce qu'il sait qu'il pourra faire toutes le retouches nécessaire si la photo n'est pas assez représentatif de ce qu'il voulait prendre. Moi de mon côté je me promène toujours avec mon appareil comme un chasseur finalement et je crois que ce qui me plait le plus c'est de découvrir au développement c'est instant magique qui au détour d'un chemin a attiré mon oeil. Pas de retouche, impossibilité de tricher sur l'instant I, voilà la vraie valeur d'une photo... merci
    Willy Plomb
  • Merci de cet examen des conséquences de l' apparition des images numériques. Effectivement, passer de la représentation rare (temps) et locale (lieu) aux images abondantes et visibles partout change beaucoup de choses. Une question reste pour moi en suspend que je n' ai pas vue abordée même dans votre blog. C'est la question de la transmission du sens et plus précisément de la vérité. Déjà, passer de l'écrit à l'image économise les preuves : une image "parle" d' elle-même alors que les affirmations orales ont besoin d'être "prouvées"pour être dignes de crédit. Mais la retouche vient éroder cette "vérité de l'image" et la crise des "subprime" semble ne pas être loin, crise non pas économique mais crise de la réalité ! Après la retouche des images, à quand la "titrisation" des chutes - celles des images que les jeunes filles revenant de la technoparade mettent à la poubelle - de telle sorte que la représentation elle-même risque d'être en crise sans qu' aucun gouvernement de puisse assurer les transactions par injection de capitaux. De là émerge le spectre du simulacre, analogue pour les images au simulacre de la monnaie à laquelle on doit accorder sa confiance (pleine de croyances) pour que ce simulacre conserve quelque valeur. A partir de quand une image sera-t-elle encore une représentation de la réalité (comme les mots une expression d'une certaine vérité ) quand, soupconnée de retouches, sa crédibilité devra constamment être réaffirmée par un consensus social lui attribuant une valeur ? Au fond, à force d'étendre à la représentation les procédés aboutissant à notre techno-nature, ne risque-t-on pas de s'entourer, non plus d'une nature, mais d'un simulacre bien labile ? D'un homme maitrisant la nature, on passerait à un homme produisant un simulacre de nature ?
    Bien cordialement
    Jean-francois Doucet
This reply was deleted.

Récemment sur l'atelier

mapote gaye posted a blog post
Les récentes législatives et l’état de santé du président Ali Bongo Ondimba ont ravivé certaines…
4 févr. 2019
mapote gaye posted a blog post
Ceci après avoir publié par «erreur» l’information selon laquelle la présidente du Sénat,  Lucie…
4 févr. 2019
Mélissa Barra posted a blog post
La Côte d’Ivoire veut s’attaquer aux dysfonctionnements que connaît l’enseignement supérieur public…
18 janv. 2019
Plus...