L’Afrique jusqu’au cou. Entretien avec Anjan Sundaram

En 2005, Anjan Sundaram renonce à de brillantes études de mathématiques aux États-Unis pour partir vivre en République Démocratique du Congo. Un aller-simple en poche, il débarque à Kinshasa avec un objectif unique : devenir journaliste. C’est cette histoire qu’il raconte dans son livre Kinshasa jusqu'au cou, publié dans sa version française en 2017.

Anjan Sundaram est notre invité cette semaine. Interviewé par Constance Léon, il revient sur son expérience de journaliste en Afrique centrale, après avoir vécu successivement en Inde, à Dubai et aux Etats Unis. 

Pressentiment, c’est l’expression qu’Anjan Sundaram emploie dès la première phase de son livre de reportages en RDC, Kinshasa jusqu’au coup. Un mot qui lui colle bien car c'est cette sensation qui semble le guider dans ses choix. Rien ne le destine à devenir journaliste. Du jour au lendemain, il a comme un “drôle de pressentiment” et devient reporter pigiste en Afrique. De ses expériences, Anjan Sundaram, d'origine indienne, écrit deux livres : un récit de sa vie kinoise, pendant le coup d’Etat de 2005, et un autre, Bad news, last journalists in a dictatorship, consacré à la situation des médias au Rwanda, où il a travaillé entre 2009 et 2013.

Dans son livre consacré au Congo, il décrit son quotidien auprès de la famille qui l’héberge. Il y raconte les anecdotes et aventures qui occupent ses journées : les visites de voisins, les jeunes filles intéressées par son statut d’étranger et ses dollars, le vol de son téléphoneet de tout son argent, l’achat d’un ventilateur qui circule de maison en maison dans le quartier. Il est confronté aux délestages, aux coupures d’eau, aux grèves. C’est dans ce contexte, qu’il apprend le métier de journaliste et parvient à vendre des papiers à l’agence Associated Press.

-- « J'ai commencé à comprendre ce que les médias internationaux cherchaient. J'ai commencé à écrire sur les seigneurs de guerres, sur les communautés qui vivaient dans la forêt tropicale loin de la civilisation ou sur les réfugiés. Mais le Congo est un pays qui a beaucoup d'Histoire et elle est très peu rapportée. J'ai donc souhaité me libérer (de l'agenda des médias) pour pouvoir raconter ce monde qui était tellement étrange. »

 

 

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Ziad Maalouf est journaliste, producteur de l'Atelier des médias RFI

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