ANGOLA : UNE MINE D’OPPORTUNITÉS

En août 2014 se tenait un évènement reflétant la volonté de l’Angola à s’ouvrir encore plus au commerce international : l’inauguration, par le président Eduardo dos Santos, du nouveau port de Lobito, agrandi grâce à un investissement de 1,250 milliard d

e dollars US. Ce projet, qui vise à abaisser les barrières de l’intérieur de l’Afrique, démontre bel et bien la volonté de ce pays à faire évoluer son potentiel commercial, un véritable puit d’opportunités pour les investisseurs étrangers.

inauguration du nouveau port de Lobito par José Eduardo dos Santos, président de l'Angola.

inauguration du nouveau port de Lobito par José Eduardo dos Santos, président de l’Angola.

Pavée d’or noir et de diamants… C’est ainsi que l’on pourrait décrire l’économie de l’Angola. Ces deux ressources naturelles, très convoitées à travers le monde, sont à l’origine de l’impressionnante remontée qu’a connu ce pays après 27 ans de guerre civile (1975-2002). En 2006, l’Angola a ainsi enregistré un taux de croissance record de 26%. Mais alors quel est le réel potentiel commercial de l’Angola ? Pour répondre à cette question, nous commencerons par faire un état général des lieux, avant de s’intéresser aux ressources exploitables.

Angola, un pays ouvert au commerce ou pas ?

L’indice de facilité de faire des affaires en l’Angola doit être amélioré. En effet, Doing Business 2014, place le pays au 179e rang sur 189 pays. Les insuffisances du système juridique et le classement de l’OCDE qui estime que le pays est à risque n’arrangent évidemment pas la situation.

Et pourtant les investisseurs étrangers continuent d’affluer dans le pays. Plusieurs raisons expliquent cela :

- Un taux de change actuel de 1$USD pour 89.66 Kwanza angolais (AOA) très avantageux pour les pays occidentaux

- L’avenir encore prometteur du secteur pétrolier et diamantaire.

- La conjoncture économique depuis quelques années dans une dynamique de diversification des activités hors pétrole et diamant, ce qui donne plus de choix aux investisseurs. – La réforme continue du système de taxe en faveur des investisseurs étrangers.

La ruée vers l’or noir

Deuxième puissance pétrolière du continent après le Nigeria, on estime qu’il y aura encore pour une vingtaine d’années d’exploitation de pétrole en Angola. Le conglomérat Sonangol, régi par le gouvernement, fait office de contrôleur dans l’industrie pétrolifère d’Angola, mais ce sont définitivement les grands groupes internationaux qui dominent le pétrole Angolais à coups de nouveaux projets d’exploration.

Le groupe français Total, entre autres, a investi pas moins de $16 milliards en 2014 pour lancer son projet Kaombo. Du coté américain, nous parlons de $3 milliards

 investis en 2013 dans un plan d’exploration de nouveau gisements. Sonangol, va quant à elle investir $8.8 milliards sur 10 ans pour le lancement d’une dizaine de projets pétroliers.

L’impression que l’Angola est une source de pétrole intarissable fait du pays un Eldorado pour les investisseurs. L’Angola disposerait en effet, selon les estimations les plus récentes, d’une réserve pétrolière dépassant les 12 milliards de barils en off-shore, et 7 milliards en on-shore. Pénurie de pétrole disait-on ? Pas en Angola en tout cas.

Pour le diamant en revanche, deuxième richesse du pays, la situation est un peu plus mitigée.

Un marché du diamant sujet à controverse

Quatrième producteur mondial de diamant, la production actuelle de diamant est estimée à plus de 7 millions de carats par an. La plus grande partie des mines se trouvent à Lunda sul. À la frontière, sa plus grande mine est celle de Catoca, qui représente à elle seule 87% de la production du pays. Quant aux mines de diamant de type kimberlite de la zone, seulement 3 sur 1000 sont exploitées, ce qui laisse encore une marge considérable au développement minier.

Les autres gisement ne représentent pas une quantité prolifique de diamants, mais la qualité de ceux-ci leurs donnent une plus grande valeur. En effet, 80% des diamants qui y sont extraits sont de qualité joaillerie. Avec ses 7 millions de carats de diamants par an, le gouvernement Angolais a mis en place un système pour combattre l’économie parallèle du diamant, celle dirigée par les trafiquants et les rebelles rendant les vérifications et les estimations sur les exploitations plus compliquées. En ce sens, en 2003, le pays a signé l’accord Kimberley qui est le régisseur de l’exploitation du diamant dans le monde tout comme 43 autres pays.

Vers une diversification globale

L’Angola dispose bien sûr d’autres ressources naturelles susceptibles d’intéresser d’autres types d’investisseurs, parmi eux, nous pouvons citer les minerais de fer, le manganèse, l’or et autres métaux précieux, les agro-minerais (les phosphates, potassium et le zinc), et enfin les Polymétalliques (le cuivre, le plomb et le zinc).

Nous le savons cependant : il n’existe pas de source de pétrole, ou de mine intarissable. Chaque état en est bien sûr conscient, ce pourquoi le gouvernement Angolais souhaite diversifier son économie et investit également dans le développement d’autres secteurs, peut-être moins rentables, mais beaucoup plus durables, tels que :

- L’agriculture : il a été prévu pour 2017 d’atteindre le quota de 2.5 millions de tonnes de céréale et de 20 millions de tonnes de manioc.

- Le textile : avec des projets d’ouverture d’usine et de de plantation de coton annoncés en Juillet 2014, l’Angola définit clairement son plan d’action dans ce secteur jusque-là négligé… Et bien que ce secteur influencerait alors l’économie à plus petite échelle, celui-ci a su attirer sa part d’investisseurs étrangers, notamment japonais et sud-coréens.

- Les pierres ornementales : en août 2014, le ministre de la géologie et mines, Francisco Queiroz annonce la réouverture des mines de pierres ornementales (2ème minerai le plus lucratif en terme d’investissements).

Conclusion

Bien que l’Angola présente encore un certain risque commercial, cela ne semble pas décourager les investisseurs étrangers. L’état en est bien sûr tout à fait conscient et met en place des actions en conséquence. En préparation de la période post-pétrole, le gouvernement dirige en effet ses efforts vers un abaissement des barrières à l’entrée et une diversification globale, faisant ainsi premiers pas hors de la dépendance au secteur des ressources naturelles. Mais au rythme auquel la situation évolue, avec une inflation galopante et des prix hors de portée, on peut tout de même se demander si une grande partie de la population n’est pas oubliée dans ce grand chantier qu’est l’Angola.

Jaques Bouchard Jr.

 http://www.jacquesbouchardjr.com/

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Qui suis-je ? Jacques Bouchard Jr, avocat et conseiller stratégique. Mes réflexions de blogueur se basent sur mon expérience en tant que conseiller auprès de grandes compagnies, ainsi qu'auprès de diverses institutions gouvernementales et étatiques.

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