Amnistie fiscale: Haro aux “détourneurs” de deniers publics !

Par deux fois, l’Etat du Sénégal a accordé une amnistie fiscale à la presse – il faut plutôt dire aux patrons de presse qui en tirent les marrons-  qui pataugerait dans des difficultés financières.

En ce mois béni du Ramadan, ce petit soutien du président  Macky  Sall pourrait bien être comparé au fameux « soukarou kor » de Me Abdoulaye Wade à l’endroit de jeunes reporters sportifs. Eux, ils étaient venus couvrir un événement et on leur avait offert du fric plein les poches.

Les patrons eux, après avoir bien bouffé, sont repartis de chez le locataire du palais de l’avenue Léopold Sédar Senghor et le ventre bedonnant et le sourire aux lèvres. En plus d’être gâtés par l’aide à la presse, les voilà qu’on leur fait l’honneur d’une amnistie fiscale.

Sur le réseau social, des reporters se sont  déchaînés  ne comprenant pas une telle gratitude de l’Etat en faveur de leurs patrons, alors qu’eux, nagent dans des conditions exécrables et de vie et de travail.

Point besoin de porter des œillères. Les journalistes sont mal payés et certains, malgré des années au service d’une entreprise, n’ont jamais vu la couleur d’un bulletin de salaire. Sans couverture sociale ni médicale, ils  peuvent crever, mourir de faim, ça ne préoccupe guère le patron  qui semble avoir d’autres business que de s’inquiéter du sort de son pauvre reporter qui peut cependant s’estimer heureux, outre- tombe, d’avoir de grandioses hommages de son patron et des ses confrères.

La plus grande usine d’exploitation de l’homme, c’est cette presse qui vient de se voir accorder une seconde amnistie fiscale alors  que presque aucun patron ne cotise ni à l’Ipress ni à la Caisse de sécurité sociale.

Mais voilà   ! Ces patrons  bouffent tous les mois et pendant des années les impôts sur les revenus (salaires) des employés… et quand  ils sont en face d’une ardoise salée, ils vont  quémander auprès du Président  une amnistie fiscale !

Quand est- ce vont-ils arrêter cette supercherie ?

Non seulement, ils  ne nous paient pas nos salaires convenablement, mais ils bouffent les impôts prélevés sur nos salaires et ensuite, ils vont faire du « Fi sabililah » auprès du Président… Quand  même, ce sont nos salaires mais pas celui  du Président !!!

Et pire, durant la première (1ère)  amnistie, ils n’avaient jamais reversé les impôts retenus à la source sur les salaires des employés, de même que la TVA, les impôts sur les sociétés… Tout cela fait une fortune !

Des deniers publics détournés du fait de leur responsabilité pénale en tant que chef d’entreprise ! Ne sont-ils pas justiciables comme ces personnes qui croupissent en prison pour les mêmes motifs (détournement de deniers publics) ?

Maintenant que le coup est parti  et que ces patrons sont dispensés de fiscalité, alors qu’ils aient le cœur pour penser à leurs pauvres reporters. Autrement dit, qu’ils réservent une grosse part de l’aide à la presse à leurs employés ou du moins qu’ils cherchent les meilleurs moyens de leur rendre le sourire dans leur foyer.

Car, le moins que l’on puisse dire, c’est que ces pauvres hères sont stressés pendant que leurs boss eux roulent dans de rutilantes voitures et se payent le luxe de deux ou trois belles femmes sans compter leurs seconds bureaux mieux payés que leurs pauvres employés.

Oui, à l’amnistie fiscale si cela se ressent sur la vie du pauvre reporter. C’est à cela que doit veiller Macky Sall!

Alassane Seck Guèye

Journaliste

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