Allemagne : rien va plus pour Amazon

Par Charline Vasseur

En Allemagne, l’Américain Amazon, le n°1 de la vente en ligne, est accusé d’employer ses travailleurs intérimaires dans des conditions déplorables et d’avoir eu recours à un service de sécurité néonazi. C’est un reportage diffusé le 13 février dernier sur la télé allemande qui a mis le feu aux poudres. Il lève le voile sur ce que certains appellent déjà le "système Amazon".


Une friteuse, un livre, des biberons… sur le site d’Amazon on trouve à peu près tout pour pas cher. Un clic et c’est presque déjà parti… Mais voilà, tout cela a un prix.

C’est un reportage de la chaîne allemande ARD qui met le doigt dessus.

Une enquête a été menée peu avant les fêtes de fin d’année 2012, la plupart du temps en caméra cachée. Comme à chaque fois à cette période, Amazon doit faire face aux pics de commandes en ligne… et recrute donc des intérimaires à tour de bras. Nombreux sont ceux qui viennent des pays de l’Europe en crise.

Selvina est professeur d'arts plastique, elle ne trouvait plus de travail chez elle en Espagne, alors elle a sacrifié ses fêtes pour travailler quelques mois chez Amazon Allemagne. Pour le meilleur, enfin c’est ce qu’elle croyait…



« Ils », ce sont les vigiles du service de sécurité du site où Selvina travaille.

Des gros bras au crâne rasé en uniformes noirs et chaussés de grosses bottes en cuir noires aux allures de néonazis.

Ils n’en ont d’ailleurs pas que l’allure. Tout porte à croire qu’eux et leur employeur sont bien des néonazis. Le nom du prestataire par exemple : HESS, un acronyme qui signifie aussi le nom d’un responsable nazi proche d’Hitler, Rudolf Hess.
Le reportage révèle également des renvois abusifs, des salaires anormalement bas, des bungalows bondés en guise de logement…

Ce n’est pas la première fois qu’Amazon est dans le collimateur en Allemagne. Début janvier, le syndicat Ver.di dénonçait les mauvaises conditions de travail sur une autre plateforme allemande de l’entreprise (cliquer sur l'image pour accéder à la vidéo).

Le weekend dernier, la ministre allemande du Travail Ursula von der Leyen s’est saisie de l’affaire et a demandé une enquête.

Encore une mauvaise presse pour l’entreprise américaine… Fin 2012, Amazon et d’autres multinationales ont été accusées de fraude fiscale en Europe.
Au Royaume-Uni, Google, Starbucks et Amazon ont même été sommées de s’expliquer devant une commission parlementaire. En refusant de donner publiquement le chiffre d’affaires d’Amazon, Andrew Cecil, haut responsable de la firme, avait agacé les députés. Il éludait maladroitement les questions et ne semblait alors pas vraiment dans ses petits souliers…


Politiques, syndicats, consommateurs… tous montent au créneau pour dénoncer ce modèle social et fiscal. Mais en ces temps de crise, on peut se demander si le bas prix à tout prix ne l’emportera pas sur le droit du travail.

 

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Chaque semaine, le Buzz du Carrefour de l'Europe est repris et diffusé sur l'Atelier des médias. Cette chronique explore les vidéos et les histoires décalées qui ont fait le Ramdam en Europe et qui, souvent, sont passées inaperçues en France et dans le reste du monde.

 

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