J'ai lu avec intérêt le billet que son auteur (Christophe Colinet) m'a pointé, sur le blog Electron Libre, "Quand les blogueurs font le ménage". Déjà, pour commencer, étant en poste et bien bien occupé en divers projets et productions, j'avoue ne pas avoir saisi la polémique. Juste noté que Cédric Giorgi, sur Twitter, invitait il y a quelques jours à ne plus follower Mixbeat. Je comprends a posteriori pourquoi.

Je prends donc vraiment l'affaire "de haut", et en même temps je pense que c'est utile. Sur la forme, sans analyser le fond juridique et légal de la chose, voilà ce que me donne à penser ces deux blogueurs :

>> Mixbeat : un zozo de la night, un accroc du mégalo qui cherche à se faire connaître coûte que coûte. Mixbite sur la forme, trendy branchouillé sur le fond. Cette attitude n'est pas nouvelle dans son cas : il a pris l'habitude de lacher des infos sur les VIP, people et autres nanas qui lui reviennent pas. Une sorte de "Voici" personnifié et twittos. Son blog assez cracra (dans le fond, pas la forme) révèle un gars qui aime bien la fesse, la fête et voudrait livrer une version 2.0 aux mondains de service écumant les invites hyper hypes. Je ne respecte pas ce type de bonhomme : ils me font juste marer quand ils tapent juste, moins quand ils tapent méchant voire sur moi. Ils sont des "méchants" de service, nécessaire à nos sociétés trop polissées.

>> Maître Eolas : je vais vous faire un aveu, je ne l'ai jamais lu ou presque... C'est mal docteur? Son blog, son "Journal d'un avocat", formellement, ne m'a jamais attiré, ni par l'allure, ni par ses sujets. J'avoue (bis) qu'étant issu d'une famille de juristes, et destiné dans un 1er temps à reprendre le "flambeau" de mon pépé (ex Pdt de la Cour d'Appel de Paris, ndlr), la matière "droit" me fait pousser rapidement un urticaire virulent. Je respecte en revanche son propos, son positionnement, son aura et lis ses incises sur Twitter et surtout les rebonds qu'il suscite, toujours au coeur de la mécanique démocratique. Mais en même temps, aucun blogueur n'est un sanctuaire ni un intouchable. Se faire secouer en ligne et en réseau, c'est aussi ça l'effet web 2 et réseau!

 

Sur le fond, qu'on dévoile l'anonymat d'une plume alerte qui ne se prive pas de la porter dans la plaie, ça n'est pas nouveau. C'est navrant, mais c'est aussi le jeu : hors champs légal, je dirai même que ce risque de le perdre un jour, c'est ce qui fait la valeur de l'anonymat défense, protégé. Ce n'est ni lié aux "blogs" ni à un état d'esprit de "buzzer" sur les réseaux sociaux. Vieux comme le monde, la rumeur et radio comptoir ont fait bien pire, quantitativement, dans toute l'étendue de l'Histoire humaine. Et pour reserrer le focus sur notre époque, notons que la notion d'anonymat y sera forcément de plus en plus difficile à préserver : où tout est connecté, loggé, tracké, etc.

 

En revanche -et sur ce point je trouve que Christophe aurait pu développer sa réflexion encore davantage- je vois notre époque comme un accélérateur de particules en folie : 15 secondes pour devenir blogueur influent, 15 secondes pour se souffrir blogueur dévoilé, 15 secondes pour être marqué réseauteur privé de son réseau. Tout va s'accélérant, se compliquant en même que cela se fluidifie.

 

Soluce? Un projet blog à deux!

Ma proposition décalée et détendue? Peut être qu'on devrait réconcilier l'un et l'autre blogueur au fond? Plutôt que souffler sur les braises ou acter leur différent. Et si... on créait pour y aider l'enfant putatif de leur choc, de notre société en délire? Soit un blog et un compte Twitter Mixlas, ou Eobeat...? Lesquels se proposeraient, selon le cas, de :

- couvrir de façon rock'n roll et avec un language pop-branched la vie des tribunaux et soldats de la justice en France. Exemple : "Ouah, la juge qui parle là, elle me fait trop kiffer la garce. Hier, je l'ai shootée dans un gang-bang à Neuilly, avec un Ministre qui la besognait grave. Photos humides sur mon blog dans 5 min".

- couvrir en juriste précis et exhaustif, la vie des virées mondaines et V.I.P. Exemple : "A l'entrée de la soirée privée Dior, je note que le dispositif de sécurité n'est pas conforme au code d'évacuation des lieux publics. En informant le propriétaire des lieux, je découvre que celui-ci n'est pas déclaré officiellement ni porteur d'une carte professionnelle. Vais-je lui lire le Dalloz en lui commandant un autre Mojito? Car le dénoncer, ça jamais! ".

Je vois enfin une solution ultime qui gagnerait une certaine audience dans le landernau webeux parisien : un livre (numérique) d'entretien entre Mixbeat et maître Eolas. Titre de travail : "Toi le zazou connecté, moi le vengeur anonyme".

 

Pour prolonger : relire la note de Me Eolas "Haut les masques", traitant du problème de l'anonymat.

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