Le Mardi 16 Fevr 2011 dernier, deux journalistes de Vox Africa, une de télévision panafricaine étaient victime d'agression en plein reportage, de la part de deux vigiles d'une société pétrolière ivoirienne (PETROCI).

A la suite de notre billet publié sur l'atelier, un des deux journalistes nous a envoyé un courriel pour confirmer ce qu'ils nous avaient raconté par telephone.

Voici (ci-dessous) en intégralité le courriel.

Le rapport des faits du 16-02-11 au niveau de la station Pétroci 7ème tranche. Mercredi 16 février, aux environs de 15 heures, les correspondants de VoxAfrica en Cote d’Ivoire ont été agressés par des agents de sécurité, travaillant pour le compte d’une station Pétroci, située dans le quartier de 7ème tranche, à Abidjan. A quelques centaines de mètres de cette station de Pétroci, Nicolas Négoce et son opérateur de prises de vue, Jacob Compaoré, se sont entretenus avec un économiste, concernant la situation socio-économique du pays, suite à la fermeture des banques. Après cet entretien, l’équipe de VoxAfrica devait se rendre au Ministère du budget au Plateau, pour y rencontrer Monsieur le ministre Koné Kotinan. Sur notre parcours, nous constatons un attroupement de femmes. Elles semblent attendre du gaz, sur le trottoir faisant face à la station Pétroci. Munis de notre autorisation de tournage, délivrée par Monsieur Mama Fofana, responsable des relations extérieures auprès du Ministre de la communication Ouattara Gnonzié, Nicolas Négoce et Jacob Compaoré sont allés à la rencontre des femmes. En prenant soin de demander s’il y avait un responsable (pas de réponse précise), puis de se renseigner sur le pourquoi de l’attroupement (pratique journalistique courante). Après deux micros-trottoirs et quelques images du groupe de femmes, trois hommes nous ont abordés avec violence. « Qui êtes-vous ? Nous ne voulons pas de télé pirate ici, si ce n’est pas la RTI, vous n’avez qu’à partir. » Nous nous sommes présentés aux hommes (agents de sécurité) de manière cordiale, en leur demandant de décliner leur identité. En guise de réponse : « Vous n’avez qu’à partir. » Nous avons choisi de partir pour ne pas donner l’occasion aux hommes et à leurs camarades qui s’étaient rassemblés autour de nous, la possibilité de nous agresser physiquement. » Arrivés à notre voiture, un employé de la station Pétroci 7ème tranche, qui déchargeait les bouteilles de gaz, a menacé de « casser la caméra ». Après nous avoir copieusement insulté, ainsi que deux ou trois de ses camarades, il a bousculé le caméraman Jacob Compaoré et lui a arraché notre caméra, qu’ils ont confisqués dans un bureau de la station Pétroci. Nous avons préféré partir du site et nous avons contacté au téléphone le porte-parole du gouvernement Monsieur le ministre Don Mello, puis Koné Katinan, le ministre du Budget, qui ont souhaité communiqué avec le gérant de la station de Pétroci 7ème tranche. Ce dernier a refusé de prendre l’appel. Nous avons donc décidé de nous rendre au commissariat le plus proche. Celui du 30ème et Monsieur le commissaire Koffi a traité notre dossier. Nous avons donc du nous expliquer pendant plus de deux heures dans son bureau avec les représentants de Pétroci, qui ont réclamé que nous effacions les images de notre cassette. Une proposition que nous avons refusée. Après la confirmation par Monsieur Ahoua Don Mello auprès du commissaire que « nous ne faisions que notre travail et ne cherchions pas à porter atteinte à l’image de Pétroci », nous avons été autorisés à vaquer à nos occupations, d’autant qu’à aucun moment, la station de Pétroci ne figure dans les images que nous avons capté. Et que nous n’avons pas eu l’occasion de filmer sur le site de la station Pétroci. Sur nos images, des femmes assises sur des bouteilles de gaz et deux micro trottoirs... Cette aventure nous a fait perdre une journée de travail alors que nous voulions simplement profiter de la présence de ces femmes sur un site public pour illustrer notre reportage sur les difficultés que vivent les Ivoiriens durant cette crise postélectorale. D’autre part, les insultes et menaces proférées à notre égard sont inacceptables et ceci, même en période de crise. Les journalistes ne sont pas des boucs-émissaires. D'autre part, notre caméra a été abimée. Le service des relations publiques de Pétroci, le ministère de la communication, Reporters sans frontières (RSF), la direction de VoxAfrica et le Comité de protection des journalistes (CPJ) ont été alertés.

Nicolas NEGOCE.

Source: http://ivoriancommiteeforprotectionofjo.blogspot.com/2011/02/affaire-2-journalistes-de-vox-africa.html

 

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