Abobo – Avant le grand rassemblement du Rhdp

Akeikoi, Anokoua…des quartiers à haut risque

 

La commune d’Abobo, appelée communément Abobo « la guerre » ou « Bagdad city » depuis peu, située au nord du District d’Abidjan (capitale économique de la Côte d’Ivoire) n’est pas uniquement favorable à l’opposition à 100%. A Akeikoi, Anokoua etc. des sous-quartiers dont certains militants sont acquis à la cause du Président sortant Laurent Gbagbo, la situation demeure anxieuse pour les militants Rhdp.

 

Dans les différents sous-quartiers de la commune d’Abobo, chaque jeunesse assure la sécurité de son « territoire ». A travers des brigades autodéfenses. A Anokoua, comme le souligne très bien, le confère de l’Expression dans sa parution n°485 du samedi 12 au dimanche 13 février 2011, « les jeunes par le passé assuraient la sécurité avec des fusils calibres 12, mais, depuis les évènements du 12 janvier dernier, ce sont les Kalachnikov qui ont remplacé ces fusils de chasse ». Et le confrère de s’interroger. Qui leur a remis ces armes de guerre ? Qui est derrière ce bain de sang en préparation ? Mystère et silence radio.

Dans un autre sous quartier à Akekoi, aux encablures de l’hôpital Thérèse Houphouët, non loin de la pharmacie route Akeikoi des miliciens en formation seraient nourris et blanchis par des caporaux marins proche Gbagbo dont nous taisons pour l’heure les noms. Une liste vérifiée d’un millier de miliciens pro-Gbagbo bien enregistré par les éléments du commando invisible. Après les entrainements au complexe sportif d’Abobo, c’est au domicile de ces deux corps habillés qui habitent le bas d’une bâtisse inachevée que la nuit tombée, ces miliciens viennent prendre leurs repas. Cette cellule composée de d’une vingtaine d’éléments passe la nuit, pour certains sur la dalle où habitent ces corps habillés. Non loin de là, nous avons pu constater la présence d’un véritable gouffre qui servirait de fumoir (cannabis etc. ndlr).

Si pour le moment, il n’y a eu aucun accrochage de façon officielle entre ces miliciens armés, biens connus dans ces sous-quartiers et les populations pro Rhdp, le feu couve les cendres. C’est la peur au ventre, l’oreille toujours tendue, l’œil ouvert que les militants et sympathisants du Rhdp dorment. Ceux qui ont les moyens déménagent. Par contre vu, la gravité de la situation économique de ces derniers mois, ceux qui ne peuvent rien faire « vivent entre la vie et la mort ». « Nous avons avisé les différentes directions de nos partis politiques de l’existence de ces miliciens dans nos quartiers », nous informe un secrétaire de section d’un parti membre du Rhdp. Ces miliciens avouent volontiers être en symbiose avec les patriotes de Blé Goudé. « Nous sommes des patriotes pour la défense et le soutien sans faille à Laurent Gbagbo », martèle l’un des miliciens sous le sceau de l’anonymat.

Le danger est réel et l’épée de Damoclès pend sur la tête des militants du Rhp face à un pouvoir qui, faut-il l’affirmer préfère, « mille morts à gauche et mille morts à droite » si cela peut le maintenir au fauteuil et « avancer ».

 

Abobo, une commune d’où le danger peut arriver

 

La situation que vit la commune d’Abobo depuis les évènements des 12 et 13 janvier 2011 affecte sérieusement les populations. On se rappelle que la soldatesque favorable à Laurent Gbagbo et à son relai, Charles Blé Goudé a été mise en déroute, avec de nombreuses pertes en vie humaines et matériels côté Forces de défense et de sécurité. Ce cinglant revers est revendiqué par un certain commando invisible dont le porte-parole s’est fait nommer par un confrère, « commandant Fongnon (entendez par là le vent en malinké) ». Du coup, la commune représente aujourd’hui un réel danger pour les éléments zélés des Forces pro-Gbagbo. Il y a des Forces de défense qui y vivent et sont bien connues des populations mais, une fois chez eux, ces éléments sont dans l’obligation de se référer à la loi. Celle d’assurer avec honnêteté, rigueur et loyauté la sécurité des populations en complicité avec les jeunes de leurs sous-quartiers respectifs. Si ce langage passe facilement dans des secteurs à forte dominance de militants Rhdp, pro-Alassane, comme Marley, PK18, Derrière Rail, Anador etc., certains sous quartiers notamment, Anokoua (village ébrié), Akékoi représentent un réel danger pour les populations proches du Rhdp. Avec le « grand rassemblement » qu’annoncent les partisans du Rhdp, le samedi 19 février prochain à « Bagdad city », il y a de quoi s’inquiéter.

 

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