Réclamant réparation pour l’année blanche et de meilleures conditions d’études, les étudiants ont pris à partir le premier ministre.

 

Il est douze heures passées ce 10 décembre 2012, quand le premier ministre, Emmanuel Nadingar, quitte le Complexe universitaire de Toukra où il s’était rendu pour présider la cérémonie d’ouverture du 17ème Colloque sur la pharmacopée et la médecine traditionnelle africaine. Embuscade ou simple coïncidence? Les étudiants sont sortis de salles massivement pour l’attendre dans la cour. Raison: avoir une promesse du premier ministre pour l’amélioration des conditions d’étude. Très rapidement, ils sortent des feuilles sur lesquelles on peut lire: «des ordinateurs pour tout le monde», «nous réclamons réparation de 500 000F CFA pour l’année blanche», «j’ai faim son excellence», «de l’eau pour les étudiants», etc. Devant cette subite mobilisation des étudiants et leurs réclamations inattendues, le premier ministre n’a pas voulu s’adresser à ces derniers. Attitude qui augmente la colère des étudiants qui poussent à nouveau, très fort des cris hostiles et dérision accompagnés d’insulte de tout côté contre lui. En guise de réponse, il esquisse un sourire au coin des lèvres en levant la main pour les saluer. La colère augmente de plus en plus chez les étudiants obligeant la sécurité à plus de vigilance. Le premier ministre  est escorté de très près par ses gardes du corps jusqu’à sa voiture où il démarre en trompe pour quitter les lieux. Malgré son départ brusque, les étudiants se mettent à sa poursuite avec des cris.

 

Echec de la médiation du recteur et du ministre de l’Enseignement supérieur

 

Avant la sortie du premier ministre de l’amphithéâtre, le recteur de l’Université de N’Djaména, Dr Ali Abdelrhamane Haggar et le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et Technique, Pr Hassan Taïsso ont tenté en vain de calmer les étudiants. Ces derniers très remontés ont rassuré de ne pas humilier Nadingar à seule condition qu’il leur fasse la promesse d’améliorer une promesse de la part du premier ministre pour l’amélioration de leur conditions d’étude. Pour le recteur de l’Université de N’Djaména, Dr Ali Abdelrhamane Haggar, il y a des revendications acceptables et inacceptables. «On ne peut pas améliorer vos conditions d’études en un seul jour. C’est un processus et le gouvernement s’est engagé à le faire». En face, les étudiants estiment qu’avoir de l’eau potable au sein du complexe ne doit pas être un processus. «L’eau que nous buvons est salée et c’est depuis le début des cours que nous avons parlé de cela. Ils trouvent que nous prêchons  dans le désert», renchérissent les étudiants. Certains étudiants vont jusqu’à accuser le premier ministre de bloquer les 500 000F qu’ils exigent pour la réparation d’une année académique perdue.

Faut-il le rappeler? Ce comportement des étudiants n’est pas digne. Ce vivier de futurs cadres du Tchad doivent arrêter de manifester bruyamment chaque fois. Ils sont appelés à diriger le Tchad de demain, pour cela, ils gagneront à adopter des comportements qui pourront les aider plus tard. Une personnalité, petite soit-elle ne devra pas être humiliée, huée, insultée…comme ils l’ont fait ce jour là!

La sagesse voulait que leurs représentants continuent par la voie indiquée, de poser leurs différentes doléances qui, sûrement, seront pris en charge par le gouvernement.

 

Sabre Na-ideyam

Envoyez-moi un e-mail lorsque des commentaires sont laissés –

Vous devez être membre de Atelier des médias pour ajouter des commentaires !

Join Atelier des médias

Articles mis en avant

Récemment sur l'atelier

mapote gaye posted blog posts
4 févr.
Mélissa Barra posted a blog post
La Côte d’Ivoire veut s’attaquer aux dysfonctionnements que connaît l’enseignement supérieur public…
18 janv.
Plus...