Autrefois privés de moyens de mobilité, quelques centaines d’enfants en âge d’être scolarisés dans la commune de Grand-Popo, située à 35 km au sud-ouest du Bénin,jouiront de leur droit à l’éducation dès la rentrée prochaine.

Quelques bénévoles s’attèlent à accoler les parties entrouvertes sur la première barque en construction / Crédit photo: Raffet

Grand-Popo le 15 août 2017. Une dizaine de bénévoles français, sénégalais et béninois grimpent un tricycle près de la façade arrière de la mairie. Il est presque 9h. Ils se rendent à Gbèkon, une localité surnommée 10 janvier en témoignage à l’ampleur que prennent les festivités du vodoun sur place. Depuis le 8 août, ils sont au total une vingtaine à se relayer par équipes sur le chantier de construction de 4 barques motorisées  visant à faciliter la mobilité des enfants à destination des écoles de la localité.

Commune de 40 335  habitants (selon les estimations du dernier recensement national), Grand-Popo compte 4 îles que sont : l’île du sel, Avlo, Sodome et Kweta. Ici, les milliers d’enfants en âge d’aller à l’école sont réorientés vers la pêche, principale activité des autochtones du fait de leur proximité avec la mer et le fleuve Mono.Ils s’adonnent également à l’agriculture ou au petit commerce, des gagne-pains de subsistance pour la plupart,obligée de surseoir à leur écolage faute de moyens de transport fluvial. Les écoles sont distancées par d’immenses étendues d’eau, confirme Godfried Agbodjakin, un guide de la localité. « Les enfants n’arrivent pas à aller à l’école parce qu’ils n’ont pas des barques », précise-t-il.

4 barques pour re-scolariser des centaines d’enfants

Sous la paillote qui sert d’abri pour l’atelier de construction des barques installée au large du fleuve, l’équipe de bénévoles est rompue à la tâche. Adjarath aide à scier du bois. Pierre lui s’affaire à toutes les petites tâches d’utilité. Sans se fatiguer, Mariella (Guadeloupéenne et descendant d’esclaves béninois vivant en île de France), Joseph le Sénégalais et les autres transportent des planches servant à fabriquer la deuxième barque. « Les bénévoles nous aident dans la tâche.Ça nous avantage beaucoup et grâce à cela, le travail finira très vite », rassure le patron de l’atelier Thirbuce Yaovi, confiant de la réalisation des travaux dans les délais impartis

L’équipe œuvre à former la deuxième barque / Crédit photo: Raffet

« Le projet consiste à faciliter l’accès à l’éducation des enfants et les barques répondent à un problème logistique», laisse entendre Catinus Kouessi, président de l’Organisation non-gouvernementale Iwara(entendez amusement en yoruba, un dialecte du nord-Bénin, ndlr).A l’atelier, il galvanise l’équipe et rappelle quelques fois à l’ordre les ouvriers. Pour lui, les jours s’égrènent et l’objectif de transporter gratuitement les enfants des villages enclavés vers leur lieu d’apprentissage à la rentrée prochaine en septembre doit être atteint.

Les 4 barques motorisées doivent alors être réalisées et mises à la disposition des populations ce samedi 19 août en prélude à l’année scolaire 2017- 2018. Ainsi, les enfants ayant abandonné l’école pourront reprendre le chemin des classes.Et les débutants peuvent être rassurés de pouvoir se déplacer aisément vers leurs centres éducatifs. « Je ne sais comment vous remercier pour cette initiative que vous avez prise en faveur de mon village », dira tout ému Robert Gbégnondo chef de l’arrondissement d’Avlo regroupant 9 villages.

Par : Michaël TCHOKPODO

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