7 raisons d'éviter le web, pour médias mal inspirés

Je reprends le fil cette note, vieille de pas mal de mois, sur les débats actuels secouant la presse (tous supports confondus) sur : ce qu'il faut faire sur le web; ce qu'on doit mettre en ligne; le business model à poser; l'effort à dédier; etc, etc. J'entends beaucoup cela sur les projets que je vois se monter, se discuter, ceux où je suis intervenu, etc. Je n'ai ni la science infuse ni la prétention de poser un modèle immuable et parfait. Mais j'ai une petite expérience de conduites de projets éditoriaux, et surtout le prisme d'une carrière débutée plus tôt dans la presse "classique", pour mieux appréhender les exigences du "online".

Alors je vais prendre le problème à rebours et lister ici les bonnes raisons... de ne pas y aller. Pourquoi? Tout simplement et avant tout par mon fichu esprit de contradiction. Ensuite parce que des projets mal ficelés, mal inspirés, mal conduits sont : 1/ des pertes de temps; 2/ des pertes d'efforts; 3/ des pertes d'argent. Et j'oserai dire -sans mépris aucun- de mauvais exemples pour l'ensemble du secteur et le marché. Car il n'y a rien de pire qu'un éditeur sûr de son fait mais ignare qui lance "ouah, je lance le plus beau site du monde", écouté par un partenaire/client/sponsor tout aussi ignare qui lui répond "ouah, c'est génial internet!". Le tout devant un site indigeste, incomplet et/ou mal tenu. Je vois trop de patrons et d'équipes ainsi imbus de leur vision, hermétiques au changement, voulant que le web soit à leur image. Fatale erreur.

Donc, pour les lister plus en détails :
1- n'allez pas sur le web si... vous n'avez rien à y dire : infos trop brèves (de peur de déflorer son magazine ou son émission, de tuer son projet coeur), écriture pauvre en contenu et style, manque d'ouverture, etc.
2- n'allez pas sur le web si... vous n'avez pas la pratique d'une écriture multimédia de base : liens hypertextes, liens "à lire aussi" dans vos archives, visuels systématiques, etc.
3- n'allez pas sur le web si... votre équipe ne comprend rien au web, à titre personnel et en équipe : commencez d'abord par les former, dans les généralités, puis autant que possible sur quelques spécialités clés (iconographie, réseau en ligne...)
4- n'allez pas sur le web si... vous êtes l'homme providentiel qui a lui seul doit tout faire en peu de temps ce que les autres ont foiré avant avec beaucoup de moyens. N'incarner surtout pas le "monsieur web 2".

5- n'allez pas sur le web si... votre dispositif n'est pas "up to date" : liens sur les RSS, podcasts, page de présentation de l'équipe (avec mails cliquables ou à défaut lisibles), etc. Votre site doit respirer la modernité sans trop en faire, mais ne pas louper les immanquables, repérer les tendances clés à intégrer.
6- n'allez pas sur le web si... votre rédaction en chef, votre direction n'y croit pas : le web n'est ni un boulet, ni une sanction, ni un gadget. Si vos managers croient à cela, parles-en avec eux. S'ils insistent, secouez-les ! Le crypto journalisme braqué sur le passé est une maladie qui se traite.
7- n'allez pas sur le web si... votre logistique de production n'est pas clairement posée : quel gestionnaire? quelle ressource technique? quel hébergement? quelle mise à jour des solutions? Tout ceci doit être connu et usité.

Pour compléter, à lire aussi sur ce blog :
- 10 conseils pour passer au web 2.0 dans la presse : pour le journaliste
- Comprendre ce (foutu) web 2.0 et ses suites

Envoyez-moi un e-mail lorsque des commentaires sont laissés –

Vous devez être membre de Atelier des médias pour ajouter des commentaires !

Join Atelier des médias

Commentaires

  • Merci pour vos commentaires. Et j'en profite au passage, bonne année à vous et aux autres blog-addicts de ces lieux et d'ailleurs.

    @ Richard : pas la peine de vous diminuer quand vous intervenez; c'est ça aussi l'esprit des blogs, celui d'une maison ouverte aux quatre vents, d'où qu'ils viennent. Outre la grande et appréciable application de votre écriture, je vous avoue cela dit avoir (un peu) perdu le fil de votre propos (autant pour moi). Pourriez-vous m'éclairer davantage sur ce qui vous fait réagir?

    @ Louise : que voulez-vous dire? vous vous reconnaissez là-dedans? ou au contraire, vous avez vécu ce type d'expérience dans d'autres secteurs professionnels? Si oui, racontez donc svp : ça peut prolonger.

  • J ai vraiment pas ce qu il faut pour être journaliste moi lol
This reply was deleted.

Articles mis en avant

Récemment sur l'atelier

mapote gaye posted blog posts
4 févr.
Mélissa Barra posted a blog post
La Côte d’Ivoire veut s’attaquer aux dysfonctionnements que connaît l’enseignement supérieur public…
18 janv.
Plus...