Je tiens l'objet dans les mains depuis lundi. Il y en 2 ou 3 comme ça, dans la presse, dans les bonnes années : des "OPNI", "objets de presse non identifiés". C'est à dire des projets couillus qui tentent de secouer un peu le marigot des médias ranplanplans et proposent autre chose. "Vendredi" donc entend un peu refaire le web à l'envers. Alors que les rédactions de France et Navarre se crêpent le chignon à tenter de savoir comment faire du bi-média, comment nourrir un site web en parallèle d'un journal, "Vendredi" lui, fait l'inverse : il fait un journal avec des vrais morceaux de web. Ca ne vous rappelle rien? Mais si voyons, le yaourt au goût bulgare.Pour autant, de bulgare, ce journal n'en a rien. Son identité est même diamétralement opposée, anglo-saxonne par le format grand tabloïd et la maquette colorée. Aussi par la densité, parfois un peu difficile à lire il faut avouer. Mais c'est un hebdo, on a donc le temps, on en profite, même s'il faudra auparavant se laver les neurones de la lecture jetable imposée par les Métro, 20Minutes et consorts.Les limites et critiques, je les vois dans le principe de sélection, forcément imparfait, incomplet, arrêté. Comment prétendre faire une lecture transverse du web, pour en tirer le pur jus? Imaginez le défi : résumer le web! Comment ne pas verser dès lors dans le "référencisme" rapide, de copains ou de proches de soi, qui peut parfois être un "révérencisme" tout court... Je le note à un détail : citer par exemple Rue89.com comme un "pionnier des sites d'info français"... même pas dire "un des pionniers". Faux, court et risible. Rue89 est né en 2007, il y a moins d'un an. Les rédactions qui mouillent la chemise depuis avant 2000 (il y en a) et les journalistes bi-média d'avant Loïc Le Meur vont en avaler leur clavier et leur base de données!Autre limite dans le mariage "grande actualité" et "commentaires du peuple d'en bas". La première est nécessaire pour attirer le chaland, mais c'est dans les seconds qu'on trouve les vrais perles et le bonheur de lire du style et de l'idée. Reste aussi le prix à payer : ok pour le principe du service, j'ai saisi. Mieux vaut 1,50 euros pour un bon digest, que 0 euros pour se noyer sur le web... Reste que dans le ton, on a un peu là une version de ce qu'aurait pu être un Canard Enchaîné modernisé, en prise avec son temps. Sauf que pour : 1) écouter les bons ragots des couloirs et antichambres de la politique + 2) écouter les bons ragots du web, il faudra désormais dépenser 1,20 le mercredi (le Canard) et 1,50 pour Vendredi. Sans compter Charlie Hebdo, ni même Siné Hebdo pour les ultra mordus.Sûr, une presse satirique, rentre dedans est en train de renaître. Phénomène somme toute normal au sein d'une France conservatrice et en doutes profonds sur l'économie. Sûr, l'infernal couple imprimé/web dans la presse moderne vient d'accoucher d'un nouveau bébé inattendu. Celui qui sort du troupeau, qui ne suit les moutons, qui n'en fait qu'à sa tête. Rien que pour cette attitude bravache, tant mieux.
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