Berlinale 2008 - Jour 5: De la violence en Afrique du Sud!

Les films africains se font de plus en plus rares dans ce festival, pourtant celui des grands festivals les plus ouverts aux cinémas du monde entier. Cette année, bien entendu rien en compétition officielle. Dans la section Forum-Jeune cinéma, un film ougandais dont le scénario et le projet avait été initié l'année passée pendant un workshop qu'organise le festival pour les jeunes talents, qu'ils soient acteurs, réalisateurs ou auteurs de scripts. Le résultat est intéressant par le sujet (la vie quotdienne de 3 jeunes issus d'un ghetto et qui veulent s'en sortir par la musique et le hip-hop, tout ceci dans une atmosphère de conflit entre bandes rivales, la pression familiale et évangéliste), mais encore très limité dans le jeu d'acteur (ce qui est malheureusement souvent le cas pour les films africains) et dans la technique cinématographique. Mais l'essai est fait, le résultat pas mal et il faut espérer que ce genre d'aide à la création va permettre à un jeune cinéma africain d'émerger sur la scène inernationale.Jerusalema ou la génèse de la violence en Afrique du Sud: dans la section Panorama, Jerusalema a recu une ovation par le public et les professionnels lors de sa 1ère ce soir. Magnifique sous tous rapports: script abouti, acteurs extraordinaires, génèse de l'extraordinaire violence quotidienne qui donne des frissons. La complexité de la société sud-africaine est très bien rendue. Non seulement la division entre blancs et noirs, la violence des gangs et celle de la police, la drogue, la prostition et le racket des pauvres par les gangs, mais aussi le racisme entre noirs, entre ceux qui sont d'Afrique du Sud et ceux du reste du continent, les héros perdus de la lutte anti-apartheid, et surtout les r^eves brisés d'une génération qui en 1994 était jeune et croyait que l'avenir allait enfin leur appartenir. L'acteur principal Rapulana Seiphemo a dit hier: "quand on a appris que Mandela allait ^etre libéré, on a couru partout, on criait, on dansait et on se disait - mainetenant, on va pouvoir aller en ville, et tout nous appartiendra et ce sera gratuit. Mais bien entendu, rien n'est gratuit, rien ne nous appartient, il faut travailler pour cela, et j'espère que ce film sera vu par le plus grand nombre et que quelque chose sera fait pour que notre société se normalise." Ce à quoi ajoutait le réalisateur, qui lui est blanc et est né en ville: "je voulais montrer ces immeubles et quartiers insalubres, l^a ou je suis né, des quartiers qui étaient merveilleux et où maintenant les ordures et la merde sont jetés par la fen^etre, où les gens ne vivent que par ce que c'est en ville et près de leur travail, mais qui sont exploités et rackettés par les gangs. Il faut que quelque chose change dans ce pays. Il faut que le gouvernement fasse quelque chose et si mon film peut un peu aider à faire prendre conscience, c'est tant mieux. Le film est une fiction, mais tout ce qui y est montré sont soit des choses qui se sont passées ou qui peuvent se passer au quotidien à Johannesburg."Le film a été tourné totalement "on location", avec une énorme équipe d'agents de sécurité, certains très armés, d'autres en civil et anecdote livrée par le réalisateur: "nous avons m^eme demander aux gangs sur place de coopérer avec nous pour notre protection. La premiere scene que nous avons tourné est celle de l'hélico de police pour l'arrestation de Lucky, et cela semblait tellement réel que des gens ont jeté par la fen^etre de la drogue ou ce sont enfui, pensant que c'était une vraie descente de police!".L'histoire (source: le catalogue officiel de la Berlinale): Lucky Kunene sait ce qu’il veut dans la vie : une BMW de la série 7, une maison avec vue sur mer et une femme intelligente et belle. Toutefois, comme Lucky vient d’une famille pauvre de Soweto et qu’une bourse d’études universitaires lui est refusée, l’avenir qui l’attend est au mieux celui d’un pompiste mal payé. Afin d’échapper à ce destin, il vole des voitures avec Zakes, son meilleur ami : son costume, c’est une Datsun, le nouveau réfrigérateur, une Toyota, l’armoire, une Mazda et grâce à une Mercedes, il achète une chaîne hifi et un lecteur de vidéo. Mais après que le militant marxiste Nazareth Mbolelo a convaincu Lucky et Zakes de participer à plusieurs casses armés, il est malsain pour eux de rester à Soweto. Ils décident donc au pied levé de transférer leurs activités dans le quartier d’Hillbrow. Cinq ans plus tard, une entreprise de taxis minable est tout ce qui leur reste après tant d’efforts. L’idée au départ prometteuse s’avéra un piège : il y a constamment des échanges de coups de feu entre chauffeurs de taxi concurrents, des courses poursuites périlleuses et des vols de véhicules.Pour s’en sortir, Lucky a une nouvelle idée. A Mimosa Court, là où il habite, il y a des logements où s’entassent parfois une vingtaine de personnes dont des prostituées, des junkies, des immigrés clandestins. Grâce à leurs loyers qu’il gère au sein d’une nouvelle société, la Hillbrow People’s Housing Trust, Lucky entame une carrière d’agent immobilier. « L’escroc d’Hillbrow » a toutefois bientôt non seulement la police à ses trousses, en la personne de Blakkie Swart, mais il doit aussi compter sur un autre adversaire, Tony Ngu, le magnat nigérian de la drogue. Si l’un des deux concurrents ne renonce pas de son plein gré à occuper le terrain, un bain de sang menace la « Nouvelle Jérusalem »…Jerusalema, de Ralph Ziman, avec Rapulana Seiphemo, Jeffery Zekele, Ronnie Nyakale, Jafta Mamabolo, Malusi Skenjana, Afrique du Sud, 2007, en langue: Anglais, Zulu, Xhosa, AfrikaansDivizionz, du collectif Yes! That's Us, avec Bobi Wine, Mark Bugembe, Catherine Nakyanzi, Olem Bonny, Ouganda/Afrique du Sud, 2007

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