Berlinale 2008 - Jour 9: Eyes wide shut!

Je suis éteint, mes yeux ne supportent plus la lumière (je porte donc des lunettes de soleil car les projecteurs m'aveuglent....certain-e-s me prennent donc pour une star quelconque - mais qu'importe, l'important c'est d'avoir une star sous la main, après tout il y en a tellement de stars inconnues qui se baladent sur la Potsdamer Platz...), l'italienne qui hurle dans son téléphone derrière moi est en train de passer son coup de fil directement dans ma tête et je m'endors pendant le dernier film de Andrzej Wajda -Katyn! Il faut le faire pour s'endormir devant un film qui a pour sujet le massacre de 22'000 officiers polonais par les Soviétiques en 1940...mais bon, j'ai quand même réussi à me réveiller et je n'ai pas rater la scène du massacre. Le grand maître de l'école polonaise fait ici une fresque très esthétique (à "la (vieille) école polonaise...), ce qui ne manque pas de poser l'éternelle question: peut-on esthétiser des atrocités? Je n'ai pas d'avis tranché, au contraire de beaucoup d'autres, je pense que cela dépend beaucoup des intentions du réalisateur plus à mon avis vis-à-vis de son public que de sa seule conception artistique. Et s'il veut que cet épisode méconnu de l'histoire soit vu par le plus grand nombre, son choix esthétisant a certainement un sens. Ce film est un très personnel pour Wajda, son père faisait partie de la liste des officiers assassinés à Katyn et semble clore pour lui un chapitre. A 80 ans, il dit que son prochain film aura pour sujet la société contemporaine, car ce qu'il se passe aujourd'hui, dans la nouvelle Pologne est trés intéressant, par exemple ces 2 millions de Polonais qui ont quitté le pays pour construire leur vie ailleurs. Peut-être que l'année prochaine, nous aurons un "wajda" de la nouvelle école polonaise...

Crédit: BerlinaleJe vais avouer un autre endormissement, car mon ami et collègue Missoum, lui aussi présent à la Berlinale et lui aussi membre de l'ADM pourrait vendre la mèche: je me suis assoupi pendant quelques instants lors de la projection du documentaire sur les exactions commises à Abou Ghraib (voir jour-6 ). C'est à se demander si les atrocités qui bercent notre monde me font dormir au lieu de me tenir en éveil!Pendant ce temps, Missoum fait semblant de travailler:

Image: MaBJe suis donc à moitié ailleurs pour le 2ème film de la journée et je prends un ascenceur pour descendre 4 étages. Je rentre dans l'ascenseur en me tenant la tête, je remarque qu'il y a deux femmes dedans mais comme je vois pas net, je ne fais pas attention. Par contre je remarque qu'elles parlent francais et surtout qu'elles m'observent (je dois vraiment pas avoir l'air bien), je relève donc tant bien que mal la tête et je me trouve face à face avec Elsa Zylberstein. Comme je suis toujours un peu niais dans ces circonstances (Missoum lui, qui n'a pas vu le 10ème des films que j'ai vu avec cette actrice aurait tout de suite su engager la conversation sur un mode ou un autre), bien que j'ai vu les 2 films qu'elle a présenté à Panorama (La Fabrique des Sentiments, déjà sur les écrans francais) et surtout le film en compétition, je ne trouve rien d'autre à faire qu'à me retourner et (faire semblant de) l'ignorer!Ceci me rappelle tout de même que j'ai oublié de parler du seul film francais qui en vaille la peine depuis plusieurs années dans la section compétition officielle: Il y a longtemps que je t'aime..., 1er film de l'écrivain Philippe Claudel.Kristin Scott Thomas et Elsa Zylberstein jouent deux soeurs qui se retrouvent après 15 ans de séparation due à l'emprisonnement de la soeur ainée pour infanticide. Sujet très intéressant à deux titres: le regard de la société sur ce genre de crime et les rapports familiaux dans la construction et le développement d'un individu. La fin du film est elle un peu décevante, car elle donne une explication là où il n'y en pas besoin (le réalisateur le justifie en disant qu'il a voulu faire un film grand public et donc ne pas laisser de questions ouvertes au spectateur) et surtout s'ouvre sur une autre thématique sans vraiment l'aborder. Mais ne boudons pas notre plaisir, ce n'est malheureusement plus souvent habituel que le scénario, le jeu d'acteurs et la réalisation fonctionnent bien en même temps dans un film francais!

Image: MaBMaB, BerlinKatyn, de Andrzej Wajda, avec Maja Ostaszewska, Artur Zmijewski, Andrzej Chyra, Jan Englert, Danuta Stenka, Pologne, 2007Il y a longtemps que je t'aime..., de Philippe Claudel, avec Kristin Scott Thomas, Elsa Zylberstein, Serge Hazanavicius, LAurent Grevill, France/Allemagne, 2007
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