Berlinale 2008 - Jour 10: s'il vous plaît, rembobinez!

Dernier film hors compétition ce matin à 9h00, un des meilleurs films de la sélection compétition officielle/hors compétition. Heureusement, car si le niveau des sections parallèles Panorama et Forum était excellent cette année, celui de la compétion/hors compétition une catastrophe qui tend vers le risible. On attend donc les prix officiels décernés. Je viens d'apprendre ceux des jurys indépendants. Je suis assez satisfait de ceux-ci: Le film israélien Lemon Tree (voir Berlinale-jour 2) a eu celui du public , le film français Il y a longtemps que je t'aime... (voir Berlinale-jour 9) celui du jury œcuménique qui a donné aussi un prix à Boy A (voir Berlinale-jour 3).Le film de ce matin était à la fois rafraîchissant, drôle et bien fait. Le réalisateur est français mais tourne aux Etats-Unis. C'est étrange cette mode des réalisateurs français qui vont tourner aux Etats-Unis ou en Angleterre. Rien que dans cette Berlinale, c'est le 2ème: Erick Zonca qui a présenté le film "Julia" en compétition officielle - une histoire un peu alambiquée d'un enlèvement d'enfant contre rançon par une femme alcoolique qui finit en road movie entre les Etats-Unis et le Mexique - est également aller chercher son bonheur cinématographique outre-Atlantique.Le film dernier film donc, "Be Kind Rewind" de Michel Gondry, est dans la même veine que son précédent film "La Science des rêves " avec Charlotte Gainsbourg : un peu déjanté, très original dans son parti pris artistique, un casting parfait, une histoire et des personnages à la marge de l’utopie…une réelle bouffée d’air frais.Jerry et Mike sont les meilleurs amis du monde. Jerry est persuadé que les ondes de la centrale électrique lui tuent le cerveau, Mike travaille dans la vidéothèque de VHS de Fletcher, un fan du jazzman Fats Waller et qui entretient la légende voulant que Waller ait habité ici. Jerry est une catastrophe ambulante et quand Mike se retrouve à garder la vidéothèque de Fletcher pendant qu’il fait un pèlerinage à la mémoire de Waller, le ton est déjà donné. Après s’être fait électrocuter en essayant de saboter la centrale électrique, il est « magnétisé ». En allant voir Mike au magasin, son champ magnétique efface les films. Pour se sortir de ce mauvais pas, ils décident de tourner des remakes des films les plus demandés qu’ils n’appellent pas remake mais « sweded ». Et les films « sweded » font exploser la demande…

Crédit: BerlinaleCe qui intéresse avant tout Michel Gondry dans cette histoire dont il a fait le scénario, c’est l’idée d’une communauté qui créé elle-même son divertissement. D’après lui, c’est exactement ce qu’il se passe avec les genres de musiques qui sont apparues au cours des siècles, ici représentés par le jazz : l’écho d’une communauté qui fait résistance, qui cherche son indépendance car elle est exclue des autres formes existantes de production de divertissement, puis qui petit à petit sort de cette communauté, s’élargit et atteint d’autres communautés. « Je crois en la solidarité entre les gens, en leur capacité à créer ensemble, à s’ouvrir de nouvelles voies, à être artisan de leur propre divertissement. Même si on essaie de nous faire croire que c’est une utopie, surtout les médias qui nous présentent comme égoïstes, en constante compétition. »

Image: MaBMaB, BerlinBe Kind Rewind, de Michel Gondry, avec Jack Black, Mos Def, Danny Glover, Mia Farrow, Melonie Diaz, USAJulia, de Erick Zonca, avec Tilda Swinton, Aidan Gould, Saul Rubinek, Kate del Castillo, France, 2007
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