Berlinale 2008 - Jour 7: le film de Madonna sur Internet ?!

Je ne vais pas le cacher, j'ai fait comme beaucoup de mes collègues, j'ai sué, je me suis fait écraser, j'ai bousculé (je crois même avoir bien poussé une dame...j'ai un peu honte rétrospectivement, mais pas trop quand même) devant la salle de conférence de presse...pour voir Madonna "en vrai". D'un autre côté, les collègues qui me raillent sont ceux-là même qui ont fait la même chose pour les Rolling Stones le jour de l'ouverture du festival ou qui aurait bien voulu: à chacun son moment d'éternité, celui de se rappeler son adolescence, moment où tout nous était ouvert et permis, ou du moins c'est que l'on croyait.Je me suis bien débrouiller: tant qu'à être rustre et groupie, autant que cela en vaille le coup...j'ai réussi donc à être au 1er rang...et même si j'en souris: cela en valait le coup. Pour rien. Juste être là et la voir et se revoir et retrouver pendant quelques minutes quelqu'un en nous qu'on avait un peu perdu de vu. Cela m'a redonner le sourire le reste de la journée, un sourire certainement un peu béat, sans motif immédiat, mais qui émergeait de l'intérieur, de très loin de l'âme et du coeur.C'est quand même un peu idiot, car elle était là pour présenter un film. Difficile d'en parler. Je ne vais pas faire comme ceux qui se sont pâmer devant elle à la conférence de presse et qui titraient ce matin: "elle ne sait pas diriger des acteurs", "elle ferait mieux de tout de suite laisser tomber la réalisation", etc. En toute franchise, je ne saurait pas comment écrire une critique pour ce film, qui de toute manière n'en a pas besoin: les gens le verront s'ils en ont l'occasion puisque c'est un film de Madonna!Je ne sais pas si je l'ai regardé comme j'aurai regardé un autre film: sans préjugé. Suis-je trop critique car c'est un film de Madonna et que je vais passer pour le ravi de l'oasis si je ne le critique pas sévèrement et négativement ou suis-je trop conciliant car c'est Madonna et son premier film.Lapidairement et s'en trop m'avancer, pour un premier film, c'est pas mal réussi si on aime le style un peu "à la Kusturica" des débuts. L'histoire est mince et est surtout une ode au personnage principal joué par le chanteur ukrainien Eugene Hutz qui joue grosso modo son propre rôle. Si on aime sa musique (à Eugene), on sera ravi: la plupart de la b.o du film est de lui (et son groupe) ou des morceaux de son oncle.Mais le plus intéressant dans tout cela, c'est que Madonna songe sérieusement à distribuer le film via Internet: "j'adore regarder les films au cinéma, et j'aimerai bien qu'il passe dans les salles, mais d'un autre côté, j'essaie toujours d'explorer des nouvelles voies dans tout ce que j'entreprends et j'aimerais bien essayer la voie de l'Internet pour faire voir mon film. On va décider de cela tout prochainement." Dans une interview au journal de la Berlinale elle donne cette information: cela pourrait être à travers iTunes.A la fin de la conférence de presse un très joli moment: Eugene Hutz prend sa guitarre, tout le monde tape des mains en mesure avec Madonna et le gypsy-punk ukrainien de scander: " immigrant, immigrant, I am an immigrant...naturalize me!"Mab, BerlinFilth And Wisdom, de Madonna, avec Eugene Hutz, Holly Weston, Vicky McClure, Richard E. Grant, Stephen Graham, Inder Manocha, Shobu Kapoor, Royaume-Uni, 2008

crédit image: Berlinale
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