Berlinale 2008 - Jour 4 : le courage des lions!

Dans la section Forum-Jeune Cinéma, un film extraordinaire à deux titres: Il est entièrement tourné "on location" , à Darra, à la frontière nord-ouest du Pakistan avec l'Afghanistan, dans la région tribale pachtoune avec des acteurs non-professionnels, et il décrit un quotidien que personne ne décrit autrement, même pas les journalistes en reportage qui se focalisent bien sûr sur d'autres sujets bien plus brûlants.
A la fin de la Première de Son of a Lion, un journaliste pakistanais s'est adressé ému au réalisateur australien du film: "on dirait que vous êtes vous même né dans cette région. Personne ne connait la vie des gens dans cette région, même pas les Pakistanais. Votre film m'a fait connaître une partie de mon pays qui m'est totalement étranger. Merci."
Il faut dire que la génèse de ce film est elle aussi assez extraordinaire: L'idée en est venue au réalisateur lors d'un premier séjour dans la région en août 2001. Déjà à cette époque, elle était considérée comme dangereuse. Avec le 11 septembre, elle est devenue zone spéciale où il est interdit de filmer. Le jeune réalisateur mettra 3 ans à monter le projet, puis il ira en 2004 sur place pour travailler et tourner avec les gens sur place. Outre le courage de l'équipe, il y a le courage du clan qui a décidé de coopérer avec le réalisateur malgré les pressions du gouvernement et des services secrets pakistanais. L'histoire est une fiction, mais basée sur le quotidien réel des pachtounes de la régions et l'histoire vraie de certains acteurs, comme celui qui a été moudjhadinne contre les Russes, réputé pour ses faits d'armes et qui a été contacté par les Talibans pour combattre mais a refusé. Les dialogues sont ceux du quotidien, ceux écrits l'ont été en collaboration avec les acteurs et le réalisateur, d'autres improvisés ou plutôt capturés lors de conversations politiques et sur la marche du monde et de leur vie, entre hommes et qui se déroulent quotidiennement après le travail.
Tourné avec une petite caméra HD, souvent cachée, le film a été transféré en 35 mm pour le festival et malgré les imperfections que produisent ce genre de transfert, le résultat général est excellent.
L'histoire: un jeune garcon de 11 ans vit avec son père dans une région ou la production d'armes est depuis longtemps une tradition et un moyen de vivre. Son père veut qu'il travaille avec lui et à terme reprenne son échoppe, mais le garcon rêve d'aller á l'école. Il se rebelle et refuse de suivre la voie de son père avec un conflit familial qui s'en suit. Ce conflit entre tradition à suivre et aspiration personnelle, entre tradition á reproduire et évoluer avec son temps est trés bien rendu non seulement à travers la relation entre le père et le fils, mais entre les chefs de clans et/ou de familles qui soutiennent ou non cette évolution. A cet égard, les dialogues réels entre les hommes en réunion est extrêmement enrichissant.

Mab, Berlin
Son of a lion, de Benjamin Gilmour, avec Niaz Khan Shinwari, Sher Alam Miskeen Ustad, Australie, Pakistan, 2007.

Crédit Berlinale
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