Berlinale 2008 - Jour 3 : La vie rêvée des anges...

Des films un peu durs aujourd'hui...en regardant les choses du bon côté: au moins ils les ont groupés, demain sera peut-être plus léger.
Sur les 5 films que j'ai vu, 4 avaient pour personnages principaux ou comme thèmes les enfants: un adolescent qui doit s'arranger avec sa nouvelle vie d'orphelin, un enfant élevé par son grand-père richissime et qui est enlevé contre rancon, une petite fille enlevée par des marchands d'enfants pour des pédophiles et un jeune homme qui sort de prison et doit se faire une nouvelle vie en cachant son identité car enfant il a participé au meurtre d'une de ses camarades de classe.

Le plus dur, c'est Gardens of the Night en compétition officielle, le film sur la prostitution enfantine, l'abus sur les enfants et/ou les enlèvements. On sait que cela existe, on sait que cela peut se passer à côté de chez nous, voire chez nous, mais on ne sait pas quoi faire pour s'en prémunir. Les parents peuvent dire tout ce qu'ils veulent à leurs enfants, quand ils tombent sur ce genre d'individus, tout peut arriver. Le plus pervers dans le film, c'est que l'enlèvement se fait sans violence physique. Les kidnappeurs arrive à faire croire à la fillette que ses parents l'ont abandonnée, qu'ils ne veulent plus d'elle. Et d'après l'auteur du film et ses recherches et interviews sur le sujet pendant l'écrituqre du scénario, c'est une chose courante. Terrible les images qui ne montre rien mais qui transpire la violence et la dépossession faite à cette fillette. Ces moments sont presque insoutenables et c'est tant mieux, autremement il serait vraiment passé à côté du sujet. Clou du film, à la conférence de presse, l'acteur qui joue le kidnappeur a parlé de son expérience personnelle: celle d'un enfant abusé par son baby-sitter pendant des années. Le film en lui-même est trés moyen, mais il faut espérer pour la thématique qu'il trouvera tout de même un (petit) réseau de distribution.

Le plus étrange pour le spectateur c'est Boy A dans la section panorama. Un jeune homme sort de prison et doit cacher son identité car il a commis un crime que la société réprouve de manière violente car il s'agit d'enfants qui ont assassinés une fille de leur école. Ce sont donc des monstres ad vitaem eternam. Grâce à la personne qui l'accompagne dans sa nouvelle vie, le jeune homme trouve du travail, un logement, se fait petit à petit des amis, tombe amoureux, sauve même une petite fille accidentée...bref, il est pour tous un jeune homme bien sous tous rapports jusqu'à ce que son passé le rattrape. Et ce qui est déstabilisant dans cette histoire, c'est que notre sympathie va quasiment inconditionnellement à ce jeune homme. Et ce n'est pas parce qu'il a payé sa dette à la société, ceci serait trop abstrait. C'est parce sa part d'humanité révélée (que ce soit dans ses faiblesses ou dans sa volonté de s'en sortir) fait écho à celle du spectateur. Ou alors c'est celle de notre monstruosité potentielle...

MaB, Berlin

Gardens of the Night de Damian Harris, avec Gillian Jacobs, Evan Ross, Tom Arnold, USA/Grande-Bretagne, 2007
Boy A de John Crowley, avec Andrew Garfield, Peter Mullan, Katie Lyons, Shaun Evans, Royaume-Uni, 2007

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