Capture d'écran d'une page Facebook d'opposants à un 4ème mandat d'Abelaziz Bouteflika

Cette semaine, je me penche sur la mobilisation des nouveaux médias dans la campagne présidentielle algérienne à l’approche des élections du 17 avril 2014.

Si cette élection a quelque chose de particulier, c’est qu’on n’a pas vu jusqu’à présent d’images récentes d’Abdelaziz Bouteflika, le président malade et candidat à un quatrième mandat présidentiel. D’où l’importance du web et des réseaux sociaux qui jouent un rôle inédit dans cette campagne par rapport à la télé. Une télévision qui est d’ailleurs décriée comme en témoigne un article du Huffington Post Maghreb qui s’étonnait qu’on demande sur la chaîne publique ENTV au principal rival de Bouteflika, Ali Benflis, s’il accepterait la défaite quand bien même il serait vainqueur dans les urnes. « Les journalistes, la plupart du secteur public, à force d’agressivité et d'une tendance récurrente à empêcher Ali Benflis de développer ses idées, ont donné le sentiment qu’ils étaient en campagne contre lui », estime ainsi Malik Tahir sur le Huff Post. Ce discrédit est aussi porté sur la presse écrite, si l’on en croit Abderahmane Semmar, le rédacteur en chef du site Algérie Focus. Lors des dernières assises du journalisme, il y a six mois à Metz, il n’a pas hésité à dire qu’il souhaitait la mort de la presse algérienne qui s’est à ses yeux refermée sur elle-même et compromise avec le pouvoir. « Quand elle est imprimée, disait-il, la presse papier et sous la férule de l’Etat qui contrôle les imprimeries ».

 

Avec Internet au contraire, comme sur le site Maghreb Emergent,  le journaliste est aux prises avec la société telle qu’elle est. Il interagit avec le lecteur ou l’auditeur et plus encore depuis l’arrivée de la 3G en décembre qui rend le web accessible sur mobile. L’enjeu, comme le rappelle Algérie Focus, ce sont les 11 millions d’internautes algériens, dont 60% ont entre 20 et 35 ans. Ces internautes ont pour plus 6 millions d’entre eux des profils Facebook et 80 000 sont sur Twitter. Pour la campagne présidentielle, ces réseaux sociaux ont été mobilisés. Ce sont d’abord des vidéos Youtube qui circulent. Volontiers humoristiques, sarcastiques, elles sont à l’image de cette vidéo du jeune Zarouta Youssef « le politique en Algérie » ou ce rap d’Anes Tina qui interpelle le président pour lui demander de ne pas se représenter. L’équipe de campagne du candidat Bouteflika a fini par réagir en postant des clips thématiques sur les réalisations du président ou un clip video de soutien avec Cheb Khaled et Smaïn. Avec plus de 350 000 personnes soutenant sa page sur Facebook, Bouteflika est celui qui compte le plus grand nombre de fans. Mais cela peut changer car des rappeurs s’engagent sur les réseaux sociaux et des internautes raillent le soutien à  son quatrième mandat. 

Anes Tina, Message au Président

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Amaury De Rochegonde
Journaliste, rédacteur en chef-adjoint à Stratégies, spécialités Médias et RH, chroniqueur @RFI

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