Chronique N° 7 du 28-09-2013 : Jeunes de ma cité, Dakar sous l’eau, Dakar sans eau ! Jeunes de ma cité, c’est un véritable paradoxe qui se vit depuis près de deux semaines dans la capitale de la Terranga. Ce paradoxe, tu sais, jeunes de ma cité, qu’il faut être sur ton continent, mon continent, ou si tu veux, notre continent pour le vivre et mieux le vivre ! Jeunes de ma cité, c’est la saison pluvieuse à Dakar. Après plusieurs mois de chaleur et de soleil, la divine providence a accepté de rafraîchir la terre, en envoyant la pluie. C’est très bien, c’est même mieux, jeunes de ma cité. C’est ce que nous attendions tous. Ainsi, les producteurs peuvent cultiver leurs champs, les pasteurs peuvent amener leurs troupeaux paître dans de verts pâturages, les enfants peuvent aussi patauger de l’eau boueuse, sans toutefois s’enfoncer comme ce pauvre ivrogne ! C’est bien heureux, me diras-tu, jeunes de ma cité ! Jeunes de ma cité, mais, le problème qui se pose, c’est qu’ici à Dakar, la saison pluvieuse, rime avec la saison des voies et rues inondées. Passe par Médina, Fass, Gueule Tapé, ou encore Dieupeul, tu as tes pieds plongés dans l’eau noirâtre et boueuse des canalisations. Toutes les canalisations déversent leur trop plein dans la rue. Après la pluie, impossible de mettre pieds dehors, mais surtout de pointer le nez au dehors. Oui, jeunes de ma cité, tu me demanderais, ce que le nez a à voir dans cela. Oui, le nez, car c’est une forte puanteur qui se dégage de ces eaux issues des travaux ménagers, des besoins des maisons. Tu vois ce que je veux dire. C’est une catastrophe environnementale. Pire, encore, tu pourras voir des agents des sociétés chargé de curer les puisards, déverser leur collecte d’eau sur la voie publique. En tout cas, nous sommes en Afrique, et c’est la voie PUBLIQUE, donc la voie de tout le monde, et tout le monde peut en faire ce qu’il veut. Donc c’est ça, pas de commentaires ! Jeunes de ma cité, mais sais –tu que cette année le phénomène, est allé très loin en se compliquant ? Oui, ça c’est compliqué, car Dakar étant sous l’eau, se voit bizarrement sans eau ? Plus aucune goutte d’eau ne coule dans les robinets de la capitale. Ils ont dit qu’un conduit d’eau, desservant la capitale a pété. Les meilleurs techniciens seraient à pieds d’œuvre pour réparer la panne ? En ce moment aussi, les meilleurs citoyens olympiens, courent à la recherche de l’eau dans ce qu’il reste des fontaines de la ville. Plus de bidons de Kirène dans les boutiques. Tout est parti. Oui, tu ne sais pas ce qu’on appelle Kirène. Ici, à Dakar, c’est la société privée qui commercialise l’eau en sachet, en bidon de 1,5L ou encore de 10 L. Plus rien. Jeunes de ma cité, tu vois, et tu comprends qu’en plus du désastre environnemental, c’est aussi un désastre sanitaire. Les hôpitaux, sont pris d’assaut par des malades souffrant de diarrhées, vomissements, douleurs abdominales et attendent une prise en charge des agents de santé qui manquent de l’eau pour faire le minimum. Les agents de santé ne peuvent faire leur examen de routine, ils ne peuvent faire des soins, pas d’eau pour se laver les mains et les laboratoires ne peuvent faire aucun examen complémentaire. Et le malade, il est où en ce moment ? Comme il est un patient, il prend naturellement son mal en patience. Jeunes de ma cité, j’ai vu ici, des gens de niveau social élevé, disputé le rang à la fontaine avec le pauvre estropié du coin. J’ai vu de gros « carrosses » disputer la voie avec le piéton afin de vite se positionner pour s’approvisionner en OR BLEU. Jeunes de ma cité, vient nous voir, trimbalant des bidons, à la quête du seul son, nous donnant espoir qu’une goutte d’eau annonce sa venue prochaine, mais incertaine. Jeunes de ma cité, mais rassures-toi, car les autorités sont à pied d’œuvre pour en venir à bout de la crise. Chacun, bien sur dans son rôle. Le directeur de la société des eaux, qui rassurent la population à la télévision, annonçant la venue prochaine de la denrée rare ; Madame le premier ministre qui a précédé Mr le président sur le site de réparation pour donner des instructions, situer les responsabilités. Mr le président qui annoncé des mesures de renforcement pour trouver de l’eau à la population dont la gorge s’assèche de plus en plus. Jeunes de ma cité, pour le moment, déjà des populations se révoltent, brûlant des véhicules, les débats sont organisés sur les chaînes de radio et télévision. Les uns s’énervent, d’autres s’indignent, la tension monte et retombe ; mais Dakar reste toujours sous l’eau, mais également sans eau. Jeunes ma cité, à la semaine prochaine. Tkp!

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