Crédit : TheRegister

Un nouveau rapport analyse les dommages économiques causés par le manque d’investissement dans les infrastructures numériques et par les coupures volontaires des gouvernements.

Un nouveau rapport estime que le coût des pays africains qui, par habitude, débranchent l’accès internet à leurs citoyens, est aux alentours d’un Million de dollars par jour. 

Au cours de ces deux dernières années, 12 pays d’Afrique Subsaharienne ont imposé une série de coupure de connexion internet provenant de coupures liées aux pannes d’électricité nationales, aux décrochages régionaux, aux suspensions de médias sociaux et autres couvre-feux.

Selon le CIPESA (le Colloque International sur les Pratiques et les Sciences de l’Apprentissage) 236 jours d’interruption ont eu lieu dans l’année, provoquant des dommages économiques à hauteur de 236 Millions de dollars. Les cas pour chaque nation varient largement de la durée pendant laquelle la connexion internet est coupée, au type de coupure et à l’état de l’accès internet et de l’économie numérique dans un pays donné.

Le CIPESA a estimé que l’Ethiopie avait souffert de 132 Millions de dollars de pertes économiques consécutives aux 36 jours de coupures, ainsi que de sept jours de restrictions d’accès aux médias sociaux.  Le Cameroun, lui, a maintenu un record de 93 jours d’interruptions suite à un conflit régional, mais a comparativement moins souffert, avec des dommages économiques de 39 Millions de dollars.

Le rapport a également estimé le coût quotidien moyen probable d’une interruption internet dans une des régions dont l’économie est la plus avancée, le Kenya: 6.3 Millions de dollars.

Le CIPESA a construit son propre modèle pour calculer le coût des interruptions pour les personnes, en se basant sur les études de la Brookings Institution et du Boston Consulting Group qui ont mis au point un modèle de calcul mesurant le pourcentage de dépendance de l’économie locale à l’accès internet.

Crédit : 365

Non Binaire

Le CIPESA indiquait que l’impact d’être hors connexion (en mode autonome) n’est également pas une question binaire: même lorsque l’accès internet est restauré, l’impact d’une interruption continue de se répercuter.

Le rapport notait que "Les pertes économiques causées par une perturbation internet persistent longtemps après que l’interruption ait eu lieu, car les interruptions du réseau perturbent les chaînes d’approvisionnement et ont des effets systémiques qui nuisent à l’efficacité dans l’ensemble de l’économie, qu’il s’agisse des services publics, ou des services privés tels quel les paris en ligne, le e-commerce ou encore les services entre particuliers". "Les perturbations internet, même de courte durée, minent la croissance économique, perturbent la fourniture de services critiques, minent la confiance des entreprises et augmentent le profil risque d’un pays."

La formule proposée par le CIPESA pour calculer l’impact prend en compte trois éléments principaux:  

Effet Economique Total = Estimation de la perte internet du PIB + Estimation des Economies de Coûts de Numérisation Nationale et Gains d’efficacité + Effets du Profil Risque du Pays

La "Perte internet du PIB" est calculée par un pourcentage estimé des services internet qui augmentent le PIB. Les Economies de Coûts de Numérisation sont calculées en estimant le nombre d’entreprises hors ligne et en estimant les économies réalisées lorsqu’elles font des affaires en ligne, multiplié par un “ratio  privation de confiance en internet"; et le "Profil Risque Pays" est calculé en regardant la prime de risque associée à l’investissement dans un pays spécifique – le risque d’investir de l’argent dans un pays donné selon sa stabilité économique et politique.

La question des interruptions d’internet est devenue un sujet de plus en plus brûlant dans les cercles de gouvernance suite à une forte augmentation du nombre et du type d’interruptions, avec les administrations qui les utilisent de plus en plus comme un outil de contrôle et même pour des raisons politiques. Les raisons les plus courantes des interruptions ont été : les élections nationales, les manifestations publiques et étonnamment les examens scolaires.

Normalisé

Plus inquiétant peut-être, ce qui était une forme de contrôle occasionnel et extrême, est de plus en plus accepté comme étant un outil légitime pour les gouvernements: en Août, l’Inde a publié un document couvrant le processus de coupure des services internet.

Les Nations Unies ont officiellement condamné les coupures internet et de nouveaux groupes se sont formés pour garder un œil sur le sujet et faire pression sur les gouvernements concernés. Il a même été suggéré que les entreprises de registre pénalisent les Etats utilisant les coupures internet à des fins politiques en leur refusant l’octroi d’IP sur une période déterminée. Les registrars ont refusé de prendre ce type de mesure.

Bien que l’estimation du coût des interruptions internet ne représente qu’une partie de l’impact – la suppression soudaine de la capacité à communiquer peut avoir un impact important sur les droits fondamentaux – elle aide à attirer l’attention des décideurs, en partie parce qu’elle est quantifiable.

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