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MAIGA

LETTRE A MONSIEUR,NICOLAS SARKOZY ,PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE FRANCAISE ET PRESIDENT EN EXERCICE DE L'UNION EUROPEENNE

A Monsieur Nicolas Zarkozy,
Président de la République Française,
Président en exercice de l’Union Européenne,



Objet : demande de votre intervention personnelle afin qu’une enquête sur des écoles transformées en centre de rétention en Mauritanie et financés par les fonds européens soit menée rapidement et que cette atteinte aux principes affichés de développement solidaire entre l’Europe et l’Afrique soit dénoncée.


Monsieur,

Je m’adresse à vous pour vous alerter sur une information qui m’a scandalisé, tout comme nombre d’africains et d’européens francophones. Cette information a été donnée par la chaîne de télévision Arte Info le 24 Août 2008 à 19h45 et confirmée par un rapport d’Amnesty International (extrait joint à cette lettre) ainsi que par des journalistes de la radio RFI, spécialistes de la Mauritanie :
« DES CLASSES SONT TRANSFORMEES EN CENTRE DE RETENTION A NOUHADIBOU EN MAURITANIE ET FINANCES PAR LES FONDS EUROPEENS. »

J’estime cela irresponsable et inacceptable de la part des autorités mauritaniennes et européennes concernées pour plusieurs raisons :
• LE DROIT A L’EDUCATION est bafoué dans un pays où le taux de scolarisation laisse à désirer pour les futures générations qui construiront l’Afrique de demain,
• les fonds européens sont utilisés pour fabriquer des centres de rétention (dans le cadre de la gestion concertée de l’immigration entre l’Europe et l’Afrique) malgré une volonté affichée de co-développement entre l’Europe et l’Afrique,
• la Mauritanie, tout comme d’autres pays africains devient un gendarme de l’Europe au mépris de sa propre population. De plus, au-delà du débat sur la nécessité de l’existence même des centres de rétention qui traduisent la criminalisation des migrants, il semble que les conditions de rétention au sein même du centre de rétention soient déplorables et méritent une enquête immédiate sur le respect des droits de l’homme.

Je m’adresse à vous, Monsieur, en tant que Président de la République Française et Président en exercice de L’Union Européenne et garant des volontés européennes affichées de développement solidaire entre l’Europe et l’Afrique, plus particulièrement celles concernant :
• l'appui à l'éducation et à la formation,
• le développement de la coopération au service du développement durable et de la solidarité,
• la promotion de la paix, de la démocratie et des droits de l'Homme.

Je compte sur vous, Monsieur Le Président, pour faire en sorte que toute la lumière soit faite sur cette affaire scandaleuse, qu’elle soit rendue publique et que les enfants de Mauritanie regagnent leurs classes.

Dans l’attente d’une suite favorable à ma demande, veuillez agréer l’expression de mes sentiments distingués.

Daouda Maïga


MOUVEMENT ALTERNATIF AFRICAIN

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MAIGA Commentaire par MAIGA le 28 Octobre 2008 à 3 34
Une copie de l'amnesty intenational


« Guantanamito », un centre de rétention sans nom officiel




Le centre de rétention de Nouadhibou a été ouvert en avril 2006. Il s'agit d'une ancienne école réhabilitée par les autorités espagnoles au début de l'année 2006. Celles-ci avaient installé dans la cour de l'école de grandes tentes ainsi qu'une salle à manger. Cependant, dès que les autorités mauritaniennes ont commencé à l'utiliser comme centre de rétention, les tentes et la salle à manger ont disparu ne laissant que les anciennes salles de classe devenues de facto des « cellules ». Ces anciennes salles de classe contiennent actuellement 216 lits superposés mais lorsque la délégation d'Amnesty International a visité ce centre, début mars 2008, seules trois salles étaient utilisées ce qui entraînait un grave problème de surpopulation et des conditions d'hygiène déplorables. La gestion du centre dépend des autorités mauritaniennes mais les frais et la livraison des repas sont assurés par la Croix-Rouge espagnole et le Croissant-Rouge mauritanien. Ces deux organisations donnent également la possibilité aux migrants d'appeler leurs parents par téléphone.

Ce centre, qui n'est régi par aucun règlement applicable aux centres de détention mauritaniens, ne semble pas non plus avoir de nom officiel. Le Directeur régional de la Sûreté nationale de Nouadhibou a indiqué à Amnesty International que les autorités mauritaniennes désignaient ce lieu sous le nom de « Centre d'accueil pour migrants clandestins ». Le Consul d'Espagne à Nouadhibou a indiqué, quant à lui, que les Espagnols appelaient ce lieu « Centre d'internement ou centre de rétention » (Centro de internamiento o centro de retención). Les migrants détenus dans ce centre le désignent sous le nom de « Centre Croix-Rouge » tandis que d'autres habitants de Nouadhibou et certains migrants l'appellent « Guantanamito ». Cette incertitude quant au nom de ce centre constitue un signe supplémentaire de l'absence de tout caractère légal de ce lieu de rétention.




De source officielle, ce centre accueille entre deux et trois cents personnes par mois. Selon des statistiques fournies à Amnesty International par la Sûreté nationale de Nouadhibou, pour l'année 2007, 3 257 personnes ont été retenues dans ce centre de rétention - dont 1 381 Sénégalais et 1229 Maliens - avant d'être expulsées vers le Sénégal ou le Mali. Ce centre n'étant régi par aucune législation, il n'y a aucune limite relative à la durée de cette rétention. Celle-ci peut aller de un à deux jours jusqu'à une semaine ou le temps nécessaire pour que la police puisse organiser le transport de ces personnes.
BASHONGA Commentaire par BASHONGA le 31 Octobre 2008 à 0 30
Ce qui est étonnant, c'est le silence organisé autour de cette réalité autant que sur tous les incidents, accidents ou drame qui accompagne les souffrances humaines accompagnées d'humiliation au nord des tropiques. Quand on est journaliste du nord, je me demande pourquoi on ne se sent pas le devoir de dénoncer pareille abbérations. On va préférer parler de coût de téléphone, spéculer sur les gadgets débiles ou autre dossier pour lequels intérêts du nord envisagent s'organiser.
Va-t-on s'indigner quand cela fait notre affaire que de voir refouler tous ces chercheurs d'asile et de vie meilleure? On est loin des dignes humanistes qui veraient en ces pratiques un refus de venir en aide à personne en danger. En attendant, on peut en parler en esperant éduquer la majorité inculte.
MAIGA Commentaire par MAIGA le 8 Novembre 2008 à 10 47
Voici une copie de la réponse de l'Elysée

Le Chef de Cabinet

du Président de la République



Chère Monsieur,

Le Président de la République abien reçu votre lettre.


Chargé de vous répondre,je puis vous assurer qu'il a été pris connaissance avec attention de vos préoccupations avant de les signaler au ministe de l'Immagration,de l'Identité nationale e du Développement solidaire.

Je vous prie d'agréer,cher Monsieur,l'expression de mes hommage


Cédric GOUBET

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