Keynes au secours à chaque crise !

700 milliards de dollars que le gouvernement américain devra perfuser dans les entreprises mises en difficulté depuis la complication de la crise financière il y a une semaine et demie, telle est la solution préconisée par Alan Paulson (plan Paulson), le secrétaire américain au Trésor, pour juguler cette dernière et espérer retrouver un équilibre dans les marchés. Le besoin de liquidité alors que le marché interbancaire se constipe est avéré, et l’introduction de liquidité semble être la seule issue. Les blocages apparaissent qu’il devient question de l’origine des fonds que le privé n’est pas prêt à assumer compte tenu du risque perçu. Le Congrès, démocrate en majorité, hésite à offrir au détriment des contribuables une sortie trop facile à ces entreprises qui se sont amusés à prendre des risques inconsidérés. Le Bureau Fédéral d’Investigation (FBI) a d’ailleurs annoncé qu’il mène des enquêtes en vue d’établir les responsabilités des uns et des autres pour ce qui concerne Freddie Mac et Fannie Mae, les deux géants de refinancement hypothécaire résidentiel, qui auront échappé à la faillite grâce à une mise sous tutelle par le Trésor. N’est-ce pas là le grand retour du keynésianisme et de l’interventionnisme de l’Etat comme on l’avait déjà vécu lors de la crise économique de 1929 ? Une fois encore, le système ultralibéral régulé par la "main invisible" montre ses limites. Et comme en 1929, l’Etat se voit obliger d’intervenir en jouant plus que le rôle d’un régulateur, mais également celui d’un acteur. C’est ainsi qu’après la mise sous tutelle par le Trésor de Freddie Mac et Fannie Mae, et l’octroi de 85 milliards de dollars de prêt à l’assureur American International Group (AIG), le gouvernement américain sollicite l’accord du Congrès pour mettre en œuvre le plan Paulson. En 1929, l’intervention de l’Etat s’était traduite dans un premier temps par une injection de crédits publics ; puis par la dévaluation du dollar et, l’accentuation du pouvoir régulateur de l’Etat à travers des lois (Emergency Bank Act) et des organismes (Federal Deposit Insurance Corporation, Securities and Exchange Commission), pour ne citer que les mesures financières et monétaires. Par ailleurs, les entreprises avaient été invitées à adhérer à des codes de concurrence loyale (avec le label : "we do our part") afin de bénéficier d’aides de l’Etat, outrepassant de facto les principes de la libre concurrence et les lois antitrust.Si on devait ces observations au découpage des cycles économiques, on pourrait être amené à conclure qu’en phase de prospérité et même de croissance, il y a une tendance au libéralisme voire à l’ultralibéralisme, on aboutit à une quasi-disparition de l’intervention de l’Etat. A contrario, pendant la période de crise, le bon vieux Keynes est ressuscité et l’Etat devient un acteur majeur jusqu’à l’atteinte de la croissance. Il semble donc clair qu’aucun système ne doit passer pour la panacée, pour le système passe-partout qui pourrait être efficace en toute situation.FKY
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