
| La discussion qui a lancé l'enquête | Afrique: comment ça va avec la fracture numérique? |
| L'article initial | Afrique : une des connexions Internet les plus chères du monde |
| Le 1er volet de la série d'articles | Pourquoi Internet est si cher en Afrique ? (1ère partie) |
| Le 2e volet de la série d'articles | Pourquoi Internet est si cher en Afrique ? ( 2ème partie) |
| Le 3e volet de la série d'articles | Pourquoi Internet est si cher en Afrique ? ( 3ème partie) |
| Le 4e volet de la série d'articles (il est noté par erreur comme le 5e de la série) | Pourquoi Internet est-il si cher en Afrique ? (5/5) |
Il me semble qu'est venu le moment de faire le bilan de l'expérience d'enquête participative menée via la discussion sur les prix de l'internet en Afrique, intitulée au départ, « Afrique : comment ça va avec la fracture numérique ? » Pour commencer, je ne résiste pas à la tentation de vous faire partager tout le bien qu’en a dit l’Association pour le progrès des communications, APC, par ailleurs souvent citée dans cette série http://www.apc.org/fr/blog/openaccess/africa/prix-de-linternet Ce travail journalistique mené ensemble était une première dans son genre et a été fructueux à plus d'un titre même si la méthode mérite sans doute d'être améliorée.
Premier avantage en tant que journaliste : obtenir de votre part des informations du terrain. Le fait que vous puissiez les discuter au sein du forum, les préciser ou les contester me permettait en outre de sentir leur degré d'intérêt pour les gens directement concernés par le problème du prix de l'Internet en Afrique. Exemple ? J'avais minimisé l'impact des délestages électriques et même si ce n’était pas « directement » le sujet, cela m’a ramené à votre réalité d’y penser en rédigeant. L'écueil d'un article « parisien », déconnecté des réalités s'en est trouvé fortement minimisé.
Le deuxième avantage à mes yeux, c'est que la plupart des informations dont je disposais émanant de vous (même si je les ai moi aussi vérifiées chaque fois), leur poids auprès des experts, opérateurs et autres interlocuteurs interviewés s'en est trouvé renforcé : en clair, il était difficile à un opérateur d'enjoliver ses offres ou de minimiser ses tarifs dans un pays sachant que tout était immédiatement vérifiable auprès de ses propres clients ! C'est ce qui s'est d'ailleurs produit avec l'offre triple Play d'orange sur le Sénégal qui s'est avérée moins intéressante que ce que prétendait l'opérateur téléphonique lors de l'interview, et donc n'a pas été citée dans l'article.
Le petit « accrochage » avec l’un des contributeurs sur la fracture Nord Sud m’a sans doute poussé à considérer l’aspect politique du sujet de plus près et a contribué à redynamiser l’orientation des interviews à venir. Il est toujours positif de douter sur sa démarche et sa méthode quand on est en quête d’informations.
Enfin, j’ai rapidement pris goût au fait de découvrir de nouvelles réactions, en provenance de pays où je n’avais pas encore eu d’informations de la part des internautes. Comme des cadeaux inattendus dont certains se sont avérés précieux.
J’avoue d’ailleurs avoir été surprise par le temps que certains d’entre vous ont consacré au sujet, recherchant à nouveau des informations plus précises sur certains points. Au final, l’apport des membres de l’Atelier mais aussi celui des membres de la liste du Réseau International des Correspondants francophones a complètement façonné le rendu de l’enquête.
Outre les réponses à la question de départ sur les causes des tarifs de l’internet en Afrique, il fallait reprendre rigoureusement vos propos sans les trahir et à faire passer des informations dont je savais qu’elles vous importaient, quitte à ne pas aborder d’autres aspects que je trouvais « séduisants ». Sur les connexions sans fil en Afrique, j’avais lu pas mal d’initiatives d’ONG pour monter à peu de frais des antennes de réception artisanales, mais personne n’en ayant fait écho, je me suis abstenue, d’autant que les articles étaient déjà assez longs…
Bref, rien à voir avec un article commandé par sa seule rédaction et dont on n’est pas sûr en l’écrivant de l’intérêt qu’il suscitera auprès des lecteurs.
Parmi les choses à améliorer, on peut revenir sur l’angle trop large du sujet de départ mais au final c’est ce qui a permis de recentrer ensemble la question la plus intéressante : celle du prix des connexions.
Cela dit, j’ai regretté qu’il n’y ait pas davantage de commentaire en réaction aux articles. Etaient-ils à ces points conformes à ce que vous en attendiez ? Je me suis demandée si vous les aviez lus ou si vous étiez plus intéressés par la discussion en elle-même…De même, les interviews mises en ligne intégralement n’ont pas suscité de réactions.
Sans doute faudra-t-il réfléchir encore sur les modes de participation : laisser plus de temps à l'idée de départ pour faire son chemin dans la communauté avant de contacter les interlocuteurs à interviewer ? Donner des échéances sur le recueil des informations ? Reformuler des questions plus précises collectivement au fur et à mesure de l'enquête ? Soumettre, pourquoi pas, un projet d'article avant la publication ?
Peut-être ces questions sur les manières de travailler ensemble vaudraient, à elles seules, un sujet de discussion ?
Anne-Laure Marie
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