Atelier des medias

Web-émission participative pour la communauté des nouveaux médias [beta]

Philippe Couve

Pourquoi internet est si cher en Afrique? Bilan d'une expérience journalistique


Avec ce billet, nous mettons un terme à la première expérience d'enquête participative lancée par RFI. Cette première enquête porte sur le coût d'accès à internet en Afrique. Vous, les membres de l'Atelier des médias, vous y avez contribué largement. C'est grâce à vous que cela a été possible. Soyez-en remerciés.

Les articles réalisés dans le cadre de cette enquête participative:
La discussion qui a lancé l'enquête Afrique: comment ça va avec la fracture numérique?
L'article initial Afrique : une des connexions Internet les plus chères du monde
Le 1er volet de la série d'articles Pourquoi Internet est si cher en Afrique ? (1ère partie)
Le 2e volet de la série d'articles Pourquoi Internet est si cher en Afrique ? ( 2ème partie)
Le 3e volet de la série d'articles Pourquoi Internet est si cher en Afrique ? ( 3ème partie)
Le 4e volet de la série d'articles (il est noté par erreur comme le 5e de la série) Pourquoi Internet est-il si cher en Afrique ? (5/5)

Je laisse la parole à Anne-Laure Marie, la journaliste qui a conduit cette enquête participative, le soin de tirer les enseignements de l'expérience. Anne-Laure que je remercie de s'être lancée sans frémir dans le grand bain du journalisme participatif.

Il me semble qu'est venu le moment de faire le bilan de l'expérience d'enquête participative menée via la discussion sur les prix de l'internet en Afrique, intitulée au départ, « Afrique : comment ça va avec la fracture numérique ? » Pour commencer, je ne résiste pas à la tentation de vous faire partager tout le bien qu’en a dit l’Association pour le progrès des communications, APC, par ailleurs souvent citée dans cette série http://www.apc.org/fr/blog/openaccess/africa/prix-de-linternet Ce travail journalistique mené ensemble était une première dans son genre et a été fructueux à plus d'un titre même si la méthode mérite sans doute d'être améliorée.

Premier avantage en tant que journaliste : obtenir de votre part des informations du terrain. Le fait que vous puissiez les discuter au sein du forum, les préciser ou les contester me permettait en outre de sentir leur degré d'intérêt pour les gens directement concernés par le problème du prix de l'Internet en Afrique. Exemple ? J'avais minimisé l'impact des délestages électriques et même si ce n’était pas « directement » le sujet, cela m’a ramené à votre réalité d’y penser en rédigeant. L'écueil d'un article « parisien », déconnecté des réalités s'en est trouvé fortement minimisé.

Le deuxième avantage à mes yeux, c'est que la plupart des informations dont je disposais émanant de vous (même si je les ai moi aussi vérifiées chaque fois), leur poids auprès des experts, opérateurs et autres interlocuteurs interviewés s'en est trouvé renforcé : en clair, il était difficile à un opérateur d'enjoliver ses offres ou de minimiser ses tarifs dans un pays sachant que tout était immédiatement vérifiable auprès de ses propres clients ! C'est ce qui s'est d'ailleurs produit avec l'offre triple Play d'orange sur le Sénégal qui s'est avérée moins intéressante que ce que prétendait l'opérateur téléphonique lors de l'interview, et donc n'a pas été citée dans l'article.

Le petit « accrochage » avec l’un des contributeurs sur la fracture Nord Sud m’a sans doute poussé à considérer l’aspect politique du sujet de plus près et a contribué à redynamiser l’orientation des interviews à venir. Il est toujours positif de douter sur sa démarche et sa méthode quand on est en quête d’informations.

Enfin, j’ai rapidement pris goût au fait de découvrir de nouvelles réactions, en provenance de pays où je n’avais pas encore eu d’informations de la part des internautes. Comme des cadeaux inattendus dont certains se sont avérés précieux.

J’avoue d’ailleurs avoir été surprise par le temps que certains d’entre vous ont consacré au sujet, recherchant à nouveau des informations plus précises sur certains points. Au final, l’apport des membres de l’Atelier mais aussi celui des membres de la liste du Réseau International des Correspondants francophones a complètement façonné le rendu de l’enquête.

Outre les réponses à la question de départ sur les causes des tarifs de l’internet en Afrique, il fallait reprendre rigoureusement vos propos sans les trahir et à faire passer des informations dont je savais qu’elles vous importaient, quitte à ne pas aborder d’autres aspects que je trouvais « séduisants ». Sur les connexions sans fil en Afrique, j’avais lu pas mal d’initiatives d’ONG pour monter à peu de frais des antennes de réception artisanales, mais personne n’en ayant fait écho, je me suis abstenue, d’autant que les articles étaient déjà assez longs…

Bref, rien à voir avec un article commandé par sa seule rédaction et dont on n’est pas sûr en l’écrivant de l’intérêt qu’il suscitera auprès des lecteurs.

Parmi les choses à améliorer, on peut revenir sur l’angle trop large du sujet de départ mais au final c’est ce qui a permis de recentrer ensemble la question la plus intéressante : celle du prix des connexions.

Cela dit, j’ai regretté qu’il n’y ait pas davantage de commentaire en réaction aux articles. Etaient-ils à ces points conformes à ce que vous en attendiez ? Je me suis demandée si vous les aviez lus ou si vous étiez plus intéressés par la discussion en elle-même…De même, les interviews mises en ligne intégralement n’ont pas suscité de réactions.

Sans doute faudra-t-il réfléchir encore sur les modes de participation : laisser plus de temps à l'idée de départ pour faire son chemin dans la communauté avant de contacter les interlocuteurs à interviewer ? Donner des échéances sur le recueil des informations ? Reformuler des questions plus précises collectivement au fur et à mesure de l'enquête ? Soumettre, pourquoi pas, un projet d'article avant la publication ?

Peut-être ces questions sur les manières de travailler ensemble vaudraient, à elles seules, un sujet de discussion ?

Anne-Laure Marie

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Mandiaye Pety Badji Commentaire par Mandiaye Pety Badji le 19 Septembre 2008 à 18 46
Mon je dirais plutot pourquoi internet n'est pas accéssible à tous, le probléme de coût se pause le plus souvant sur la facture du téléphone et non du prix à payer pour avoir accé à l'internet. Mes amis et moi avons concu un projet qui s'intitule le RESON( réseau pour la sollidarité numérique), se projet déja en coure consistera à rendre accéssible le net jusqu'au fin fond des villages et ils aura d'aure ouverture que je ne pourrai cité. Cependant nous toujours à la recherche de partenaire potentielle pour mieux assoire le projet. Juste aussi pour montrer que la technologie ne s'arrétera pas dans les ville simplement. Des solutions qui respecterons le systéme écologique seront mis en oeuvre pour reduire le cout de l'internet à travers le projet.
Nzie Mourmfih Paul Omer Commentaire par Nzie Mourmfih Paul Omer le 8 Octobre 2008 à 14 44
Il faut aussi noter le manque de volonter des hautorités locale et aussi l'incompetance!
Par exemple au cameroun il y a eu certains opéteur privé qui ont voulu s'installé et offrir internet à bas prix, mais la société mère CAMTEL les a "chasser" pour pourvoir contrôle seul le marché et faire la loi imposer les prix qu'ils veulent. Hors CAMTEL a montrer sont incapacité et son incompétance dans la gestion d'internet, ADSL avec une qualité de service ridicule et des cout exorbitants.........
Mehdi Ba Commentaire par Mehdi Ba le 16 Octobre 2008 à 11 25
Bonjour Anne-Laure
Vraiment confus de revenir si tard vous donner un feedback à propos de l'enquête participative.
Sur le fond, j'ai trouvé votre travail remarquable: synthétique, vivant, accessible, il permet de faire le tour de la question, qui était pourtant ambitieuse.

Ma seule réserve concerne l'ergonomie de l'enquête en ligne, en particulier sur le site de RFI:

- impossible de trouver une page de sommaire claire et nette, avec des liens vers les différents volets; ayant eu à rendre compte, pour une publication à laquelle je collabore, de ce travail, j'ai dû pointer vers votre page Atelier des médias, faute de trouver une URL idoine sur rfi.fr;
- le problème de numérotation des volets m'a fait chercher en vain pendant un bon moment un volet qui n'existait pas. Ne peut-elle être rectifiée a posteriori?;
- de mémoire, les chapôs et chutes d'articles ne comportent pas de liens vers les volets précédents et suivants, comme on pourrait s'y attendre;
- bref, il me semble que la présentation de ce travail sur le site de RFI gagnerait à être optimisée, car il est bien dommage de devoir passer par Google pour identifier chacun de vos articles…

Bravo et bonne continuation à vous!

Sam
Philippe Couve Commentaire par Philippe Couve le 16 Octobre 2008 à 11 59
Il doit sans doute y avoir un problème de conception sur ce site puisque le commentaire de Sam Boussik est justement posté sur une page qui propose le sommaire de l'enquête participative d'Anne-Laure Marie ;-(
Mehdi Ba Commentaire par Mehdi Ba le 16 Octobre 2008 à 12 25
Je parlais de l'absence de sommaire sur le site de RFI.
Mehdi Ba Commentaire par Mehdi Ba le 16 Octobre 2008 à 12 44
Pour être plus précis, quand on est sur une des pages de l'enquête sur rfi.fr, on s'attend à trouver, justement, le type de menu qui figure sur cette page Ning, permettant de passer d'un volet à l'autre sans s'emmêler trop les pinceaux.

D'autre part, il y a (sauf erreur) deux présentations différentes de l'enquête: l'une hébergée sur rfi.fr et l'autre sur l'Atelier (les liens ci-dessus renvoyant vers la seconde). Je crois me rappeler que certaines infographies, par exemple, n'apparaissent pas sur les pages Ning.

Chroniquant l'enquête, j'ai préféré me caler sur les pages rfi.fr (pas taper!), et c'est sur ces pages-là me semble-t-il qu'il y a un défaut de clarté du sommaire.

Concernant la version Ning, ma réserve concernait la numérotation des volets, qui prête à confusion: la première discussion n'est pas intégrée à la numérotation; idem pour "l'article initial", ce qui est plus gênant vu son intitulé; ensuite on compte à partir de #1 (alors que ce pourrait être #3), et puis il y a le bug sur le volet 4 numéroté 5.

Bref, j'avais beaucoup d'onglets ouverts et un peu de mal à m'y retrouver…
anne-laure Commentaire par anne-laure le 16 Octobre 2008 à 12 49
Bonjour Sam,

Merci pour votre retour et d'accord avec vous sur les améliorations à apporter, notamment dans la forme. Vous n'êtes pas le premier à le souligner d'ailleurs. Mais je n'ai pas bien compris en quoi la numérotation vous avait posé problème. Il est toujours possible de rectifier mais je voudrais savoir comment (cf le problème de numérotation des volets m'a fait chercher en vain pendant un bon moment un volet qui n'existait pas. Ne peut-elle être rectifiée a posteriori?). Cela dit, je me demande encore si le système des épisodes est bien approprié.... si vous avez des idées pour une présentation de ce type de travail je suis tout à fait preneuse,
Cordialement,
Anne Laure Marie
Mehdi Ba Commentaire par Mehdi Ba le 16 Octobre 2008 à 13 19
Bonjour Anne-Laure

À brûle-pourpoint, je vous répondrais qu'une des options possibles serait de considérer que l'ensemble des entités listées ci-dessus forment un tout: l'enquête participative. Et qu'au lieu de numéroter seulement les volets des articles proprement dits, en donnant à chacun le même intitulé générique, vous pourriez par exemple les réintituler chacun de façon spécifique, en fonction des thèmes développés dans chaque volet. Ce qui pourrait donner (je propose des titres à la va-vite, juste pour vous donner une idée):

Titre général et surtitre de chaque volet: Pourquoi Internet est-il si cher en Afrique?
Premier volet (1):
Afrique: comment ça va avec la fracture numérique? La discussion qui a lancé l'enquête.
Second volet (2)
Afrique : une des connexions Internet les plus chères du monde
Troisième volet (3)
Une concurrence faussée et l'absence de points d'échanges Internet
Quatrième volet (4)
SAT3: espoirs déçus
Cinquième volet (5)
Lourdeurs administratives et résistances politiques
Sixième volet (6)
L'avenir appartient au "sans fil"

Cordialement,
Sam
ngassa nana ibrahim Commentaire par ngassa nana ibrahim le 29 Octobre 2008 à 21 13
le net est déjà repandu au Cameroun et de plus devient moins cher. tenez par exemple pour avoir accès à 2h30mn dans un cyber vous devez débourser une somme de 500frs environs. La différence des prix se pose maintenant sur la qualité de connexion. ici nous avons les haut débit qui coute un peu plus cher et le débit moyen qui coute moins. Un autre facteur de prix c'est celui de l'emplacement; tenez par exemple celuio qui va dans un cyber en ville payera plus cher que celui d'un quartier retiré. En conclusion les prix ne sont pas standard et les uns ce sucre par endroit.
Edouard TAMBA Commentaire par Edouard TAMBA le 20 Décembre 2008 à 17 10
Le net répandu au Cameroun? C'est encore un luxe auquel n'accèdent que les populations citadines. Pour la qualité de la connexion, c'est autre affaire.

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