UNI316644-FR

Poème: CORONAVIRUS 
 
je te hais
je connais comment tu penses
toi le nain à l'esprit démoniaque
prêchant ses imprécations pour détourner les mortels;
ton église est un champ de détresse
et tous tes croyants trépassent
je te hais.
 
ton venin est dangereux comme celui d'un aspic
charogne au baiser soporifique
qui met ses amants en transe;
ta frimousse
est un appât alléchant
tes admirateurs sont des milliers
un orage de décès s'abat sur l'humanité.
 
je te hais
fils d'un frustré béotien
barbare banalisant la vie
tu nous as volé Manu ô le grand saxophoniste
lui qui agrémentait mon tympan
de sa voix de baryton
je te hais.
 
vas-t-en de mon continent dépotoir des injustices
nous avons connu la grippe aviaire
la fièvre de l'Ebola
le Sida
ô Seigneur Dieu tout puissant
est-ce par un métèque virus
que tout le peuple d'Orient cheminera au sépulcre?
 
Je t'écris cette lettre pour marquer mon indignation. Les choix de l’Éternel sont toujours illuminés et il nous est proscrit de critiquer, mais comment rester muet face aux malheurs qui accablent la planète? Un immeuble peut-il s’effondrer sans qu'on entende le moindre bruissement? La proie peut-elle garder le silence lorsqu'elle entend ses os craquer sous les dents féroces du prédateur? Même le papier pleure quand la plume le titille, combien à plus forte raison l'humain, terrassé par un ennemi invisible qui le vide de son souffle? 
 
ce matin le Pape a dit son homélie à huis clos
nous sommes pourtant un jour de Pâques
c'est incroyable mais vrai.
ce matin
en regardant la télé
j'ai porté New-York dans mes pensées
les décès de Manhattan plus nombreux que les buildings.
 
je te hais
toi la pandémie du siècle
pendant que je me pends au format
pour ressusciter l'amour parmi mes contemporains
tu fais irruption dans la planète
et tu y sèmes les épines
je te hais.
 
 ntoka dibakto, le 12 avril 2020
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