Publications de bryampa24 (27)

Faire part du mariage de Monsieur Barry

Les familles Barry, Bah, Diallo, Sow, Camara, Soumah, Bangoura, Touré, Dioubaté, Cissoko, Sanoh, Sylla, parents, ami(es) et Alliés ont la joie de vous faire part du mariage de leur  fils, fille, neveu, nièce, cousin, cousine : Monsieur Barry Amadou Pathé (enseignant) et  Mademoiselle  Bah Mariama  Diouldé  ( coutrière de formation ) . Les cérémonies religieuses et civiles auront  lieu le Jeudi 26 Mai 2016 respectivement  au domicile  de Mme Barry Mouminatou  , Quartier Kipé,  à partir de 10 heures GMT .  Voici l’itinéraire : par exemple , si vous  quittez  à Bambéto rond-point , suivez la route qui mène  au centre émetteur (kipé), quand vous passez  la RTG et l’ambassade des Etats-Unis en Guinée Conakry, demandez  au  conducteur  de taxi de vous laisser au carrefour marché et il vous  suffit maintenant de traverser la route et suivre la route secondaire qui est devant vous ou bien veillez contacter les numéros  de téléphones  suivants : (00224) 655 46 03 04 / 621 95 44 49 / 666 59 60 08          

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A la femme du monde

A l’occasion de la fête des femmes du monde entier, je profite de cette de fête pour m’adresser à toi : femme d’Afrique, femme d’Amérique, femme d’Asie, femme d’Europe et femme d’Océanie.

Femme Noire,

Femme Blanche,

Femme jaune,

Femme Métisse,

Tu es le commencement, l’aboutissement et la fin.

Tu es l’émotion, la finisse, la vie.

Tu es l’avenir de l’humanité.

Car tu portes en toi l’éternité.

Femme d’amour, tu donnes la vie.

Femme au regard si doux.

Le peuple a besoin de ta sollicitude, de ta douceur, de tes caresses, de ton affection et de ta tendresse.

Le peuple a cherché, il a trouvé et il sollicite ton soutien. N’oublie pas que ce peuple souffre de la faim, de l’insécurité sanitaire, de la mal-gouvernance, de la guerre et que tu es la personne à qui le peuple a confiance et il veut te voir dans les instances dirigeantes de ta belle nation.

Sans toi, ce peuple n’est rien.

Donc, lève-toi et attache très bien le pagne car le chemin te semblera long et difficile mais avec l’aide de ce peuple qui te réclame tu parviendras au sommet de la montagne et tu seras victorieuse puis tu resteras graver dans les annales de l’histoire de ton pays pour toujours.

A woman of the world

On the celebration of women everywhere, I take this party to speak to thee, woman African American woman, woman Asian woman in Europe and Oceania wife.

Black Women,

White Woman,

Yellow woman,

Woman Brown,

You are the beginning, the culmination and the end.

You are emotion, eventually, life.

You are the future of humanity.

Because you carry within you forever.

Women love, you give life.

Women under so sweet.

The people need your care, your sweetness, your touch, your love and your tenderness.

The people looked, he found, and is seeking your support. Do not forget that these people suffer from hunger, health insecurity, bad governance, war and you are the person to whom the people trust and he wants to see you in the leadership of your beautiful nation.

Without you, this people is nothing.

So get up and tie the cloth very well because the way you will look long and hard but with the help of the people you claiming you will reach the top of the mountain and you will be victorious and you will remain engraved in the annals of history of your country forever.

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Bonne et heureuse année 2015

L’année 2014 se conclut : elle a été marquée par des conflits, des maladies, des accidents pour certains pays et d’autres des moments heureux.

A l’aube de cette nouvelle année , je tiens à vous exprimer , ainsi qu’à toute votre famille et à vos proches , mes meilleurs vœux de paix , de prospérité , de santé et de joie .

Un chapitre vient de se tourner dans notre livre de la vie , l’année nouvelle sera encore un nouveau titre qui viendra le compléter et ne regardons jamais derrière puisque notre tome a encore besoin de croitre.

Que ce qui fut bien soit encore mieux et que ce qui fut triste soit vite pardonné et oublié.

Chaque année qui commence est une promesse de bonheur et de découvertes.

Qu’en cette année nouvelle , des milliers de joies viennent embellir votre vie et que ces douze mois à venir soient pour les mois de toutes les réussites : professionnelle et personnelle.

Que Dieu, le Tout puissant, vous apporte la réussite dans tout ce que vous entreprenez (vos projets) et que le bonheur soit au rendez-vous dans vos cœurs et dans ceux de vos proches.

Happy New Year 2015

The year 2014 concluded, it was marked by conflict, disease, accidents for some countries and other happy moments.

At the dawn of this new year, I wish to express to you and your family and your loved ones, my best wishes for peace, prosperity, health and happiness.

A chapter is to look in our book of life, the new year will be even a new title that will complement and never look back as our volume still needs to grow.

That what was good is even better and that what was sad is quickly forgiven and forgotten.

Each year beginning is a promise of happiness and discovery.

What this new year, thousands of joys embellish your life and these next twelve months are the months of all achievements: professional and personal.

That God, the Almighty, brings you success in all that you undertake (your projects), and that happiness is waiting for you in your hearts and in those of your loved ones.

Feliz Ano Novo 2015

O ano de 2014 concluiu, foi marcada por conflitos, doenças, acidentes, para alguns países e outros momentos felizes.

No alvorecer deste novo ano, desejo expressar a você e sua família e seus entes queridos, os meus melhores votos de paz, prosperidade, saúde e felicidade.

Um capítulo é olhar em nosso livro da vida, o novo ano será ainda um novo título que irá complementar e nunca olhar para trás como o nosso volume ainda precisa crescer.

Que o que era bom está ainda melhor e que o que estava triste é rapidamente perdoado e esquecido.

Cada início ano é uma promessa de felicidade e descoberta.

Que este novo ano, milhares de alegrias embelezar sua vida e estes próximos doze meses são os meses de todas as conquistas: profissionais e pessoais.

Que Deus, o Todo-Poderoso, traz-lhe sucesso em tudo o que empreender (seus projetos), e que a felicidade está esperando por você em seus corações e nas de seus entes queridos.

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Dans de nombreuses cultures, l'excision est considérée comme un rite de purification et d'initiation. En cette période de vacances scolaires, les jeunes filles continuent de subir l’excision en Guinée. Ce rite de passage fait accéder les jeunes filles au rang de jeunes femmes. L’excision qui consiste à retirer le clitoris et les petites lèvres.

 

Malgré la ratification de la République de Guinée à de nombreux textes internationaux dont les objectifs traitent entre autres de la lutte contre l’excision, les mutilations génitales féminines sont encore pratiquées sur de fillettes, d’adolescentes ou de femmes adultes.  

 

 Il y a lieu de rappeler que le Code de l’Enfant Guinéen (Loi L/2008/011/AN du 19 Août 2008) prévoit des peines contre les mutilations génitales féminines dans les articles 407 à 409 : « Article 407 : Quiconque par des méthodes traditionnelles ou modernes aura pratiqué ou favorisé les mutilations génitales féminines ou y aura participé, se rend coupable de violences volontaires sur la personne de l’excisée. Tout acte de cette nature est puni d’un emprisonnement de 3 mois à 2 ans et d’une amende de 300.000 à 1.000.000 de francs guinéens ou de l’une de ces deux peines seulement. Les ascendants ou toute autre personne ayant autorité sur l’Enfant ou en ayant la garde qui auront autorisé la mutilation génitale féminine seront punis des mêmes peines que les auteurs. Article 408 : Si la mutilation génitale féminine a entrainé une infirmité, le ou les auteurs seront punis de la réclusion criminelle de 5 à 10 ans et d’une amende de 1.000.000 à 3.000.000 de francs guinéens. Article 409 : Si la mort de l’Enfant s’en est suivie, le ou les auteurs seront punis de la réclusion criminelle à temps de 5 à 20 ans. »  

 

 Toutefois, les excisées sont touchées dans leur chair et dans leur esprit pour toujours. Lors de l’excision, certaines décèdent des suites du choc, de la douleur ou d’une hémorragie. Il a été constaté que des fillettes souffrent d’infections internes, de stérilité ou de dysfonctionnements rénaux. Mariée, la jeune fille a des relations intimes douloureuses avec leur mari et des complications plus fréquentes lors du travail et de l'accouchement. 

 

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L'épidémie de fièvre Ebola qui s'est déclarée en janvier en Guinée a fait 208 morts parmi 328 cas suspects, ce qui en fait l'une des épidémies les plus meurtrières, a indiqué ce mercredi l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

Un précédent bilan de l'OMS faisait état d'un peu moins de 200 morts le 28 mai. Entre le 29 mai et le 1er juin, la Guinée a enregistré 21 nouveaux décès liés à l'épidémie, a précisé l'OMS dans son dernier bilan mercredi.

Fin avril, le président guinéen Alpha Condé avait indiqué à Genève que la situation était «bien maîtrisée».

Pas de restrictions de voyage

Mais alors que le nombre de malades semblait décliner, de nouveaux cas ont été signalés en Guinée et en Sierra Leone.

Au Sierra Leone, l'épidémie a tué 6 personnes parmi 79 cas suspects. Au Liberia, une dizaine de morts ont été enregistrés.

Le virus a déjà touché plus de 300 personnes en Afrique de l'Ouest, s'est inquiétée mercredi l'ONG Médecins Sans Frontières (MSF).

L'OMS n'a pas édicté de restrictions de voyage vers la Guinée, le Sierra Leone et le Liberia.

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CONAKRY-Le président de l’union des forces démocratiques de Guinée (UFDG) a annoncé ce samedi, la reprise prochaine des manifestations politiques en Guinée. Cette action de désobéissance civile, vise selon l’opposant à exiger du pouvoir en place, la création des conditions de transparence dans le processus électoral, appris Africaguinee.com.

Nous vous livrons un extrait de déclaration ce samedi en assemblée générale devant ses militants …

« Alpha Condé fera tout pour bloquer la situation… »

‘’Il faut que vous soyez prêts, on sera obligé malheureusement de reprendre les manifestations pour exiger la transparence dans le processus électoral, pour exiger qu’il y ait une CENI (commission électorale nationale indépendante) compétente et indépendante, pour exiger qu’un code électoral valable soit mis en place, pour exiger que les guinéens de l’étranger soient recensés pour qu’ils participent au scrutin conformément aux dispositions de nos lois. Monsieur Alpha Condé ne le voudra pas, il fera tout pour bloquer la situation pour se donner les moyens d’organiser une fraude massive.

Et, il faut que vous soyez prêts parce que 2015, il faut que les élections soient transparentes. Nous n’allons pas accepter des élections truquer et nous n’allons pas attendre le jour du vote, c’est maintenant qu’il faut se lever pour exiger les conditions transparentes nous sommes des démocrates, nous sommes prêts à nous battre pour obtenir les suffrages des guinéens, mais nous n’accepterons pas que ces suffrages soient détournés ou volés par les gens du RPG (parti au pouvoir, ndlr), il faut qu’ils le comprennent. Mettons-nous d’accord, mettons les conditions d’une élection libre et transparente et que ce soit celui qui gagne qui s’installe à Sékoutouréyah.

« La campagne est devenue facile à faire contre Alpha Condé… »

Nous avons foi sur l’engagement de nos militants, sur leur effectif. Parce qu’aujourd’hui, beaucoup de guinéens ont compris. La campagne est devenue facile à faire contre Alpha Condé, il a fait la campagne pour nous, en gérant mal le pays, en le divisant. …

« Soyez prêts, nous sommes obligés de mener ce combat qui va exiger peut être des sacrifices »

Soyez prêts, nous sommes obligés de mener ce combat qui va exiger peut être des sacrifices pour que notre Guinée sorte de la discrimination, de la pauvreté, de la haine et que la démocratie soit la règle de désignation de ceux qui vont diriger le pays. Ils ne veulent pas le dialogue, ils veulent la confrontation, qu’ils sachent que l’opposition est prête, ses militants sont prêts.

« Il faut économiser nos forces parce que nous avons beaucoup de défi à relever… »

Je sais que vous voulez organisez une grandiose réception pour moi, mais j’ai préféré vous dire d’attendre, il faut économiser nos forces parce que nous avons beaucoup de défi à relever. Alpha condé ne veut pas organiser des élections transparentes. Il faudrait que nous nous mobilisions pour exiger que sa soit créer avant l’élection, les conditions d’une élection transparente. Le combat doit commencer dès maintenant, il faut que les militants de l’UFDG soient prêts. Vous savez que la transparence des élections ce n’est pas le jour du scrutin, c’est lors de la préparation. Il ya déjà des signaux que le Monsieur veut organiser une mascarade électorale et l’UFDG n’acceptera pas. Ou bien ? (demande t-il aux militants) oui « ont-ils répondu sous les acclamations ».

source:http://www.africaguinee.com/articles/2014/05/31/crise-politique-en-guinee-l-opposant-cellou-dalein-diallo-annonce-la-reprise-des

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Le doyen Thierno Maadjou Sow président de l’OGDH est hospitalisée depuis quelques semaines à l’hôpital Donka de Conakry. Le ministre des Droits de l’homme vient d’informer l’OGDH que le gouvernement ne pourra pas faire évacuer l’intéressé. Les médecins a informé la famille qu’il ne dispose pas de moyens médicaux pour traiter le patient en Guinée. L’OGDH fait appel donc à la bonne volonté de tout un chacun au vu du combat que le président de l’OGDH a mené en Guinée pour la promotion et la protection des droits de l’homme.


COMMUNIQUE DE L’OGDH
Chers amis,

L’OGDH tient à vous exprimer sa reconnaissance pour la marque de compassion suite à l’annonce de la maladie du Dr Sow, président de l’OGDH. Malgré les multiples occupations des uns et des autres, vous n’avez pas manqué de penser au malade.

A ce jour, nous avons besoin de votre assistance pour l’évacuation du Dr Sow dans un centre spécialisé. Les spécialistes estiment que le malade a besoin d’être évacué vers un centre spécialisé en Europe. Ce qui exige d’importantes ressources financières. Nous vous lançons donc un appel et vous remercions d’avance pour toute contribution que vous pouvez faire.


Coordonnées bancaires de l’OGDH

Informations banque en Guinée

Nom de la banque : ORABANK GUINEE

Code SWIFT : ORBKGNN

Adresse : BP 324 Avenue de la République Conakry Guinée

Numéros comptes :

  • Compte GNF : 564 145 001 00
  • Compte USD : 564 145 001 01

Contact gestionnaire des comptes: tidiane.diallo@orabank.net


Banque correspondante en France

Nom : Crédit Agricole SA

Adresse : 91 93 Bd Pasteur 750 15 Paris

Ville : Paris

IBAN : FR76 3000 6000 0120 5335 5100 021

Code BIC : AGRIFRPP

Ouverture compte en euros imminente


L’OGDH

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Ebola continu son chemin

Un décès et deux nouveaux cas de fièvre hémorragique Ebola ont été notifiés dans la préfecture de Télémilé, située à plus de 270 km au nord-ouest de Conakry, a affirmé mardi le chef de division prévention et lutte contre la maladie, au ministère guinéen de la Santé et de l'Hygiène publique.
Selon lui, la survenue de l'épidémie dans cette localité serait due à la mort d'une dame contaminée par la maladie à Conakry et qui aurait été enterrée par les siens, sans aucune mesure de protection sanitaire requise.

L'apparition de cette maladie à Télémilé, (région administrative de Kindia) est considérée comme le premier nouveau cas enregistré de cette région naturelle de Guinée, après la Guinée Forestière (l'épicentre de l'épidémie), la Haute Guinée et la région de Conakry.

Dès la confirmation des cas suspects par le laboratoire moderne et spécialisé de Conakry, des missions médicales composées d'experts et épidémiologistes de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), de Médecins sans frontières (MSF) et ceux du gouvernement guinéen sont en route pour circonscrire la maladie.

Durant son séjour dans la préfecture, les spécialistes se déploieront pour informer et sensibiliser les populations sur les mesures sanitaires nécessaires à prendre, afin d'éviter la propagation de la maladie vers d'autres préfectures voisines.

Le denier bilan de la fièvre Ebola enregistré en Guinée fait état de 142 cas confirmés dont 95 décès et près de 500 contacts suivis dans différents centres de traitements à Conakry et les préfectures touchées.

Le taux de létalité de la maladie est estimé à plus de 90%.

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La paix tente de retrouver sa place au Nigeria

 

Comme dans plusieurs pays de ce monde, le peuple Nigérian est victime d’enlèvements et d’attentats sur son territoire depuis plusieurs années.

 

Un pays comme le Nigeria ne devrait pas être le foyer des ravisseurs qui s’aiment la panique au sein de la population Nigériane.

Aujourd'hui, des voix se font entendre un peu partout pour la libération des lycéennes enlevées par les ravisseurs. Le gouvernement Nigérian et les ravisseurs doivent mettre le pied sur l’accélérateur pour trouver un consensus car la privation de la liberté est très difficile pour une personne.

Le plus souvent, on dit que « un accord n’est ni bon ni mauvais, c’est à l’homme de le rendre bon ou mauvais » alors, c’est le lieu et le moment pour chacun d’apporter son aide pour la libération des personnes détenues.

Donnons la chance à la paix pour qu’elle puisse retrouver sa place au Nigeria comme dans les autres pays.

Préférons de vivre heureux pour éviter d’être malheureux.

 

Plus jamais d’enlèvements des personnes et d’attentats au Nigeria, en Afrique et dans le Monde.

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A cause de l'épidémie de la fièvre hémorragique Ebola qui sévit en Guinée depuis plus de trois mois et qui a fait plus de 121 cas dont 74 décès, le mouvement syndical du pays a décidé mercredi de reporter à une date ultérieure la célébration de la fête internationale du travail prévu jeudi dans le monde entier.

En lieu et place des cérémonies de réjouissance et d'enthousiasme, les syndicalistes ont annoncé la tenue des séances de prières et d'imploration de la puissance divine pour éradiquer l'épidémie d'Ebola et redonner l'espoir de vie aux populations vulnérables, notamment celles des zones à haut risque.

Selon Louis Bemba Soumah, syndicaliste et responsable du mouvement syndical, la Guinée traverse un moment critique de son histoire et mérite ainsi la compassion de toutes les composantes sociales du pays pour un effort commun dans la stratégique de riposte contre la maladie d'Ebola.

A l'occasion de la célébration de la 128e fête internationale de travail cette année, les huit centrales syndicales de la Guinée s'engagent également à déposer un préavis de grève générale et illimitée au gouvernement.

Dans leur plateforme revendicative, les syndicalistes réclament l'augmentation de salaires pour tous les fonctionnaires guinéens du secteur public et mixte, l'application de la loi sur le statut particulier du personnel de l'éducation et de la santé, la garantie d'une protection sociale des travailleurs et le respect du SMIG (salaires minimum inter garanti) fixé à 440.000 milles francs guinées soit 62,8 dollars américains.

"Tant que le gouvernement ne répond pas favorablement à nos revendications en faveurs des travailleurs, nous ne reculerons pas et nous irons jusqu'au bout", a menacé M. Soumah, avant d'ajouter que les travailleurs guinéens et leurs familles vivent un calvaire permanant et continu.

Au niveau de l'administration publique, le traitement salarial des cadres moyens oscille autour de 2 millions à 2,5 million de francs guinéens, soit entre 285 et 357 dollars le mois.

     Ce qui constitue en soi un salaire de misérable ne permettant pas aux travailleurs d'assurer les multiples dépenses mensuelle relatives à la nourriture, aux frais de scolarité, de logement et de transport pour les déplacements des agents publics.

     Le gouvernement guinéen n'a pas encore réagi face à l'interpellation et à la menace du mouvement syndical qui entant déclencher dès la semaine prochaine une grève générale et illimité sur tout l'étendu du territoire national.                   

                                                                     source:http://www.afriquinfos.com/articles/2014/4/30/guinee-mouvement-syndical-reporte-celebration-fête-travail-cause-lepidemie-debola-252216.asp

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Les 72h du livre à Conakry

                      

 

 

« Livre et Développement local » est le thème choisi cette année. C’est parti pour la 6ème édition des 72heures du livre. C’est le centre culturel franco-guinéen qui a servi le lieu du lancement de la présente édition. Les 23 ; 24 et 25 Avril 2014 sont les dates retenues pour célébrer le livre en Guinée.

 

Pour la première fois, c’est la région des agrumes ‘’Kindia ‘’qui est la ville invitée d’honneur Cette année. Durant trois jours, les éditeurs, auteurs, lecteurs, bibliothécaires, libraires, journalistes, professeurs et étudiants vont débattre de leur rôle et leur responsabilité face à l’avenir du livre en Guinée.  Connaissant la rareté et la cherté du livre en Guinée, les lecteurs profitent des 72H du livre pour acheter le livre à un prix moins cher car l’on ne saurait envisager une éducation de qualité sans un accès facile au livre. L’on pouvait lire sur des banderoles les phrases suivantes :

-         ‘’La Guinée de demain s’invente ici’’ ;

-         ‘’ Bienvenue au salon du livre’’.

 

C’est l’occasion aussi pour des nombreux romanciers de signer leurs œuvres littéraires dont voici la liste de quelques uns sur le programme des signatures aux 72h du livre :

- Joschka PHILIPPS auteur du roman ‘’Bandes de jeunes et émeutes urbaines en Guinée Conakry’’ ;

- Aly Gilbert IFFONO auteur du roman ‘’Guinée d’Ahmed Sékou Touré à Alpha Condé ‘’;

-  Lilian THURAM auteur du roman ‘’Mes étoiles noires : de Lucy à Obama’’ ;

-  Sidiki Kobélé Keita auteur du roman ’’Guinée de Sékou Touré : pourquoi la prison du camp boiro ? ’’   ;

-   Bangaly Camara auteur du roman ‘’ Guide pratique du journalisme débutant ‘’ ; 

-  Alpha Oumar Sy Savané auteur du roman ‘’Guinée membre permanent du conseil de sécurité des Nations Unies ‘’ ;  

 

 

Comme les précédentes éditions, un concours du jeune écrivain guinéen sera organisé, une manière de dénicher et de récompenser de nouveaux talents. Trois lauréats recevront des prix ainsi que des prix d’encouragement en cas de nécessité. 

 

 

Quel sera le thème du prochain salon du livre en Guinée ?

 

Quelle ville de la Guinée sera invitée d’honneur pour l’année prochaine ?

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C’est avec un grand honneur que j’apprends le lancement du concours gratuit et sans obligation d’achat qui se déroule en ce moment jusqu’au 28 avril 2014.

 

En effet, je salue votre initiative par laquelle vous encouragez et valorisez le travail des blogueurs.

 

 En tant que blogueur, j’avais vraiment envi de participer à ce concours qui me tenait au cœur mais les conditions de participation à ce concours m’ont absolument exclus.

 

En parcourant cet extrait suivant : ‘’ le concours « Créations OverBlogueurs » est ouvert à toute personne âgée de18 ans au moins, résidant en France, gratuitement et sans obligation d’achat’’ l’on se rende compte que ce concours n’est pas ouvert à toute personne parce que ce concours est limité en France seulement.

 

Et pourtant, la France est un pays différent des autres par sa devise républicaine qui prône la Liberté, l’Égalité et la Fraternité entre les hommes du monde entier.

J’espère qu’un autre jour, vous penserez à organiser un autre concours gratuit et sans obligation d’achat pour donner la chance aux autres pour faire valoir leurs talents.

Dans l’espoir d’une suite favorable, veuillez agréer, Monsieur le Président, l’expression de mes sentiments distingués. 

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Exclusif - Cheikh Yérim Seck : «Si ma famille avait flanché, cette affaire m'aurait emporté...»

Le 8 septembre 2012, la vie de Cheikh Yérim Seck basculait dans une sombre histoire de viol prétendument commis sur l'étudiante Ndéye Aïssatou Tall, fille du magistrat Boubou Diouf Tall. Il a clamé son innocence, mais les collègues du père de son accusatrice l'ont condamné à 3 ans de prison, puis, après appel, à deux années de détention carcérale. Aujourd'hui, depuis le début de cette année 2014, il est en liberté conditionnelle, a repris ses activités et même s'en est approprié de nouvelles. Il a traversé cette épreuve avec dignité et courage, et surtout avec une extrême lucidité, celle dont Réné Char disait « qu'elle était la brûlure la plus proche du soleil ». La lucidité et l'humilité comme viatiques de renaissance ? C'est en tout cas un homme rempli de sérénité et apaisé que Dakaractu est allé rencontrer en son domicile conjugal. Entretien exclusif et respectueux des conditions de sa liberté justement conditionnelle. Voici les confessions sans concessions de Cheikh Yérim Seck.





 
Dakaractu : Monsieur Seck, bonjour. 15 mois privé de détention, c'est long. Comment les avez-vous passés ? 
  
Cheikh Yérim Seck : J'ai passé ce temps à faire le point sur ma vie. J'avais auparavant consacré 15 ans de ma vie à travailler, à courir sans jamais m'arrêter, pris entre le feu de mes activités de journaliste à Jeune Afrique, toujours entre deux avions, et mes obligations familiales. Je n'avais pas eu le temps de faire le point sur ma vie et réfléchir sur certaines questions essentielles. Mais 15 mois de retraite dans un endroit, cela amène à réfléchir, à penser, à revoir à la fois ses forces et ses faiblesses, ses erreurs... 15 mois, c'est aussi un long et grand moment de recueillement spirituel, 15 mois durant lesquels j'ai réfléchi sur ma religion, 15 mois où j'ai tenté de poser des actes d'adoration pour renouer avec Dieu. C'étaient les 15 mois les plus utiles de ma vie, 15 mois durant lesquels j'ai pu réfléchir sur mon pays, sur ses difficultés actuelles et sur son avenir. Ce furent 15 mois d'une grande utilité pour ma vie. 
  

« J'ai vécu cette épreuve, je pense, dans la dignité ». 

  
D.A. Avez-vous ressenti de la colère, de l'amertume, ou même un sentiment d'injustice ? 
  
CYS. De la colère, non. Un sentiment d'injustice, c'est certain, c'est évident, dire le contraire serait mentir. Je ne suis pas d'ailleurs le seul. Toute l'opinion sénégalaise l'a ressenti. Au début, j'étais très affecté et puis j'ai compris que cette épreuve faisait partie de celles dont Dieu Seul a le secret. J'ai vécu cette épreuve avec philosophie, je pense l'avoir traversée avec dignité. Je ne suis pas en colère et pense plutôt à remercier Dieu qui m'a donné la force morale pour supporter tout cela. 
  
  
D.A. Si on croit au principe qu'à toute chose, malheur est bon, que vous a apporté cette expérience carcérale ? 
  
CYS. Cette expérience carcérale m'a apporté beaucoup de choses que je n'aurais jamais pu avoir sans elle. Nelson Mandela disait qu'un des avantages de la prison, c'est qu'elle donne le temps de réfléchir. J'ai donc beaucoup réfléchi. Sur moi-même, sur mon entourage, parce que la prison a aussi cette vertus... Elle permet de séparer la bonne graine de l'ivraie et de trier l'entourage. La prison t'apprend beaucoup de choses, que de ton vivant tu n'aurais jamais sues sans elle. La prison te permet aussi de saisir la réalité de la vie, tout simplement, de saisir l'homme dans sa complexité, dans son hypocrisie... C'est surtout un lieu de recueillement, d'isolement et un lieu d'introspection profonde. Par exemple, avant d'entrer en prison, je pensais qu'il me serait impossible de rester 15 minutes sans mon portable, pensant que le monde s'effondrerait. Je suis resté 15 mois en prison et le monde ne s'est pas arrêté pour autant. Depuis ma sortie de prison, je fais les choses plus calmement, plus doucement. La prison m'a appris à demeurer sur place, à savoir attendre. 
  
D.A. Durant votre détention, vous avez pu observer la vie politique, sociale et économique du Sénégal. Vous avez rédigé un livre à paraître bientôt. Comment le journaliste que vous êtes a-t-il vécu cette période politique ouverte en mars 2012 ? 
  
CYS. J'ai évidemment, de l'endroit où j'étais, observé la vie politique de mon pays. Je n'avais que cela à faire, regarder la télévision, égrener mon chapelet, lire des livres. J'ai pu m'imprégner de beaucoup d'idées. Je dois avouer avec une pointe d'amertume que je croyais cette nouvelle alternance allait définitivement engager la modernisation des institutions de notre pays. Ce n'est pas le cas. Je croyais qu'avoir un président de la République né après les indépendances allait révolutionner nos mœurs politiques. Ce n'est pas le cas. Je croyais qu'on allait rompre avec cette logique du partage partisan qui confine notre pays dans le sous-développement. Ce n'est pas le cas. Bref, j'ai beaucoup de choses à dire. Je croyais que l'instabilité gouvernementale, la conception immorale qu'on a du pouvoir allaient changer. Ce n'est pas le cas. Evidemment, il faut accorder à Macky Sall un préjugé favorable, lui accorder le bénéfice du doute. Mais il est en train de boucler deux ans au pouvoir, ça commence à faire beaucoup sur un mandat de 5 ans. Il a intérêt à redresser la barre au plus vite. 
  
 « Je ne suis plus le responsable idoine de Dakaractu, il y a une rédaction responsable qui s'occupe de tout et le fait très bien. » 
  
D.A. Dakaractu.com, dont vous êtes co-fondateur, a tenu bon dans cette bourrasque, et s'est même consolidé à la tête des sites d'informations en ligne. Qu'avez-vous à dire à ceux qui l'ont maintenu à flots, et aux fidèles qui ont continué à faire confiance à Dakaractu ? 
  
CYS. Je vais avant tout remercier très sincèrement Serigne Diagne qui est mon partenaire dans cette aventure journalistique. Il a été d'une extraordinaire efficacité pour maintenir le site au top, malgré le fait que beaucoup de gens avaient misé sur sa disparition. J'ai lu des forums où des gens écrivaient que Dakaractu était mort !!! C'est aussi cela le Sénégal, cette façon d'enterrer les gens de leur vivant. Serigne Diagne a démenti toutes les prévisions pessimistes. Je le remercie et le félicite très sincèrement, ainsi que toutes les personnes avec lesquelles il a travaillé. Aujourd'hui, je peux affirmer que Dakaractu a mieux fonctionné sans moi que quand j'y étais. Paradoxe de la vie, Dieu a la capacité de faire les choses comme il veut, de manière imprévisible. J'étais en prison et Dieu a mis la main sur tout ce que j'avais laissé dehors. Serigne Diagne et son équipe sont à féliciter, ils ont réussi à faire de Dakaractu peut-être pas le média le plus lu, mais certainement le plus influent. Tous les décideurs, les missions diplomatiques, les responsables, comme les férus d'informations, ouvrent dès le matin la fenêtre de Dakaractu. On doit cela à la perspicacité de toute l'équipe. C'est la raison pour laquelle je n'éprouve aucune nécessité de me mêler de près ou de loin à la marche actuelle de Dakaractu. Il fonctionne très bien sans moi et j'ai d'autres activités qui vont me maintenir dans d'autres sphères. Je ne suis plus le responsable idoine de Dakaractu, il y a une rédaction responsable qui s'occupe de tout et le fait très bien. 
  
D.A. La médiatisation de votre affaire a-t-elle pu nuire à votre crédibilité de journaliste notamment ? Votre image a-t-elle été écornée ? 
  
CYS. Cette affaire n'en a été une que parce que je suis célèbre. Maintenant, en ce qui concerne ma crédibilité de journaliste, c'est autre chose. Le journalisme, c'est un métier qui se pratique avec des codes, des règles et une déontologie, qui n'ont rien à voir avec cette affaire-là. C'est clair... Quant à ma réputation, la réputation d'un être humain se bâtit dans la durée. La vie est faite de hauts et de bas, je suis croyant et pense que la vie et ses péripéties relèvent du domaine de Dieu. Je pense avoir tiré les leçons de ce qui s'est passé. L'opinion publique m'importe certes. Mais ce qui m'importe plus, et avant tout, c'est mon rapport à Dieu, c'est mon rapport à ma famille et à mes proches, l'opinion publique sénégalaise viendra après. Je n'ai que 45 ans et ai encore, je l'espère, un long chemin à parcourir. Le reste est dans les mains de Dieu. 
  
  
D.A. Votre autre « bébé », « Un café avec.. », entame sa saison 3, avec semble-t-il de nouveaux réalisateurs et de nouvelles perspectives. C'est un nouveau pari ? 
  
CYS. Je suis le producteur exclusif d'« Un café avec... ». La société de productions Gelongal nous rejoint en tant que réalisateur de la série, parce qu'elle a un savoir-faire reconnu. J'ai décidé, dans un souci de modernisation et d'internationalisation de la série, de l'associer à cette aventure. Mon souci, c'est d'aligner cette série sur les standards internationaux, parce que je pense qu'il est temps qu'on se batte dans la cour des grands en matière cinématographique. C'est mon ambition. Ceux qui, jusque là, m'ont accompagné dans cette aventure sont toujours là avec moi, et nous travaillons ensemble à d'autres productions, qui seront connues très vite du grand public. « Un café avec... » est un autre miracle de Dieu. Beaucoup de gens pensaient que la série allait mourir, mais Boubacar Diallo, Boub's pour le public, et toute son équipe, ont tenu bon, ont travaillé et sont arrivés à ce résultat-là. Pour ça, je les remercie vivement. Je remercie aussi le Bon Dieu, d'avoir mis la main sur cette affaire pendant que j'étais plongé dans la pénombre. Ce qui est communément vu, quand une personne entre en prison, c'est que tout se désagrège autour de lui. Par la grâce de Dieu, ce scénario catastrophe ne s'est pas réalisé. Loin de là. 
  
  
D.A. Quelle dimension compte prendre « Un café avec.. » ? 
  
CYS. La nouvelle dimension que nous comptons prendre, c'est de nous positionner clairement comme une des plus grandes séries d'Afrique. Mon modèle de séries, de cinéma, c'est le Nigéria, c'est l'Afrique du Sud. D'ailleurs le teasing de la Saison 3 a été tourné avec du matériel et des caméras mises aux normes internationales de production. Le Nigéria et l'Afrique du Sud sont mes points de repères, de références et de concurrence. Mon ambition est de diffuser « Un café avec ... » sur de grandes chaînes de télévision internationales. 
  
« Le jour où les citoyennetés seront participatives, actives et responsables, une bonne partie de nos problèmes trouveront des solutions » 
  
D.A. Vous êtes, semble-t-il, engagé dans l'action citoyenne. Vous mettez sur pied un mouvement, une initiative populaire. Pourquoi faire ? 
  
CYS. C'est un mouvement dénommé Citoyenneté Sénégal (C221). Pourquoi Citoyenneté Sénégal ? Pendant 54 ans, on a tout attendu des politiques qui n'ont rien fait, ni rien produit de fondamental. Le fait partisan a échoué un peu partout. Ce qui se passe en Ukraine, c'est le fait de citoyens. Le fait citoyen est la tendance lourde de la vie politique mondiale. Notre problème de développement est un problème citoyen. Le jour où les citoyens relèveront les défis, reprendront ce qui leur appartient, le jour où les citoyennetés seront participatives, actives et responsables, une bonne partie de nos problèmes seront en voie d'être réglés. J'ai donc pensé à cette fenêtre de réflexion qui permet à des Sénégalais qu'on n'entend pas  de s'exprimer, de donner leur avis sur la marche du pays, mais aussi de s'engager pour faire bouger les choses. 
  
D.A. En regard de l'affaire Cheikh Yérim Seck, quel accueil vous est réservé dans vos prises de contacts, visant à la mise en œuvre de cette initiative citoyenne ? 
  
CYS. Quand je suis entré en prison, il y a eu 7 listes de soutien autour de mon nom qui se sont créées, comme des espaces citoyens à travers lesquels les gens s'exprimaient. Je n'ai fait que prolonger cette initiative, et aider à construire ce cercle dans lequel les gens se meuvent et réfléchissent. Ayant tous les profils, ils sont professeurs, enseignants, ingénieurs, médecins, étudiants... bref, des Sénégalais de divers horizons, avec lesquels je vais réfléchir et agir. 
  
D.A. Cela vous donne-t-il envie de vous engager en politique ? 
  
CYS. Tel qu'on la fait au Sénégal, avec son qualificatif de « politicienne », non, je ne crois pas. Mais, dans le sens de participation à la vie de la cité, pourquoi pas ? Ce qu'on fait, c'est de la citoyenneté, c'est responsabiliser les citoyens sur leurs propres devoirs. La citoyenneté responsable et participative, oui, cela m'intéresse. Car, nous sommes dans un monde où l'individu, l'entreprise, la communauté doivent être citoyens. John Fitzgerald Kennedy disait qu'il était désastreux que quelqu'un puisse naître dans un hôpital public, être instruit dans une école publique, et ne puisse rien faire pour son pays. Je crois qu'il est temps que nous essayions, en dehors de nos hommes politiques, de prendre en charge notre propre destin. 
  
D.A. Comment vont vos épouses et vos enfants ? Elles semblent avoir été solides, solidaires et courageuses. Sont-elles constitutives de la foi, de la force et de la détermination qui vous habitent ? 
  
CYS. C'est évident que si ma famille n'avait pas tenu bon, je n'aurais pas survécu à cette épreuve. C'est très clair. Si ma famille avait flanché, cette affaire m'aurait emporté. Ma force depuis le début de cette épreuve, c'est que ma famille dans sa globalité a tenu, m'a soutenu et a été solidaire tout le long du processus judiciaire. Même ceux qui ne s'entendaient pas forcément se sont retrouvés pour faire bloc, comme dans un réflexe de survie. C'est ce qui m'a permis de tenir. Je profite de cette occasion pour les remercier et les embrasser très tendrement. 
  
« Pour tous ces gens qui ont souffert, je présente humblement mes excuses, car ces personnes ont été très affectées. » 
  
D.A. Avez-vous des excuses à présenter au peuple sénégalais ? 
  
CYS. J'ai des excuses à présenter à tous ceux qui m'aiment, et qui sont très nombreux. En prison, les gens faisaient tellement la queue pour me voir que partout où je suis passé, on a été obligé d'aménager des jours spéciaux de visite pour moi. Des gens que je ne connais pas, qui venaient de partout dans le pays, que je n'avais jamais vus. A tous ces gens qui ont souffert, je présente humblement mes excuses, car ces personnes ont été très affectées. 
  
D.A. Quels sont les signes d'amitié et de solidarité qui vous ont été témoignés durant votre incarcération et depuis votre libération ? 
  
CYS. Les signes ont été nombreux, venant de toutes les sphères de la vie de notre pays, du chef de l'Etat au plus petit citoyen. Je vais d'ailleurs sacrifier à un devoir, sacré pour moi, celui d'écrire un texte de remerciements à tous ceux qui m'ont soutenu, parce qu'ils sont nombreux. Il y a eu le président Macky Sall et son épouse Marième Faye Sall qui m'ont concrètement assisté, il y a eu Abdoul Mbaye, Serigne Bass Abdou Khadre, lequel, lors des deux Tabaski que j'ai vécues en prison, a eu l'amabilité d'envoyer à mon épouse les deux béliers nécessaires aux sacrifices. Baba Diao Itoc mérite ma gratitude éternelle. Tout comme Abdou Mbow, Babacar Ngom, Babacar Touré, Babacar Diouf, Pape Ngagne Ndiaye... Des hommes comme comme Madické Niang, Cheikh Ousmane Diagne, Elhadji Mansour Mbaye, Me Mamadou Diop, Mbaye Guèye EMG se sont impliqués. Ils m'ont témoigné de la solidarité, de la compassion, de l'affection et de l'amitié, sans oublier de la générosité. 
  
D.A. Comptez-vous agir de l'extérieur pour améliorer les conditions de détention des prisonniers sénégalais ? 
  
CYS. Les conditions de détention dans ce pays sont indignes, inhumaines et scandaleuses. Je n'ai pas le droit d'avoir vécu la prison et de ne rien faire pour que cela change. C'est depuis la prison que j'ai créé « Secours Prisons », dont le site web est en fabrication. C'est une association qui va agir concrètement sur les conditions de vie des détenus. Nous voulons améliorer ces conditions, nous allons payer des avocats pour que les dossiers de longues détentions préventives soient traités dans les meilleurs délais. Nous y mettrons toute notre énergie, tout le poids de nos relations, car ces conditions carcérales sont de vrais scandales pour notre démocratie. « Secours Prisons » va être lancé dans les jours à venir. Nous allons tendre la main à l'administration pénitentiaire, pour l'aider à mieux remplir sa mission. 
  
D.A. Est-il difficile de reprendre une vie normale après 15 mois de prison ? Vos repères ont-ils été brouillés ? 
  
CYS. Mes repères, je dirais même que je les ai retrouvés. Je me suis recentré sur l'essentiel. L'essentiel dans la vie, c'est la famille. On peut être tenté de l'oublier, quand on est trop happé par la vie quotidienne et par nos activités. Des épreuves comme celle que j'ai vécue vous recentrent sur la famille, sur la foi, sur plus de spiritualité. Je ressens comme un bonheur, le goût de rester à la maison, de prendre du temps pour moi-même, pour ma famille, de réfléchir et de revivre... Tout simplement... 

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Après cinquante six (56) ans du départ du colon Français, la Guinée marche aux pas de caméléon presque dans la plupart des domaines : éducation, énergie, agriculture, élevage, pêche, emploi, santé, environnement …

Des crises sociopolitiques et économiques, elle en a enregistré et elle continue de souffrir dans le domaine de l’énergie, aussi important dans le développement d’un pays comme la Guinée.

 Des fleuves, elle en a plusieurs qui la permettront d’avoir du courant électrique pour tout le pays et elle pourra même en offrir aux pays voisins qui manifesteront le désir.

Même si des barrages hydroélectriques existent ou sont en cours de construction, la fourniture en électricité reste insuffisante. Cette insuffisance occasionne parfois des soulèvements populaires contre la société chargée de la distribution commerciale appelée Électricité De Guinée (EDG).

Compte tenu de ces soulèvements populaires incessants liés au manque du courant électrique, certains n’hésiteront pas à traduire ce sigle (EDG) de la manière suivante : Ennemie Des Guinéens.

L’artiste, Tiken Jah Fakoly n’a pas manqué de signaler cette crise d’electricité qui secoue la capitale Guinéenne en disant que « Conakry électricité, chacun a son tour comme chez le coiffeur ». Si ce manque perdure l’on ne manquera pas à qualifier cette   capitale Guinéenne, Conakry, la plus obscure de la planète Terre.

Pour atténuer cette crise, le gouvernement s’est tourné vers l’énergie solaire qu’il trouve, peut-être, nécessaire et économique pour le développement de la Guinée. Actuellement, les marchés Guinéens sont inondés de tout genre de panneaux solaires provenant particulièrement des pays asiatiques.

Dès votre arrivée à Conakry, ce sont les panneaux solaires qui, les premiers, vous souhaiteront la bienvenue en guinée avant qu’une personne ne la fasse.

Si la guinée devrait recourir à l’énergie solaire c’était au moins pour éclairer les villages les plus éloignés des villes.

Un scandale ou une chance pour la Guinée de recourir à l’énergie renouvelable ?

L’énergie solaire, un bien ou un mal nécessaire pour les pays en voie de développement ?

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La Guinée est un pays d’Afrique de l’Ouest qui a une superficie totale de 245 857 km2, ouverte sur l’Océan Atlantique et sa capitale est Conakry. Elle a pris son indépendance de la France le 2 Octobre 1958. Elle est entourée de la Côte-D’ivoire, de la Guinée-Bissau, du Liberia, du Mali, de l’Océan Atlantique, du Sénégal et de la Sierra Leone.

Autrefois appelée « Rivières du Sud » et aujourd’hui considérée comme le « Château d’eau d’Afrique de l’Ouest », la Guinée se trouve dans une situation de pénurie en eau potable. Et pourtant, des nombreux fleuves prennent leur source en Guinée comme le fleuve Sénégal, le fleuve Gambie, le fleuve Niger …

Malgré, l’existence de ces nombreux cours d’eau dans le pays, l’eau salubre reste toujours un luxe pour la majorité de la population. Si l’eau arrive chez certain tout simplement en ouvrant un robinet. Par contre, le citoyen guinéen parcourt plusieurs heures par jour pour aller chercher de l’eau à partir d’une source ou d’un point d’eau qui n’est pas toujours à proximité de leur lieu de vie.  Pourtant, l’accès à l’eau, et à une eau saine, est un droit pour tous. Sans eau, aucune vie n’est possible sur Terre.

Le manque d’eau potable et d’équipements d’assainissement constitue une menace pour la vie des citoyens. Des hommes meurent chaque jour dans le monde de maladies liées à la consommation d’eau insalubre et de mauvaises conditions d’hygiène. Les maladies causées par l’eau insalubre sont : le choléra, la fièvre typhoïde, la dysenterie, la poliomyélite, la méningite et l’hépatite A et B. Et malheureusement, la Guinée fait partie des pays qui doivent améliorer l’accès de la population à l’eau potable.  

Pendant, la saison sèche, l’eau devient de plus en plus rare dans les foyers car les gens ont besoin d’eau pour boire, cuisiner, se laver et laver leurs vêtements. Alors, quelle sorte d’eau faudra-t-il utiliser ? Une eau potable que l’on peut consommer sans risque pour la santé, dit-on le plus souvent. En cette saison sèche, les rares puits qui arrivent à contenir un peu d’eau, l’on ne manquera pas autour d’eux un filtre artisanal fait à base du chiffon, du sable et de cailloux, tous réunis dans un bidon à plusieurs trous qui vont bloquer la boue et empêcher certaines saletés d’y passer. Après la filtration, on obtient une eau presque claire à l’œil nu mais qui reste déconseillée à la consommation pour des raisons de santé. Minimisant complètement les dangers et restant sourds aux différentes campagnes de sensibilisation contre les maladies, beaucoup des gens utilisent cette eau insalubre pour leurs besoins, malgré eux.

Profitant de cette pénurie d’eau, la population guinéenne descende, le plus souvent, dans les rues de Conakry, pancartes et bidons vides en mains, pour faire passer un message fort au gouvernement, face au manque criard d’eau auquel elle est confrontée à longueur de la journée. Dire que la Guinée est le château d’eau de l’Afrique de l’Ouest, c’est très difficile à croire compte tenu des multiples manifestations liées à l’eau car un endroit sans eau est un désert.  Ces différentes manifestations doivent interpeler les dirigeants actuels de ce pays pour satisfaire, au moins, les besoins primaires de cette population guinéenne qui souffre.

Après cinquante six (56) ans du départ du colon Français, la Guinée marche toujours aux pas de caméléon presque dans tous les domaines : éducation, énergie, agriculture, élevage, pêche, emploi, santé, environnement.  C’est honteux pour la Guinée qui n’arrive pas à garantir à sa population le droit à l’eau tandis que chez les autres, il y a un pacte garantissant à tous les hommes le droit à l’eau : « le droit à l’eau garantit à chaque être humain de disposer pour son usage personnel et domestique d’une eau abordable, en quantité suffisante, de qualité acceptable et à laquelle il peut facilement accéder. » Des hommes politiques se sont succédés à la tête de ce pays et chacun d’eux avait fait et continue de faire des promesses pour l’amélioration des conditions de vie du peuple guinéen. Malheureusement, une fois au pouvoir, ils oublient les promesses et ils se montrent incapables de trouver les solutions adéquates aux problèmes que rencontrent les populations guinéennes depuis plusieurs années.  Le gouvernement actuel doit être capable de relever ce défi. Si chaque dirigeant se demandait au fond de son cœur : qu’est-ce qu’il peut ou pourra faire, quelque chose de bien, pour son peuple ? C’était mieux, mais plutôt, il se pose la question suivante : comment pourrai-je me maintenir au pouvoir, m’enrichir en volant plusieurs fonds destinés à la réalisation des projets communautaires et laissant, à nouveau, le peuple dans la misère ?

Espérons qu’un jour, les guinéens auront un gouvernement qui s’occupera de l’amélioration des conditions de vie de sa population.

 

Que font les services chargés de la distribution de l’eau potable en Guinée ?

Pourquoi la population guinéenne souffre-t-elle depuis longtemps de l’insuffisance de l’eau potable ?

A quand le peuple de guinée sera-t-il satisfait en matière d’eau potable ?        

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Le roi Mohammed VI séjourne depuis lundi à Conakry pour une visite officielle de trois jours. Quelques heures seulement après son arrivée, plusieurs accords de coopération ont été signés entre le Maroc et la Guinée.

Déjà une vingtaine d'accords signés. À peine arrivée le 3 mars à Conakry pour une visite officielle de trois jours, le roi Mohammed VI a signé plusieurs conventions de coopération entre son pays et la Guinée. Ces accords et conventions concernent différents secteurs : pêche, agriculture, commerce, tourisme, urbanisme, hydraulique, énergie et mines, a-t-on indiqué lors de la cérémonie de signature qui s'est déroulée en présence du souverain marocain et du président guinéen, Alpha Condé

 

Palais des Nations rebaptisé Mohammed V

 

Dans une allocution après la signature des accords, le président Condé a annoncé que le Palais des Nations, complexe de bâtiments publics proche du siège du Palais présidentiel, a été rebaptisé Mohammed V, du nom du grand-père du roi du Maroc.

"Ce complexe construit au début des années 1990 a été témoin de certains grands faits de l'histoire de la Guinée. Après avoir subi des bombardements lors d'une mutinerie militaire en 1996, il a été laissé à l'abandon pendant 15 ans", a expliqué Alpha Condé. Depuis un an et ce, grâce à la dextérité et au savoir-faire d'une société marocaine, nous avons pu reconstruire ce palais. Et le roi Mohammed VI est la première personnalité à avoir habité ce palais réhabilité, nous sommes tombés d'accord de donner le nom du palais à une éminente personnalité du continent qui a joué un grand rôle dans la libération et l'unité africaines (...), c'est le roi Mohammed V".

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Le Matin.ma : Que vous inspire la visite de S.M. le Roi Mohammed VI en Guinée ?
Majid Halim : La visite de S.M. le Roi Mohammed VI est un très grand événement, aussi bien pour la communauté marocaine établie en Guinée que pour les autorités et le peuple guinéens. Cette première visite officielle a une grande portée symbolique et historique. Elle démontre à quel point Sa Majesté le Roi tient à développer et à renforcer les relations existant entre le Royaume du Maroc et la République de Guinée suivant une vision basée sur la solidarité et la coopération Sud-Sud. C’est une visite qui permettra la mise en place de nombreux projets et de ce fait elle constitue une illustration concrète de l’approche prônée par le Royaume qui insiste sur la nécessité de travailler la main dans la main pour le développement du continent africain. Ce continent qui, comme chacun le sait, regorge de potentialités et de richesses naturelles et humaines. Cela est d’autant plus vrai que le Maroc et la Guinée ont des complémentarités qui doivent être mises à profit. Comme S.M. le Roi l’a clairement exprimé à plusieurs occasions, l’Afrique doit se développer de manière endogène. C’est ce message qu’il porte également en Guinée. La délégation de très haut niveau accompagnant le Souverain traduit justement cette volonté d’épauler nos frères guinéens en établissant une nouvelle dynamique de partenariat qui pose les jalons d’une coopération solidaire et efficace. Le Maroc a un savoir-faire et un label qu’il veut partager dans un esprit de communion avec les pays frères et en particulier avec la Guinée.

Comment se portent les relations entre le Maroc et la Guinée sur le plan économique ?
Force est de reconnaître que les relations économiques et commerciales ne reflètent pas actuellement les ambitions des deux pays. Le volume des échanges reste en effet faible. Nous souhaitons donc à travers cette visite de S.M. le Roi les dynamiser en renforçant les contacts et les échanges et en boostant les partenariats et les investissements. Il faut dire que les entreprises marocaines sont nouvellement installées ici. Je cite à titre d’exemple les «Ciments de l’Afrique» ou encore «Itqane», une grande entreprise marocaine qui a été choisie pour son savoir-faire et sa compétence pour réaliser le Palais des Nations. Il y a aussi les «Moulins de l’Afrique» qui sont le fruit d’un partenariat privé maroco-guinéen où des investisseurs des deux côtés ont mis en partage leurs moyens et leur savoir-faire pour monter une unité industrielle de haute facture qui répond aux besoins du marché local. Il y a également des entrepreneurs marocains qui commencent à s’intéresser au secteur du BTP. Tout cela montre qu’une dynamique est en train de se mettre en place. Et surtout que la confiance s’installe. Je pense donc que nos entreprises ont leur place en Guinée. Il y a des opportunités de partenariats fructueux qu’il faut saisir. Nous nous devons de les encourager. Nous nous y attelons actuellement.

Qu’en est-il des relations politiques entre les deux pays ?
Nos relations politiques sont excellentes et exemplaires. Elles trouvent leurs origines dans le passé. Des liens étroits ont été tissés depuis l’époque des luttes pour l’indépendance et aussi dans le cadre de la mise en place des bases de l’Organisation de l’unité africaine (OUA). Feu Sa Majesté le Roi Mohammed V et feu le Président Haj Ahmed Sékou Touré étaient tous deux des membres fondateurs de cette organisation panafricaine. Après l’intronisation de feu Sa Majesté le Roi Hassan II, ces relations se sont renforcées. Après lui, la qualité des liens entre les deux pays est restée constante et intacte, car elle est basée sur beaucoup de valeurs partagées. Tout cela fait qu’il y a une relation de confiance, de respect mutuel et de solidarité. Cela s’est toujours vérifié au niveau des instances internationales et régionales. Il y a un socle solide que nous souhaitons renforcer pour aller encore de l’avant.

On dit que la coopération maroco-guinéenne en matière d’enseignement supérieur est exemplaire. Pourquoi selon vous ?
À présent, nous avons à peu près 540 étudiants guinéens en formation au Maroc ; et chaque année, le Royaume octroie plus de 60 bourses qui permettent à des jeunes guinéens de faire leurs études dans différentes filières de formation : droit, finance, management, sciences, médecine…
Il y a aussi des étudiants guinéens qui sont inscrits dans des filières de formation professionnelle. Mais ce volet mérite d’être développé. Depuis plusieurs années, ce sont des milliers de hauts cadres guinéens qui ont été formés dans les universités et hautes écoles marocaines.
Actuellement, ces cadres guinéens occupent d’importants postes de responsabilités aussi bien dans le secteur public que privé. Je rappelle à ce titre qu’un ancien premier ministre guinéen est lauréat de l’Université Cadi Ayyad de Marrakech où il a obtenu un doctorat en géologie.
En tout cas, la coopération en matière de formation supérieure est appelée à se poursuivre et à se développer. La Guinée a fait des choix de développement ambitieux et compte lancer de grands chantiers dans plusieurs secteurs. Elle a besoin, par conséquent, de cadres hautement qualifiés pour mettre en œuvre cette nouvelle politique. À l’évidence, le Royaume va l’accompagner en renforçant davantage cette coopération exemplaire. Je voudrais signaler qu’il y a ici une Association qui regroupe les anciens stagiaires et étudiants guinéens au Maroc. Ses membres conservent une belle image de notre pays et font tout pour la véhiculer et la promouvoir. Ils connaissent bien le Maroc parce qu’ils y ont vécu et parce qu’ils ont été, pour ainsi dire, les témoins des grandes réformes qui y ont été entreprises ces dernières années.

Entretien réalisé par l'envoyé spécial à Conakry, Abdelwahed, du journal lematin.ma http://www.lematin.ma/journal/2014/entretien-avec-majid-halim-ambassadeur-du-maroc-en-guinee-conakry_-les-entreprises-marocaines-ont-leur-place-ici-/197859.html#sthash.j1hlF2Ub.dpuf

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par Mouammar Kadhafi

 

 

Au nom de l’Union africaine, je voudrais saluer les membres de l’Assemblée générale des Nations Unies, et j’espère que cette séance sera l’une des plus historiques de l’Histoire du monde.

Au nom de l’Assemblée générale en sa soixante-quatrième session, présidée par la Libye, de l’Union africaine, d’un millier de royaumes africains traditionnels et en mon propre nom, je voudrais saisir cette occasion, en tant que Président de l’Union africaine, pour féliciter notre fils M. Obama qui participe pour la première fois à l’Assemblée générale en sa qualité de Président des États-Unis, et pour le saluer étant donné que c’est son pays qui nous accueille pour cette réunion.

Cette séance a lieu alors que nous devons faire face à de nombreux défis, et que le monde entier devrait s’unir et rassembler ses efforts pour relever les défis qui constituent notre principal ennemi commun, à savoir les changements climatiques et les crises internationales comme le déclin de l’économie capitaliste, les crises de l’eau et de la nourriture, la désertification, le terrorisme, l’immigration, la piraterie, les épidémies naturelles et celles causées par l’homme, ainsi que la prolifération nucléaire. Sans doute le virus de la grippe H1N1, originairement destiné à être utilisé comme une arme militaire, a-t-il été créé en laboratoire et s’est-il répandu accidentellement. Ces défis incluent également l’hypocrisie, la pauvreté, la peur, le matérialisme et l’immoralité.

Comme on le sait, l’ONU a été créée par trois ou quatre pays, à l’époque unis contre l’Allemagne. L’ONU s’est formé avec les pays qui s’étaient réunis pour lutter contre l’Allemagne pendant la Seconde Guerre mondiale. Ces pays ont constitué un organe appelé Conseil de sécurité, dont ils sont devenus les membres permanents, et se sont octroyé le droit de veto. Nous n’étions pas là à l’époque. L’ONU a été conçue selon les volontés de ces trois pays, et nous a demandé de nous conformer à une vision originellement destinée à lutter contre l’Allemagne. Voilà en substance ce qu’était véritablement l’ONU lorsqu’elle fut fondée il y a plus de 60 ans.

Cela s’est produit en l’absence de quelque 165 pays, dans une proportion d’un sur huit, c’est-à-dire qu’un pays était présent pour huit absents. Ils ont créé la Charte, dont j’ai ici une copie. Si on lit la Charte des Nations Unies, on trouve que le Préambule de la Charte diffère de ses Articles. Comment cela se peut-il ? Tous ceux qui étaient présents à la Conférence de San Francisco en 1945 ont participé à la rédaction du Préambule, mais ils ont laissé les Articles et le Règlement intérieur du soi-disant Conseil de sécurité à des experts, des spécialistes et aux pays intéressés, ceux-là mêmes qui avaient créé le Conseil de sécurité et s’étaient unis contre l’Allemagne.

Le Préambule est très attrayant, et personne n’a rien à y redire, mais toutes les dispositions qui viennent ensuite contredisent complètement le Préambule. Nous rejetons ces dispositions, et nous ne les observerons jamais ; elles sont révolues depuis la fin avec la Seconde Guerre mondiale. Le Préambule dit que toutes les nations, grandes ou petites, sont égales. Sommes-nous égaux s’agissant des sièges permanents ? Non, nous ne sommes pas égaux. Le Préambule déclare noir sur blanc que toutes les nations sont égales, qu’elles soient grandes ou petites. Avons-nous le droit de veto ? Sommes-nous vraiment égaux ? Le Préambule dit que nous avons les mêmes droits, que nous soyons une grande ou une petite nation. C’est ce qui est dit dans le Préambule et ce sur quoi nous nous sommes mis d’accord. Le droit de veto contredit donc la Charte. Les sièges permanents contredisent la Charte. Nous n’acceptons ni ne reconnaissons le droit de veto.

Le Préambule de la Charte déclare qu’il ne sera pas fait usage de la force des armes, sauf dans l’intérêt commun. C’est le Préambule que nous avons adopté et signé, et nous avons rejoint l’ONU parce que nous voulions que la Charte reflète ces idées. Il dit que la force des armes ne doit être utilisée que dans l’intérêt commun de toutes les nations, mais que s’est-il passé depuis ? Soixante-cinq guerres ont éclaté depuis la création de l’Organisation des Nations Unies et du Conseil de sécurité – 65 depuis leur création, faisant des millions de victimes de plus que la Deuxième guerre mondiale. Ces guerres, ainsi que le recours à l’agression et à la force au cours de ces 65 guerres, sont-elles dans l’intérêt commun de tous ? Non, elles sont dans l’intérêt d’un ou trois ou quatre pays, mais certainement pas de toutes les nations.

Nous discutons pour savoir si ces guerres étaient dans l’intérêt d’un pays ou de toutes les nations. Cela contredit de manière flagrante la Charte des Nations Unies que nous avons signée et, à moins que nous agissions conformément à la Charte des Nations Unies que nous avons adoptée, nous la rejetons et nous n’avons pas peur de parler à quiconque de façon peu diplomatique. Nous parlons à présent de l’avenir de l’ONU. Il ne devrait y avoir ni hypocrisie ni diplomatie parce que cela concerne la question importante et vitale de l’avenir du monde. C’est l’hypocrisie qui a entraîné les 65 guerres depuis la création de l’ONU.

Le Préambule déclare également que s’il est fait usage de la force des armes, cela doit être une force de l’ONU – par conséquent, une intervention militaire de l’ONU, avec l’accord conjoint des Nations Unies, et non pas seulement d’un, deux ou trois pays qui recourent à la force des armes. L’ensemble des Nations Unies doit décider d’entrer en guerre pour maintenir la paix et la sécurité internationales. Depuis la création de l’ONU en 1945, si un pays commet un acte d’agression envers un autre, l’ensemble des Nations Unies doit condamner et mettre fin à cet acte.

Par exemple, si la Libye attaque la France, l’Organisation des Nations Unies devra prendre des mesures répressives contre l’ennemi libyen car la France est un État indépendant et souverain, membre de l’Assemblée générale des Nations Unies. Nous avons l’obligation de défendre la souveraineté des États de manière collective. Cependant, 65 guerres offensives ont été menées sans que l’ONU prenne de mesures de répression. Huit d’entre elles étaient des guerres destructrices et de grande ampleur ayant entraîné la mort d’environ deux millions de personnes. Ces guerres ont été menées par les États disposant d’un siège permanent au Conseil de sécurité et du droit de veto. Les États sur lesquels nous nous appuyons et comptons pour garantir la sécurité et l’indépendance des peuples ont eux-mêmes porté atteinte à leur indépendance et ont eu recours à la force oppressive. Nous pensions qu’ils feraient reculer l’ennemi, protégeraient les populations et apporteraient la paix dans le monde et nous nous apercevons que ces pays utilisent la force brutale alors qu’ils bénéficient de sièges permanents au Conseil de sécurité ainsi que du droit de veto, qu’ils se sont octroyé.

« Aucune disposition de la présente Charte n’autorise les Nations Unies à intervenir dans des affaires qui relèvent essentiellement de la compétence nationale d’un État ». Cela signifie que le régime étatique relève des affaires intérieures d’un pays et que personne ne peut intervenir dans ces affaires. Le régime en place peut être dictatorial, démocratique, socialiste, capitaliste, réactionnaire ou progressiste, cela concerne la société elle-même car il s’agit d’affaires intérieures. À Rome, Jules César a été élu dictateur. Le Sénat lui a donné pouvoir en ce sens car ils considéraient que la dictature étaient à l’époque utile à Rome. C’est une question interne. Qui peut dire à Rome : « Pourquoi avez-vous nommé Jules César dictateur ? ». Voilà le point sur lequel nous sommes d’accord, le Préambule. La Charte ne mentionne pas le droit de veto. Si on nous avait dit que le veto y serait inscrit, pourquoi serions-nous devenus membres de l’Organisation des Nations Unies ?

Nous avons rejoint l’Organisation des Nations Unies car nous y sommes égaux en droits et non pour que se présente ensuite un État qui s’est arrogé le droit de s’opposer à toutes nos décisions et dispose d’un siège permanent. Qui le lui a accordé ? Quatre États se sont octroyé leur siège. Le seul pays qui dispose d’un siège permanent à l’issue d’un vote de l’Assemblée générale est la Chine. Nous lui avons donné nos voix pour qu’il y siège de manière permanente. La Chine est le seul État dont la présence au Conseil est démocratique. S’agissant des quatre autres sièges, leur présence relève de la dictature, nous a été imposée et nous ne la reconnaissons pas ni ne devons l’accepter.

La réforme du Conseil de sécurité ne doit pas s’orienter vers une augmentation du nombre de sièges. Une telle mesure reviendrait à « ajouter trop d’eau à l’argile », comme le dit littéralement un proverbe arabe. J’ignore comment l’interprète a traduit cette expression mais elle est l’équivalent de « retourner le couteau dans la plaie ». Sa traduction n’est pas aisée mais elle signifie « empirer les choses » ou « rajouter une couche ». De quelle façon ? Car d’autres grands pays rejoindraient alors ces grandes puissances dont nous subissons les décisions et dont l’emprise sera de plus en plus pesante. Nous nous opposons par conséquent à une augmentation du nombre de sièges permanents. Cette solution n’est pas la bonne et serait même risquée car elle renforcerait davantage le rôle des grandes puissances. Les pays du tiers monde seraient alors écrasés ainsi que tous les petits pays qui composent désormais le groupe des Cent, les cent petits pays qui forment le Forum des petits États.

La création de nouveaux sièges pour d’autres grandes puissances entraînerait l’écrasement de ces pays. Nous rejetons cette idée qui doit être abandonnée et à laquelle il faut s’opposer fermement. En outre, cela entraînerait une pauvreté, des injustices et des tensions accrues à l’échelle mondiale et entraînerait une compétition féroce entre de très nombreux pays pour l’obtention de sièges au Conseil de sécurité. Seraient ainsi en concurrence l’Italie, l’Allemagne, l’Indonésie, l’Inde, le Pakistan, les Philippines, le Japon, le Brésil, le Nigéria, l’Argentine, l’Algérie, la Libye, l’Égypte, la République démocratique du Congo, l’Afrique du Sud, la Tanzanie, la Turquie, l’Iran, la Grèce et l’Ukraine. Tous ces pays revendiqueront un siège au Conseil de sécurité jusqu’à ce que le nombre de membres du Conseil atteigne presque celui de l’Assemblée, ce qui n’est pas réaliste.

Quelle est la solution ? La proposition requise est soumise aujourd’hui à l’Assemblée générale, présidée par M. Ali Treki, qui devra se prononcer par vote. Il s’agit de prendre en compte les décisions prises à la majorité des voix de l’Assemblée générale sans tenir compte de tout autre organe. Cette solution fermera la porte à l’animosité entre les pays et à une augmentation du nombre de sièges au Conseil de sécurité.

Cette proposition est soumise à l’Assemblée générale, au Secrétaire général et à M. Treki. Cela permettra de baser l’appartenance à l’Organisation sur le fédéralisme, d’instaurer un système démocratique fondé sur l’égalité de tous les États Membres et de confier le mandat du Conseil de sécurité à l’Assemblée générale. Les fédérations, plutôt que les États, en seront membres. En effet, si nous ouvrons la voie à la réforme du Conseil telle qu’elle est actuellement envisagée, tous les États voudront disposer d’un siège au Conseil de sécurité, ce qui est leur droit puisque l’égalité entre les États est inscrite dans le Préambule de la Charte. Comment les en empêcher ? Qui peut le leur interdire ?

Qui peut empêcher l’Italie de revendiquer un siège si on en accorde un à l’Allemagne ? L’Italie est le premier pays à avoir rejoint les Alliés et quitté l’Axe alors que l’Allemagne était l’agresseur et a été vaincue. Pas l’Allemagne actuelle, l’Allemagne nazie. De même, si l’Inde obtient un siège, ce à quoi elle peut légitimement prétendre, le Pakistan doit en avoir un aussi. Ces deux États disposent de l’arme nucléaire et sont en guerre. C’est une solution dangereuse. Si le Japon obtient un siège, pourquoi en refuser un à l’Indonésie qui est le plus grand pays musulman au monde ? Que répondrez-vous ensuite à la Turquie, à l’Iran, à l’Ukraine, au Brésil, à l’Argentine ou à la Libye, qui a abandonné son programme d’armement nucléaire et qui mérite donc le droit de siéger au Conseil de sécurité car elle a contribué à la sécurité internationale ? L’Égypte, le Nigéria, l’Algérie, le Congo, l’Afrique du Sud, la Tanzanie et l’Ukraine sont également des États importants. Il faut abandonner cette idée.

L’élargissement du Conseil est un stratagème absurde. Comment procéder à la réforme de l’ONU si d’autres grandes puissances viennent nous imposer leur volonté ? La solution est donc l’instauration de la démocratie au sein du Congrès du monde qu’est l’Assemblée générale. Il faut confier le mandat du Conseil de sécurité à l’Assemblée générale, le Conseil devenant simplement un organe exécutif pour la mise en œuvre des décisions de l’Assemblée.

L’Assemblée est le Parlement du monde, le congrès mondial, le législateur. Seules ses décisions ont un caractère obligatoire. C’est cela la démocratie. Le Conseil de sécurité doit se soumettre aux décisions de l’Assemblée générale et ne doit pas s’élever au-dessus d’elle. S’il le fait, nous devons le rejeter dès à présent. Ce sont là les organes législatifs des Membres de l’Organisation des Nations Unies et leurs résolutions devraient avoir force de loi. On dit que l’Assemblée générale devrait faire tout ce que le Conseil de sécurité recommande. Au contraire, le Conseil de sécurité devrait faire tout ce que l’Assemblée décide. Il s’agit des Nations Unies, de l’Assemblée qui compte 192 pays. Il ne s’agit pas du Conseil de sécurité qui ne compte que 15 États Membres.

Comment pouvons-nous être satisfaits de la paix et de la sécurité mondiales lorsque le monde entier est contrôlé par seulement cinq pays ? Nous sommes 192 nations et pays et nous sommes comme des orateurs dans le Speakers’ Corner (coin des orateurs) de Hyde Park à Londres. Nous ne faisons que parler et personne n’applique nos décisions. Nous faisons de la figuration et n’avons pas notre mot à dire. Nous sommes exactement comme les orateurs du Speakers’ Corner. Nous faisons simplement un discours et, ensuite, nous disparaissons. C’est ce que vous faites actuellement.

Une fois que le Conseil de sécurité sera transformé en pouvoir exécutif qui, seul, appliquera les résolutions adoptées par l’Assemblée générale, il n’y aura plus de rivalité pour devenir membre du Conseil. Une fois que le Conseil de sécurité sera transformé en outil pour appliquer les résolutions de l’Assemblée générale, il n’y aura plus de compétition. Le Conseil de sécurité devrait, tout simplement, représenter toutes les nations. Conformément à la proposition présentée à l’Assemblée générale, il devrait y avoir des sièges permanents au Conseil de sécurité pour toutes les unions et tous les groupes de pays.

Les 27 pays de l’Union européenne devraient avoir un siège permanent au Conseil de sécurité. Les pays de l’Union africaine devaient avoir un siège permanent au Conseil de sécurité. Les pays d’Amérique latine et de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est devraient avoir des sièges permanents. La Fédération de Russie et les États-Unis d’Amérique sont déjà des membres permanents du Conseil de sécurité. La Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), une fois qu’elle est pleinement constituée, devrait avoir un siège permanent. Les 22 pays de la Ligue des États arabes devraient avoir un siège permanent. Les 57 pays de l’Organisation de la Conférence islamique devraient avoir un siège permanent. Les 118 pays du Mouvement des pays non alignés devraient avoir un siège permanent.

Il y a également le G-100 ; peut-être les petits pays devraient eux aussi avoir un siège permanent. Les pays qui ne font pas partie de ces unions que j’ai mentionnées pourraient peut-être avoir également un siège permanent qu’ils occuperont à tour de rôle tous les six ou 12 mois. Je pense notamment aux pays comme le Japon et l’Australie qui ne font pas partie de ces organisations, telles que l’ASEAN, ou comme la Fédération de Russie qui n’est pas membre des unions européenne, latino-américaine ou africaine. Cela pourrait être une solution pour ces pays si l’Assemblée générale vote pour cette proposition.

Cette question est de la plus haute importance. Comme je l’ai déjà dit, l’Assemblée générale est le Congrès et le Parlement du monde, le dirigeant du monde. Nous sommes les nations qui la composent et toute entité qui ne fait pas partie de cette l’Assemblée générale ne sera pas reconnue. Le Président de l’Assemblée, M. Ali Abdussalam Treki, et le Secrétaire général, M. Ban Ki-moon, rédigeront le texte du projet et établiront les comités nécessaires pour présenter cette proposition et la mettre aux voix. Notre proposition est donc que le Conseil de sécurité sera composé d’unions de nations. Ainsi, nous consacrerons les principes de justice et de démocratie et nous n’aurons désormais plus un Conseil de sécurité composé de pays choisis parce qu’ils ont des armes nucléaires, de grandes économies ou des technologies avancées. C’est ça le terrorisme. Nous ne pouvons permettre que le Conseil de sécurité soit dirigé par des superpuissances : c’est bien là le terrorisme en soi.

C’est ce que nous devrions faire si nous voulons un monde unifié, sûr et pacifique. Si nous voulons continuer de vivre dans un monde en proie à la guerre, c’est à vous de voir. Nous continuerons d’avoir des conflits et de nous battre jusqu’au jour du jugement dernier ou de la fin du monde. Tous les membres du Conseil de sécurité devraient avoir le droit d’user du veto, ou alors, nous devrions nous débarrasser de l’idée même du veto avec cette nouvelle formation du Conseil. Ce serait un véritable Conseil de sécurité. Selon ces nouvelles propositions présentées à l’Assemblée générale, ce serait un conseil exécutif contrôlé par l’Assemblée générale qui aura réellement le pouvoir et pourra faire toutes les règles.

Ainsi, tous les pays seront sur un pied d’égalité au sein du Conseil de sécurité, tout comme ils le sont au sein de l’Assemblée générale. Au sein de l’Assemblée générale, nous sommes tous traités sur un pied d’égalité pour ce qui est de devenir membre et de voter. Tel devrait également être le cas au sein du Conseil de sécurité. Aujourd’hui, un pays a le droit de veto, un autre pays n’a pas le droit de veto ; un pays a un siège permanent, un autre pays n’a pas de siège permanent. Nous ne saurions accepter cela et nous ne devrions accepter aucune résolution adoptée par le Conseil de sécurité dans sa composition actuelle. Nous avons été placés sous tutelle, nous avons été colonisés et maintenant nous sommes indépendants. Nous sommes ici aujourd’hui pour décider de l’avenir du monde d’une manière démocratique pour maintenir la paix et la sécurité de toutes les nations, grandes et petites, sur un pied d’égalité. Sans cela, c’est du terrorisme, car le terrorisme n’est pas seulement celui d’Al-Qaida, mais revêt également d’autres formes.

Nous devrions être guidés par la majorité qui se dégage des votes au sein de l’Assemblée générale seulement. Si l’Assemblée générale prend une décision en la mettant aux voix, ses ordres devraient être suivis et sa décision devrait être appliquée. Nul n’est au-dessus de l’Assemblée générale ; toute entité affirmant être au-dessus de l’Assemblée générale devrait quitter l’ONU et être isolée. La démocratie n’est pas pour les riches et les plus puissants ou pour ceux qui commettent des actes terroristes. Toutes les nations devraient être et devraient apparaître sur un pied d’égalité.

Aujourd’hui, le Conseil de sécurité est le symbole du féodalisme de la sécurité, du féodalisme politique exercé par les membres permanents pour se protéger et pour s’en servir contre nous. On ne devrait pas l’appeler Conseil de sécurité mais Conseil de terreur. Sur le plan politique, s’ils ont besoin d’utiliser le Conseil de sécurité contre nous, ils s’adressent au Conseil de sécurité. S’ils n’ont pas besoin de l’utiliser contre nous, ils ignorent le Conseil de sécurité. S’ils ont un intérêt à défendre ou un but à poursuivre, ils respectent et magnifient la Charte des Nations Unies ; ils ont recours au Chapitre VII de la Charte et l’utilisent contre les nations pauvres. Mais, s’ils souhaitent violer la Charte, ils l’ignorent comme si elle n’existait pas du tout. Si l’on donne un droit de veto aux membres permanents du Conseil de sécurité qui ont déjà le pouvoir, c’est de l’injustice et du terrorisme et nous ne saurions le tolérer. Nous ne devrions pas vivre à l’ombre de cette injustice et sous la terreur.

Les superpuissances ont des intérêts mondiaux complexes, et elles se servent du veto pour défendre ces intérêts. Par exemple, au Conseil de sécurité, ils utilisent le pouvoir de l’Organisation des Nations Unies pour défendre leurs intérêts et pour terroriser et intimider le tiers monde, amenant celui-ci à vivre dans la terreur.

Depuis le début, depuis sa création en 1945, le Conseil de sécurité n’a pas assuré la sécurité. Au contraire, il a produit la terreur et des sanctions. Il est uniquement utilisé contre nous. Pour cette raison, nous ne nous engagerons plus à mettre en application les résolutions du Conseil de sécurité après ce discours, qui marque le quarantième anniversaire.

Soixante-cinq guerres ont éclaté : ou des combats entre petits pays, ou des guerres d’agression menées contre nous par les superpuissances. Le Conseil de sécurité, en violation flagrante de la Charte des Nations Unies, n’a pris aucune mesure pour mettre fin à ces guerres ou ces actes d’agression contre des petits pays et peuples. L’Assemblée générale va voter un certain nombre de propositions historiques. Ou bien nous agissons ensemble, ou bien nous serons divisés. Si chaque nation avait sa propre version de l’Assemblée générale, son Conseil de sécurité ainsi que les divers instruments, et si toutes les nations étaient sur un même pied d’égalité, les puissances qui ont maintenant des sièges permanents seraient obligées de se servir de leurs organes souverain – qu’il y en ait trois ou quatre – et d’exercer leurs droits contre elles-mêmes. Cela ne nous préoccupe pas du tout.

Aucune importance s’ils veulent garder leurs sièges permanents. Les sièges permanents ne nous préoccupent pas du tout. Nous n’accepterons jamais d’être sous leur contrôle ou celui du droit de veto qui leur a été accordé. Nous ne sommes pas stupides au point de donner le droit de veto à des superpuissances pour qu’elles s’en servent pour nous traiter comme des citoyens de deuxième ordre ou des nations paria. Ce n’est pas nous qui avons décidé que ces pays étaient des superpuissances et des nations respectables qui ont le pouvoir d’agir au nom de 192 pays.

Vous devriez également comprendre que la raison pour laquelle nous ne tenons pas compte des résolutions du Conseil de sécurité est que celles-ci sont utilisées uniquement contre nous et pas contre les superpuissances qui ont des sièges permanents et le droit de veto. Ces puissances n’utilisent jamais de résolutions contre elles-mêmes.

Mais elles sont utilisées contre nous. Cela a réduit l’Organisation des Nations Unies à un simulacre de ce qu’elle est censée être, a causé des guerres et a violé la souveraineté des États indépendants. Cela a entraîné des crimes de guerre et des génocides, et tout cela en violation de la Charte des Nations Unies.

Puisque personne ne tient compte du Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations Unies, tous les pays et toutes les communautés ont créé leurs propres Conseils de sécurité, et en conséquence, le Conseil de sécurité qui siège ici se retrouve isolé.

L’Union africaine a déjà institué son propre Conseil de paix et sécurité, l’Union européenne a créé un Conseil de sécurité et les pays asiatiques ont déjà crée leur Conseil de sécurité. Bientôt, l’Amérique latine aura son propre Conseil de sécurité, de même que les 120 pays non alignés.

Cela signifie que nous n’avons plus confiance dans le Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations Unies, qui ne nous a pas donné de sécurité, et c’est pour cette raison que nous sommes maintenant en train de créer de nouveaux Conseils de sécurité régionaux.

Nous ne nous engageons pas à respecter les règles ou les résolutions du Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations Unies sous sa forme actuelle parce qu’il n’est ni démocratique ni juste, mais dictatorial. Personne ne peut nous forcer à nous joindre au Conseil de sécurité ou à obéir ou respecter ses résolutions ou ses ordres, avec sa structure actuelle.

Par ailleurs, il n’existe ni respect à l’égard de l’Organisation des Nations Unies ni considération pour l’Assemblée générale, qui constitue en fait la vraie Organisation des Nations Unies, mais dont les résolutions n’ont pas force obligatoire. Les décisions de la Cour internationale de Justice, l’organe judiciaire international, sont uniquement rendues contre les petits pays et les nations du tiers monde. Les pays puissants échappent à l’attention de la Cour. Ou alors, lorsque des décisions judiciaires sont prises contres ces pays puissants, elles ne sont pas mises en application.

L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) est une agence importante du système des Nations Unies. Cependant, les pays puissants ne sont pas obligés de lui rendre des comptes et ne relèvent pas de sa compétence. Nous avons découvert que l’AIEA est uniquement utilisée contre nous. On nous dit qu’il s’agit d’une organisation internationale, mais si tel est le cas, tous les pays du monde devraient relever de sa compétence. Si elle n’est pas réellement internationale, nous ne devrions plus l’accepter et nous devrions fermer ses portes, tout de suite après le prononcé de ce discours.

M. Treki, en sa qualité de président de l’Assemblée générale, devrait parler au Directeur général de l’AIEA, M. ElBaradei, et lui demander s’il est prêt à contrôler les stocks d’énergie nucléaire dans tous les pays et à vérifier toutes les éventuelles augmentations de stocks là où il existe des soupçons à ce sujet. S’il répond par l’affirmative, alors nous accepterons que l’agence est compétente. Si par contre il dit qu’il ne peut pas aller dans certains pays qui ont des capacités nucléaires et qu’ils ne relèvent pas de sa compétence, alors nous devrions fermer les portes de cette agence et rejeter sa compétence.

Pour votre information, j’ai appelé M. ElBaradei lorsque nous avions ce problème de la bombe nucléaire libyenne. J’ai appelé M. ElBaradei et je lui ai demandé si l’Agence contrôlait la mise en application des accords conclus entre les superpuissances pour réduire leurs fournitures nucléaires, et s’il savait s’il y avait une augmentation d’activité nucléaire dans ces pays. Il m’a répondu qu’il n’était pas en mesure de demander aux superpuissances de se laisser inspecter.

Alors cela veut-il dire que c’est nous uniquement que l’Agence inspecte ? Si tel est le cas, cette agence n’est pas une organisation internationale, puisqu’elle est sélective, tout à fait comme le Conseil de sécurité et la Cour internationale de Justice. Ceci n’est pas équitable, c’est contraire à l’esprit de l’Organisation des Nations Unies. Nous nous opposons catégoriquement à cette situation.

S’agissant de l’Afrique, qu’il y ait une réforme de l’Organisation des Nations Unies ou non, et même avant qu’on procède au vote sur des propositions historiques, on devrait accorder à l’Afrique un siège permanent au Conseil de sécurité. Elle n’a que trop attendu.

Même en laissant de côté la réforme de l’Organisation des Nations Unies, nous pouvons certainement dire que l’Afrique a été colonisée, isolée et persécutée et qu’on lui a ravi ses droits. Ses habitants ont été réduits en esclavage et traités comme des animaux, tandis que son territoire a été colonisé et mis sous un régime de tutelle. Les pays de l’Union africaine méritent un siège permanent. C’est une vieille dette qui doit être payée, et cela n’a rien à voir avec la réforme de l’Organisation des Nations Unies. C’est un sujet prioritaire et l’un des points les plus importants qui figurent à l’ordre du jour de l’Assemblée générale. Personne ne peut dire que l’Union africaine ne mérite pas un siège permanent.

Qui pourrait s’opposer à cette proposition ? Je défie quiconque de la contester. Où est la preuve que l’Union africaine ou le continent africain ne méritent pas un siège permanent ? Personne ne peut raisonnablement le nier.

Un autre point qui devrait faire l’objet d’un vote à l’Assemblée générale est celui de l’indemnisation des pays qui ont été colonisés, afin d’empêcher qu’à l’avenir, un continent ne soit colonisé et ne voie ses droits usurpés ou ses richesses pillées.

Pourquoi les Africains vont-ils en Europe ? Pourquoi les Asiatiques vont-ils en Europe ? Pourquoi les Latino-Américains vont-ils en Europe ? C’est tout simplement parce que l’Europe a colonisé l’Afrique et l’Asie. Elle a pillé et exploité les ressources nationales de ces pays – le pétrole, les minéraux, l’uranium, l’or et les diamants, les fruits et les légumes, le bétail et les populations. Nous avons aujourd’hui une nouvelle génération en Asie, en Afrique et en Amérique latine qui cherche à récupérer ces ressources pillées, et c’est son droit.

J’ai récemment arrêté à la frontière libyenne un millier d’Africains qui se dirigeaient vers l’Europe. Je leur ai demandé pourquoi ils y allaient et ils m’ont répondu que c’était pour reprendre les richesses qui leur avaient été volées ; sinon, ils n’auraient pas quitté leur pays. Qui peut nous rendre ce qui nous a été volé ? Si vous décidez de restituer toutes ces richesses, il n’y aura plus d’immigration des Philippines, d’Amérique latine, de Maurice et d’Inde. Qu’on nous rende ce qui nous a été volé. L’Afrique a droit à 777 000 milliards de dollars de réparations des pays qui l’ont colonisée. Les Africains exigeront cette somme, et si vous ne la leur donnez pas, ils iront là où vous avez emmené ces milliers de milliards de dollars. Ils ont le droit de le faire. Ils doivent suivre la trace de cet argent et le ramener.

Pourquoi n’y a-t-il pas d’immigration libyenne vers l’Italie, alors même que la Libye est si proche ? L’Italie devait une compensation au peuple libyen. Elle a accepté ce fait et signé un accord avec la Libye, accord qui a été approuvé par les Parlements libyen et italien. L’Italie a reconnu qu’elle avait eu tort de coloniser la Libye et que c’était une chose à ne pas refaire ; et elle s’est engagée à ne pas attaquer le peuple libyen par voie terrestre, aérienne ou maritime. L’Italie a également accepté de verser à la Libye 250 millions de dollars de réparations chaque année pendant 20 ans et de construire un hôpital pour les Libyens mutilés par les mines plantées sur le territoire libyen pendant la Seconde Guerre mondiale. L’Italie a présenté des excuses et promis qu’elle n’occuperait plus jamais le territoire d’un autre pays. Il faut saluer ces mesures prises par l’Italie, qui était un royaume à l’époque du régime fasciste et qui a beaucoup apporté à la civilisation, ainsi que le Premier Ministre Berlusconi et son prédécesseur qui ont également apporté leurs contributions en la matière.

Pourquoi le tiers monde exige-t-il des réparations ? Afin qu’il n’y ait plus de colonisation afin que les pays grands et puissants ne colonisent plus, sachant qu’ils auront à verser des réparations. Il faut punir la colonisation. Les pays qui ont nui à d’autres peuples à l’époque coloniale doivent verser des réparations pour les dommages et les souffrances infligés sous leur domination.

Il y a une autre chose que je voudrais dire, mais avant cela – et la question est assez délicate – je voudrais faire une petite digression. Nous, les Africains, sommes heureux et même fiers qu’un fils de l’Afrique soit aujourd’hui Président des États-Unis d’Amérique. C’est un événement historique. Aujourd’hui, dans un pays où autrefois les Noirs ne pouvaient pas côtoyer les Blancs dans les cafés ou les restaurants, ou s’asseoir à côté d’eux dans les autobus, le peuple américain a élu à la présidence un jeune homme noir d’origine kenyane, M. Obama. C’est merveilleux, et nous en sommes fiers. C’est le début d’un changement. Mais en ce qui me concerne, Obama est un soulagement temporaire pour les quatre ou huit prochaines années. J’ai bien peur que nous ne revenions au point de départ. Personne ne peut garantir comment l’Amérique sera gouvernée après Obama.

Nous serions heureux qu’Obama puisse rester éternellement Président des États-Unis d’Amérique. La déclaration qu’il vient de prononcer montre qu’il est totalement différent de tous les présidents américains que nous avons vus. Les présidents américains avaient pour habitude de nous menacer avec toutes sortes d’armes, disant qu’ils allaient envoyer les opérations Tempête du désert, Raisins de la colère, Rolling Thunder, et des roses empoisonnées pour les enfants libyens. C’était leur façon de procéder. Les présidents américains avaient pour habitude de nous menacer avec des opérations telles que Rolling Thunder au Viet Nam ; Tempête du désert en Iraq ; Mousquetaire en Égypte en 1956, alors que l’Amérique y était opposée ; et les roses empoisonnées envoyées par Reagan aux enfants libyens. Vous vous rendez compte ! On aurait pu croire que les présidents d’un grand pays ayant un siège permanent au Conseil de sécurité et le droit de veto nous auraient protégés et donné la paix. Et qu’avons-nous eu au contraire ? Des bombes guidées au laser lancées par des F-111. C’était leur façon de procéder : nous dirigerons le monde, que cela vous plaise ou non, et nous châtierons tous ceux qui s’opposeront à nous.

Ce que notre fils Obama a dit aujourd’hui est complètement différent. Il a appelé sincèrement au désarmement nucléaire, ce dont nous nous félicitons. Il a également déclaré que l’Amérique ne pouvait pas, seule, régler les problèmes auxquels nous sommes confrontés et que pour ce faire, le monde entier doit œuvrer de concert. Il a dit que nous devons faire plus que ce que nous faisons actuellement, à savoir des discours. Nous sommes d’accord et nous nous en félicitons. Il a ajouté que nous étions venus à l’ONU pour parler les uns contre les autres. Il est vrai que lorsque nous venons ici, nous devrions communiquer sur un pied d’égalité. Et la démocratie, a-t-il dit, ne saurait être imposée de l’extérieur. Tout récemment encore, les présidents américains disaient que la démocratie devrait être imposée à l’Iraq et à d’autres pays. Obama a dit que c’était une affaire intérieure, et il a dit vrai lorsqu’il a déclaré que la démocratie ne pouvait être imposée de l’extérieur.

Restons attentifs avant d’aborder le point sensible. Considérez quelques instants l’expression suivante : « un monde multipolaire ». Le monde doit-il forcément être multipolaire ? Pourquoi les nations ne seraient-elles pas toutes placées sur un pied d’égalité ? Donnez-nous la réponse. Quelqu’un est-il en mesure de répondre et d’affirmer que la multipolarité est préférable ? Pourquoi n’y aurait-il pas d’égalité entre les nations, sans aucun pôle ? Est-il important d’avoir un patriarche ? Est-il important d’avoir des papes ? Doit-il y avoir des dieux ? Pourquoi vouloir un monde multipolaire ? Nous rejetons l’idée d’un monde multipolaire. Nous voulons un monde sans pôles dans lequel toutes les nations, petites et grandes, sont égales. Les pôles nous écrasent.

Le point sensible que je souhaite aborder est l’emplacement du Siège de l’Organisation des Nations Unies, le lieu où nous nous trouvons actuellement. Je vous remercie de bien vouloir rester attentifs. Vous avez tous traversé des océans et des continents – l’océan Atlantique, l’océan Pacifique, l’Asie, l’Europe et l’Afrique – pour venir ici. Pourquoi ? Est-ce Jérusalem ? Est-ce le Vatican ? Est-ce La Mecque ? Vous êtes tous éreintés, endormis et souffrez du décalage horaire dont vous pâtissez sur le plan physique. Une personne vient d’arriver après 20 heures de vol et vous lui demandez de prononcer une allocution et de discuter de l’avenir du monde.

Il est clair que vous êtes tous assoupis et fatigués. Pour quelles raisons ? Pourquoi cette fatigue ? Vous, par exemple, dans votre pays, les gens dorment en ce moment, en pleine nuit, mais vous êtes réveillés alors que vous devriez dormir en fonction de votre horloge biologique. Je me suis réveillé ce matin à quatre heures, heure locale de New York, avant l’aube, car en Libye cela correspond à 11 heures du matin. Je me suis levé tard si on tient compte du fait qu’il est 11 heures en Libye. Je suis debout depuis 4 heures ce matin.

Réfléchissez et dites-moi ce qui justifie toute cette fatigue. Si cela a été décidé en 1945, la situation doit-elle pour autant perdurer jusqu’à aujourd’hui ? Pourquoi ne pas envisager un lieu intermédiaire et confortable ? C’est là le premier point. Le deuxième point important concerne les États-Unis, le pays hôte chargé d’assurer la sécurité au Siège de l’ONU et de veiller à la sécurité des délégations permanentes et des dizaines de chefs d’État qui se rendent au Siège chaque année. Cela implique une sécurité renforcée, des dépenses, des coûts et une tension extrême à New York et dans tout le pays.

Je veux délester l’Amérique de ce poids. Soulagez-la de cette charge et remerciez-la. Remerciez l’Amérique et dites-lui que vous voulez l’aider et tranquilliser New York. Il faut rassurer l’Amérique. Elle n’aura plus à assumer la responsabilité de dizaines de chefs d’État qui se rendent au Siège. Imaginons que quelqu’un fasse exploser l’avion ou la voiture d’un Président. Un terroriste peut aussi venir faire sauter ce bâtiment qui, d’ailleurs, est la cible d’Al-Qaida. Oui, ces locaux. Pourquoi alors n’ont-ils pas été frappés le 11 septembre ? C’est qu’ils n’ont pas eu le choix. Les opérations avortées étaient peut-être dirigées contre ce lieu, qui est la prochaine cible visée. Mes propos sont fondés. Des dizaines de membres d’Al-Qaida sont en effet détenus dans nos prisons et leurs aveux sont très troublants. L’Amérique vit ainsi sous très haute tension car le bâtiment de l’Organisation des Nations Unies peut être la cible d’un détournement d’avion ou d’un missile pouvant entraîner la mort de dizaines de chefs d’État. Nous voulons soulager l’Amérique de ce poids. Nous la remercions, ne demandons qu’à l’aider et à transférer le Siège dans un lieu non menacé.

Au bout de 50 ans, le Siège devrait être transféré vers une autre partie du monde. Cinquante ans en Occident suffisent. Les 50 années suivantes, il devrait se trouver au centre du globe ou en Orient et ainsi de suite tous les 50 ans : à l’Est, à l’Ouest, au centre. Le Siège se trouve ici depuis 64 ans, soit 14 ans de plus que la période qu’il faudrait respecter. Il devrait être transféré.

Cela n’a bien entendu rien à voir avec les États-Unis. C’est un service que nous rendons à l’Amérique, une aide que nous lui apportons en la remerciant. La situation en place était d’actualité en 1945 mais ne saurait être maintenue aujourd’hui. Nous ne l’acceptons plus. Cette proposition est bien entendue soumise à un vote de l’Assemblée générale et de l’Assemblée générale seulement. Au titre de la section 23 de l’Accord de siège, le Siège de l’Organisation des Nations Unies ne peut être transféré que si l’Assemblée générale le décide à la majorité simple. Si 51 % des membres de l’Assemblée générale approuvent le transfert du Siège, le Siège doit être transféré. Nous n’avons pas à supporter tous ces tracas et à faire le voyage jusqu’ici depuis l’Inde, les Philippines, l’Australie ou les Comores. Je suis étonné que l’on demande à mon frère Ahmad, Président des Comores, de venir prononcer une allocution à l’Organisation des Nations Unies après 14 heures de vol. Comment peut-il prononcer une allocution alors qu’il subit les effets du décalage horaire ? Les personnes qui viennent ici subissent d’autres tracas.

Les États-Unis ont le droit d’imposer des restrictions importantes car le pays est la cible d’Al-Qaida, des terroristes. Il a le droit de prendre des mesures de sécurité et nous ne remettons certainement pas cela en cause. Cependant, sommes-nous obligés de passer par toutes ces mesures ? Cela n’est pas obligatoire. Pourquoi ? Pour nous rendre à New York ? Notre venue à New York et toutes ces mesures ne s’imposent pas. Un Président m’a fait part de ses griefs et expliqué que son copilote attitré n’avait pas été autorisé à entrer aux États-Unis en raison de restrictions. Il a alors demandé comment il pouvait traverser l’océan Atlantique sans lui et on lui a répondu de faire le voyage sans copilote ! Pourquoi ? Il n’a aucune obligation. Il n’est pas tenu de venir. Un autre Président s’est également plaint à moi et m’a dit que le chef de sa garde présidentielle n’avait pas obtenu de visa à cause d’une confusion sur son nom. Il a protesté mais est venu sans lui. Un autre Président m’a raconté que son médecin personnel n’avait pas pu l’accompagner car l’octroi de son visa posait problème et qu’il ne pouvait pas entrer aux États-Unis.

Vous constatez par vous-mêmes que les mesures sont ici extrêmement strictes. Si un pays a des relations tendues avec les États-Unis, il se voit imposer le choix de son représentant et de la composition de sa délégation. Il faut faire 50 pas dans une direction, marcher 500 mètres dans telle autre direction, comme si on se trouvait à Guantanamo. S’agit-il d’un membre de l’Organisation des Nations Unies ou d’un détenu de Guantanamo ?

Voici ce qui est soumis au vote de l’Assemblée générale : le transfert du Siège. Si 51 % de ses membres votent pour le transfert du Siège, il faudra procéder à un autre vote pour décider de son nouvel emplacement : au centre du globe ou en Orient ? Imaginons que l’Assemblée choisisse la première option et que la candidature de deux villes, Syrte et Vienne, soit soumise à un vote. Est-ce que, au centre du globe, vous souhaitez que le Siège se trouve à Syrte ou à Vienne ? À Syrte. Vous pouvez avancer sur 1 000 kilomètres sans que personne ne vous en empêche. Vous pouvez venir avec votre avion privé rempli de toutes les personnes qui vous entourent, même si elles n’ont pas de visa ; du moment qu’elles accompagnent le Président, elles le peuvent. C’est un pays sûr. Peut-on admettre de voir ses mouvements limités à 500 mètres ? La Libye n’a d’animosité envers personne et n’est pas menacée. De même, je ne pense pas que Vienne impose non plus de telles restrictions. Si, à l’issue du vote, le choix se porte sur l’Orient, il faudra opter pour la capitale indienne, Delhi, ou la capitale chinoise, Beijing.

Cela est logique, mes frères, et ne peut pas soulever d’objections. Par la suite, vous me remercierez d’avoir présenté cette proposition. Remerciez alors ceux qui ont voté pour. Vous n’aurez ainsi plus à subir 14, 15 ou 20 heures de vol pour venir ici ; pourquoi supporter cela ? Personne ne dit que la contribution des États-Unis à l’ONU sera réduite. Pourquoi avoir une mauvaise opinion de l’Amérique ? Au contraire, les États-Unis honorent leurs engagements envers cette Organisation et n’auront aucune raison de s’indigner ou de protester, bien au contraire. L’Amérique vous remerciera de l’avoir délestée d’un poids. L’Amérique devrait nous remercier d’avoir pris sur nous ce fardeau et toutes les restrictions, même si cet endroit est la cible de terroristes.

Nous en venons maintenant aux questions qui seront examinées par l’Assemblée générale. Nous sommes sur le point de remettre l’ONU en question ; la vieille Organisation va s’éteindre et une nouvelle va émerger. Ce n’est pas un rassemblement ordinaire. M. Obama lui-même l’a dit : il s’agit d’une réunion historique.

Pourquoi les guerres qui ont eu lieu après la création de l’ONU ont-elles éclaté ? Où était le Conseil de sécurité, où était la Charte, où était l’ONU ? Il devrait y avoir des enquêtes et une intervention judiciaire. Pourquoi y a-t-il eu des massacres ? Commençons par la guerre de Corée, qui a eu lieu après la création de l’ONU. Comment une guerre a-t-elle pu se déclarer et causer des millions de victimes ? Des armes nucléaires auraient pu être utilisées au cours de cette guerre. Les responsables de ce conflit devraient être jugés et devraient payer des indemnités et des dommages.

Venons-en maintenant à la guerre du Canal de Suez en 1956. Ce dossier devrait être grand ouvert. Trois pays ayant un siège permanent au Conseil de sécurité et qui jouissent du droit de veto au Conseil de sécurité ont attaqué un État Membre de l’Assemblée générale. Un État souverain – l’Égypte – a été attaqué, son armée décimée, des milliers d’Égyptiens tués et de nombreuses villes égyptiennes détruites, tout cela parce que l’Égypte voulait nationaliser le Canal de Suez. Comment une telle chose a-t-elle pu arriver à l’ère de l’Organisation des Nations Unies et de sa Charte ? Comment est-il possible de garantir qu’une telle chose n’arrivera plus, à moins de reconnaître ses torts passés ? C’était là de dangereux événements et les dossiers des guerres de Corée et du Canal de Suez devraient être rouverts.

Ensuite, passons à la guerre du Vietnam. Cette guerre a fait 3 millions de victimes. Pendant 12 jours, plus de bombes ont été larguées que pendant les quatre années qu’a duré la Seconde guerre mondiale. C’était un conflit plus acharné, et il s’est produit après la création de l’ONU et après que nous avions convenu qu’il n’y aurait plus de guerres.

L’avenir de l’humanité est en jeu. Nous ne pouvons rester silencieux. Comment pouvons-nous nous sentir en sécurité ? Comment pouvons-nous être satisfaits ? Il s’agit de l’avenir du monde, et nous qui sommes membres de l’Assemblée générale des Nations Unies devons faire en sorte que de telles guerres ne se répètent pas à l’avenir.

Puis ce fut au tour du Panama d’être attaqué, alors qu’il s’agissait un État Membre indépendant de l’Assemblée générale. Quatre mille personnes ont été tuées, et le Président de ce pays a été arrêté et jeté en prison. Noriega devrait être relâché, nous devrions rouvrir ce dossier. Comment pouvons-nous autoriser un pays qui est un État Membre de l’ONU à faire la guerre à un autre pays et à s’emparer de son Président, à le traiter comme un criminel et à le mettre en prison ? Qui accepterait cela ? Cela peut survenir de nouveau. Nous ne devons pas nous taire. Nous devons mener une enquête. Chacun d’entre nous pourrait se retrouver dans la même situation, surtout si une telle agression est perpétrée par un État Membre doté d’un siège permanent au Conseil de sécurité et chargé de veiller au maintien de la paix et de la sécurité dans le monde.

Ensuite, ce fut la guerre à Grenade. Ce pays a été envahi alors qu’il était un État Membre. Il a été attaqué par 5 000 navires de guerre, 7 000 soldats et des dizaines d’avions militaires, or c’est le plus petit pays du monde. Cela s’est produit après la création de l’ONU et du Conseil de sécurité et de son veto. Et le Président grenadien, M. Maurice Bishop, a été assassiné. Comment cela a-t-il pu se produire en toute impunité ? C’est une tragédie. Comment pouvons-nous déterminer que l’ONU est une bonne chose ou pas, qu’un certain pays est bon ou ne l’est pas ? Pouvons-nous, oui ou non, être en sécurité ou heureux au sujet de notre avenir ? Pouvons-nous, oui ou non, faire confiance au Conseil de sécurité ? Pouvons-nous, oui ou non, faire confiance à l’Organisation des Nations Unies ?

Nous devons jeter un coup d’œil sur les bombardements en Somalie, et ouvrir une enquête. La Somalie est un État Membre de l’ONU et un pays indépendant, dirigé par M. Aidid. Nous exigeons une enquête. Pourquoi cela est-il arrivé ? Qui a permis que cela arrive ? Qui a donné le feu vert pour que ce pays soit attaqué ?

Nous avons ensuite l’ex-Yougoslavie. Aucun pays n’était aussi paisible que la Yougoslavie, construite pas à pas et morceau par morceau après avoir été détruite par Hitler. Nous l’avons nous aussi détruite, comme si nous refaisions la même chose qu’Hitler. Tito avait progressivement construit ce pays pierre par pierre, puis nous sommes arrivés et nous l’avons anéantie au nom d’intérêts impérialistes personnels. Comment pouvons-nous nous en satisfaire ? Pourquoi ne pouvons-nous pas en être contents ? Si un pays pacifique tel que la Yougoslavie a connu une telle tragédie, l’Assemblée générale doit faire une enquête et doit décider qui devrait être jugé devant la Cour pénale internationale.

Puis, nous avons la guerre en Iraq – la mère de tous les maux. L’ONU devrait également enquêter sur ce dossier. L’Assemblée générale, présidée par Dr. Treki, devrait mener une enquête. L’invasion de l’Iraq était une violation de la Charte des Nations Unies. Cela s’est fait sans justification aucune par des superpuissances siégeant de façon permanente au Conseil de sécurité. L’Iraq est un pays indépendant et un État membre de l’Assemblée générale. Comment ces pays peuvent-ils attaquer l’Iraq ? Comme le stipule la Charte, l’ONU aurait dû intervenir et stopper l’attaque.

Nous avons pris la parole à l’Assemblée générale et nous l’avons exhortée à user de la Charte pour faire cesser cette attaque. Nous étions contre l’invasion du Koweït, et les pays arabes ont combattu aux côtés de pays étrangers au nom de la Charte des Nations Unies.

La première fois la Charte a été respectée. La deuxième fois que nous avons voulu utiliser la Charte pour stopper la guerre contre l’Iraq, personne ne l’a utilisée et ce document fut totalement ignoré. Pourquoi ? M. Treki et l’Assemblée générale devrait enquêter pour déterminer s’il y avait la moindre raison d’envahir l’Iraq. En effet, les raisons de cette attaque restent mystérieuses et ambiguës, et nous pourrions nous trouver face à la même situation.

Pourquoi l’Iraq a-t-il été envahi ? L’invasion elle-même était une grave violation de la Charte des Nations Unies, et c’était en outre une erreur. Il y a aussi eu un massacre total ou un génocide. Plus de 1,5 million d’Iraquiens ont été tués. Nous voulons que la Cour pénale internationale (CPI) soit saisi du dossier iraquien, et que ceux qui ont commis des meurtres de masse contre le peuple iraquien soient jugés.

Il est facile de juger Charles Taylor, Bashir, ou Noriega. C’est une tâche aisée. Entendu, mais qu’en est-il de ceux qui ont commis des meurtres de masse contre les Iraquiens ? Ne peuvent-ils pas être jugés ? Ne peuvent-ils pas comparaître devant la CPI ? Si la Cour n’est pas capable de faire ce que nous lui demandons, alors nous ne devrions pas l’accepter. Ou bien elle est conçue pour chacun d’entre nous, petits ou grands, ou bien nous devons la rejeter.

Quiconque commet un crime de guerre peut être jugé, mais nous ne sommes pas du bétail ou des animaux comme ceux que l’on massacre pour l’Aid. Nous avons le droit de vivre, et nous sommes prêts à nous battre et à nous défendre. Nous avons le droit de vivre dans la dignité, sous le soleil et sur la terre ; on nous a déjà mis à l’épreuve et nous avons tenu bon.

Il y a également d’autres choses. Pourquoi les prisonniers de guerre iraquiens peuvent-ils être condamnés à mort ? Lorsque l’Iraq a été envahi et que le Président iraquien a été arrêté, il était prisonnier de guerre. Il n’aurait pas dû être jugé, il n’aurait pas dû être pendu. Une fois la guerre terminée, il aurait dû être libéré. Nous voulons savoir pourquoi un prisonnier de guerre devait être jugé. Qui a condamné à mort le Président de l’Iraq ? Y a-t-il une réponse à cette question ? Nous connaissons l’identité du juge qui a conduit le procès. Mais quant à ceux qui ont serré le nœud autour du cou du Président le jour du sacrifice et l’ont pendu, ces personnes portaient des masques. Comment une telle chose a-t-elle pu se produire dans un monde civilisé ? Il s’agissait de prisonniers de guerre de pays civilisés obéissant au droit international. Comment des ministres d’un gouvernement et un chef de l’État ont-ils pu être condamnés à mort et pendus ? Ceux qui les ont jugés étaient-ils des avocats ou des membres d’un système judiciaire ?

Savez-vous ce que les gens disent ? Ils disent que les visages derrière ces masques étaient ceux du Président des États-Unis et du Premier Ministre du Royaume-Uni et que ce sont eux qui ont exécuté le Président iraquien.

Pourquoi les bourreaux ne montrent-ils pas leur visage ? Pourquoi ne connaissons-nous pas leur grade ? Pourquoi ne savons-nous pas s’il s’agissait d’officiers, de juges, de soldats ou de docteurs ? Comment se fait-il que le Président d’un État Membre de l’Organisation des Nations Unies ait été condamné à mort et exécuté ? Nous ne connaissons pas l’identité de ses bourreaux. L’ONU a le devoir de répondre à ces questions. Qui a exécuté la sentence de mort ? Ces personnes doivent bien avoir un statut juridique ou des responsabilités officielles. Nous devons connaître leur identité et nous devons savoir si un docteur était présent et quelle a été la nature de toutes les procédures judiciaires. Cela vaut pour tout citoyen ordinaire et encore plus pour le Président d’un État Membre de l’ONU qui a été exécuté de cette façon.

Mon troisième point concernant la guerre en Iraq porte sur Abu Ghraib, qui a constitué une honte pour l’humanité. Je sais que les autorités américaines vont enquêter sur ce scandale, mais l’ONU ne doit pas l’ignorer non plus. L’Assemblée générale devrait elle aussi mener une enquête. Les prisonniers de guerre détenus à la prison d’Abu Ghraib ont été torturés ; des chiens ont été lâchés sur eux ; des hommes ont été violés. Ces faits sont sans précédent dans l’histoire des guerres. Des actes de sodomie ont été commis, un péché sans précédent, auquel aucun agresseur ou envahisseur ne s’était jamais livré encore. Les prisonniers de guerre sont des soldats, mais ces prisonniers – là ont été violés dans leur geôle par un État qui est membre permanent du Conseil de sécurité. Cela va à l’encontre de la civilisation et de l’humanité. Nous ne pouvons pas rester sans rien dire ; nous devons connaître les faits. Aujourd’hui encore, il reste 250 000 prisonniers iraquiens, hommes et femmes, à Abu Ghraib. Ils sont maltraités, persécutés et violés. Il faut impérativement procéder à une enquête.

Passant à la guerre en Afghanistan, il faut là aussi qu’une enquête soit menée. Pourquoi sommes-nous contre les Taliban ? Pourquoi sommes-nous contre l’Afghanistan ? Qui sont les Taliban ? Si les Taliban souhaitent avoir un État religieux, il n’y a pas de problème. Prenez par exemple le Vatican. Est-ce que le Vatican représente une menace pour nous ? Non. Il s’agit d’un État religieux, très pacifique. Si les Taliban veulent créer un émirat islamique, qui dit que cela fait d’eux des ennemis ? Quelqu’un prétend-il que Ben Laden est un Taliban ou qu’il est afghan ? Ben Laden est-il taliban ? Non, il n’est pas taliban et il n’est pas afghan. Les terroristes qui ont frappé la ville de New York étaient-ils taliban ? Venaient-ils d’Afghanistan ? Ils n’étaient ni l’un, ni l’autre. Pour quelle raison a-t-on donc déclenché la guerre en Iraq et en Afghanistan ?

Si je voulais vraiment tromper mes amis américains et britanniques, je les encouragerais à envoyer davantage de troupes et à poursuivre ce bain de sang. Mais jamais ils ne l’emporteront en Iraq ou en Afghanistan. Regardez ce qui leur est arrivé en Iraq, qui est un désert. Les choses sont encore pires dans les montagnes de l’Afghanistan. Si je voulais les tromper, je leur dirais donc de continuer la guerre en Iraq et en Afghanistan. Mais non, je veux sauver les citoyens des États-Unis, du Royaume-Uni et des autres pays qui combattent en Iraq et en Afghanistan. C’est pourquoi je leur dis : laissez l’Afghanistan aux Afghans ; laissez l’Iraq aux Iraquiens. S’ils veulent se faire la guerre entre eux, ils sont libres de le faire.

L’Amérique a eu sa Guerre civile, et personne n’est intervenu. Il y a eu des guerres civiles en Espagne, en Chine et dans d’autres pays partout dans le monde, aucune zone de la planète n’a été épargnée par la guerre civile. Qu’il y ait donc une guerre civile en Iraq. Si les Iraquiens veulent une guerre civile et s’entretuer, laissons-les faire. Qui peut affirmer que si les Taliban forment un gouvernement, ils posséderont alors des missiles intercontinentaux ou des avions capables de frapper New York ? Les avions qui ont attaqué New York ont-ils décollé d’Afghanistan ou d’Iraq ? Non, ils ont décollé d’aéroports américains. Pourquoi donc s’en prendre à l’Afghanistan ? Les terroristes n’étaient pas afghans, ni talibans, ni iraquiens.

Pourquoi nous taisons-nous ? Nous ne devons jamais être des fauteurs de guerre. Quiconque ne dit pas la vérité est un suppôt de Satan. Nous sommes attachés à la paix et à la sécurité internationales. Notre intention n’est pas de mépriser ou de ridiculiser le genre humain. Nous voulons sauver l’humanité.

En tant que Président de l’Assemblée générale, M. Ali Treki devrait ouvrir une enquête sur les assassinats, en plus d’une enquête sur les guerres. Qui a tué Patrice Lumumba, et pourquoi ? Nous voulons simplement que cela figure dans les annales de l’histoire africaine. Nous voulons savoir comment un dirigeant africain, un libérateur, a pu être assassiné ? Qui l’a tué ? Nous voulons que nos fils puissent lire l’histoire de l’assassinat de Patrice Lumumba, le héros de la lutte pour la libération du Congo. Nous voulons connaître les faits, même 50 ans plus tard. C’est l’un des dossiers que nous devons rouvrir.

Qui a tué le Secrétaire général Hammarskjöld ? Qui a tiré sur son avion en 1961 et pourquoi ?

Il y a également l’assassinat du Président des États-Unis Kennedy en 1963. Nous voulons savoir qui l’a tué et pourquoi. Quelqu’un du nom de Lee Harvey Oswald, qui a ensuite été tué par un certain Jack Ruby. Pourquoi l’a-t-il tué ? Jack Ruby, un Israélien, a tué Lee Harvey Oswald, qui a tué Kennedy. Pourquoi cet Israélien a-t-il tué l’assassin de Kennedy ? Puis Jack Ruby, l’assassin de l’assassin de Kennedy, est mort dans des circonstances mystérieuses avant d’avoir pu être jugé. Nous devons ouvrir ces dossiers. Le monde entier sait que Kennedy voulait enquêter sur le réacteur nucléaire israélien Dimona. Cette affaire concerne la paix et la sécurité internationales ainsi que la question des armes de destruction massive. C’est pourquoi nous devons ouvrir ce dossier.

Et puis il y a le dossier Martin Luther King, révérend et militant noir des droits de l’homme dont l’assassinat est le résultat d’un complot. Nous devons ouvrir ce dossier et savoir qui sont les responsables et les traduire en justice.

Ensuite, il y a l’assassinat du Palestinien Khalil al-Wazir, ou Abu Jihad, tué dans l’attentat perpétré contre lui dans un État Membre souverain, la Tunisie, où il vivait en toute quiétude. Quatre navires de guerre, deux sous-marins et deux hélicoptères ont pris part à l’agression. La souveraineté de cet État a été bafouée pour tuer Khalil al-Wazir. Comment se taire devant de tels actes ? Devons-nous continuer d’être exposés chaque jour à des attaques par des sous-marins et des navires de guerre qui débarquent sur nos côtes pour prendre qui ils veulent sans avoir à rendre des comptes ? Nous devons demander des comptes ? Nous devons ouvrir le dossier de l’assassinat d’Abou Ayad et enquêter sur les circonstances troubles de sa mort. Vient ensuite l’opération Ferdan, ou opération « Yanbu’ al-chabab » (Elixir de jeunesse), au cours de laquelle ont été tués Kamel Nasser, un poète, Kamel Adwan et Abu Youssef al-Najjar, trois Palestiniens agressés au Liban, un État souverain Membre de l’Assemblée générale des Nations Unies alors qu’ils croyaient vivre en sécurité dans la capitale. Dans cette affaire, nous devons découvrir l’auteur de ce crime pour qu’il soit jugé et qu’un tel acte ne se reproduise pas.

Nous avons déjà évoqué l’invasion de la Grenade, membre de cette Assemblée, lors de laquelle le Président Bishop a trouvé la mort. Sept mille soldats, 15 navires de guerre et des dizaines de bombardiers ont participé à cette opération contre un État Membre. Il s’agit de crimes qu’on ne peut taire. Autrement, nous donnerions l’impression d’être des sacrifiés et chaque année viendrait le tour de l’un d’entre nous. Nous ne sommes pas des animaux en laisse. Nous luttons pour notre existence, pour nos enfants et nos petits-enfants. Nous n’avons pas peur car nous avons le droit de vivre. La Terre n’a pas été créée pour les grandes puissances. Dieu l’a créée pour nous tous. Est-ce que nous allons y vivre dans la servilité ? Certainement pas.

Des enquêtes doivent être ouvertes sur d’horribles guerres, assassinats et massacres. Le massacre de Sabra et Chatila a fait 3 000 morts. Cette zone était sous la responsabilité de l’armée israélienne d’occupation. Un massacre y a été perpétré contre des hommes, des femmes et des enfants pour la plupart Palestiniens. Trois mille morts… Comment se taire devant un tel crime alors que le Liban est un pays indépendant et membre de cette Assemblée qui a été occupé, dont la région de Sabra et Chatila a été prise sous contrôle et où 3 000 personnes ont été tuées ?

Ensuite, il y eu la tuerie de Gaza en 2008. Pour rappel, 1 000 femmes y ont été tuées ou blessées ainsi que 2 200 enfants, soit 3 200 femmes et enfants. Cinquante bâtiments des Nations Unies ont été détruits durant l’agression ainsi que 30 autres appartenant à des organisations non gouvernementales. Soixante centres de soins ont été détruits et 40 médecins et infirmiers ont trouvé la mort alors qu’ils œuvraient dans le cadre de l’action humanitaire. Il s’agit là du massacre de Gaza, perpétré en décembre 2008.

Les agresseurs sont connus et toujours en vie. Ils doivent être jugés par la Cour pénale internationale. Seuls les petits États et les pays du tiers monde sont-ils traduits devant cette institution, à l’exclusion des protégés ? Si elle n’est pas internationale, nous non plus ne la reconnaissons pas ; si elle est internationale, alors tous les pays doivent être justiciables. Si les décisions de la Cour ne sont pas respectées et appliquées, si l’Agence internationale pour l’énergie atomique n’est pas au service de tous les pays, si l’Assemblée générale n’a aucun poids et si le Conseil de sécurité est monopolisé, alors à quoi sert l’Organisation des Nations Unies ? À rien. Qu’est-ce que l’Organisation des Nations Unies ? Qui sommes-nous ? Il n’y a pas de Nations Unies.

Venons-en maintenant à la piraterie. Il s’agit d’un phénomène qui peut se propager à toutes les mers du monde et constituer un danger similaire au terrorisme. S’agissant de la piraterie au large des côtes somaliennes, j’affirme que les Somaliens ne sont pas des pirates. Nous sommes les pirates. Nous avons mis la main sur leurs ressources, leurs moyens d’existence, leurs zones économiques et leurs eaux territoriales. Tous nos bateaux – libyens, indiens, américains, japonais et de tous les autres pays – commettent des actes de piraterie, et nous sommes tous des pirates. Nous avons violé les eaux somaliennes et une fois le pays submergé, nous sommes venus le piller. Afin de protéger leurs ressources halieutiques qui constituent leurs richesses et celles de leurs enfants, les Somaliens se sont tournés vers la piraterie. Ce ne sont pas des pirates car ils protègent les ressources destinées à leurs enfants. Vous voulez à présent régler le problème de manière erronée en proposant d’envoyer des bateaux de guerre contre les Somaliens. Ces bateaux doivent plutôt être dirigés contre les pirates qui ont mis la main sur les richesses des Somaliens et les ressources de leurs enfants. Ce sont les bateaux de pêche étrangers qu’il faut attaquer.

J’ai rencontré les pirates et leur ai dit que j’œuvrais à l’élaboration d’un traité avec la communauté internationale stipulant que la zone économique maritime de Somalie de 200 miles marins doit être respectée, conformément au droit de la mer, et que toutes les ressources maritimes de cette zone appartiennent aux Somaliens. Le monde doit respecter cette région, et tous les pays doivent s’interdire de procéder à des rejets toxiques polluants dans les eaux territoriales et près des côtes somaliennes. En contrepartie, les somaliens doivent cesser d’attaquer les navires. Cet accord sera finalisé et soumis à l’Assemblée générale des Nations Unies. Voilà quelle doit être la solution plutôt que d’envoyer d’autres navires pour attaquer les Somaliens. Encore plus astucieux, des navires de guerre ont été envoyés pour empêcher aux Somaliens de quitter les ports et donc de rapporter le fruit de leur pêche à leurs enfants.

Nous n’abordons pas le problème de la piraterie de la bonne façon, de même que nous n’adoptons pas la bonne approche pour lutter contre le terrorisme et les maladies. Pourquoi la manière de faire face aux maladies est-elle erronée ? Si les vaccins contre la grippe porcine – il y aura peut-être à l’avenir la grippe du poisson car les entreprises liées aux services de renseignement y travaillent – se vendent à des prix prohibitifs, c’est qu’il s’agit de commerce. Un virus est créé et propagé à travers le monde pour que les entreprises capitalistes fassent des profits grâce à la vente des médicaments. Cela est inadmissible. Les vaccins et les médicaments ne doivent pas se vendre mais doivent être offerts gratuitement. Lisez le Livre Vert, il interdit de vendre les médicaments. Annoncez la gratuité des médicaments et des vaccins et les virus ne se propageront plus car ils sont créés pour que des vaccins soient mis au point et que les entreprises capitalistes en tirent profit. C’est une mauvaise démarche. Proclamez la gratuité des vaccins, même en cas de virus réels car ils doivent être fournis gratuitement. Le monde doit s’évertuer à fabriquer ces vaccins pour sauver des vies. Toutes ces questions, dossiers et affaires sont portés à l’attention de l’Assemblée générale des Nations Unies qui doit s’y consacrer pleinement.

Passons maintenant à la Convention d’Ottawa qui interdit la production, le transfert et la vente des mines terrestres. Il s’agit la d’une erreur. Les mines sont une arme défensive et non pas offensive. Les mines ne se déplacent pas et n’attaquent pas mais demeurent là où elles ont été placées. Pourquoi se rendre là où elles se trouvent ? Je décide de placer des mines le long ces frontières de mon pays ; celui qui viole ces frontières se retrouve avec la main et le bras coupés. Je demande aux pays qui ont ratifié la Convention de revoir leur position. Pour plus de détails sur ce sujet, le site Web « alqadafi.net » offre de plus amples explications concernant les amendements à apporter. Cette Convention doit être soit amendée soit abrogée. Ils veulent aussi nous dépouiller de nos mines antipersonnel. Je veux utiliser des mines devant chez moi et devant mon exploitation. C’est un moyen de défense et non une arme offensive. Éliminez plutôt les armes nucléaires et les missiles qui traversent les frontières.

S’agissant de la question de Palestine, la solution à deux États est irréalisable, et je vous exhorte à ne plus l’envisager. La solution est l’instauration d’un seul État démocratique où cohabiteraient, entre autres, juifs, musulmans, Palestiniens et chrétiens, comme au Liban. La solution à deux États n’est pas réalisable. La partition du territoire est vouée à l’échec car il ne s’agit pas de deux États voisins. Ils sont d’ores et déjà totalement imbriqués. Ce sont deux pays où il y a des interactions de territoires et de populations. Ils sont entremêlés. On ne peut pas établir de zone tampon entre eux car il n’existe pas de zone de séparation. Il y a en effet un demi-million de colons israéliens en Cisjordanie et 1 million de Palestiniens colonisés dans le territoire appelé Israël. Comment en faire deux États ?

Le monde doit envisager l’instauration d’un seul État démocratique exempt de fanatisme religieux et de sectarisme fondé sur la nationalité ou la langue. Ces attitudes réactionnaires n’ont plus lieu d’être. Ce sont des idées remontant à l’époque du rideau de fer, de la Seconde Guerre mondiale, d’Arafat et de Sharon. Cette époque est révolue. La nouvelle génération veut un seul État démocratique et nous devons déployer tous les efforts possibles pour y parvenir. Il faut imposer un seul État dans lequel chacun peut vivre en paix. Regardez les jeunes palestiniens et les jeunes israéliens. Ils veulent vivre en paix dans un seul pays démocratique. Il faut en finir avec ce problème qui embarrasse le monde entier.

Le Livre Blanc, que vous pourrez garder, M. Treki, propose la solution intitulée « Isratine ». Il n’y a pas d’animosité entre nous. Les Arabes n’ont pas d’animosité contre les Israéliens. Ils sont cousins et vivent ensemble, en paix. Les réfugiés palestiniens devraient regagner leur pays pour vivre en paix dans un État unique.

C’est vous qui les avez brûlés. C’est vous qui êtes responsables de l’holocauste et qui avez construit les fours crématoires et les chambres à gaz et en Europe. C’est vous qui haïssez les juifs, ce n’est pas nous. Nous leur avons donné refuge pendant l’ère romaine, lorsqu’ils ont été expulsés d’Andalousie, et à l’époque de la guerre avec Hitler, des fours crématoires d’Hitler et des gaz mortels. Nous les avons protégés. Vous les avez expulsés. Et vous leur avez dit d’aller combattre les Arabes. Rétablissons la vérité. Nous ne sommes pas des ennemis des Juifs. Ce sont nos cousins. Les Juifs vont un jour avoir besoin des Arabes, et les Arabes vont les protéger dans l’avenir, comme ils l’ont fait dans le passé. Rappelez-vous ce que Titus, Hadrien, Édouard Ier et Hitler ont fait aux Juifs. C’est vous qui les haïssez, qui haïssez les Sémites.

En quelques mots, la question du Cachemire appelle une seule solution, à savoir que le Cachemire devienne un État indépendant, ni indien ni pakistanais, pour que ce conflit se termine.

S’agissant du Darfour, je souhaite que l’aide des organisations internationales dont vous parlez soit affectée à des projets en faveur du développement industriel, de l’irrigation et de l’agriculture, l’industrialisation et l’irrigation. La paix règne désormais au Darfour, il n’y a pas de guerre. C’est vous qui avez dramatisé la situation à des fins d’ingérence, pour y asseoir votre influence, en raison du pétrole et au détriment des habitants du Darfour.

L’affaire Hariri est devenue un problème de l’ONU parce que vous avez demandé à l’ONU d’enquêter sur l’affaire Hariri, Dieu ait son âme. Vous voulez sacrifier le sang de Hariri et tirer profit de sa dépouille pour régler des comptes avec la Syrie. Sinon pour quelle autre raison ? Le Liban n’est-il pas un État indépendant, avec un parquet, des lois, des tribunaux et une force de police, capable de trouver les coupables ? En réalité, ce ne sont pas les coupables que l’on recherche, mais on cherche plutôt à régler des comptes avec la Syrie. L’affaire Hariri est sacrifiée et l’enquête ne donnera aucun résultat. Partant, il faut que l’Organisation des Nations Unies soit également saisie des affaires Abou Ayad, Khalil al-Wazir, Kennedy, Lumumba et Hammarskjöld.

La Libye assure actuellement la présidence de l’Assemblée générale, et c’est son droit. La Libye peut contribuer à aider le monde à passer d’une époque à une autre ; à passer d’un monde malmené, affligeant, humilié, terrifié, redoutable et menaçant à un monde où règnent l’humanisme et la tolérance. J’assurerai le suivi de cette action avec l’Assemblée générale, avec M. Treki et avec le Secrétaire général, car nous ne permettons aucune complaisance ni concession s’agissant de la destinée de l’humanité, du combat que mènent les hommes pour vivre en paix, de la lutte du tiers monde en particulier et des 100 petits pays pour vivre comme il se doit sous le soleil et sur Terre. Ce combat sera poursuivi jusqu’au bout.

Mouammar Kadhafi

 

 

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