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Le journaliste peut-il être objectif ?

La pratique journalistique, bien qu’encadrée par un certain nombre de valeurs et de règles ne demeure pas moins problématique dans l’entendement et dans l’appréciation des récepteurs de l’information, du public en définitif. L’objectivité ou du moins l’idéal d’objectivité qui encadre la profession de journaliste, est largement mise en doute par une partie des consommateurs et observateurs du champ journalistique. Cette question de l’objectivité du journaliste remet en cause la valeur éthique et morale de la profession de journaliste, acteur majeur d’une société multiforme dans lequel divers intérêts et groupes d’influence se disputent la priorité de l’information. Dans ce contexte, quelle peut être la marge de manœuvre du  journaliste, un professionnel ayant reçu une formation académique destinée à porter un regard neutre, impartial et critique sur la société dans laquelle il vit et œuvre ?

Etre journaliste, c’est avant tout un métier. Et comme tout métier, le journaliste suit une formation académique pointue à l’effet de lui permettre d’appréhender les codes et règles de sa profession. Le journalisme est au demeurant une profession réglementée qui inscrit l’action du journaliste dans des règles juridiques, déontologiques et d’éthiques précises et propre à la profession de journaliste. Il va sans dire que l’exercice de cette profession obéit à un certains nombre de règles qui placent le journaliste au dessus des contingences et des appréciations de valeurs et des commentaires creux. Dans ce contexte, le journaliste n’a d’autre choix que d’être objectif s’il ne veut pas se décrédibiliser voir se marginaliser au sein de ce noble corps de métier. Le regard de ces confrères et même du public suffira à anéantir sa propension à sortir du cadre des règles règlementaires et déontologiques qui lui sont ainsi  imposées.


L’objectivité du journaliste ne peut être une vue de l’esprit étant donné que le premier caractère du journaliste c’est sa relation avec les faits. Il est de coutume en journalisme d’affirmer que les faits sont sacrés. Cette maxime détermine même l’action du journaliste qui doit d’abord s’en tenir qu’aux faits qui fondent son enquête, son reportage, en clair sa production journalistique. Le rapport du journaliste avec les faits est l’essence même de l’exercice de ce métier. Car que va-t-il écrire s’il relate des faits autres que ce qu’il a observé, vu et entendu ? L’idée même de tronquer les faits ne peut être l’apanage du journaliste puisque sa mission première est de donner des informations justes, réelles et vérifiables aux populations qui ne peuvent se le procurer que par le canal de ce dernier. Il devient pour ainsi dire les yeux et la bouche des populations. Il faudrait sans doute aussi ajouter que l’objectivité du journaliste tient en partie aux genres ou techniques journalistiques qu’il adopte pour tel ou tel sujet. S’il utilise par exemple la technique de l’interview ou entrevue, il lui sera difficile de tromper la vigilance de son lecteur ou auditeur.

Enfin, l’une des raisons qui peut fonder l’objectivité du journaliste, c’est qu’il opère dans une entreprise. L’entreprise de presse écrite ou audiovisuelle ne peut être viable et rentable qu’à la condition qu’elle produit des écrits de bonne qualité. Or la qualité d’un journal, d’une chaine de télévision ou de radio s’apprécie au regard de la crédibilité de l’information qu’il donne. L’information n’est crédible que lorsque le journaliste qui le produit est objectif, neutre et impartial. De cette crédibilité, l’organe de presse va s’attirer des annonceurs et un nombre important de lecteurs ou d’auditeurs, ce qui va permettre à l’entreprise de presse de faire du bénéfice. D’où son développement et le bien-être social et matériel du journaliste qui sera récompensé ainsi intuitivement  pour son objectivité.  


A priori, comme on vient de le démontrer, le journaliste ne peut être qu’objectif s’il veut crédibiliser sa profession par le respect des codes et règles de celle-ci et partant assurer la viabilité financière de l’entreprise de presse qui l’emploi.


Cependant, étant un acteur majeur de la société, le rôle et la crédibilité du journaliste peuvent être détournés par des cercles d’influences politiques, économiques ou sociaux. Ce qui remet gravement en cause sa crédibilité et partant son objectivité dans une société elle-même multiforme et antagonique.


Le champ journalistique n’est pas neutre ni objectif au sens rêvé des positivistes dans différents domaine de la vie socio-économique, financière et politique.


Le domaine politique est sans doute le plus symptomatique de la décadence de l’objectivité du journaliste. L’antagonisme des intérêts politiques et stratégiques en jeux, favorise la liquidation de l’idéal d’objectivité qui soutient et encadre la profession de journaliste. Ainsi pour peu que les enjeux des joutes électorales - pour ne citer que celles là - sont sur les rampes de l’actualité, les informations divergent et se diffusent dans les chaumières avec une force antagonique à nulle autre pareille. Le blanc devient rouge et vice-versa, selon les chapelles politiques et bien entendu au regard d’une information multiforme car diffusée par des organes de presse elles-mêmes antagoniques au point de vue éditoriale et politique. La raison et l’objectivité du journaliste sont alors reléguées aux calendres grecques. L’idée devient anomalie car dépourvue de tous sens. Normal. Elle n’est pas passée par le crible de la raison journalistique systématique, représenté dans ce contexte par le rapport aux faits. Une information peut être multiforme car présenté sous divers angles, mais elle ne peut pas être unique et être commentée diversement.


La seconde entorse à l’objectivité du journaliste est son accaparement par les milieux d’affaires économiques et financières qui dirigent et conditionnent l’information dans un but mercantile. Telle étude réalisée par un laboratoire vantant les mérites de la consommation de tel produit X sur la santé, est improprement relayée par les médias via les journalistes jusqu’à ce qu’une autre étude vienne démontrer les méfaits de ce produit sur la santé. Un soupçon de doute et le flaire du journalisme critique aurait par exemple estompé l’effet d’une telle propagande, car c’est de cela qu’il s’agit.


Il faut noter dans ce contexte aussi le contrôle des sociétés de presse par de grands groupes financiers et des mécènes fortunés, modifiant ainsi la structure économique de ces médias. Ce contrôle massif à pour but d’orienter l’action du journaliste dans un sens proche de ces milieux économiques, ce qui ne rend pas nécessairement service à son objectivité.
Aussi la fragmentation du public cible et divers allant dans tel ou tel sens remet gravement en cause l’idée d’objectivité du journaliste, jadis inscrit en lettre d’or dans les amphithéâtres des universités et centres de formation des journalistes. Il se pose dès lors la question du journaliste acteur social donc forcement mu par les contingences de la société telles qu’il les vit et qui le façonne au point de se départir de cette influence alors même qu’elle l’oriente dans une direction qu’il ne souhaite pas nécessairement.


Pour ne rien arranger à toutes ces entraves, la corruption dans le milieu de la presse et des médias entraine le journaliste dans des sentiers moins reluisants pour la crédibilité de l’information. Ce n’est sans cesse qu’on ne commande des articles de presse pour tel ou tel personne ou cause politique, économique ou financière. Souvent l’outrecuidance est portée à son comble jusqu’à franchir le verrou du journaliste de terrain pour atteindre celui du siège ou même le rédacteur en chef qui façonne et chiffonne l’actualité au profit de milieux insoupçonnés.

Au terme de cette analyse, il faut dire qu’au-delà même de l’objectivité du journaliste, il s’agit ni plus ni moins de sa survie en tant que professionnel du traitement et de la diffusion de l’information. Le journaliste ne peut pas ne pas être objectif, il doit tout simplement être objectif. Car analyser le problème sous l’angle de la faculté du journaliste à être objectif, opprime l’idée même de l’objectivité du journaliste qui doit, comme le dirai le philosophe KANT, être ″catégoriquement ″ et nécessairement objectif en affirmant sa liberté sous le sceau de l’impartialité et de la neutralité. Deux termes enseignés dans les écoles de journalisme.

ACHI ALEX-OSCAR.
Juriste

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HOMOSEXUALITE : ENTRE LA LIBERTE ET LA MORALE

Par Alex-Oscar ACHI (revu et actualisé)


L’évolution des tendances et orientations sexuelles des hommes a mis au goût du jour la problématique de l’acceptation de l’homosexualité par les "puristes", les religieux et même le citoyen lambda. L’homosexualité n’est plus un tabou sous nos cieux. Dès lors se pose la question de son adéquation avec la liberté qui caractérise ce choix avec l’éthique et la morale. Faut-il au nom de la liberté, accepter une orientation sexuelle contraire à la morale, à l’éthique religieuse ?
La liberté, c’est la faculté laissée à l’homme de se faire plaisir à soi selon ses envies et pulsions à conditions que celles-ci n’entravent pas la quiétude d’autrui, qui est l’autre moi. Il est question d’agir dans le respect de la différence, des modes de vie, des coutumes ou de l'idéologie religieuse et même de la morale des autres, de la société en général.
L'homosexualité est donc une pratique qui peut participer à affirmer cette tendance naturelle de l'homme à la liberté si tant est qu'elle permet à chacun d'exprimer et d'exposer sa pratique sexuelle. Il apparaît de manière fréquente que certaines législations occidentales légalisent l'homosexualité au grand dam des organisations religieuses, mais aussi que cette pratique soulève l’indignation de certaines communautés (religieuses et africaines notamment).
Alors comment concilier cette tendance naturelle de l'homme à exprimer sa liberté, ce qui inclut la tolérance de l'homosexualité avec les réserves émises par les moralistes?

Sans prendre position pour ou contre l'homosexualité, on peut dire sans risque de se tromper que la liberté tout azimut est en elle-même liberticide. Autrement, agir uniquement selon sa volonté, sa perception de l’orientation sexuelle, peut nuire à la sensibilité des "homophobes". Il ne s’agit pas non plus d’une croisade contre l’homosexualité. Les homosexuels doivent à mon avis concilier leurs intérêts avec ceux qui ne partagent ou n’acceptent pas cette pratique.
Cette pratique importée est en déphasage avec les valeurs africaines et avec la morale religieuse. D’où le rejet d’une légalisation de cette pratique au nom d’un prétendu droit à la différence. Il faut considérer en ce sens la morale (religieuse) qui ne défend les relations amoureuses uniquement que si elles se pratiquent entre sexes opposés. Si tant est que la pratique de l’homosexualité est éthique, d’où vient-il alors que les homosexuels souhaitent adopter des enfants pour satisfaire ce besoin naturel d'être père ou mère. C'est proprement scandaleux d'avoir des rapports entre personne du même sexe et prétendre à ce bonheur naturel, tout en sachant (au nom de la liberté) que cette pratique sexuelle ne peut déboucher sur la natalité. Ce seul aspect de la question suffit à lui seul à discréditer l’homosexualité vis-à-vis de la morale. Car la seule voie de procréation demeure l'union entre un homme et une femme et non entre deux personnes du même sexe.
Au nom du droit à la différence, on peut comprendre l'homosexualité sans pour autant l'institutionnaliser. Le respect des convictions démocratiques (acceptation de la différence) autorise à avoir pour ami un homosexuel parce qu'il est avant tout un être humain et donc mérite respect, sans pour donner un blanc-seing cette forme de sexualité. Mais la morale par contre, peut stopper sa propension et jouer ainsi son rôle de veille sociale et éthique.

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AU COEUR DU MARIGOT POLITIQUE IVOIRIEN

Par Alex ACHI : écrit le 04 Mars 2011 et réactualisé le 30 novembre 2011

La crise post-électorale que vit la Côte d’Ivoire avec en toile de fond une guerre larvée de leadership politico militaire entre Laurent GBAGBO et son challenger Allassane OUATTARA, s’apparente à une partie d’échec où les enjeux s’apprécient au rythme des gains actuels de chaque camp.

L’actuel locataire du palais d’Abidjan, Laurent Gbagbo, tient encore fermement la capitale économique du pays, malgré le « kyste » militaire incrusté en plein Abobo, bastion de Ouattara. Ici, la bataille bien que militaire n’a pas encore livrée ses derniers résultats. Abobo, semble pour l’instant, être un mystère, pour les forces de défense et de sécurité, fidèles au Président Gbagbo, proclamé vainqueur de la présidentielle d’octobre par le conseil constitutionnel, tandis que Alassane Ouattara a lui été proclamé vainqueur par la commission électorale. La tâche de ces forces semble être contrariée par les troupes du commando invisible, "pré positionnés par les casques bleus de l’ONUCI à Abobo et à Anyama", selon les déclarations du Ministre DON MELLO, porte-parole du gouvernement Gbagbo.

Pour l’heure, Abidjan vit au rythme des fins de mois difficiles qui attendent les fonctionnaires et autres agents de l’Etat et du secteur privé. Le paiement des salaires, autre enjeu de cette crise, s’effectue non sans difficultés avec la fermeture en février des principales banques du pays. La crise politique se mue en crise économique et financière, depuis la reconnaissance par l’UEMOA et la BCEAO de l’élection de Ouattara, proclamé vainqueur par le Président de la CEI, Bakayoko Youssouf au golf hôtel (QG et siège du gouvernement Ouattara), début novembre 2010.

La crise larvée entre les deux ténors du microcosme politique ivoirien fait de nombreuses victimes civiles. Malgré les incessants appels, l’escalade meurtrière suit son cour avec l’accentuation des affrontements à Abidjan. L’entrée des forces fidèles à Ouattara dans la capital économique, appuyé des troupes onusiennes et de la licorne, a fait voler en éclats le dispositif sécuritaire des forces pro Gbagbo. Entre temps, les principaux Chefs de l’armée ont lâché le Président sortant, abandonnant son sort au dernier carré des troupes d’élite de l’armée et de la gendarmerie qui lui sont encore fidèles.

Après quatre mois de crise politico-militaire, Gbagbo a été capturé vivant le 11 avril 2011 par les forces républicaines de côte d’ivoire, aidé des troupes françaises, au prix d’intenses combats meurtriers dans Abidjan.

Placé en résidence surveillée, l’ancien Président Gbagbo, a été depuis le mardi 29 novembre 2011, transféré à la CPI, où il a été inculpé pour crime contre l’humanité. Quid de sa version des faits ?

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Depuis le 11 avril 2011, les clameurs de la grave crise post-électorale se sont tues, la Côte d’Ivoire a retenu son souffle ; mais elle garde encore vivaces les stigmates de cette barbarie qu’est la guerre. Ce jour là, pendant que certains ivoiriens pleuraient, d’autres riaient, jubilant de l’arrestation du Président Laurent Gbagbo, vaincu. Mais avant cette date, le décor était tout autre, les forces en présence aussi. Passés les sifflements des balles, les détonations des canons et autres obus, les ivoiriens se réveillent dans un pays exsangue politiquement, économiquement et militairement. L’actuel défi du nouveau pouvoir reste incontestablement celui de la réconciliation et de la paix sans lesquelles tout espoir serait engloutit. Au-delà de cette problématique majeure aux incidences sociales non négligeables, il faut trouver réponse à d’autres questionnements non moins pertinents. Pourquoi réconcilier ? Qui réconcilier ? et Comment réconcilier ?

Les meurtrissures nées de la crise post électorale, réaffirment la nécessité de faire une introspection collective et trouver les réponses à notre devenir et avenir communs. Il faut donc naturellement poser les jalons de ce désir de vivre ensemble. La réconciliation tant prôner par l’actuel Président de la République, Alassane OUATTARA, doit être sincère et profonde pour que les fils et filles meurtris par dix ans de crise militaro-politique, dont l’épilogue récente est l’arrestation de Gbagbo ; puisse déboucher sur un idéal de vie paisible. La recherche de la paix perpétuelle doit être assurément le ferment de cette réconciliation. La Côte d’Ivoire se doit donc de faire l’économie des crises et suivre sa marche vers le développement constructif et harmonieux avec tous ses fils. La réconciliation qui est une œuvre divine doit emmener touts les ivoiriens à panser leurs plaies, béantes fut-elles, pour que l’équilibre de la nation soit bâti sur des poutres de paix et de sincérité. Certes cette œuvre ne sera pas de tout repos vue les déchirements et les frustrations encore ouvertes et visibles, mais l’amour du semblable, du prochain et surtout de DIEU doit nous aider tous à transcender les peurs et voir fleurir les fleurs de la paix et de la tolérance. Même les armes encore visibles ne doivent pas être un obstacle vers ce désir de paix, de réconciliation. La guerre est fini, tuons là à jamais pour que vive la paix, gage d’une vie où les différences et la diversité vont aider à construire une nation forte et enracinée dans la tolérance constructive. Mais pour que cette paix soit effective et la réconciliation réelle, il faudrait nécessairement que la vérité éclate pour que l’abcès soit vidé de sa pue abjecte et répugnante. Cette vérité ne doit pas être celle d’un camp sur un autre ; il doit s’agir d’une vérité commune qui absout les rancunes et les rancoeurs. Tous les contentieux visibles et occultes doivent être vidés pour qu’on ne retombe pas dans le simulacre de réconciliation que nous a servi le défunt ″forum de réconciliation national ″, dont les conclusions aussi louables soient-elles n’ont pu nous préservé de cette guerre. Ce désir de réconciliation doit sourire et charmer le peuple ivoirien pour que l’envie de vivre ensemble s’enracine dans les tumultes de notre démocratie naissante et vacillante.

La réconciliation doit d’abord être partagée par le peuple, si tant est que c’est ce peuple là qui, à travers ses différentes composantes, a subi les affres de la crise. L’appropriation par le bas peuple ne sera concrète que si les barrières politiques sont levées. En cela, la volonté affichée du gouvernement de faire aboutir ce processus est encourageante. Cette crise qui a entamé les fondements sociaux du désir vivre ensemble, nous confronte à un choix ultime à faire : celui de la vie. Car en clair, quel est le but de la vie si elle ne peut être vécu par les hommes qui en sont par essence les animateurs et les acteurs principaux. Cette dialectique existentielle devrait nous permettre de nous interroger sur notre capacité à transcender nos meurtrissures et craintes envahissantes qui nous éloigne de notre semblable. Dieu est loin mais proche de nous en même temps. L’être humain doit aspirer à vivre et nous ivoiriens n’échappons guère à cette loi divine. Pour se faire la réconciliation que nous souhaitons tous se doit d’être originale et typiquement ivoirienne.

Quelle doit être alors le mode opératoire ?

Plusieurs schémas s’offre à nous. Le cas Sud africain est une piste, tout comme celui du Rwanda. Nous avons donc le choix entre la version du triptyque vérité-réconciliation-pardon et celui de justice et réconciliation. Gageons d’opérer le meilleur choix pour que les envies de vengeances et/ou de règlement de compte ne prenne le pas sur le désir vivre ensemble après les affres peu glorieuses de la guerre. La recherche de la justice est une œuvre divine et en tant que telle ; doit répondre à la nécessité d’affirmer l’état de droit à travers la règle de droit qui est le censeur objectif de tout acte, tous les actes (sans coloration) jugés contraires à la vie harmonieuse en société. En fin de compte, quelque soit l’option choisi, il faut que notre réconciliation dépende de nous et s’inscrive dans la vérité qui absout le mal, cicatrise les plaies et conduit à la vie dans une Côte d’Ivoire paisible et fière de ses Hommes, car ils auront transcendé leurs différences.

ALEX OSCAR ACHI,

 

 

 

 

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Le juge constitutionnel comme tous juge dit le droit en rapport avec la loi, le droit positif en vigueur dans un Etat...Mais en cas de carence des textes de loi ou encore d'un flou entachant ces textes, le juge peut générer le droit par son pouvoir normatif à travers la jurisprudence. Par définition, la jurisprudence est la règle édictée par le juge en cas de flou juridique, d'absence de texte ou encore lorsque le texte existe et n'est pas suffisamment clair de sorte à omettre certaines situation de fait.Dans le contentieux électoral actuel, il est plausible que le scrutin aurait du et/ou pu être annulé sur tout l'étendue du territoire comme le stipule la loi électorale en cas de fraude avérée...Mais cette loi, elle même n'a pas prévu clairement les situations ou le scrutin est entaché en certains endroit du territoire. Cette absence ou cette carence du texte électoral laisse la latitude au pouvoir d'interprétation du juge renforçant ainsi son pouvoir jurisprudentiel. Le pouvoir d’interprétation du juge est lié à l’environnement socio économique. En d’autres termes une annulation du scrutin sur toute l’étendue du territoire n’aurait-elle pas eu une incidence financière lorsqu’on mesure les tractations qui ont eu cours pour le financement du scrutin. Une élection de sortie de crise aurait pu justifier cette approche, mais n’est pas impérative eu égard au rôle et au pouvoir d’appréciation du juge.Le juge génère le droit, la loi dans les situations de flou juridique ou de carence de la loi. C'est un droit qui a valeur de principe général de droit et en la matière tout juriste le sait et devrait en faire la promotion.La jurisprudence a ainsi pour effet de faire évoluer le droit positif et donner matière au législateur pour une éventuelle modification de la loi, en l'espèce la loi électorale qui est muette en cas de fraude supposée ou avérée en certains points du territoire lors d'un scrutin électoral...Au demeurant le juge apprécie et statue selon les circonstances et les faits, il est souverain et le juge constitutionnel l'est encore plus que les autres juges puisque sa décision porte le sceau de l'autorité absolue de chose jugée, c'est à dire insusceptible de recours par aucune instance étatique, non étatique ou même internationale....Juridiquement...salut!!!!
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Par Alex ACHILa Côte d’Ivoire, pays essentiellement agricole a bâti son développement autour de la promotion des cultures de rentes telles que le cacao, le café, le palmier à huile… Mais depuis quelques années – loin de délaisser le secteur agricole – ce pays de l’Afrique de l’Ouest intègre de plus en plus le secteur des mines et des énergies (fossiles et naturelles) dans sa stratégie globale de développement. Etat de lieu d’un secteur jadis méconnu de l’activité économique nationale.Les origines de l’industrie extractive ivoirienne remontent aux lendemains de l’indépendance de ce pays, précisément en 1971 avec la découverte des premiers gisements pétroliers aux larges de ses côtes. Il en est de même pour les minerais comme l’or, le diamant et le fer. Au cours de cette période, la politique gouvernementale consistait uniquement en la prospection et la recherche en ressources naturelles, sans pour autant procéder à une exploitation massive (à l’échelle industrielle). Certes une exploitation artisanale a pu se faire ça et là, mais pas de grande envergure impliquant des moyens techniques et humains importants. L’agriculture a donc naturellement continué de soutenir l’activité économique et cela dans le cadre d’une politique affirmée.L’exploitation pétrolière, commencée dans les années 1997, concrétise l’entrée de la Côte d’Ivoire dans le cercle hautement stratégique des pays producteurs et exportateurs de pétrole. Même si la production ivoirienne n’atteint pas les proportions de celles du Nigéria par exemple, il est indéniable qu’elle a le mérite d’ouvrir l’économie ivoirienne vers de nouveaux horizons. La prospection pétrolière s’intensifiant, de nouveaux acteurs vont se signaler. Outre la Société d’Opérations Pétrolières de Côte d’Ivoire (PETROCI), de nouvelles firmes vont prendre pied en terre ivoirienne. Parmi celles-ci, on note la prépondérance des entreprises occidentales notamment canadiennes, américaines et françaises. La Pétroci développe de nouveaux partenariats à travers des joint-ventures. L’accord de partage de production à travers le consortium avec Tullow Oil et Canadian Natural Resources (CNR) est le signe du dynamisme du secteur. Le pétrole commence donc à intégrer le tissu économique ivoirien. On dénombre à ce jour 28 champs pétroliers dont 23 attribués à des opérateurs étrangers. En 2006, la production a connu un pic avec 80.000 barils par jour selon un rapport de la Commission de l’UEMOA. En 2008, la production a dans la foulée générée 955 milliards de FCFA et a atteint les 50.000 barils par jour soit 15% des exportations de la Côte d’Ivoire ; ce qui est l’équivalent de 3.6% du PIB selon Pétroci. Cette tendance est confirmée par un rapport du ministère ivoirien des Mines et de l’Energie qui estime que « les travaux d’exportation et de production démarrés en 2008 et qui seront achevés dans le mois de mars 2009, devraient permettre de porter la production nationale de pétrole brut de 46.000 à 57.000 barils /jour. Alors que celle du gaz passera de 140 à 170 millions d pieds cubes par jour » [NDLR: l’article a été écrit en octobre 2009]. Dans la foulée, Pétroci envisage la construction d’une raffinerie – la deuxième après celle de la Société Ivoirienne de Raffinage (SIR) – avec les 6.000 barils qui lui reviennent, ce qui représentera près de trois milliards de tonne par an. Comme on le constate, la Côte d’Ivoire qui hier a fait le pari de l’agriculture est en passe de moderniser et de diversifier son développement par le renforcement de secteurs autrefois " inactifs".Tous comme le pétrole et le gaz, le secteur minier n’est pas indifférent à tous ces frémissements. La découverte à Tongon (Tingréla) dans la région des Savanes (Nord, 600 km d’Abidjan) de la plus importante mine d’or, marque un tournant décisif dans l’histoire minier du pays. Cette découverte réalisée par la société sud africaine Rangold Resources, représente en termes de rentabilité un gain net de 300 à 500 millions de dollars américain. La production aurifère constante depuis lors avec l’exploitation de la mine d’or d’Ity (Man, ouest montagneux), place la Côte d’Ivoire dans une perspective heureuse. Loin d’être un « scandale géologique », le sous-sol ivoirien présente un large éventail de minerais. Ce n’est pas la société indienne TATA STEEL qui dira le contraire. Son implantation en Côte d’Ivoire n’est pas fortuite. En effet, son président M.Muthuraman a annoncé que sa société va investir entre un et deux milliards de dollars américain en Côte d’Ivoire dans l’exploitation d’une mine de fer en créant un joint – venture avec la SODEMI (Société pour le Développement des mines). Selon cet accord de partage de production, TATA STEEL aura 75 % et la SODEMI 25% DES PARTS. Cet accord, signé le 11 décembre 2007, a eu l’onction des autorités ivoiriennes. Les réserves de cette mine de fer sont estimées à un milliard de tonne avec une teneur de 40%. La destination de ce minerai sera les aciéries britanniques et hollandaises. Son exploitation est de source officielle prévue pour 2010.Le secteur de l’énergie qui a jadis connu beaucoup de difficultés nécessitant sa privatisation, reste toujours prometteur et continue de fournir de l’électricité à certains pays de la sous- région. Malgré, les problèmes nés de la fraude sur le réseau électrique - qui a fait objet d’un séminaire à Grand-Bassam (Sud, 20 km d’Abidjan) – ce secteur stratégique devrait stabiliser ses déficits et soutenir l’activité économique. L’Etat ivoirien a compris qu’une économie dynamique, c’est aussi et surtout un secteur énergétique fort, capable de produire l’électricité dont les entreprises ont besoin pour fonctionner. Ainsi, outre l’électricité produite par les barrages (Taabo, Buyo, Ayamé 1&2 et Kossou), l’Etat a favorisé la mise en œuvre de centrales thermiques : Vridi 1 avec 88 MW, CIPREL (210 MW) et Azito (288 MW) se partagent le marché énergétique avec l’EECI (Energie Electrique de Côte d’Ivoire), société gestionnaire des barrages. Ces différentes actions traduisent l’intérêt de l’Etat pour le secteur afin de mieux répondre aux objectifs de développement qu’il s’est fixé.L’ensemble du secteur des mines et de l’énergie a mobilisé d’énormes investissements qui se chiffres à des milliards de FCFA (chiffres non parvenus) et généré autant en recettes fiscales. En 2008, le pétrole représentait 15% des recettes d’exportation. Plusieurs entreprises sont actives dans le secteur. Ce sont des milliers d’emplois directs et indirects ainsi crées ; même si le taux de chômage reste encore important dans le pays. L’exploitation de la mine de fer de Man (Ouest montagneux) permettra de faire un investissement de l’ordre de deux milliards de dollars américain avec en prime la construction d’un important chemin de faire pour l’acheminement du minerai vers le port de San Pedro (Sud- ouest). Le secteur – dans la hiérarchie des pôles économiques – arrive en troisième position après celui de l’agriculture, des services (banques, assurances et télécommunication). L’Etat ivoirien qui a semble t-il pris la pleine mesure de l’importance stratégique des mines et de l’énergie, initie des reformes et réajustements nécessaires pour une meilleure efficacité et un dynamisme plus accru. C’est dans ce sens que lors de la cérémonie de présentation de vœux de nouvel an au Ministre des Mines par les acteurs du secteur, le Ministre a annoncé certaines mesures pour de meilleures performances. Parmi celle-ci, on peut noter le renforcement des mesures institutionnelles, la formation et la recherche d’une ressource humaine qualifiée et le renforcement des capacités. La société Pétroci dans le cadre du renforcement des mesures institutionnelles, annonce l’élaboration d’un nouveau Code des hydrocarbures plus adapté à l’évolution actuelle du secteur. Des actions similaires sont envisagées au niveau des mines. La fin de la crise politique ouvre de réelles perspectives pour ce secteur stratégique de l’économie. Le retour à la stabilité devrait favoriser la mise en œuvre de toutes ces mesures. L’environnement international reste favorable malgré la tendance actuelle à la promotion des énergies renouvelables. Les énergies fossiles ont encore un bel avenir lié à une forte demande. La Côte d’Ivoire tient a entre ses mains son tiercé gagnant pour un développement équilibré, diversifié et intégré.les jeux sont faits et les paris engagés. Pourvu que la rigueur soit de mise dans la gestion des ressources ainsi générées..
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le monde en crise

Le cycle de vie d'un homme est comparable à celui d'une organisation. Entre la naissance et la mort, il y'a une étape intermédiaire qui inclue la la croissance, la stabilité et les difficultés. Cela pour dire et insister sur le fait que l'évolution du monde est arriver à un stade où la "machine" n'est plus adaptée à la situation actuelle.L'économie mondiale est en crise et il faut voire au-delà des activités perverses et discutables des traders, l'essoufflement d'un modèle économique trop tôt présenté comme infaillible:le capitalisme ou même le libéralisme économique. Au nom de ces deux pendants d'une même doctrine économique, les états ont laissé croître une économie soumise au pouvoir du marché comme principe de régulation de l'activité économique, là où l'état aurait pu par sa puissance contrôler, réguler et orienter efficacement l'économie. Il est difficile de supporter à longueur de journée les licenciements et autres fermetures d'usines et d'entreprises, mettant ainsi au chômage de milliers de familles. C'est avec sourire qu'on assiste à la séquestration des chefs d'entreprise, loin de justifier cette méthode des syndicats français; car il faut laisser force au droit dans toutes situations mêmes les plus dramatiques. On comprend encore moins les plans d'injection de milliards de dollar dans l'économie mondiale aujourd'hui là où au nom du libéralisme, les états les plus riches ont laissé le marché réguler l'économie.Le capitalisme ou libéralisme à échoué là où le communisme a aussi échoué. Mon idée est qu'on ne doit pas faire l'apologie de modèle trop exsangue, trop extrême. Il faut donc parvenir à créer un système qui mette l'homme au centre de toute action politique, économique et social puisqu'il est le principal acteur de tout ce système; au lieu de mettre en avant seulement le profit financier. Les gouvernements et je salue en cela Sarkozi (même si je ne l'apprécie pas) pour le retour de l'état qu'il a préconisé lors du sommet du G20, doivent être à nouveau interventionnistes et ne pas tout abandonner au privé.Les états doivent être forts sans être étouffants pour donner une nouvelle directive à la gouvernance mondiale. La crise est bien là et il faut y faire face avec tous les moyens sans perdre de vue son origine pour mieux appliquer la médication appropriée.
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l'homosexualité, liberté et moral

La liberté apparaît trivialement comme le fait de faire tout ce qui peut se faire plaisir à soi, mais c'est aussi respecter dans une certaine mesure des limitations en fonction de la vie, des coutumes ou de l'idéologie religieuse et même de la morale.L'homosexualité est donc une pratique qui peut participer à affirmer cette tendance naturelle de l'homme à la liberté si tant est qu'elle permet à chacun d'exprimer et d'exposer sa pratique sexuelle.Il apparaît de manière fréquente que certaines législations occidentales légalisent l'homosexualité au grand dam des organisations religieuses, mais également cette pratique soulève des levées de bouclier dans certaines communautés (religieuse et africaine notamment). Alors comment concilier cette tendance naturelle de l'homme à exprimer sa liberté, ce qui inclut la tolérance de l'homosexualité avec les réserves émises par les moralistes?Sans prendre position pour ou contre l'homosexualité, on peut dire sans risque de se tromper que la tendance naturelle à la liberté tout azimut est en elle-même liberticide. Autrement, vouloir faire tout ce qui (semble ou) est bon pour soi, peut empiéter sur la liberté de ceux qui ne partagent pas cette pratique. Aussi faudrait-il ajouter que toute liberté mal comprise aboutit toujours à des travers. Nous le constatons aujourd'hui avec la crise économique qui tire ses origines de la liberté accordée aux traders et au marché pour décider de la trajectoire économique à suivre. Cela dit, ceux qui pratiquent l'homosexualité ont sans doute de bonnes raisons qui justifient leur choix.Je respecte donc ce choix. Mais étant africain, donc respectueux de certaines valeurs, je ne peux accepter une légalisation de cette pratique à l'échelle étatique, ce qui signifierais une abdication face à l'intégration de moeurs venues de l'occident. Aussi sans prendre position, je pense que la morale (religieuse) est absolument contraire à l'homosexualité dans toute ses formes. L'un des aspects les plus équivoques de l'homosexualité est que les homosexuels souhaitent adopter des enfants pour satisfaire ce besoin naturel d'être père ou mère. C'est proprement scandaleux d'avoir des rapports entre personne du même sexe et prétendre à ce bonheur tout en sachant (au nom de la liberté) que cette pratique sexuelle ne peut favoriser la conception d'un foetus. La seule voie de procréation demeure l'union entre un homme et une femme et non entre deux personnes du même sexe.Au nom du droit à la diversité, on peut comprendre l'homosexualité sans pour autant la tolérer (pas au point de l'interdire par une loi au nom aussi du droit à la liberté), ni l'institutionnaliser. Je peux dans le respect de mes convictions démocratiques (acceptation de la différence) avoir pour ami un homosexuel parce qu'il est avant tout un être humain et donc mérite respect, sans encourager la pratique de cette forme de sexualité. Mais la morale devrait faire ce que moi individuellement je ne peut faire, c'est-à-dire stopper cette pratique qui n'honore pas l'être humain. Ce n'est pas manquer de courage que d'opter pour cette approche, mais pour permettre à la morale de jouer son rôle de veille sociale.
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