Publications de Vervein MTORO (3)

8 juillet 2011 au 8 juillet 2012, une année déjà, jour pour jour d’une triste mémoire que je frôlais la mort dans un crash d’avion de la compagnie Hewabora à Kisangani (RDC) ; Berçant dans un sommeil profond qui s’est transformé à un coma. Après les premiers soins à Kisangani, la nuit du 9 juillet j’ai été transféré à l’hôpital Biamba Marie Mutombo (HBMM) de Kinshasa. Entré dans le coma de plus d’un mois, puis de soins « normaux », j’ai du sortir de l’hopital qu’après 5 mois d’hospitalisation…

C’est fut pour moi un temps d’étonnement et un temps de mesurer la bonté de Dieu envers moi. C’était comme si rien ne s’est passé en moi ; ce qui me faisait accepter que j’avais connu le crash n’est autre  que les causes négatives de  celui- ci. Tout ce que je connais de deux premiers mois après le crash, n’est que tout ce qu’on me raconte : Les confrères, la famille, les amis, connaissances, le corps médical…vraiment c’est comme de l’histoire…racontée alors que j’étais moi-même acteur, entre le feu et la mort.

Aujourd’hui dans une conscience retrouvée, tout ce drame, je le considère comme une œuvre lyrique et dramatique. Aussi je le lis dans une approche romantique ; un roman qui a un dénouement heureux ; c’est comme si le tragique se mêle à la comédie et on sait tous la finalité de la comédie…rendre une personne « heureuse »…et je vois surtout la bonté de Dieu.

Il est vrai quand on me parle de cette tragédie, j’ai à la fois peur et suis dans la gaieté en même temps et c’est le rire qui s’en suit. Personnellement, je ne sais pas comment comprendre et saisir le pourquoi je suis sortir de cette tragédie…je ne sais pas donner la cause ou justifier…ce que je sais est que Dieu est grand sa pensée n’est pas pareille à celle de l’homme, son plan est différent de celui de l’homme…tout simplement  insondable. Et quand on me dit que Dieu a encore besoin de toi, Il veut que je me repentisse ou encore Il a un plan pour moi, une mission…sans les nier, j’ai toujours répondu que « je ne sais pas » parce que si je regards et pense à cette centaine d’âmes mortes: parents, jeunes…des innocents dans ce crash, je me demande si Dieu aime seulement Vervein, s’Il veut seulement la repentance de Vervein et si Il a vraiment préparé une mission particulière pour moi…et pourquoi pas les autres ? Tous ceux gens morts sont tous convertis ?  Ne sont-ils pas aimés par Dieu ? Ne méritent-ils pas aussi une mission particulière de Dieu ? Eu égard à ces questionnements, à mon humble avis je ne dis que « Dieu est Amour »…Il  m’aime comme Il aime tous le monde, Il est miséricordieux, Il est amour, Il fait pleuvoir la pluie et pour les bons et pour les méchants…Il arrose sa grâce à tous les êtres humains et elle est gratuite. Ainsi, il est pour moi difficile de chercher ou de trouver la cause  particulière de ma préservation de la mort ce si n’est dans l’amour divin qui n’a pas de parti pris, un amour qui est le même  chez le bon tout comme chez le méchant. Mais j’ai une conviction. Et  je sais que «  plus tard je comprendrais » ; c’est un événement, une expérience qui n’a pas encore dit son nom.

Dieu révélé par Jésus-Christ son fils, est Père et qu’Il nous aime ! Il dépasse énormément notre échelle humaine. Mais au fond il dégage la bonté, la bienveillance, l’accueil envers nous. Dieu est à l’origine de mon salut qui sait voulu par lui, mais Il n’est pas seulement à l’origine du Salut de Vervein mais de toutes les victimes du crash : vivants ou morts.

Le crash m’a emmené plus dans ma quête quotidienne, à m’approcher du Christ et de l’Eglise, à penser toujours à ce millier d’âmes qui ont prié et qui prient pour moi, à tous ceux qui m’ont aidé et m’aident avec les conseils tant humains que spirituels…à mes frères et compagnons de route ; aussi ce crash m’aide à fréquenter et à méditer plus et dans la profondeur la Sainte Ecriture. C’est comme si je venais d’une nouvelle rencontre avec le Christ non dans une illumination mystique mais dans une prise de conscience, claire et exigeante, de manière à représenter pour moi, la volonté de Dieu.

Jusque là rien, malgré cette tragédie, ne m’a perturbé spirituellement, psychologiquement, intellectuellement, moralement…Je suis égale à moi-même, à mes principes. Je les garde avec moi surtout j’aimerai avec un fair-play, comme disait le cardinal Malula, j’aimerai être crucifié pour la vérité que de crucifié la vérité…Je suis serein et calme. Tous ceux qui étaient arrivés ne sont que de périphérique, l’important c’est la vie. Et une vie pleinement satisfaisante aujourd’hui et pour toujours. Le désir de vivre est inné, je l’ai comme chez tous. Si, comme on me dit, dans la souffrance je suppliais la mort, aujourd’hui je caresse la vie. Quelque soit L’âge, l’état, la condition…que nous atteignons l’homme se réjouit toujours de la vie et a peur de la mort. Il en est ainsi parce que Dieu a implanté au très profond de l’être  humain le sens de l’éternité bien que l’homme est incapable de saisir l’œuvre que Dieu accompli du commencement à la fin. Je suis heureux au delà de tout ce qui m’est arrivé et ma conviction reste la même pour l’espèce humaine. Que personne ne se sente offensé, tout ce qui est arrivé c’est parce que Dieu l’a voulu, il y a rien à faire de connexions non sensées. Sachez que Dieu nous aime tous, Il vous aime. Je mise sur la joie et le bonheur en Jésus Christ que je puise dans la prière et la méditation. Oui, avec la foi, avec Dieu tout devient possible. La foi en Jésus Christ me motive à aller plus loin, mon moral est bon car je me sens utile. Rien ne m’enlève mon humanité et personne n’a le droit de m’en priver. Je suis différent et je fais mon expérience personnelle car celle-ci elle se conjugue toujours au singulier et non au pluriel…le même événement mais à chacun son expérience…je suis content de ce don de la Vie… André Malraux nous apprend que la Vie ne vaut rien, mais que rien ne vaut la vie.     

 

 

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OPPOSITION OU OPHTALMIE EN RD CONGO ?

Dès 1990, le vent de la démocratie a soufflé partout en Afrique. Nous avons assisté à des ouvertures politiques aux espaces fermés par les dictateurs de l’époque. Par-ci par- là, il y a eu les conférences nationales, le multipartisme et les promesses des élections libres et transparentes pour entamer la démocratisation dans le Continent. On estimait voir le vent de la perestroïka de Gorbatchev et du discours de la baule de François Mitterrand mais aussi les efforts fournis par les peuples et les dirigeants de certains pays qui ont cru et qui croient en la démocratie porter leur fruit ; néanmoins c’était sans compter avec la mauvaise volonté de beaucoup d’hommes politiques africains. Si dans certains pays, nous constatons, tout de même, une évolution positive et encourageante depuis ces années (Benin, Mali, Ghana, l’Afrique du sud…), dans d’autres pays c’est tout un flottement, une sorte de déstabilisation sous des régimes parfois forts mais surtout suite à une mauvaise conception de la démocratie par les acteurs politiques (Cote D’Ivoire, RD Congo…). Aujourd’hui, on est obligé à nous interroger encore plus d’une fois sur le sens de la démocratie, sur l’importance de la démocratie en Afrique. C’est bien que ceci ne constitue pas le point de notre pensée.Le vent de la démocratie a donné de l’espoir…, mais cet espoir a été brisé par l’amateurisme des hommes politiques. C’est le cas de la RD Congo aujourd’hui où le pouvoir en place et l’opposition étalent au grand jour leur manque de volonté de conduire ce grand pays vers la place qui lui faut. Si le gouvernement a sa part de responsabilité dans la léthargie du pays, il faut aussi et surtout souligner la part de l’opposition congolaise qui doit mieux apprendre ce qu’est la démocratie.Avec la Conférence Nationale Souveraine, tout était à croire que l’ex Zaïre se met en marche, en fin, pour la démocratie. Cependant la suite des événements nous montre que cette conférence n’était qu’un échec cuisant qui a ouvert la porte à toute sorte de maux à ce pays : les troubles sociaux, l’absence de l’Etat et d’un système économique, les guerres successives, etc. Si le pouvoir de l’époque peut être pointé du doigt, il faut plus pointer l’opposition qui a été incapable de bien négocier le virage de la dictature à la démocratie, bref ce processus. L’opposition, n’ayant pas bien compris ce qu’est la démocratie, au lieu d’aller avec la logique, elle s’est lancé dans un combat en disant : « ôte-toi delà que je m’y mette » comme si c’est cette locution qui résumait la démocratie. Ainsi va l’opposition en RD Congo jusqu’aujourd’hui.La RD Congo vient de traverser une longue crise pendant laquelle le peuple a beaucoup sacrifié en faveur des égos de ses hommes politiques. Et après les élections libres et démocratiques de 2006, ce peuple a besoin de dresser le front pour prendre un plus bel élan dans la paix avec le concours de tous les congolais et les amis de la RD Congo. Ce peuple veut qu’on donne la chance à tout le monde pour la reconstruction du pays et suivant les critères de la méritocratie. Curieusement les ambitions de ce dernier est en contraste aux ambitions de ses hommes politiques caractérisés par manque de culture patriotique, nationaliste, morale et démocratique. A l’heure actuelle, on ne comprend pas bien ce que représente l’opposition au pays ; il est vrai qu’elle-même aussi ne comprend pas bien ce qu’est son rôle. Pour elle la démocratie signifierait le partage du ‘gâteau’. Pour cela, elle est capable de tout saboter pour créer la crise ainsi réclamer d’instant sa place dans le banquet ‘royal’. Le gouvernement n’est qu’un caïman qui dévore tout et du coup indésirable. Entre les deux, c’est ‘l’eau et le feu’. Du jour au lendemain, l’opposition est surdouée à sortir des critiques acerbes à la contre du pouvoir en place, mais elle est incapable, disons, elle ne sait pas donner ou proposer un projet. Si elle en propose, son projet est tuméfié par son ambition égoïste qui ne lui permet pas de voir les biens communs de la population qu’elle prétend représenter.Pour les élections futures de Novembre, pour le ‘bien’ des congolais, l’opposition devait présenter une candidature unique pour maximiser sa chance d’obtenir un changement en faveur du peuple dont elle prétend représentée. Hélas, une fois de plus, sur la question d’intérêt national, elle est incapable de s’entendre, et derrière se cachent leur (opposants) ambitions personnelles et leur philosophie ‘d’ôte-toi delà que je m’y mette. Tous veulent devenir président de la République. C’est une véritable ophtalmie qui les frappe. Par contre, s’il s’agit de planifier un trouble public, de protester contre le calendrier électoral et à certains projets ou tout simplement à tout ce que propose le pouvoir en place, sans protocole, instinctivement, reprenant la bouche du peuple, ils se lèvent comme un homme pour couler le gouvernement et appeler le peuple à la violence comme si celui-ci a besoin de cela. C’est l’ophtalmie ; et plus que cela c’est un drame. Non à l’unité pour les valeurs républicaines mais oui à l’unité pour la désobéissance civile. C’est ça l’opposition en RD Congo. Pire, les opposants ne font pas des suggestions objectives et solides pour le devenir du pays. Les propositions sont toujours taillées à la mesure selon qu’on vise X ou Y.Le bon spectacle est à voir le jour de la célébration de la fête du cinquantenaire de l’accession à l’indépendance du pays (30 juin 2010). Ce jour sacré qui réunit tous les congolais autour d’une même patrie, d’un même idéal et d’une même ambition, qu’est ce que le peuple n’a pas été surpris de voir les opposants saboter, boycotter cette journée pour aller chercher leurs ‘accréditations’ chez les diplomates occidentaux. C’est tout simplement de la mauvaise volonté et le désir de maintenir le pays dans la tension qui ne profite qu’à eux et non au peuple. A ce pays, les opposants sont capables de rejeter les résultats des élections avant même le déroulement de celles là. Ils ne félicitent pas les vainqueurs des élections. C’est vrai que pour la démocratie, il est nécessaire que l’opposition ne soit pas une opposition témoin, comme dit M. KAMTO, ou une opposition-prétexte qui permet tout juste de décerner un certificat de démocratie aux systèmes politiques considérés ; elle doit incarner l’espoir en se présentant comme une solution de rechange. Malheureusement en RD Congo, l’opposition comme le gouvernement ne sont pas loin aussi d’utiliser le pouvoir comme G. A. Théodorson conçoit c’est-à-dire cette habileté de mener à une bonne fin son désir en vue de contrôler, de manipuler les comportements des autres.Il y a urgence de l’apprentissage de la démocratie et ses corolaires en RDC. Le système démocratique est devenu, reste une exigence et une valeur universelle car il est censé, nous dit le Professeur Tshimanga Evariste, favoriser la stabilité politique, la paix civile durable, le développement économique d’un pays et la garantie de sa ‘bonne gouvernance’. La démocratie doit être à la fois le respect des droits de la partie minoritaire et la soumission de la minorité à la volonté de la majorité après une élection transparente ou après un consensus émergeant d’un dialogue franc et sincère. C’est ce dont les hommes politiques congolais doivent comprendre. Le système démocratique ne doit pas être une source des conflits, de désunion ou même des vices comme aujourd’hui en RDC ; et les élections sont là pour renforcer la démocratie. Mais aujourd’hui, au lieu de bien jouer son rôle, les élections deviennent plus redoutées ; elles ne sont plus novatrices.A cette année des élections, les forces vives doivent chercher l’énergie mobilisatrice des populations désabusées en vue de sauver la Nation du naufrage, à comment briser le mur de la haine qui, subrepticement s’est élevé entre les différentes composantes de la communauté nationale, panser les blessures du mépris et les meurtrissures de l’injustice pour enfin sortir de la débâcle sociale. Le peuple congolais a besoin de la paix et du développement ; rien que la paix et le développement.Pour l’opposition, en reprenant Nietzsche autrement, le risque est que le regard mauvais rend le monde mauvais : à force de ne voir que ‘ruines et calamités’, les forces de mort obturent tout champ de vision, et celui qui croit défendre ainsi la vraie politique contre la perversité du temps se laisse vaincre par l’esprit mauvais. C’est un cas pathologique qui apporte l’ophtalmie. Peuple congolais dressons nos fronts…pour bâtir un pays plus beau dans la paix.
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GBAGBO: AIGRI, CLE OU OPPORTUNITE

Les années passent, les jours s’ensuivent et pour couronner le tout plus ou moins de cinquante ans que l’Afrique chantaient, dansaient, jubilaient ses indépendances ou sa décolonisation. L’objet de la décolonisation était, comme dit A. Mbembe dans son essaie sur l’Afrique décolonisée, la recherche d’une « redistribution du langage » et d’une nouvelle logique du sens et de la vie dans une idée de la souveraineté. Force est de reconnaître, cinquante ans après, que les différents projets nationaux sous-jacents à l’idée de la souveraineté ont été trahi par une sorte de perte ou d’abandon de la vocation à l’indépendance véritable. Les Etats africains par le biais de leurs dirigeants ont plus développé la volonté de mort au détriment de la volonté de vie qui devrait mouvoir toutes choses dans la construction d’un espace vital. Conséquence, dans le fait, le démembrement du colonialisme n’a pas fait briller les idéaux de progrès formulés, encore moins favorise l’avènement de la modernité espérée comme souligne A. Mbembe. En complicité avec ses dirigeants, l’Afrique vit une décolonisation qui n’a changé que la forme de l’oppression sans en modifier la substance. Etouffés par ceux qui semblent les diriger, une question traverse la tête des jeunes africains : Comment sortir de cette « pathologie » qui, petit à petit commence à se ranger dans l’ordre de fatalité. Gbagbo est-il une opportunité ? Une clé ou un aigri ? Pensons l’Afrique à partir de la Côte d’Ivoire.

Gbagbo : Clé ou aigri ?

A  première vue, chacun serait prêt à donner une réponse sans beaucoup y penser selon le camp où il se trouve. Qui pour Gbagbo qui pour Ouattara. Or le point d’interrogation placé à la fin du sous- thème n’est pas un simple signe de ponctuation qui se tait ou qui demande superficiellement une réponse mais, il est d’autant plus significatif qu’il mette en question toute réponse qui découle du répondeur. Cette question interroge toute la pratique politique même qui trame l’Afrique.
Placé du côté du camp de l’opposition, on serait tenter de dire que Gbagbo est un aigri qui cherche à venger le refus d’aide de la France pour lui prêter main forte dans le but de mater la rébellion créer au nord du pays. Et ceux qui ont suivi le récent documentaire sur la relation France-Afrique pourraient encore avoir plus d’argument à l’écoute de certains intervenants dans ce documentaire qui ne cesse de soulever beaucoup de polémiques. Cette raison pourrait justifier l’accrochage au pouvoir de Gbagbo. Sans pourtant nier ce fait, il est d’autant plus facile de reconnaître que dès sa prise de pouvoir à la tête de son pays , un pays se trouvant dans le moule du conflit de l’ivoirité créé par son prédécesseur H.K. Bédié, L. Gbagbo cherchait à rompre le pacte colonial qui lie son pays à la France et quitter ainsi l’ombre de chapiteau des intérêts de la France en Côte d’Ivoire. Un crime de l’aise- majesté, comme l'appelle Kä Mana, qui suscite tant de haine à la personne de Gbagbo ; et comme conséquence la France l’a empêché de gouverner en favorisant une tentative de Coup d’Etat qui s’est muée en une rébellion ( Kä Mana)…une crise que la Côte d’Ivoire croyait résoudre à travers les accords d’Ouagadougou et autres mais ,hélas, qui plonge aujourd’hui la Côte d’Ivoire dans une incertitude imaginable après un long moment de processus de pacification, de réconciliation et électoral qui devrait être historique si il atteignait son objectif surtout par ce face- à –face (Gbagbo-Ouattara) à la chaine de la Télévision nationale. Le rêve était permis…sans pourtant compter des sursauts nationalistes des uns (Camp Gbagbo), la mauvaise volonté des autres par leur agenda caché (Camp Ouattara et Soro) et surtout sans compter d’un orgueil et de cette volonté de puissance qui se donne le droit d’ingérence s’il s’agit de défendre leurs intérêts (Occident). Un rêve brisé…il faut une clé à l’Afrique.

Pendant plus d’une décennie, L’Afrique était considérée comme un monde des ruines, une case sans clés où tout était permis, où la porte était grandement ouverte à toute sorte de vautours, d'éperviers etc. Et si la clé y est, elle n’était pas gardée par les africains eux même…ils devraient attendre quelqu’un pour leur ouvrir la porte. Et aujourd’hui, le constat reste le même. Placé de l’autre côté c’est-à-dire du camp de Gbagbo, on pourrait vite dire que Gbagbo est l’homme qui cherche à garder la clé de la Côte d’Ivoire (Afrique) si pas la clé lui-même. Il est la personne qui cherche à défendre à fond les intérêts de la Côte d’Ivoire (Afrique). Il veut faire de la Côte d’Ivoire aux Ivoiriens et rien d’autre. Il veut fermer la porte à tout les vautours, éperviers et autres ; pour ne laisser que la porte ouverte à ceux ou celles qui veulent travailler avec les ivoiriens (africains) en partenariat WIN-WIN. Mais pour y arriver, il faut arracher cette clé. D’où un soutien incontestable à Gbagbo aujourd’hui de la part des jeunes africains qui ont assez de subir les dirigeants et les décisions. Les jeunes aujourd’hui savent comment trouver la dite clé pour verrouiller l’Afrique…non dans le sens de s’enfermer dans un afrocentrisme ou dans un nationalisme dépourvu de sens mais dans un sens qui leur permettra seul à prendre en  main la responsabilité, la destiné de leur continent en ouvrant la porte à toute personne qui pense et croit en un monde cosmopolitique, qui a en lui cette volonté de vie et qui a le sens d’humanité en lui enfin de partager les richesses communes de la Terre. Les africains ont cette capacité d’y arriver…il suffit de voir sa croissance démographique, son courage d’effacer les cicatrices de l’histoire comme soulignait J.M. Ela, sa structuration mentale, sa reconversion d’esprit…mais si et seulement si ces paramètres sont pris en considérations par les dirigeants qui n’ont jamais saisi une opportunité pour penser une indépendance effective de l’Afrique.

Gbagbo : opportunité ?

Si Gbagbo n’est pas seulement la personne comme clé ou aigri, il peut être considéré comme un temps et donc placé dans la catégorie du temps il peut être un instant et pourquoi pas une opportunité. Une opportunité que, peut-être, pourrait saisir les africains pour aider les occidentaux qui nous ont décolonisé sans s’autodécolonisé (expression d’A. Mbembe) à parler aussi de la volonté de vie et non de la volonté de puissance et aussi aider ses fils africains à penser librement dans cette même volonté de vie un monde cosmopolitique.
Hors de tout ce qu’on peut dire de Gbagbo, son courage et aussi de son lieutenant Blé- Goudé peut être un signe annonciateur du courage de ces millions des jeunes africains étouffés par leurs dirigeants qui ont institué le goût du crime, le désir collectif du suicide pour régner à « jamais » dans un fait-plaisir de leurs maîtres. Pourquoi les dirigeants africains n’ont pas saisi cette opportunité pour matérialiser ce qu’on nous fait croire « la solidarité africaine » dans cette lutte d’indépendance effective qu’a déclenchée Gbagbo, bien que pas maîtrisée, contre les rouleaux compresseurs de ce monde pour affranchir l’Afrique et par la suite traiter le problème ivoiro-ivoirien sous l’arbre à palabre ? Force est de constater que ce sont les mêmes dirigeants africains qui deviennent les porte- paroles et mercenaires de leurs maîtres. Là encore une fois on pourrait donner raison à ceux qui pensent que les africains n’ont pas la culture de l’histoire. Et Gbagbo l’a bien compris quand il s’adressait devant les jeunes leaders africains en ce terme : « …Ce qui arrive à Gbagbo peut arriver à tous les chefs d’Etats africains (…) Ils n’ont pas aidé Lumumba. Mais ils ont tous subi le sort de Lumumba (…) C’est un passage obligé pour que demain, vous soyez libre. Le sacrifice que nous faisons vous permettra d’être libres demain. Je suis pour ça. C’est un cadeau que je fais à l’Afrique ». Si les dirigeants africains sont sourds à cela, ce n’est pas autant le cas des jeunes qui se sont retrouvés dans ce discours. Comme disait J. Derrida : « Il faut commencer quelque part où nous sommes […] Quelque part où nous sommes en un texte déjà où nous croyons être ». Croire déjà à ce que Gbagbo dit peut être un lieu ou un temps que les jeunes pourraient un jour commencer cette lutte, ce combat dont leurs dirigeants n’arrivent pas à leur offrir la « victoire ». Cela peut être un point de départ pour sortir de cette longue nuit afin de passer à ‘autre chose’ si nous utilisons l’expression de F. Fanon et pourquoi pas d’A. Mbembe.
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