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« L'agriculture paysanne, familiale, agro écologique, comme pilier des politiques publiques en vue de garantir la souveraineté alimentaire et s'attaquer aux défis environnementaux », tel est le thème d’un débat national, organisé, ce mardi 31 mai 2016 à Port-au-Prince par la Plateforme haïtienne de plaidoyer pour un développement alternatif (PAPDA). L’objectif est d’influencer le débat sur l'orientation des politiques publiques en matière agricole pour porter les décideurs à mettre l'agriculture paysanne, familiale et agro écologique au centre de leurs stratégies.

Pour jeter les bases des réflexions  sur le droit à la terre et la souveraineté alimentaire en Haïti, Camille Chalmers, directeur exécutif de la Papda, dans une présentation, a rappelé que depuis quelques années, le débat sur l'orientation de la politique agricole dans le pays est relancé. Des mégaprojets et projets liés aux secteurs de l'agrobusiness, des zones franches agricoles, des zones franches industrielles, du tourisme de luxe et de l'exploitation minière ont été implémentés. Ces initiatives, selon lui,  sont à l'origine d’un processus d'accaparement de terre et d'expulsion de milliers de familles, particulièrement dans le segment des petits exploitants  paysans. Poursuivant que cette situation est caractéristique non seulement du manque de dialogue et de concertation sur l'orientation des politiques publiques dans le pays, mais aussi elle est liée à la mise en application du slogan politique "HAITI IS OPEN FOR BUSINESS", visant à garantir la rentrée massive des  investissements directs étrangers (IDE).

Camille Charlmers ajoute que tout cela se passe dans un contexte socioéconomique assez difficile, où Haïti connaît une augmentation significative du taux d'inflation, une augmentation constante du nombre de personnes menacées ou souffrant de la faim (estimé aujourd’hui à plus de 3,5 millions d'habitants, en majorité paysans), une accélération de la paupérisation des couches majoritaires de la population, un retrait considérable de l'État dans la fourniture des services sociaux de base avec très peu d'investissements publics. Il dit constater cette dégradation généralisée alors que les effets d'annonce des Organisations non-gouvernementales (ONG) et Agences de développement international quant à des investissements dans le milieu rural et dans les services sociaux avec des résultats fantômes cohabitent avec une drastique réduction de l’aide publique au développement captée par Haïti.

 

D'un autre côté, le professeur Chalmers poursuit ses réflexions pour dire que les politiques de libéralisation commerciale appliquées sans réserves par Haïti, sous la dictée des Institutions financières internationales (IFI) détruisent de plus en plus tout ce qui reste comme mécanisme et outils nécessaires à assurer la souveraineté alimentaire dans le pays notamment par la pratique du dumping sur les produits agricoles des paysans haïtiens, comme le montre la récente initiative du département de l'Agriculture des États-Unis d'Amérique pour envoyer une aide en pistache à Haïti, utilisant le  prétexte de l'aide humanitaire. L’économiste a martelé que  ce don s’inscrit dans le cadre des problèmes de surproduction et de difficultés de stockage des agriculteurs américains. Soulignant que l'absence des politiques de soutien aux agriculteurs haïtiens, la libéralisation commerciale (baisse des tarifs douaniers), l'accaparement des terres / l'expulsion des paysans, la promotion des stratégies de monocultures (bananes, pites...), l'exploitation minière, le tourisme de luxe, les zones franches industrielles sur des terres agricoles, les projets de barrages hydro-électriques, entre autres, sont autant de freins et de menaces pour l'agriculture paysanne familiale agro écologique, le droit à la terre et la souveraineté alimentaire dans le pays.

Pourtant, il explique que face à la crise environnementale aigüe que vit le pays, face aux risques de catastrophes naturelles, les effets des changements climatiques, diverses recherches, études, analyses tant en Haïti qu'au niveau international, ont prouvé que seule l'agriculture paysanne, familiale agro écologique est capable d'apporter des réponses alternatives claires face à la problématique de la faim, à la crise environnementale et à la redynamisation de l'économie du pays.

 

Au terme de ces assises, la Papada espère que la lutte pour le droit à la terre et la souveraineté alimentaire dans le pays soit  renforcée. Les autorités étatiques sont informées, sensibilisées sur les thématiques de l'agriculture paysannes familiale agro écologique, de la souveraineté alimentaire. Des espaces de dialogue pour traduire leurs engagements en lois et politiques publiques doivent être mis en place, estime le PAPDA.

 

Therno N. A. Sénélus

stherno@lenational.ht

 

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Haïti reste dépendant de l’aide internationale. Le pays est loin d’évoluer, malgré les milliards dépensés par la communauté internationale et les nombreuses interventions questionnables des ONG au cours des cinquante dernières années, notamment après le séisme de 2010.  

 

Plus de cinq ans après le séisme du 12 janvier 2010, le pays semble davantage s’enfoncer dans le sous-développement. Et la reconstruction n’est toujours pas terminée. En fait, a-t-elle seulement commencé ? Selon le Fonds Monétaire International, 10 milliards de dollars ont été promis au lendemain du tremblement de terre. Cela correspondrait à la facture des dégâts. Dans un pays qui va à vau-l’eau, où est passée l’aide internationale ?

 

Des économistes et des citoyens haïtiens ont montré clairement que l’aide internationale à Haïti est un échec. Le 17 avril 2013, lors d’une conférence de presse, la Direction exécutive du Centre de recherche, de réflexion, de formation et d’action sociale (Cerfas) est arrivée à la conclusion que l’aide internationale à Haïti est un échec. Elle constitue, très souvent, une stratégie d’imposition et d’application des politiques néolibérales par des pays donateurs, et répond, dans certains cas, aux besoins du capital transnational.

 

Toujours est-il, à l’heure du bilan de l’aide humanitaire dans le pays, environ 60 000 personnes végètent dans la misère, sous les tentes et dans le désespoir. Une préoccupation humanitaire. La Matrice de suivi des déplacements (DTM) de l’organisation internationale pour les migrations (OIM) a précisé que 60 801 personnes déplacées (14 970 familles) continuent de vivre toujours dans 45 camps. Les 60 801 représentent uniquement 4 % des 1,5 millions de personnes qui habitaient dans 1 555 camps en 2010.

 

Pourtant, l’observation des indicateurs liés au développement (le Produit intérieur brut/ PIB par habitant, par exemple), nous renseigne sur le fait que l’usage des sommes décaissées, en tant qu’aide au développement pour Haïti, n’a pas su engendrer une amélioration significative des conditions de vie pour la majorité de la population. Le pays s’enfoncerait davantage dans le sous-développement chronique, un processus qui n’aboutirait selon les experts qu’au mal-développement.

 

Les objectifs poursuivis par l’aide au développement et les politiques commerciales des pays donateurs, ont souvent été contradictoires. Car, de nombreux accords commerciaux favorisent la dépendance alimentaire et limitent la capacité productive d’Haïti. En 2015, nous attendons encore de l’aide internationale. Qu’en faisons-nous ?

 

L’échec de l’aide internationale en Haïti est multiple. La première mission de l’ONU envoyée en Haïti en 2004, après le coup d’État, avec pour objectif de stabiliser le pays a lamentablement échoué.  La situation reste explosive. Pas de changement du cadre de vie.

 

La deuxième mission, toujours de l’ONU, dite de reconstruction, a pris place dans le pays après le séisme du 12 janvier 2010. Sa mission consiste à reconstruire toutes les infrastructures nationales détruites. Sous les auspices de Bill Clinton, ancien président américain, des dizaines de réunions sont organisées partout dans le monde, notamment en Europe et aux États-Unis pour lever des fonds. Plus de 9 milliards de dollars sont promis sur une période de dix ans. Jusqu’à date, aucune reconstruction n’est effective. Le choléra ajouté aux calamités du peuple haïtien par les troupes d’occupation, un autre échec de l’aide internationale.

 

Ricardo Seitenfus, ancien représentant de l’Organisation des États américains (OEA) en Haïti, dans son livre intitulé : « L’échec de l’aide internationale à Haïti, dilemmes et égarements »,  dénonce les mécanismes de rapatriement de l’aide, qui aurait été octroyée à Haïti pour sa reconstruction, avec pour  instrument, les Organisations non-gouvernementales (ONG).

 

Cette prolifération d’ONG à travers la République qui témoigne de cette velléité de commercialisation de la « Pitié internationale », avait déjà été critiquée par le diplomate brésilien. Ce fut alors considéré comme une diatribe contre la présence de l’Internationale en Haïti, un pays où, disait-il, tout encore était à bâtir. Une situation qui n’a pas beaucoup évolué.

 L’aide internationale, pour le mal-développement d’Haïti ?Seitenfus, a compris dans l’agissement de l’Internationale, qu’ « afin de garantir la pérennité du paradigme haïtien, il est indispensable que les problèmes affrontés perdurent, sinon il risque de disparaître. En somme, le peuple haïtien doit demeurer dans la même condition ignominieuse».

 

Selon l’auteur, c’est une crise de pouvoir causée par l’institution de la démocratie représentative dans un pays où « il n’existe pas de tradition démocratique ». Ébahi, le professeur Seitenfus se demande pourquoi le minuscule pays d’Haïti continue de défier tout le monde et se questionne également sur les raisons expliquant l’inadaptabilité constante d’Haïti à la modernité.

 

Le Programme des Nations unies (PNUE) croit que la vie socioéconomique en Haïti est centrée sur l’utilisation irrationnelle des ressources naturelles et le pays est menacé par les catastrophes. Dans ce contexte, miser sur la gestion des écosystèmes permettra de consolider la résilience économique de la population et de dresser des barrières de protection naturelle contre les catastrophes naturelles.

Therno N.A. Sénélus

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Par Therno N. A. Sénélus

La corruption fait rage dans l’administration publique.  Elle ne date pas d’hier. De jour en jour, elle s’accroit en ampleur. Désormais, il ne se passe plus guère de journée sans qu’un nouvel épisode ne se joue. Le phénomène est tellement poignant que des usurpateurs de titres arriveraient même, selon plus d’un, à occuper de hautes fonctions dans certains bureaux de l’Etat.

Vendredi 31 juillet 2015. Deux heures de l’après-midi. Parquet de Port-au-Prince. Trois jeunes postulants en agronomie, en médecine et en administration au prochain concours de l’Université d’État d’Haïti, venant respectivement des départements du Sud, du Sud-est et de la Grande-Anse, se sont rendus au local du parquet, pour légaliser leur extrait d’archives. Le service leur semble difficile. Les employés qui devaient les recevoir, n’étaient pas trop disponibles et disposés à offrir les services sollicités. Les postulants, déçus, s’apprêtent à rebrousser chemin quand soudain, des jeunes garçons et adultes, vêtus  de pantalons noirs, de chemises bleues, de cravate rouge et noire,  se réclamant être des avocats, s’approchent d’eux et leur demandent : « comment pourrions-nous vous aider? Nous pouvons vous faciliter la tâche ».

Les postulants ont exposé leur situation à ces individus qui, se baladant à longueur de journée sur la cour du parquet, prétendent être des avocats. Leur mission est d’offrir un service rapide à tous ceux qui souhaitent en bénéficier, et, à un prix qu’ils estiment abordable. Ce sont des racketteurs. Ils se donnent pour mission d’accompagner et d’assister ceux qui ne connaissent pas trop le fonctionnement de la boite et qui ont besoin de services. Mais ils le font surtout à leur profit. Ces individus se conforment à un protocole : valise en main, cartable, enveloppe, le fameux code pénal haïtien confortant leur titre de maitre,  et autres documents-matériels.

« Nous allons vous faciliter la tâche. Vos extraits d’archives vont être légalisés en un temps record. Il vous suffit de verser une somme de 1500 gourdes », ont-ils déclaré aux jeunes postulants. Ces derniers devaient faire le dépôt de leurs pièces aux facultés auxquelles ils se sont inscrits ce jour même. Pris dans la contrainte du temps, et lassés dans ce labyrinthe institutionnel, les postulants se sont obligés de négocier. « Nous sommes à Port-au-Prince pour les inscriptions à l’université d’Etat d’Haïti. Nous n’avons pas tout cet argent. Mais il y a quand même une issue », objectent les jeunes qui commencent déjà à transpirer devant toutes ces difficultés.

 

Ces derniers  ont fait savoir aux jeunes postulants à l’UEH qu’ils peuvent leur faciliter la légalisation de leur extrait d’archives en un temps record. Il leur faut à chacun d’eux un montant de mille cinq cent gourdes. Ces postulants  ne savaient pas qu’une telle démarche devrait couter autant. C’est à ce moment qu’ils ont commencé à se poser toute une série de question sur la procédure à suivre pour légaliser une pièce au service de légalisation du parquet. Ils se voient pris entre l’enclume et le marteau. Ils ont besoin du document légalisé pour faire le suivi académique, cependant, ils n’ont pas le montant exigé par les raquetteurs. De ce fait, ils ont tenté une négociation en exposant leur réalité sociale d’existence aux raquetteurs.

« Nous sommes tous venus pour subir les concours d’admission dans les facultés de l’Université d’État d’Haïti. Nous n’avons pas suffisamment d’argent. Mais c’est sur que nous pouvons trouver une entente », supplient les postulants qui proposent 1000 gourdes pour le service. Les racketteurs ne sont pas d’avis et les demandent  d’ajuster à 250 gourdes. Ces postulants sont convenus de donner au total 1250 gourdes aux racketteurs, moyennant un service de 30 minutes. Ce qui est accepté par les racketteurs. 10 minutes après l’heure impartie, un extrait d’archives aucun n’a été scellé par le substitut du commissaire du gouvernement. Une situation qui a soulevé ces postulants  contre les prétendants avocats. Ils ont demandé aux racketteurs de leur rembourser leur argent et aussi de les accorder leurs pièces>

Selon ce qu’ont rapporté les trois postulants, les racketteurs ont besoin un rajout de 500 gourdes sur les 1250 gourdes ce qui donne un montant total de 1750 gourdes. Les postulants ont, à nouveau, riposte: “nous avons besoin de nos pièces. Pas de question de donner 500 gourdes. Un évènement qui a terminé en queue de poisson entre les deux parties.

Par la suite, selon notre observation, nous  avons pu  bien comprendre qu’un réseau mafieux entre ces individus qui se réclament être avocats et certains employés aurait  bel et bien existé.

Dans ce cas, l’argent tourne autour des employés et les services aux citoyennes et citoyens ne repartent pas. Pire, chaque jour, la situation de racket s’intensifie dans les entités de l’administration publique.

Ainsi, doit-on rappeler, pour légaliser un extrait d’archives, un acte de naissance, un acte de mariage… Le concerné doit se rendre à la direction générale des impôts de sa juridiction pour payer un rece pissé (102 gourdes), ensuite se diriger au parquet du tribunal civil de la juridiction en question au service de légalisation (sans un sou) pour avoir la signature du substitut(pas de  commissaire du gouvernement(pas de rece pissé). Une fois terminée, on doit se présenter au ministère de la Justice et de la Sécurité publique avec le rece pissé pour une deuxième signature. Pour le Ministère des Affaires étrangères, le même processus.

 

 

 

 

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Par Therno N. A. Sénélus

Le phénomène de la migration haïtienne au Brésil s’est intensifié après le tremblement de terre du 12 janvier 2010. Certains Haïtiens, incapables de faire face à cette crise, cherchaient un mieux-être ailleurs. Comme la migration vers les États-Unis, le Canada devient de plus en plus difficile, ils se sont tournés alors vers  les pays de l’Amérique du Sud, notamment le Brésil.

Ce pays, pour aider Haïti fortement éprouvée par le cataclysme du 12 janvier, se proposait d’accorder cent visas par mois aux Haïtiens ayant des attaches au Brésil. C’était aussi une façon de faciliter la réunification familiale. Ce programme humanitaire s’échelonnait sur une période de cinq ans.

La demande de ces 100 visas par mois a amplement dépassé l’offre et a exercé une contrainte sur la capacité administrative du consulat du Brésil à Port-au-Prince. Selon certains employés de ce consulat voulant garder l’anonymat, ils reçoivent plus de 230 demandes journellement. La quantité de demandes, ajoutent ces employés, pourrait subir une variation selon besoin.

Financement du voyage

La question du financement du voyage a été également mise en évidence. Les coûts prévus ont varié de 120 à 5 000 dollars américains, selon les déclarations de certains demandeurs de visa. La plupart des migrants haïtiens ont effectué des emprunts pour financer leur voyage. Julienne Valcin, 28 ans, se désole du fait que le pays ne lui ait pas offert l’encadrement nécessaire : «  Depuis ma naissance, je mène une vie difficile. Je suis allée à l’école avec beaucoup de difficultés. J’ai composé six fois en rhéto et j’ai échoué. Je veux aller au Brésil pour trouver un mieux-être. Malgré tout, je suis obligée d’emprunter de l’argent pour payer le visa. » D’autres jeunes qui sont à la file devant l’ambassade ont déclaré avoir tous emprunté pour leur demande  de visa.

Il y a une rumeur faisant croire qu’il y a des emplois  au Brésil pour les travailleurs non qualifiés.  Les visas sont relativement faciles à obtenir et on ne déporte pas les migrants irréguliers. Ceux qui sont éligibles à la résidence permanente sont minoritaires.

 

Trois migrants haïtiens rencontrés ce lundi matin aux environs de 8 h 15 devant les locaux de l’ambassade du Brésil à Pétion-Ville sont de retour au bercail pour régulariser leurs dossiers.

 

Pierre Alciné, 33 ans, père de quatre enfants, a quitté Haïti en juin 2012 et est arrivé à Brasilia via Panama, Quito,Tumbes, Lima. L’individu a vendu son « taptap » pour son voyage. On lui a fait savoir qu’une fois arrivé à Brasilia il aurait un emploi. Mais ce n’était pas le cas, il a dépensé beaucoup plus d’argent qu’il ne pensait dans le voyage car il avait dû payer 1 000 dollars à un passeur à la frontière entre Équateur et Pérou. Malgré tout, pour monsieur Alciné, « le Brésil est un véritable paradis quant à ses conditions de vie », soulignant que s’il avait un emploi d’au moins 10 000 gourdes, il ne laisserait pas Haïti.

 

Pourtant, Apson Clénord, 27 ans, s’est  rendu au Brésil pour une maîtrise en génie rurale. Pour lui, seules les études pouvaient le conduire dans ce pays : « Ce sont les études qui m’intéressent. Je suis en Haïti, depuis deux mois, je vais appliquer pour d’autres études. Je pourrais toujours travailler, mais pour moi, le Brésil est une destination beaucoup plus favorable aux études. » Il souligne, par ailleurs, qu’il n’est pas contre les Haïtiens qui y vont pour chercher de l’emploi, mais il fait remarquer que là-bas, ils vivent très mal : « Trop d’Haïtiens au Brésil vivent dans des conditions socioéconomiques précaires.  Si j’avais à conseiller mes compatriotes, je leur suggérerais d’aller au Chili. »

 

Soulignons que les institutions haïtiennes, comme l’Office nationale de la migration (ONM) et le ministère des Haïtiens vivant à l’étranger (MHAVE) qui devraient fournir des informations sur le nombre d’immigrants haïtiens dans les autres pays ne disposent, pas jusqu’à date, d’archives.

 

 

 Le National

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Économie- investissement : Des mesures incitatives à l’investissement

LE NATIONAL

Par Therno N. A. Sénélus

L’ouvrage « le guide de l’investisseur »  élaboré par le Centre de facilitation des investissements (CFI)  présenté ce mercredi 1er juillet tombe, selon les observateurs,  à point nommé. L’ouvrage propose tout un ensemble d’outils traitant plusieurs points notamment les procédures relatives à la création d’une entreprise, les mesures incitatives à l’investissement, la décision de faire affaires en Haïti  et fourmille aussi bien de réflexions qui tournent entre autres autour de l’éducation et les règlementations douanières.

 

Investir  en Haïti n’a toujours pas été chose facile. Les conditions sécuritaires toujours précaires ont toujours menacé de mettre en péril les investissements directs étrangers.  Dans une perspective de régulariser le secteur investisseur, un code des investissements  et une loi sur les zones franches ont vu le jour  en 2002. Dans ce code, Haïti offre aux investisseurs un ensemble de mesures incitatives axées sur la compétition.

Comment bénéficier des incitatifs ?

Pour bénéficier des avantages incitatifs, des procédures d’application sont mises en œuvre par le CFI, instance chargée de fournir des informations, la réception et le traitement des demandes de mesures incitatives aux fins de les  transférer vers les ministères chargés de l’analyse technique des projets.

Le CFI assurera le suivi des demandes jusqu’à ce que la commission interministérielle des investissements prenne une décision administrative.  A cet effet, les formulaires d’application sur les mesures incitatives sont disponibles au siège du CFI.

 Quelles sont les conditions d’éligibilité ?

Pour être éligible, tout candidat devra  « être propriétaire d’une entreprise enregistrée ou en cours d’enregistrement en Haïti, adresser une requête au Directeur général du CFI accompagnée des documents relatifs à l’étude de faisabilité, le plan d’affaires quinquennal, la liste détaillée des équipements, matériel et matières premières à importer,  l’autorisation du ministère du commerce et de l’industrie, une copie du journal officiel « Le Moniteur », dans lequel sont publiés les statuts de la société et aussi une copie du quotidien dans lequel l’annonce légale a été publiée (société en nom collectif et société en commandite simple) ».

S’agissant d’une entreprise individuelle, il faut se présenter avec une copie du certificat d’enregistrement du nom commercial de l’entreprise, délivré par le Ministère du commerce et de l’industrie, ainsi que la carte d’identification fiscale, la patente, le quitus fiscal, le bilan d’ouverture et  la déclaration d’impôt sur le revenu des membres ou partenaires du conseil d’administration de l’entreprise.

Quels sont les secteurs clés de l’investissement ?

On peut ne pas pouvoir investir dans n’importe quel secteur. Le CFI donne la priorité au secteur agricole, artisanal, touristique et les services associés. Les investissements seront axés sur l’exportation et la réexportation. Il faut au moins 35% d’au moins de valeur ajoutée pour des investissements réalisés dans le cadre de l’industrie nationale et pour la consommation locale. Les investissements dans les zones franches et d’autres secteurs ou régimes spéciaux sont également pris en compte.

A en croire les propos du guide de l’investisseur, le code des investissements de 2002 présentait un ensemble d’avantages incitatifs, parmi lesquels, on peut notamment citer l’exonération totale de l’impôt sur le revenu sur une période qui ne devrait pas dépasser 15 ans,  la dépréciation accélérée des biens immobiliers, de l’équipement, du matériel, des logiciels et de certaines dépenses.

Lors de la présentation du guide de l’investisseur,  le chef des opérations de la Banque interaméricaine de développement en  Haïti,  Gilles Damais, a mis l’accent sur l’investissement direct étranger. «  Pour générer un développement économique durable, le secteur privé doit investir. L’investissement du secteur privé favorisera la création d’emploi et le transfert de compétences pour le renforcement du capital humain du pays ». L’attraction des investissements directs étrangers, a-t-il ajouté, facilitera « l’accès d’Haïti aux marchés internationaux et pourra aussi placer le pays dans une croissance économique durable ».

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LE NATIONALEntre synergie et application: le budget serait-il sensible au genre ?

Par Therno N. A. Sénélus

Égalité de sexes. Équité de genre. Budgétisation sensible au genre. Ces thématiques  ont fait l’objet d’un traitement particulier lors du colloque organisé récemment à Port-au-Prince par le ministère à la Condition féminine et aux droits des femmes (MCFDF), conjointement avec l’entité des Nations Unies œuvrant pour l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes (ONU-Femmes).

Les initiatives en déclinaison avec le concept de « Budgétisation sensible au genre »
(BSG) sont désormais monnaie courante, depuis l’année 2000, dans plus de vingt pays.  Selon la définition adoptée en 2005 par le Conseil de l’Europe, « la budgétisation sensible au genre est une application de l’intégration de la dimension de genre dans le processus budgétaire. Cela signifie une évaluation des budgets basée sur la dimension de genre, en incorporant une perspective de genre à tous les niveaux du processus budgétaire et en restructurant les recettes et les dépenses dans le but de promouvoir l’égalité des genres. ».

L’initiative de la promotion de la BSG  en Haïti a été engagée en 2008 à la suite des contacts entre l’ONU-Femmes et le MCFDF. À cet effet,  un comité mixte comprenant le MCFDF, le ministère de l’Économie, des finances, le ministère de la Planification et de la coopération externe  a même été mis en place en vue de renforcer l’effort de promotion de ce plan.

Cette initiative des pouvoirs publics s’est vraiment matérialisée en 2009,  lorsque la décision d’intégrer la BSG dans le Plan stratégique et opérationnel 2009-2012. L’ONU-Femmes a soutenu cet effort en développant des instruments relatifs à la « Budgétisation sensible au genre et Droits des femmes à la santé en matière de reproduction » en vue d’aider les acteurs haïtiens à renforcer leurs capacités pour une meilleure appropriation du concept.

Dans cette perspective, le Fonds des Nations Unies pour la Population (FNUAP) a mis au profit des institutions haïtiennes un manuel de formation intitulé  « Pratique de la budgétisation sensible au genre ». Le plan stratégique 2009-2012 de sa mise en œuvre présentait trois objectifs principaux : faire un travail de sensibilisation et de plaidoyer, développer les capacités et parvenir à sa concrétisation réelle sur le terrain en collaboration avec toutes les parties prenantes.

Dans cette étude présentée par le président du Centre d’entrepreneurship et de leadership en Haïti (CEDEL HAITI), Rock André, une meilleure méthode d’évaluation du BSG en Haïti serait d’estimer avec plus de précision les dépenses spécifiques aux activités d’amélioration de la situation des femmes, les  dépenses supportant l’égalité des chances dans l’accès aux services publics  et aussi des dépenses générales.

Dans son analyse, Rock André a montré qu’un budget n’est sensible au genre que si l’on tient compte spécifiquement de la situation des jeunes filles, des garçons, des  femmes et hommes.  À cet effet, un rapport-genre s’avère nécessaire. Dans ce cas, l’on devrait se soucier du niveau de compréhension effective du concept par les gens pour une meilleure appropriation de la thématique à travers le territoire national.

Au terme de sa présentation,  Rock André  après avoir fait le point sur l’état actuel du dispositif mis en place pour l’opérationnalisation de la BSG, a recommandé une meilleure approche de la problématique  dans le sens d’une meilleure application du BSG dans le cadre du Plan stratégique et opérationnel 2009-2012. « Le budget n’est pas l’affaire des femmes, c’est l’affaire de tout le monde », a-t-il déclaré.

Pour ce faire, il recommande « la définition d’une méthode d’application plus dynamique                                    de la BSG pour Haïti  (…)  ainsi que la réalisation d’une campagne de plaidoyer en faveur de la mise en place effective de la budgétisation sensible au genre (BSG).  « Nous devons supporter l’élaboration d’un rapport genre au niveau de chaque ministère pour aboutir à un rapport global genre au sein du gouvernement » et établir un partenariat avec le ministère de l’Économie, des finances  et les autres ministères. Le BSG doit prendre en compte toutes les couches de la population »

Situation des femmes dans l’économie haïtienne

Pour faire un diagnostic de la situation des femmes dans le secteur économique, Ruthlanda Borga, fonctionnaire du MCFDF – doctorante en macroéconomie et  féministe – met l’emphase sur le secteur entrepreneurial. Pour défendre la cause des femmes, soutient la doctorante, il faudrait disposer de données statistiques fiables. Dans sa présentation, Ruthlanda Borga souligne le fait qu’Haïti est pauvre et « que cette pauvreté est sexuée (…) et qu’il faut parler de la féminisation de la pauvreté.

Selon une étude de l’Observatoire national de la pauvreté et de l’exclusion sociale (ONPES) et de la Banque mondiale, près de 60% des pauvres se retrouvent dans le secteur de la micro entreprise. 75% de ce pourcentage exercent leurs activités dans les secteurs du commerce, de la construction et des services. La majeure partie des femmes entrepreneures, d’après les statistiques, se retrouve dans le secteur achat et vente de produits.

D’un autre côté, un  recensement de  l’Institut haïtien de statistiques et d’informatique (IHSI-2007) montre que parmi les personnes intervenant dans l’aire métropolitaine, 64,3 % sont des femmes. Ces dernières évoluent dans le secteur informel privé. Dans les zones urbaines, 64,7 % des personnes actives sont dans le secteur informel. En général, dans l’ensemble du pays, la population active évoluant dans le secteur informel privé est composée de 75,1 % de femmes et 35,8 % d’hommes.

Le recensement général sur les entreprises réalisé en 2012 par le ministère du Commerce et de l’industrie (MCI) a révélé que sur les 71,515 entreprises recensées, 96% sont des entreprises individuelles. 61 % ces entreprises appartiennent à des femmes. En gros, 74 % des 71,515 entreprises recensées évoluent dans le commerce de détail avec un chiffre d’affaire très faible, probablement du fait que l’accès au crédit bancaire est réduit.

La budgétisation sensible au genre est surtout l’application sur le terrain d’un modèle éprouvé  d’intégration de la dimension de genre dans le processus budgétaire. C’est une évaluation des budgets basée sur la dimension de genre, qui incorpore la  perspective de genre à tous les niveaux du processus budgétaire. Elle restructure les recettes et les dépenses dans le but de mieux promouvoir l’égalité des genres.

 

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LE NATIONAL

Le tourisme, un secteur porteur pour favoriser le développement économique ?

Par Therno N. A. Senelus

En 2014, Haïti a reçu plus d’un million de visiteurs (1 127 577 pour être plus précis), dont 662 403 croisiéristes et 465 174 touristes de séjour, ce qui supposerait une croissance de 10,8 % par rapport à 2013. 

 

Jadis, l’hébergement des touristes en Haïti était limité à quelques guest-house au confort limité et à des hôtels de grand luxe qui pouvaient être assimilés à des palaces. Aujourd’hui, l’offre en matière d’hébergement touristique est  très diversifiée. La multiplicité des types d’hébergement et les nouveaux tarifs en vigueur témoignent de l’évolution de la situation, même si on est encore loin de la flambée des années soixante et soixante-dix.

En ce premier semestre de 2015, les responsables du ministère du Tourisme et des industries créatives (MTIC) auront bien du mal à estimer avec plus ou moins d’exactitude le nombre d’établissements d’hébergement touristique, de chambres disponibles et encore moins le nombre de croisiéristes fréquentant annuellement le pays. Il semblerait toutefois qu’en 2014 Haïti a reçu plus d’un million de visiteurs (1 127 577 pour être plus précis), dont 662 403 croisiéristes et 465 174 touristes de séjour, ce qui supposerait une croissance de 10 8 % par rapport à 2013.

Séjourner en Haïti

Les frais d’hébergement varient de 196 à 150 $ US par nuit si l’on tient compte du tarif affiché dans les cinq plus importants hôtels localisés dans le département de l’Ouest : 196 $ US à Best Western, 150 $ US à Royal Oasis, 187 $ US à NH El Rancho, 174 $ US à l’Hôtel Karibe et 179 $ US à Mariott.

De mars à juin 2014, une campagne de classification des établissements d’hébergement a touché les départements de l’Ouest, du Nord, du Sud, du Sud-Est, du Centre, de l’Artibonite et des Nippes. Cent soixante-dix-sept établissements furent répertoriés et classés sur un total de 525 immeubles visités.

A partir de cette nouvelle évaluation,  les établissements hôteliers en Haïti sont désormais classés en fonction des critères distinctifs, les étoiles chez nous – pour faire original – étant remplacées par des hibiscus. Cinq hôtels seulement, représentant à peine 1 % de l’offre total de chambres d’hôtels en Haïti (soit 441 chambres), ont eu droit au classement de cinq hibiscus, l’équivalent de cinq étoiles. Sept autres de quatre hibiscus viennent en seconde position pour un total de 380 chambres, et 52 autres  – 10 % de l’offre totale  – ont mérité un classement de trois hibiscus pour un total de 1 743 chambres.

 

Un taux moyen d’occupation de 50 %

Dans l’objectif de promouvoir et d’encourager les investissements privés dans le secteur touristique haïtien, le MTIC a réalisé un ensemble d’activités visant à augmenter le nombre de chambres de standard international disponibles dans le pays, dans une perspective  d’amélioration de la capacité d’accueil de l’industrie touristique pour un hébergement de qualité.

Un inventaire de la Direction des investissements du MTIC révèle que pour la période d’octobre 2010 à septembre 2014,  la Commission interministérielle des investissements a agréé 41 projets d’investissements, soit 34 établissements d’hébergement touristiques, 4 projets de transport touristique, 1 projet de complexe touristique et 2 autres projets touristiques. Pour une offre totale de 2 180 chambres et 3 appartements construits ou en cours de construction.

En 2014, la capacité hôtelière d’Haïti a été partiellement évaluée à 9 490 chambres offertes  par 525 établissements hôteliers évalués sous le label « hibiscus ». Cinq mille trente-six chambres sont classées à partir des critères de qualité établis par le MTIC en consultation avec les associations d’opérateurs. Au niveau national, le taux moyen d’occupation du sous-secteur est estimé à 50 %.

Création de 14 000 emplois

Le montant total d’investissements pour la réalisation de ces 41 projets touristiques est estimé à environ 345 millions de dollars américains (345 423 867 $ US) pour 13 700 emplois créés dont 3 425 emplois directs et 10 275 emplois indirects. Parmi les 3 425 emplois directs prévus, 2 785 devraient être créés dans l’Ouest, 352 dans le Sud et le Sud-Est et 288 dans le département du Nord.

Sur un total de 2 180 chambres, 1 742 devraient être construites dans   l’Ouest, 257 dans le Nord et 181 dans le Sud et le Sud-Est. Si la tendance se confirme que si toutes les prévisions se concrétisent, le parc hôtelier haïtien atteindra, dans les trois prochaines années, un nombre total de 13 265 chambres.

Le directeur des investissements du MTIC, Ulrick Emmanuel Noël, est convaincu que « les investissements publics tendent à viabiliser les investissements privés », précisant que le gouvernement haïtien a consenti d’importants investissements en termes d’aménagement de sites touristiques et de renforcement de certaines infrastructures de base. « Près d’une dizaine de sites touristiques ont été aménagés dans les régions touristiques prioritaires du pays comme  Choiseuil, Saut-Mathurine, Observatoire de Boutilliers, Raymond-les-Bains, Bassin-Bleu et Saut-d’Eau ».

Il a par ailleurs précisé que le gouvernement haïtien a initié, conjointement avec des partenaires du secteur privé, un programme de professionnalisation et de renforcement du transport touristique visant à doter les chauffeurs de taxis touristiques d’une centaine de véhicules neufs.

Le tourisme a été identifié par l’administration Martelly comme l’un des secteurs prioritaires susceptibles de générer la croissance économique et de créer des emplois durables dans le pays. Comme secteur porteur, le tourisme pourrait-il soutenir la croissance économique, contribuant ainsi à la réduction de la pauvreté et au développement socioéconomique de la population ?

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Le SMCRS : à la limite de l’insolvabilité ?

LE NATIONAL

Par Therno N. A. Sénélus

Le Service métropolitain de collecte des résidus solides (SMCRS) n’a pas les moyens de la mission qui lui est confiée dans la zone métropolitaine. Il accumule les arriérés de paiement. Son personnel est en rogne. Et il trouve encore moyen de vouloir étendre son rayon d’action. 

Sous couvert de l’anonymat, un membre de l’Unité technique (UTC) de coordination du Service métropolitain de collecte des résidus solides (SMCS) révèle le coût de fonctionnement annuel pour le ramassage et le transport des détritus dans la zone métropolitaine : 240 millions de gourdes.

À date, Haïti semble toujours ne pas avoir un véritable décharge publique, un centre de gestion et de traitement des immondices que l’on voudrait digne de ce nom, s’il faut se fier aux confidences du responsable de l’UTC au National ce jeudi 9 juillet écoulé. Selon ce dernier, le SMCRS fait un travail de collecte et d’amoncellement. Après la collecte, les déchets sont transportés à la décharge de Truitier (une zone située au nord de la commune de Cité Soleil) pour entreposage.

Le SMCRS pourrait difficilement, dans les conditions actuelles, argumenter dans le sens d’une dotation efficiente en ressources financières,  bien adaptée à sa mission.

Suffisamment, en tout cas, pour lui permettre de desservir toute la zone métropolitaine. Un territoire assez vaste, il faut en convenir, et qui regroupe les cinq communes les plus peuplées du pays. Les 240 millions de gourdes allouées par le Trésor public ne permettent en aucune façon d’assainir les rues de la zone métropolitaine, encore moins de traiter les résidus solides collectés.

En ce qui a trait aux équipements et matériels, le SMCRS ne peut compter que sur une flotte de 40 camions à benne compressive et basculante. Plus de 376 poubelles sont déployées le long des principaux axes de la région métropolitaine. La mauvaise utilisation des poubelles justice la raison de leur déplacement prochain. «Toutes les poubelles seront bientôt enlevées, car la population a tendance à  transformer l’espace où se trouve la boite à ordures en décharge urbaine», explique le membre de l’UTC.

Environ 85% des déchets produits dans l’aire métropolitaine auraient dû être transportés vers la décharge de Truitier. Le SMCRS en est incapable, malgré la disponibilité d’environ 800 manœuvres disséminés à travers les rues de la capitale.

Des arriérés de paiement                                                                            

Le SMCRS a été incapable d’honorer ses engagements salariaux auprès de son personnel. Il en résulta deux semaines de grève et de manifestation. Les arriérés de paiement, affectant les cadres, les travailleurs et les contractuels, sont à l’origine du récent débrayage. Selon les informations recueillies, cet arrêt de travail a été observé pendant 4 mois. Un membre de l’administration du SMCRS s’explique : «  On manquait de fonds..  Ce qui explique pourquoi on ne pouvait honorer  nos engagements envers nos employés pendant ces quatre derniers mois. Finalement, on a pu trouver les ressources qui nous ont permis de payer trois mois d’arriérés de salaire. Maintenant, il s’agit pour le SMCRS de se mettre à jour avec le personnel ».

Les activités ayant repris timidement au SMCRS,mais tous ne sont pas satisfais.  Julsaint Emond, un contractuel, s’est retrouvé dans une situation encore plus corsée. Le SMCRS lui doit 6 mois de travail. Il besognait comme opérateur au Champ de Mars. « Je travaille depuis 6 mois comme opérateur pour le SMCRS. 6 mois sans salaires. Je veux mon argent ».

Des responsables du  SMCRS affirment qu’il n’y a pas un horaire spécifique pour la collecte des déchets. Le ramassage, informent-ils, se fait en « temps utile », prioritairement dans « les zones où les détritus ne peuvent pas rester trop longtemps ».

Une approche improductive

Et pourtant, sans désemparer, comme pour conjurer le mauvais sort, le SMCRS accumule les initiatives, les unes aussi stériles que les autres. La première sera baptisée « Opération coup-de-poing ». Elle visera le centre-ville de Port-au-Prince. « Opération ville propre » suivra, pour une meilleure collecte des détritus dans l’aire métropolitaine. L’objectif préalablement défini ne sera pas atteint.

Imperturbable, comme pour exorciser le malin, une autre initiative voit le jour qui se contentera de l’« enlèvement porte-à-porte ». La méthode consiste, selon les responsables du SMCRS, à passer dans chaque zone à des points fixes « pour simplifier le travail des travailleurs ».

Peine perdue. Des détritus sont enlevés, tant bien que mal, mais ils sont vite remplacés. Le problème reste entier. Alors cette structure spécifiquement métropolitaine se cherche une extension de territoire dans le département du Nord sous le nom de « Branche du nord du « SMCRS », une entité « strictement autonome » placée sous la tutelle de la direction générale du SMCRS. Dans les autres communes, ses services de voirie assurent la collecte des résidus solides. Hormis ces incursions dans les rues de certaines mairies, le SMCRS prend l’initiative de la constitution du … « syndicat » des municipalités de l’Ouest.  Les services de voirie de huit communes du pays sont désormais sous son contrôle.

C’était prévisible

« (…) Il nous faut anticiper sur la dégradation accélérée des autres zones du pays et de les doter dès aujourd’hui d’un mécanisme performant de gestion des déchets afin que les nouveaux pôles de développement en construction dans le Nord du pays et le long de la frontière ne se retrouvent pas confrontés aux mêmes aléas que la région métropolitaine de Port-au-Prince » avait en effet déclaré l’ingénieur Jean Donald Paraison, directeur général du SMCRS, lors de la cérémonie d’ouverture d’un Colloque national sur les résidus solides le 3 mai 2012 à Port-au-Prince.

Chose dite, chose faite. Parait-il. Quoiqu’il en soit, le directeur général du SMCRS état à l’époque convaincu de l’importance de la création d’un organisme regroupant notamment les mairies, le Service métropolitain de collecte des résidus solides, le Ministère de la santé publique et de la population pour la gestion des résidus en Haïti. « Ces institutions, avait-il plaidé, auraient pour mission d’édicter des règles de dispositions des déchets pour les ménages, le collecteur et le traiteur dans le pays ». Et il suggère l’élaboration d’un code national de gestion des déchets garantissant « une bonne manutention des résidus en accord avec les règles d’hygiènes et le respect de l’environnement ».

Evidemment, il faudrait l’adoption d’une loi spécifiant le regroupement des communes en vue d’atténuer la rivalité existant entre certaines mairies et certains dirigeants du SMCRS relative à la définition des champs de compétences de chaque entité (AlterPresse 2012).

Mais le plus important reste la question de solvabilité de l’institution. Diverses contraintes majeures sont liées à la gestion des déchets, notamment un budget nettement insuffisant.

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Par Therno N. A. Sénélus

Développement économique. Équité sociale. Équité intergénérationnelle. Trois dimensions du développement soutenable mises en discussion, ce week-end écoulé, au Champ de Mars par un groupe d’étudiants issus de différentes facultés de l’université d’État d’Haïti et des universités privées de la place.

Nouveau mode de développement officiellement proposé par la conférence des Nations unies pour l’environnement (CNUED) et la Banque mondiale, il y a vingt-cinq ans environ, le concept de développement durable  a servi  de toile de fond au discours des politiciens haïtiens notamment les candidats aux prochains scrutins. Il n’est pas nouveau en Haïti mais il parait utopique, à en croire les différents points de vue de certains  étudiants.

Dans le cadre d’un « vox Pop » réalisé avec ces étudiants, autour de ce débat contradictoire, l’approche économique était privilégiée pour conduire les réflexions axées sur les problèmes socio-économiques et politiques du pays. Avec des argumentaires persuasifs relatifs aux conditions vie de la population haïtienne, Julsaint Alsain, étudiant en Sciences économiques,  se montre très préoccupé par le langage de ces hommes politiques qui utilisent le concept de développement durable pour satisfaire leurs propres besoins et laisser sans solution les problèmes socioéconomiques du pays.

Lors de ces réflexions, Julsaint  Alsain a dit croire que  le développement soutenable ne doit pas faire l’objet de définition et de discours. Le pragmatisme sur le tas s’avère nécessaire. Chaque jour nous utilisons ce concept

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Le Chili, entre voyages d’études, destination touristique et possibilité d’emplois pour les Haïtiens

LE NATIONAL

Depuis toujours,  les  États-Unis d’Amérique  ont représenté l’eldorado pour bon nombre d’Haïtiens. Pour d’autres, plus maintenant. Lorsque des Haïtiens, au lendemain du séisme du 12 janvier 2010, décidèrent de quitter le pays à la recherche d’un mieux-être, plusieurs choisirent de partir vers d’autres destinations. Après le Brésil, le Chili …

De nos jours, le Chili  devient la terre promise pour bon nombre de nos compatriotes. Ils sont de plus en plus nombreux à la recherche de bourses d’études, visas de séjour et possibilités d’emplois. Tal vez ! ¿ Quien sabe ?

Plus de 3000 ressortissants haïtiens résident aujourd’hui au Chili. Durant ce semestre de 2015, au moins dix visas ont été délivrés à des citoyens haïtiens. Des visas relatifs aux études, aux emplois et à la résidence permanente, confirme une  employée du consulat chilien s’exprimant sous couvert de l’anonymat.

« Pour aller au Chili, les Haïtiens passent le plus souvent par la République dominicaine ». C’est bien, parce que le processus y coûte moins cher. Au niveau du consulat, on constate, en effet, qu’il y a beaucoup d’Haïtiens  à choisir la République dominicaine comme point de transit pour arriver au Chili. « Ils estiment que le billet y coûte moins cher ».

Notre visite à l’ambassade du Chili de Port-au-Prince n’a pas été infructueuse. L’on nous y a remis la documentation spécifiant les pièces à produire pour l’octroi d’un visa temporaire d’étudiant ou de contrat de travail. Aucun visa n’est exigé aux personnes qui comptent séjourner au Chili à titre de touristes.

Permis de séjour

Dans le cadre d’un accord diplomatique bilatéral, les Haïtiens n’ont pas besoin de visa pour visiter le Chili. La durée d’un séjour, dans cette perspective, est de quatre-vingt-dix jours. Apres cette échéance, toute personne y sera considérée illégale. Mais tout n’est pas perdu. Si la personne épinglée veut rester dans le pays, elle devra se diriger vers le ministère de l’Intérieur du Chili pour payer un droit de prolongation de séjour. Il en est de même pour les Chiliens séjournant en Haïti. Eux aussi doivent se procurer un permis de séjour du ministère de l’Intérieur ou le renouveler.

Pour obtenir un visa de résidence temporaire d’un an  ou un contrat de travail de deux ans (730 jours), le prix du visa est de 25 dollars. Un visa d’étudiant coûte environ 15 dollars américains. Le coût total d’un voyage vers ce pays d’Amérique du Sud est de 3500 dollars américains pour une personne. Le billet d’avion coûte normalement 1400 dollars américains. En cas de variation des prix, le billet pourrait coûter jusqu’à 2000 dollars.

Un passeport ou une pièce d’identité valide, une accréditation de solvabilité, une  lettre d’invitation d’un individu ou d’une entreprise au Chili, voilà les documents sollicités par le consulat pour solliciter un permis de séjour au pays de Pablo Neruda. Toutefois,  au cas où  la personne ne produirait pas une invitation d’un individu ou d’une entreprise,  une réservation d’hôtel est exigée.

Pour l’obtention d’un visa  d’étudiant, l’intéressé  doit soumettre un certificat ou une lettre d’acceptation émis par une institution universitaire reconnue par l’État haïtien, une attestation de ses moyens économiques au consul, un certificat de bonnes vies et mœurs, un certificat médical, un passeport valide et quatre photos d’identité.  D’autres visas peuvent être délivrés par le consulat, comme un visa de résidence temporaire,  un visa de contrat de travail ou un visa de courtoisie. Ce dernier est strictement réservé aux diplomates et aux officiels du gouvernement.

Un pays accueillant 

Le quotidien ‘Le National’ a rencontré  Wilhem Jeannite, un immigrant qui vit au Chili depuis deux ans. De retour au pays pour visiter sa famille et régulariser ses documents de voyage, il a qualifié le Chili de « pays qui crée de l’emploi pour tout le monde, que l’on soit professionnellement qualifié ou pas. Chacun –  a-t-il poursuivi –  pourrait y trouver un emploi lui permettant de satisfaire ses besoins. Dans des conditions favorables et légalement acceptables, la sécurité  alimentaire, les soins de santé sont garantis : « J’ai un salaire raisonnable là-bas. Les conditions de travail y sont acceptables ». Wilhem est convaincu que le Chili est un pays où l’on peut vivre comme une personne, les conditions de vie y étant respectées.

D’un autre côté, Hélène Harold, bénéficiaire d’une bourse d’étude en langues vivantes croit qu’il faudrait resserrer les liens entre les deux pays. « J’ai passé deux ans environ au Chili, je me sentais à l’aise dans mes  études.  J’y ai trouvé un bon encadrement académique. C’était vraiment formidable.  Je crois que les deux pays devraient resserrer leurs liens de coopération afin d’augmenter les chances des jeunes qui veulent poursuivre leurs études au Chili ».

De retour au bercail, la jeune linguiste se prépare déjà à retourner au Chili. « Sous peu,  je repars pour le Chili afin de continuer mes recherches pour un emploi. J’ai déjà postulé pour un poste..  ». Le Chili est la meilleure destination touristique et estudiantine pour les Haïtiens, affirme-t-elle.

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Susciter la vocation entrepreneuriale auprès de 350 finissants universitaires

Par Therno N. A. Sénélus

Trois cent cinquante universitaires finissants ont été reçus comme stagiaires à durée déterminée dans des établissements d’enseignement supérieur et professionnel  du pays.

Ces jeunes postulants ont été recrutés durant la période estivale dans le cadre du Programme d’initiation des jeunes à l’emploi (PIJE) du ministère de l’Économie et des Finances, nous apprend Lordis Bernard, coordonnateur de l’activité. Le PIJE se donne pour objectif de susciter la vocation entrepreneuriale chez ces derniers afin de favoriser le lien entre les entreprises et les ressources humaines qualifiées de l’administration publique ou du secteur privé.

Une centaine de bénéficiaires sont déjà à une phase avancée du programme et pourront bientôt mettre fin à leur stage. Les deux cent soixante autres réaliseront leur stage au cours de la période allant du 20 au 22 juillet.  La démarche d’apprentissage au profit du dernier groupe est prévue pour le début septembre. C’est ce qu’a confié jeudi dernier au National, le titulaire du projet PIJE.

Le  document de stage précise que «  le  stagiaire est couvert, pendant la durée de son stage d’application, en ce qui a trait au risque « accidents du travail  » par l’OFATMA. Pour l’année 2015, la gratification à donner au stagiaire est établie à dix mille (10 000) gourdes par mois, financées par le ministère des Finances. Elle peut être prise en charge en totalité par l’entité d’accueil. Un rapport de stage est exigé de chaque stagiaire. Un certificat d’attestation de stage décrivant le travail effectué est à la charge de l’entité d’accueil.

Toute entreprise, tout organisme (public ou privé), toute organisation ou institution internationale, toute organisation non gouvernementale disposés à recevoir un stagiaire, selon le mode de sélection du Programme, sont des entités d’accueil. L’entité, bénéficiant d’une certaine autonomie financière,  pourra accueillir le stagiaire, le prendre en charge en désignant un responsable de stage qui facilitera’  son accès aux informations nécessaires et à son intégration au sein de l’entité. Si, celle-ci décide de prolonger la durée du stage de plus de deux mois, la gratification et l’assurance pour le risque « accidents-travail » sont à sa charge entièrement.

En dépit du nombre de jeunes recrutés, Lordis Bernard n’est pas satisfait. Pour ce faire, il  propose d’autres stratégies. « Je ne suis pas satisfait, car les problèmes techniques enregistrés  nous empêchent d’atteindre les 500 jeunes visés par le programme», ajoutant que le PIJE va s’améliorer  en vue d’atteindre l’effectif prévu pour la période en cours.

Public ciblé

Ce seront les meilleurs étudiants finissants de la promotion la plus récente des centres de formation supérieure et technique. Les étudiants provenant des établissements de formation, membres de la Conférence des recteurs, présidents, dirigeants d’universités et de centres de formation supérieure d’Haïti (CORPUHA) sont prioritairement visés. Les établissements de formation soumettront une liste des  cinq meilleurs par domaine de formation et par ordre de mérite.

Un répertoire électronique sera disponible pour les entités  qui manifestent leur intérêt à créer un dispositif d’accueil des stagiaires. La période de recrutement prendra fin le 15 juin 2015.

Financement du programme

Il est prévu dans le Budget rectificatif 2014-2015, un crédit de dix millions de gourdes  destinées au financement de deux mois d’activités au profit des cinq cents stagiaires pendant l’été, de juillet à août 2015. Il est attendu de certains organismes publics autonomes, à caractère financier ou commercial, le transfert sur un compte ouvert à cet effet d’un montant minimum de 500 000 gourdes  en vue de prendre en charge la gestion des stages. Les partenaires techniques et financiers établis dans le pays pourront, après négociation, renforcer ce fonds et accueillir un plus grand nombre de jeunes dans le cadre du programme. Les entités privées qui participent au Programme pourront prendre elles-mêmes les stagiaires en charge.

Avis des étudiants du programme

Les étudiants voient dans cette initiative, des mesures d’accompagnement des jeunes finissants de diverses disciplines scientifiques des universités du pays. Venel Dublain, un finissant et postulant en sciences économiques, salue cette initiative du gouvernement. Il propose qu’elle soit renforcée pour la prise en compte de tous les étudiants.  « C’est évident qu’on vient avec un programme en vue d’initier les jeunes à l’emploi. Mais aussi, il faudrait tenir compte de l’ensemble de la population estudiantine, mais pas seulement un petit groupe ». Et, il termine par ces mots: « Non à l’exclusion, oui à l’inclusion ».

Confiante du projet, Fedeline Caristhène, originaire de Jacmel et finissante en gestion des affaires, déclare : «  Je ne savais même pas ce que je ferais après mes études. J’apprécie cette initiative dont je suis devenue l’une des premiers bénéficiaires ».  La postulante encourage les décideurs à pérenniser ce programme afin que d’autres étudiants puissent en bénéficier.

 

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LENATIONAL

Par Therno N. A. Sénélus

Pour faire face à la situation de précarité agricole qui sévit dans le pays, le directeur départemental du ministère de l’Agriculture, des ressources naturelles et du développement rural (MARNDR), Jocelin Jean, a confié, mardi, à Le National, que l’institution compte distribuer des intrants  agricoles aux agriculteurs artibonitiens.

Le haricot, le maïs, les légumes sont, entre autres, des  semences qui seront mises à la disposition  des paysans par le MARNDR. Dans certaines zones, des agriculteurs ont déjà commencé à labourer leur parcelle afin de procéder aux ensemencements, a fait savoir Jocelin Jean.

Le directeur départemental a précisé que la sécheresse qui frappe le pays est engendrée par le phénomène El Niño qui chamboule une bonne partie de l’Amérique centrale et de la Caraïbe. Cette diminution de la quantité de pluie a une incidence sur les denrées agricoles en Haïti. Il s’est entretenu avec des partenaires œuvrant dans le sous-secteur de la zone en vue de déterminer de meilleures stratégies de renforcement de leurs capacités tout en contribuant à la création d’emplois temporaires dans la conservation de sol et d’autres programmes de gestion des ressources naturelles.

Au niveau de la direction départementale, a assuré Jocelin Jean,  d’autres moyens  sont envisagés dans le but de mettre en branle des chantiers et de financer des projets à haute intensité de main d’œuvre. Mais le plus difficile reste à faire.

Une situation difficile

La sécheresse bat son plein à Terre-Neuve et à Bassin-Mangnan, avec tous ses effets négatifs. Insécurité alimentaire. Baisse totale du pouvoir d’achat. Pénurie d’eau. Conditions socioéconomiques précaires. La grogne des paysans du haut-Artibonite est bien réelle, que ce soit  dans  la commune de Terre-Neuve ou de la sixième section communale Bassin Mangnan, de la commune des Gonaïves.

Joint récemment au téléphone, Adelson Phallus, un membre de l’Assemblée de sections communales (ASEC) de la commune, ne cache pas son inquiétude quant à la gravité de la situation. Cette sécheresse sévit depuis le mois d’avril dans plusieurs régions du pays, notamment dans les trois sections communales de ladite commune.

Adelson Phallus dit attendre impatiemment les interventions du ministère de l’Agriculture, des Ressources naturelles et du Développement rural (MARNDR) en vue d’un accompagnement aux agriculteurs dans cette situation devenue très critique.

Stagiaire pendant deux semaines dans la zone, Widler Hiler Fils, un étudiant de cinquième année en agronomie, témoigne de la précarité socioéconomique et agricole de la population terre-neuvienne : « je suis ici depuis deux semaines pour un stage exploratoire en propagation végétale. Je constate qu’effectivement un ensemble de problèmes auxquels la population doit faire face, notamment l’insécurité alimentaire et la pénurie de l’eau. Les gens sont comme pris dans un bourbier ». Il croit qu’il faut repenser l’agriculture dans le pays avant qu’on ne sombre totalement dans un « chaos agricole ».

Comme les deux premiers intervenants, Gasner Albert, un cultivateur légumier de la sixième section communale de Bassin Mangnan (Gonaïves), présente la situation des habitants de la zone : « comme toujours, nous consommons ce que nous produisons avec le peu que nous  avons. Nous utilisons toujours l’eau de rivière pour arroser nos jardins. Et il n’a pas plu depuis trois mois ».

Le natif de Bassin Mangnan fustige le laxisme des responsables du MARNDR qui ne prennent pas à cœur leur mission d’accompagnement des paysans en matière agricole. Il invite ces derniers à se solidariser pour faire face aux difficultés socioéconomiques et agricoles actuelles et à venir.

Les actions du MARNDR dans l’Artibonite

Hormis l’accompagnement des activités agricoles, le Ministère via la direction départementale de l’Artibonite multiplie les activités de reboisement dans la zone. Près de 10 millions de plantules ont été mises en terre, durant les trois années écoulées. Tous ces travaux, a-t-il poursuivi, ont facilité une meilleure gestion des bassins versants et la protection de l’environnement,

Parmi les interventions sur le terrain, on peut notamment citer le Programme d’intensification agricole (PIA), terminé, il y a un an, le projet de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) dans le haut-Artibonite en cours d’achèvement, les interventions d’OXFAM dans la commune d’Anse-Rouge, l’Action contre la faim (ACF) pour la commune de Terre-Neuve. Le Trésor public pour sa part a financé un programme d’aménagement des bassins versants, de plantation de café, d’intensification agricole et de production de drageons de banane.

Il nous faut signaler le fait  que parmi les communes en situation de sécheresse indiquées dans le rapport du Conseil national de la sécurité alimentaire (CNSA), le coordonnateur général de l’institution, Gary Mathieu n’a pas fait mention des communes de Terre-Neuve et d’autres zones avoisinantes.

 Artibonite : les paysans aux abois, le MARNDR annonce de nouvelles actions

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Par Therno N. A. Sénélus

Pour tous les secteurs, l’indice des prix à la consommation (IPC) a connu une hausse record de 1,9 %. Alors que la région métropolitaine est plus affectée par l’inflation au cours du mois de juin dernier avec un taux de 2,0 %.

Jeudi matin, la  Direction des statistiques économiques (DSE) de l’Institut haïtien de statistique et d’informatique (IHSI), dans un document qui nous est parvenu au National, a constaté que l’ensemble des produits alimentaires ont connu une hausse de 2,3 %.

Depuis la décote de la gourde, l’IPC continue de prendre de l’ampleur  sur le marché local au regard de certains produits locaux et de produits importés. Entre autres, les prix produits de première nécessité, du logement, les dépenses relatives aux soins de santé, d’habillement, de tissus et de chaussures subissent une hausse considérable. Coup d’œil sur ce rapport.

Le document précise que le mois de juin 2015 a été marqué par une accélération des prix à la consommation. Ainsi, rassure le prototype, l’IPC qui se chiffrait à 230,2 en mai est passé à 234,6 au mois de juin, accusant une augmentation mensuelle de 1,9 % et un glissement annuel de 8,0 %, contre respectivement 0,8 % et 6,6 % le mois précédent.

Selon le rapport, l’augmentation mensuelle de l’IPC résulte de la hausse de toutes les fonctions de consommation, notamment l’alimentation, les boissons et tabac (2,3 %), habillement, tissus et chaussures (2, 8 %), loyer du logement, énergie et eau (1,6 %), aménagement et entretien du logement (1,4 %), santé (1,9 %), ainsi que d’autres biens et services (2,9 %).

La variation de la fonction de l’alimentation, boissons et tabac provient entre autres du riz (1,3 %), du maïs moulu et en grain (0,8 %), de la farine de blé (1,8 %), du corn flakes(1,4 %), du pain (1,6 %), de la viande de bœuf (2,7 %), de la viande de porc (1,8 %), de la viande cabri (2,0 %), du poulet(3,5 %), du poisson frais (3,0), d’huile comestible (1,8 %), de la banane (4,8 %), de l’arbre véritable (6,3 %), du citron (2,3 %), de l’orange (3,7 %), ainsi que de la chadèque (5,0 %).

L’expansion de la fonction d’habillement, de tissus et de chaussures est liée notamment à la hausse des prix des postes tels que : tissus (4,3 %), costume, veste universelle (2,8 %), pantalon pour homme (3,1 %), robe (3,0 %), confection de vêtements (2,3 %), souliers et tennis (2,9 %) et sandales (3,4 %).

 

L’accroissement de l’indice du loyer du logement, énergie et eau tient exclusivement à l’augmentation du loyer du logement, du gaz propane et du charbon de bois qui ont crû respectivement de 2,0 %, 0,9 % et 2,3 %.

 

L’évolution à la hausse observée au niveau de l’aménagement, équipement et entretien du logement est consécutive à la hausse des meubles de salon (2,1 %), de la salle à manger (2,6 %), du lit (3,2 %), du matelas (5,3 %), du linge de lit (2,5 %), des rideaux (2,6 %), de la nappe (1,2 %), du réfrigérateur (2,2 %), de l’insecticide (4,0 %) et du désinfectant (9,4 %).

 

Le relèvement du niveau de l’indice de la fonction santé est imputable essentiellement au renchérissement des lunettes à verres correcteurs (1,9 %), des honoraires payés aux médecins (3,1 %) et des frais d’hospitalisation (2,6 %). Enfin, La croissance de la fonction « Autres biens et services » provient surtout du shampoing (4,7 %), du parfum, eau de toilette (7,1 %), de la poudre de toilette (5,7 %) et des autres produits d’entretien des cheveux (4,8 %).

 

Le National s’est entretenu avec différents marchands de certaines zones de la capitale au sujet de cette flambée des prix. Pour Gregory Valbrun, un boulanger de Delmas 19, la dépréciation de la gourde engendre l’accroissement accéléré des prix des produits. L’augmentation du  prix de la farine, 1,8 du prix normal, va de pair avec une réduction de l’épaisseur du pain. Considéré comme un bien de Giffen, le pain, en dépit de l’augmentation du prix de la farine, reste et demeure un produit très prisé, poursuit le boulanger qui appelle les gouvernants à se responsabiliser face à cette situation.

Au premier semestre, les conditions et le mode de vie des ménages se désagrègent, selon les chiffres publiés jeudi 23 juillet par l’IHSI. La situation semble néfaste pour la population.

L’on ne doit pas omettre l’effet saisonnier sur le commerce. On est à la période estivale où les activités économiques ont ralenti considérablement sur le marché, estime Gisèle Koq, une marchande des produits de lessivage : « Les prix augmentent effectivement, mais on doit tenir compte de la saison où pas mal de gens se déplacent çà et là.  Nonobstant, le gouvernement en est responsable de ce qui se passe avec le taux de change. » Dans un mois, rappelle-t-elle, ce sera la réouverture des classes. L’État doit se décider maintenant à prendre les mesures qui s’imposent. Et de s’inquiéter : « Si rien n’est fait pour combattre la cherté de la vie, comment vont faire les parents pour leurs enfants envoyer à l’école ? »

Deux autres vendeuses de matériel scolaire et de produits cosmétiques constatent que la dépréciation de la gourde affecte beaucoup l’offre de services sociaux de base, les produits d’habillement et autres. Elles disent attendre des mesures rassurantes du gouvernement pour freiner cette hausse des prix des produits enregistrée sur le marché : « Nous attendons impatiemment une décision positive des dirigeants du pays pour atténuer, entre autres, le problème de la crise alimentaire. »L’inflation bat son plein dans la zone métropolitaineLE NATIONAL

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Par Therno N. A. Sénélus
« Nous croupissons sous le proie d’un tabou social. La politique c’est pour les hommes. Il y a des femmes en politique mais la structure sociale ne favorise pas leur implication », c’est ce qu’a déclaré le sénateur de l’Artibonite, François Anick Joseph qui intervenait, récemment, à Port-au-Prince, lors d’un colloque organisé par le ministère à la Condition féminine et aux Droits des femmes (MCFDF) de concert avec l’entité des nations unies pour l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes(ONU-Femmes).
Pour décrire le vrai problème du quota dans les partis, groupements et regroupements politiques, François Anick Joseph, a déclaré qu’en dépit de toutes les démarches et la bonne volonté chez les dirigeants de l’Opposition du peuple en lutte (OPL) de prendre au sérieux cette bataille incessante pour l’équité de genre, les femmes ne représentent que 17,64% dans la structure nationale de direction de l’Organisation du peuple en lutte. Encore loin du quota de 30%, a-t-il dit.
Partant des expériences qu’il a faites au niveau de l’OPL, l’élu de l’Artibonite a fait savoir, après la Ligue de l’action sociale, que l’OPL est l’unique Parti qui comptait un mouvement de jeune, un regroupement de paysans et un mouvement de femmes (MF OPL) qui tient son congrès triennal parallèlement au Parti. Elle a sa propre coordonatrice, bien qu’il y ait, au niveau du comité exécutif national, une femme qui s’occupe entre autres de la question de l’ « équité de genre ».
Au niveau de certaines structures locales et régionales, les femmes deviennent un « produit rare », a poursuivi, François Anick Joseph, soulignant que l’OPL, comme tous les autres partis politiques, a été contraint dans la formation de ses cartels aux mairies et aux Conseils d’administration de sections communales (CASEC) d’inclure au moins une femme. C’était sous peine pour le cartel de se trouver dans l’impossibilité de s’inscrire pour participer aux élections. Un cartel qui ne disposait pas de femme en son sein ne pouvait pas s’inscrire, a-t-il précisé, constatant qu’au moment des inscriptions aux mairies et aux CASEC c’était une difficulté énorme pour tous les partis politiques de trouver une femme.
Pour lui, « Pas de femmes en politique. Pourquoi est-il si difficile de trouver une femme pour constituer un cartel ? Alors que les femmes sont le plus souvent honnêtes et plus crédible que les hommes ».
Egalité de sexe et équité de genre ?
« Je ne souscris point à la bataille pour l’égalité de sexes. Je souscris totalement pour l’équité de genre. Je crois en la justice, l’égalité c’est le vieux rêve de l’humanité », a martelé François Anick Joseph, rappelant qu’il était opposé à l’idée d’inscrire dans la constitution la question du quota. « Je me disais et j’ai expliqué aux membres de la commission qui travaillaient dès lors sur les amendements à la constitution que ça pouvait faire partie d’un ensemble de textes de lois. C’est du détail dans le cadre d’une constitution ». Pour lui, ce serait mieux de rédiger un ensemble de textes de lois sur la question du quota. Il précise que l’équité de genre pouvait être introduite la constitution. Il a été accusé de « sexiste » a-t-il dit. « Je m’en fou royalement par ce que les épithètes sont des produits culturels » a relaté monsieur François Anick Joseph.
Selon le sénateur de la 49ème législature, la bataille dans laquelle on s’engage aujourd’hui est une lutte culturelle qui s’inscrit à contre-courant de la culture occidentale, comme on disait en sociologie « la bataille pour l’équité de genre » est une bataille culturelle. « Il faut déchouquer des prédicats et des postulats philosophiques dont nous disposons actuellement » a-t-il martelé.
Ne voulant pas que la question du quota s’introduise dans la constitution lors de son amendement, en 2013, le parlementaire l’a lui-même introduit dans le texte de la loi électorale en faisant injonction à tous les partis, groupements, organisations et regroupements politiques d’introduire au moins une femme dans la composition de leurs cartels aux mairies et aux CASEC.
En dépit de leurs vertus, « la lutte des femmes demeure une épine dans les pieds de la lutte de classe. C’est pour empêcher la lutte de classe que les États unies favorisent particulièrement la lutte des femmes. Ce sont les femmes contre la société des hommes au lieu des opprimés contre les oppresseurs », a-t-il poursuivi. Selon lui, on a changé de paradigme.
Il a conclu en invitant les concernés à replacer la lutte des femmes, de l’équité de genre dans le cadre de la libération et l’émancipation humaine.

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Le Réseau haïtien des Journalistes en Santé (RHJS) a organisé, mardi, une journée de formation autour du thème « savoir pour sauver » articulée sur la nutrition et de l’allaitement, à l’Institut haïtien de Santé communautaire (INHS), à Pétion-Ville, avec l’appui du Fonds des nations unies pour l’Enfance (UNICEF).
Cette formation s’est organisée à l’occasion de la première année de célébration de la naissance du RHJS. C’était l’opportunité pour le Secrétaire exécutif du Réseau, le Dr Espérance Odinel, de présenter le bilan des activités réalisées durant les 12 mois.
« Le RHJS a pu organiser 8 séminaires de formation pour les journalistes membres du Réseau, entre autres sur les infections sexuellement transmissibles, sur le VIH SIDA, sur la violence basée sur les gens, sur la vaccination, sur les maladies à transmission vectorielle à savoir la malaria, dingue, chikungunya, la toxicomanie en tant qu’un problème mondial ainsi que sur la santé maternelle (sachant que le problème de mortalité maternelle en Haïti est crucial) et ce jourd’hui cette formation sur la nutrition, le RHJS a emboité le pas ce sens », c’est ce qu’a fait savoir Monsieur Espérance.
Dr Espérance affirme que le RHJS suit son petit bonhomme de chemin grâce a un ensemble d’institutions comprenant l’importance de la communication sanitaire, de l’éducation de la population, que ce soit le ministère de la Santé publique et de la population (MSPP), que ce soit celui de la communication comme étant un partenaire très attaché au RHJS, que ce soit la Commission nationale de Lutte contre la Drogue (CONALD) ainsi que le Fonds des Nations unies pour l’Enfance (UNICEF) qui rend possible cette journée de formation.
Le Secrétaire exécutif rappelle que l’UNICEF leur a commencé depuis le mois de juillet et dit rester confiant qu’il va toujours encadrer le RHJS.
Le RHJS remercie aujourd’hui toutes les institutions qui leur ont données des formations. Dr Espérance Soutient que l’encadrement qu’elles donnent aux journalistes c’est au profit de la population haïtienne.
tna.006scj@gmail.com

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Le Programme d’Appui pour le Développement de Pétion-Ville (PRADEP) a lancé, conjointement avec l’Association des Vétérans Haïtiens Américains (HAVA), samedi, à Pétion-Ville, une journée porte ouverte de santé baptisée « auscultation et sensibilisation ».
Assis sur un terrain de foot-ball, sous des tentes installées, à visage sombre, les patients se disent très confiants quant à l’arrivée des médecins, il était 9h 10 AM. Ces spécialistes de la médecine qui relèvent du domaine gynécologique, ophtalmique et dentaire font du bénévolat dans leur domaine à travers le pays.
Cette activité organisée par un groupe de jeunes œuvrant dans les services sociaux du pays, vise à sensibiliser la population haïtienne, en particulier la commune de Pétion-Ville dans les pratiques de brossages de dents et à ausculter certaines personnes ayant des difficultés dans le domaine dentaire, ophtalmique, gynécologique et autres.
Intervenaient au micro des journalistes, les responsables du PRADEP disent-ils : « nous sommes des jeunes voulant travailler au bien-être de la société, nous nous engageons à faire du bénévolat associatif dans les domaines respectifs : droit civil, accompagnement sanitaire, protection de l’environnement, activités culturelles et littéraires, pour n’en citer ceux-ci ».
Pour les responsables du PRADEP, cette activité lancée ce samedi c’est sa première journée de travail, affirmant qu’ils vont continuer à travailler pour organiser d’autres programmes à Pétion-Ville et les zones avoisinantes, sollicitent l’appui technique et financier des volontaires afin de combler certains vides.
Selon le vœu des responsables du PRADEP, 138 patients auraient été diagnostiqués, ont révélé les médecins. Ainsi, précisent-ils que la majorité des cas relèvent des affections bucco-dentaires. .
A cet effet, les responsables du PRADEP se montrent très contents quant à la réussite du programme, soulignant qu’ils vont s’engager à faire plus d’efforts dans les autres activités qui seront entreprises.

Le médecin-dentiste reçoit les patients

Le médecin-dentiste, Fritz Fils-Aimé, dit apprécier cette initiative lancée par ces jeunes volontaires pour pouvoir aider les gens faisant face à des situations sanitaires difficiles. Pour le médecin-dentiste, l’objectif premier de cette activité, c’est de faire du bénévolat dans le domaine sanitaire, constatant que la majeure partie de la population haïtienne n’a pas l’accès à consulter un médecin, même une fois trimestriellement. souligne-t-il : « j’ai déjà organisé des journées d’auscultation à Martissant, Solino, Fort national etc. Je veux aider mon peuple dans le domaine sanitaire et je continuerai à l’aider », indique-t-il.
Therno Noël Alisthène
tna.006scj@gmail.com

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Le projet Health Policy Project (HPP) AKSE (Aksyon kolektif pou sekirite kont eksplwatasyon) organise, à l’hôtel, la résidence des Palmes, à Pétion-Ville, en collaboration avec l’Institut du Bien-être Social(IBESR), un atelier de dissémination de la loi réformant l’adoption.
Cette activité qui a débuté hier mardi et qui prend fin ce mercredi, vise à travailler entre autre avec les Juges, les Avocats, les Maires, les Officiers d’Etat civil, les responsables de maisons d’enfants, les responsables d’Organismes Agréés d’Adoption(OAA), a pour objectif de renforcer la Capacité Technique des acteurs du système de protection de l’enfance par une meilleure connaissance et compréhension de la loi réformant l’Adoption et de favoriser une meilleure collaboration entre les Autorités judiciaires et les acteurs sociaux de protection.
L’atelier s’inscrit dans une perspective de développer une meilleure connaissance de la loi réformant l’adoption, les services à offrir, le rôle à jouer des différentes institutions dans cette nouvelle loi, a déclaré Philippe Cantave, Directeur de HPP/ AKSE en Haïti.
« Resserrer les liens entre l’autorité administrative et judiciaire et acteurs de la protection de l’enfant ayant pour devoir de protéger, de s’assurer qu’au-delà des différences culturelles et linguistiques, leur intégration dans les familles adoptives sera une réussite et le premier droit de l’enfant, le droit à l’amour, le droit à l’affection soit garantie », c’est ce qu’a déclaré, Mme Arielle Villedrouin, directrice générale de l’IBESR.
L’adoption qui est un acte solennel prononcé par un tribunal, qui crée entre un couple hétérosexuel ou un célibataire et un enfant qui n’est pas biologiquement le sien, des liens de parentés semblables à ceux qui résultent de l’affiliation par le sang, est considérée en Haïti comme l’un des éléments d’une politique familiale, elle a fait l’objet depuis le décret de 1966 à de nombreuses adaptations. Par cette nouvelle loi, l’IBESR créé en 1958, a une triple fonction de protection sociale, de réhabilitation sociale et de promotion socioéconomique. Dans cette nouvelle législation, l’autorité centrale est chargée de conduire la phase du processus d’adoption, d’échange avec les autorités centrales, internationales et de faire sanctionner les pratiques interdites en matière d’adoption. Cette loi interdit l’adoption individuelle, introduit l’adoption plénière, permet aux enfants de se réapproprier leur histoire et leur origine, lorsqu’ils la cherchent, a ajouté, le numéro 1 de l’IBESR.
D’où l’adoption est une mesure de protection et se fonde sur l’intérêt supérieur de l’enfant, en lui offrant un milieu permanent et propice et son épanouissement, respectueux de ses droits fondamentaux.
La Loi réformant l’Adoption en Haïti entérinée par le parlement haïtien et qui a été promulguée le 28 octobre 2013 dans le journal officiel, le Moniteur au numéro 213, le 15 novembre de la même année, apporte de nombreux changements. Dans le décret de 1974, une personne voulant adopter un enfant a besoin 35 ans d’âge et 10 ans de mariage. Dans cette nouvelle loi, on a besoin 30 ans et 5 ans de mariage, le plus grand changement c’est l’adoption plénière, l’enfant une fois adoptée, perd catégoriquement les liens avec les parents biologiques et l’adoption simple qui admet les liens avec les parents biologiques et ceux adoptifs. L’adoption doit répondre aux principes de subsidiarité, selon les prescrits de la loi réformant l’adoption qui a été élaborée en conformité avec la convention de la Haye.
Par ailleurs, l’une des réponses à cet état de fait, est la reforme de la procédure administrative et judiciaire en matière mise en œuvre par l’Etat haïtien, une reforme amorcée à l’IBESR, introduisant la phase de préparation au consentement des parents biologiques.
En outre, cette nouvelle législation qui a trouvé le support de différents partenaires nationaux et internationaux tels que le parlement haïtien, l’UNICEF, notamment HPP/ AKSE, permettra à l’enfant haïtien de quitter le statut d’objet de désir pour devenir un sujet désirant, a-t-on appris.
Rappelons que le projet HPP AKSE financé par l’Agence Américaine pour le Développement International (USAID) est mis en œuvre par Futures Group en Haïti depuis 30 ans environ. HPP/AKSE a un mandat de support aux autorités haïtiennes dans un ensemble d’initiatives de projets et de reformes.
Therno N. Alisthène Sénélus / HAIP
tna.006scj@gmail.com

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Le projet Health Policy Project (HPP) AKSE (Aksyon kolektif pou sekirite kont eksplwatasyon) organise, à l’hôtel, la résidence des Palmes, à Pétion-Ville, en collaboration avec l’Institut du Bien-être Social(IBESR), un atelier de dissémination de la loi réformant l’adoption.
Cette activité qui a débuté hier mardi et qui prend fin ce mercredi, vise à travailler entre autre avec les Juges, les Avocats, les Maires, les Officiers d’Etat civil, les responsables de maisons d’enfants, les responsables d’Organismes Agréés d’Adoption(OAA), a pour objectif de renforcer la Capacité Technique des acteurs du système de protection de l’enfance par une meilleure connaissance et compréhension de la loi réformant l’Adoption et de favoriser une meilleure collaboration entre les Autorités judiciaires et les acteurs sociaux de protection.
L’atelier s’inscrit dans une perspective de développer une meilleure connaissance de la loi réformant l’adoption, les services à offrir, le rôle à jouer des différentes institutions dans cette nouvelle loi, a déclaré Philippe Cantave, Directeur de HPP/ AKSE en Haïti.
« Resserrer les liens entre l’autorité administrative et judiciaire et acteurs de la protection de l’enfant ayant pour devoir de protéger, de s’assurer qu’au-delà des différences culturelles et linguistiques, leur intégration dans les familles adoptives sera une réussite et le premier droit de l’enfant, le droit à l’amour, le droit à l’affection soit garantie », c’est ce qu’a déclaré, Mme Arielle Villedrouin, directrice générale de l’IBESR.
L’adoption qui est un acte solennel prononcé par un tribunal, qui crée entre un couple hétérosexuel ou un célibataire et un enfant qui n’est pas biologiquement le sien, des liens de parentés semblables à ceux qui résultent de l’affiliation par le sang, est considérée en Haïti comme l’un des éléments d’une politique familiale, elle a fait l’objet depuis le décret de 1966 à de nombreuses adaptations. Par cette nouvelle loi, l’IBESR créé en 1958, a une triple fonction de protection sociale, de réhabilitation sociale et de promotion socioéconomique. Dans cette nouvelle législation, l’autorité centrale est chargée de conduire la phase du processus d’adoption, d’échange avec les autorités centrales, internationales et de faire sanctionner les pratiques interdites en matière d’adoption. Cette loi interdit l’adoption individuelle, introduit l’adoption plénière, permet aux enfants de se réapproprier leur histoire et leur origine, lorsqu’ils la cherchent, a ajouté, le numéro 1 de l’IBESR.
D’où l’adoption est une mesure de protection et se fonde sur l’intérêt supérieur de l’enfant, en lui offrant un milieu permanent et propice et son épanouissement, respectueux de ses droits fondamentaux.
La Loi réformant l’Adoption en Haïti entérinée par le parlement haïtien et qui a été promulguée le 28 octobre 2013 dans le journal officiel, le Moniteur au numéro 213, le 15 novembre de la même année, apporte de nombreux changements. Dans le décret de 1974, une personne voulant adopter un enfant a besoin 35 ans d’âge et 10 ans de mariage. Dans cette nouvelle loi, on a besoin 30 ans et 5 ans de mariage, le plus grand changement c’est l’adoption plénière, l’enfant une fois adoptée, perd catégoriquement les liens avec les parents biologiques et l’adoption simple qui admet les liens avec les parents biologiques et ceux adoptifs. L’adoption doit répondre aux principes de subsidiarité, selon les prescrits de la loi réformant l’adoption qui a été élaborée en conformité avec la convention de la Haye.
Par ailleurs, l’une des réponses à cet état de fait, est la reforme de la procédure administrative et judiciaire en matière mise en œuvre par l’Etat haïtien, une reforme amorcée à l’IBESR, introduisant la phase de préparation au consentement des parents biologiques.
En outre, cette nouvelle législation qui a trouvé le support de différents partenaires nationaux et internationaux tels que le parlement haïtien, l’UNICEF, notamment HPP/ AKSE, permettra à l’enfant haïtien de quitter le statut d’objet de désir pour devenir un sujet désirant, a-t-on appris.
Rappelons que le projet HPP AKSE financé par l’Agence Américaine pour le Développement International (USAID) est mis en œuvre par Futures Group en Haïti depuis 30 ans environ. HPP/AKSE a un mandat de support aux autorités haïtiennes dans un ensemble d’initiatives de projets et de reformes.
Therno N. Alisthène Sénélus / HAIP
tna.006scj@gmail.com

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« L'homme contemporain court le risque de devenir un ignorant bourré d'information », explique Ignacio Ramonet, spécialiste des médias, dans son nouveau livre l'Explosion du journalisme (Éditions Galilée). Le développement d'Internet, s'il menace la presse papier, pourrait aussi marquer l'essor d'une démocratie renouvelée dans laquelle transparence et fluidité éroderaient toutes les dominations.

Entretien réalisé par Frédéric Durand

Vous dites que « le journalisme traditionnel se désintègre complètement ».

Ignacio Ramonet. Oui, parce qu'il est attaqué de toutes parts. D'abord il y a l'impact d'Internet. Il est clair qu'Internet, en créant un continent médiatique inédit, a produit un journalisme nouveau (blogs, pure players, leaks.) directement en concurrence avec le journalisme traditionnel. Ensuite, il y a ce qu'on pourrait appeler la « crise habituelle » du journalisme, qui préexistait à la situation actuelle, c'est-à-dire la perte de crédibilité, directement liée à l'accélération générale des médias ; la consanguinité entre un certain nombre de journalistes et d'hommes politiques. Le tout suscitant une méfiance générale du public. Enfin, il y a la crise économique qui provoque une chute très importante de la publicité, principale source de financement des médias privés. Ce qui entraîne de lourdes difficultés de fonctionnement pour les rédactions.

Vous évoquez une perte de crédibilité, pourquoi ?

Ignacio Ramonet. La perte de crédibilité des grands médias s'est accentuée ces deux dernières décennies essentiellement comme conséquence de l'accélération du fonctionnement médiatique. La presse n'a jamais été parfaite, faire du bon journalisme a toujours été un combat. Mais depuis le milieu des années 1980, nous avons assisté à deux substitutions. D'abord, l'information en continu à la télévision, plus rapide, a pris le pas sur l'information délivrée par la presse écrite. Cela a abouti à une concurrence plus vive entre médias, une course de vitesse qui laisse de moins en moins le temps de vérifier les informations. Ensuite, à partir du milieu des années 1990 avec le développement d'Internet, et depuis deux ou trois ans avec l'irruption de « néojournalistes », ces témoins-observateurs d'événements (sociaux, politiques, météorologiques, faits divers. ) qui sont une nouvelle source d'information extrêmement sollicitée par les médias eux-mêmes.

Malgré ces pratiques de proximité, le public semble avant tout justifier sa défiance à l'égard de la presse par la promiscuité entre le pouvoir et les journalistes.

Ignacio Ramonet. Pour la plupart des citoyens, le journalisme se résume à quelques journalistes : ceux que l'on voit toujours et partout. Une vingtaine de personnalités connues, qui vivent un peu « hors sol », qui passent beaucoup de temps « embedded » avec les hommes politiques, et qui sont globalement fort conciliants avec eux. Bref, il s'est ainsi constituée une sorte de noblesse du quant à soi, leaders politiques et journalistes célèbres vivent et se marient même entre eux, c'est une nouvelle aristocratie. Mais ce n'est pas du tout la réalité du journalisme. La caractéristique principale de ce métier, aujourd'hui, c'est avant tout : la précarisation. La plupart des jeunes journalistes sont exploités, très mal payés ; ils travaillent à la pige, à la tâche, dans des conditions préindustrielles. Plus de 80 % des journalistes ont de petits salaires, toute la profession vit sous la menace de licenciements. Donc, à tous égards, la vingtaine de journalistes célèbres n'est pas représentative et masque la misère sociale du journalisme français. Et cela n'a pas changé avec Internet, cela s'est même aggravé. Dans les sites d'information en ligne créés par la plupart des médias, les conditions de travail sont encore pires. Est ainsi apparue une nouvelle sorte de journalistes exploités : les forçats de l'info, les pigistes d'abattage, les OS du Web, les galériens du clavier. Ce qui peut les consoler c'est que, peut-être, l'avenir leur appartient.

Dans ces conditions le journalisme peut-il encore se prévaloir du titre de quatrième pouvoir, agit-il encore comme un contre pouvoir ?

Ignacio Ramonet. On assiste à une extraordinaire concentration des médias. Si on observe la structure de la propriété de la presse nationale française, on constate qu'elle est entre les mains d'un très petit nombre de groupes. Une poignée d'oligarques - Lagardère, Pinault, Arnault, Dassault. -, est devenue propriétaire des grands médias français. Des médias qui expriment de moins en moins une pluralité mais sont soupçonnés de protéger les intérêts des grands groupes financiers et industriels auxquels ils appartiennent. En ce sens il y a crise du « quatrième pouvoir ». Sa mission historique, qui consiste à créer une opinion publique disposant d'un sens critique et susceptible de participer activement au débat démocratique, n'est plus garantie. Aujourd'hui, les médias cherchent, au contraire, à domestiquer la société pour éviter toute remise en cause du modèle dominant. Les grands médias ont créé un consensus autour d'un certain nombre d'idées (la mondialisation, la construction européenne, le nucléaire, le libre-échange.) considérées comme étant « bonnes pour tout le monde » et qui ne peuvent être contestées. Si vous les contestez, vous quittez ce qu'Alain Minc appelle le « cercle de la raison ». Vous êtes donc dans la déraison.

Vous appelez de vos voux un cinquième pouvoir.

Ignacio Ramonet. Oui, si l'on fait le constat que le « quatrième pouvoir » ne fonctionne pas, cela pose un grave problème à la démocratie. Car il n'est pas imaginable de concevoir une démocratie sans véritable contre-pouvoir de l'opinion publique. L'une des spécificités d'une démocratie réside dans cette tension permanente entre le pouvoir et son respectif contre-pouvoir. C'est ce qui fait la versatilité, l'adaptabilité et la réalité de ce système. Le gouvernement a une opposition, le patronat a les syndicats. Mais les médias n'ont pas - et ne veulent pas avoir ! - de contre-pouvoir. Or il y a une forte demande sociale d'informations sur l'information. Beaucoup d'associations, comme l'Acrimed, par exemple, passent déjà au crible de la véracité, le fonctionnement des médias. Les gens veulent savoir comment fonctionne la manipulation médiatique. Pour mieux s'en défendre. C'est ainsi qu'aujourd'hui nos sociétés démocratiques construisent, dans le tâtonnement bien entendu, un « cinquième pouvoir ». Le plus difficile étant de faire admettre aux médias dominants que ce « cinquième pouvoir » puisse exister et qu'ils lui donnent la parole.

Vous faites dans votre ouvrage un constat alarmant sur l'avenir de la presse écrite en général, qu'en est-il de la presse d'opinion ?

Ignacio Ramonet. Les journaux les plus menacés sont, selon moi, ceux qui reproduisent toutes les informations générales et dont la ligne éditoriale se dilue totalement. Si pour le citoyen il est important que toutes les opinions s'expriment, cela ne veut pas dire que chaque média, en son sein, soit obligé de reproduire toutes ces opinions. En ce sens, la presse d'opinion, non pas une presse idéologique qui se ferait le relais d'une organisation politique, mais une presse d'opinion capable de défendre une ligne éditoriale définie par sa rédaction, est nécessaire. Dans la mesure où, pour tenter de combattre la crise de la presse, des journaux ont décidé de mettre sur le même plan, dans leurs colonnes, toutes les thèses politiques, de l'extrême gauche à l'extrême droite, au prétexte que tout se vaut, de nombreux lecteurs ont cessé d'acheter ces journaux. Parce que l'une des fonctions d'un journal, en plus de fournir des informations, est de conférer une « identité politique » à son lecteur. Or désormais, « leur » journal ne dit plus, aux lecteurs, qui ils sont. Au contraire, ils troublent son identité politique et l'égarent. Ils achètent, mettons, Libération et y lisent, par exemple, un entretien avec Marine Le Pen. Pourquoi pas ? Mais ils peuvent y découvrir qu'ils ont peut-être quelques idées en commun avec le Front national. Et nul ne les rassure. Et cela les inquiète. Un tel brouillage de ligne a confondu de nombreux lecteurs. D'autant qu'aujourd'hui le flot d'informations qui circule sur Internet peut leur permettre de se faire leur propre opinion. En pleine crise des médias, le succès de l'hebdomadaire allemand Die Ziet est significatif. Il a choisi d'aller à l'encontre des idées et des informations dominantes, avec des articles de fond, longs, parfois ardus. Et il voit ses ventes s'accroître. Au moment où toute la presse fait la même chose : des articles de plus en plus courts, avec un vocabulaire d'à peine 200 mots. Die Ziet a choisi une ligne éditoriale claire et distincte, et se souvient par ailleurs que le journalisme est un genre littéraire.

S'agissant de cette hyperabondance d'informations, d'Internet et de ses réseaux sociaux, vous évoquez tour à tour sagesse collective et abrutissement collectif. ?

Ignacio Ramonet. Jamais dans l'histoire des médias on a vu les citoyens contribuer autant à l'information. Aujourd'hui, si vous mettez une information en ligne, elle peut être contredite, complétée, discutée par tout un essaim d'internautes, qui, sur beaucoup de sujets, seront au moins aussi qualifiés, voire plus, que le journaliste auteur de l'article. Donc on assiste à un enrichissement de l'information grâce à ces « néojournalistes », ceux que j'appelle les « amateurs-professionnels ». Rappelons que nous sommes dans une société qui n'a jamais produit autant de diplômés de l'enseignement supérieur, le journalisme s'adresse donc aujourd'hui à un public, qui par segments, bien sûr, très éduqué. Par ailleurs, les dictatures qui veulent contrôler l'information n'y parviennent plus, on l'a vu en Tunisie, en Égypte et ailleurs. Souvenons-nous que l'apparition de l'imprimerie, en 1440, n'a pas uniquement transformé l'histoire du livre, elle a bouleversé l'histoire et le fonctionnement des sociétés. De même, le développement d'Internet n'est pas qu'une rupture dans le champ médiatique, il modifie les rapports sociaux. Il crée un nouvel écosystème qui produit parallèlement une extinction massive de certains médias, en particulier de la presse écrite payante. Aux États-Unis quelque 120 journaux ont déjà disparu. Cela veut-il dire que la presse écrite va disparaître ? La réponse est non, l'histoire montre que les médias s'empilent, ils ne disparaissent pas. Cependant, peu de journaux vont résister. Survivront ceux qui auront une ligne claire, qui proposeront des analyses fouillées, sérieuses, originales, bien écrites. Mais le contexte d'hyperabondance d'informations a également pour effet de désorienter le citoyen. Il n'arrive plus à distinguer ce qui est important et ce qui ne l'est pas. Qu'est-ce qui est vrai, qu'est-ce qui est faux ? Il vit dans un sentiment permanent d'insécurité informationnelle. De plus en plus, les gens vont donc se mettre rechercher des informations de référence.

Comment assurer un avenir à l'information et à ceux qui la font alors que celle-ci est désormais accessible gratuitement ?

Ignacio Ramonet. S'il est incontestable que c'est la presse en ligne qui va dominer l'information dans les années à venir, reste évidemment à trouver un modèle économique viable. Pour l'instant, la culture dominante d'Internet est effectivement la gratuité. Mais nous sommes, au moment actuel, entre deux modèles, et aucun des deux ne fonctionne. L'information traditionnelle (radio, télévision, presse écrite) est de moins en moins rentable, et le modèle de l'information en ligne ne l'est pas encore, à de très rares exceptions près.

Au fond, ces nouveaux espaces médiatiques ont-ils une chance de modifier les rapports de domination qui prévalent aujourd'hui au sein même de la société ?

Ignacio Ramonet. J'ai consacré, dans mon ouvrage, un chapitre important à WikiLeaks (site Internet qui donne audience aux « fuites d'informations » - NDRL). C'est le domaine de la transparence. Dans nos sociétés contemporaines, démocratiques, ouvertes, il sera de plus en plus difficile, pour le pouvoir, d'avoir une double politique : l'une vis-à-vis de l'extérieur, et l'autre plus opaque, plus secrète, à usage interne, où le droit et les lois peuvent être transgressés. WikiLeaks a fait la démonstration que les médias traditionnels ne fonctionnaient plus et n'assumaient plus leur rôle. C'est dans la niche de leurs carences que WikiLeaks a pu pousser et se développer. Ce site a aussi dévoilé que la plupart des États avaient un côté obscur, caché. Mais le grand scandale, c'est qu'après les révélations de WikiLeaks, il ne se soit rien passé ! Par exemple, WikiLeaks a révélé que, à l'époque de la guerre d'Irak, un certain nombre de dirigeants socialistes français allaient faire allégeance à l'ambassade des États-Unis à Paris pour expliquer aux Américains que s'ils avaient été au pouvoir, ils auraient engagé la France dans cette guerre. Et cela n'a pas fait de vague. Alors que c'était presque de la haute trahison.

Cette évolution vers plus transparence peut-elle alors avoir des effets concrets ?

Ignacio Ramonet. Elle va nécessairement jouer sur les privilèges des élites et les rapports de domination. Si les médias peuvent jusqu'ici s'attaquer au pouvoir politique, c'est parce que le politique a perdu beaucoup de son pouvoir au profit des sphères financières. C'est sans doute dans l'ombre de la finance, des traders, des fonds de pension. que s'établit aujourd'hui le véritable pouvoir. Or ce pouvoir demeure préservé parce qu'il est opaque. Il est significatif que la prochaine grande révélation de WikiLeaks concerne justement le secret bancaire ! Il est possible aujourd'hui, grâce aux nouveaux systèmes médiatiques, de s'attaquer à ces espaces occultes. Ce pouvoir est comme celui des vampires, la lumière le dissout, le réduit en poussière. On peut espérer que, grâce aux nouveaux médias numériques, ce sera au tour du pouvoir économique et financier d'être désormais interrogé et dévoilé.

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Dans son livre "Hugo Chavez. ma première vie", le journaliste et essayaiste espagnol Ignace Ramonet a recueilli des témoignages sur la manière sont s’est forgé le leader vénézuélien devenu un mythe.

Dans l’une des conversations qu’Ignace Ramonet a eu avec Hugo Chávez, ce dernier lui a demandé combien de temps durait un discours d’un président français. Ramonet a répondu que, parfoisdans des cas exceptionnel comme lors d’une campagne électorale, il pouvait durer une heure. "J’ai besoin d’au moins quatre heures seulement pour démarrer", a répondu le Président vénézuélien. De ce goût du monologue ils ont tiré plus de 100 heures de conversation, à partir desquelles Ramonet a écrit ‘ Hugo Chávez. Ma première vie ‘, le livre qui publie maintenant en Espagne la editorial Debate

Chávez, le président qui a juré "de transcender le capitalisme par la voie du socialisme et toujours plus, dans une démocratie", s’est converti en tout un symbole des processus de changement qui arrivent l’Amérique latine. Mais Ramonet ne traite pas de son oeuvre comme le dirigeant de la Révolution Bolivariana qu’il a initiée quand il est arrivé au Gouvernement en 1998. Pour sa part, il préfère expliquer qui était Chávez avant de se convertir en symbole universellement connu, quelle enfance a été son enfance, comment s’est formé le leader qui, après avoir échoué dans une révolte militaire, n’a pas arrêté de gagner des élections jusqu’à sa mort le 5 mars 2013.

Dans son livre il a retracé" la première vie de Hugo Chávez jusqu’à ce qu’il gagne les élections de décembre 1998 et forme le premier gouvernement. Quelles sont les clés de sa biographie qui lui ont permis d’arriver à être président ?

Chávez est une énigme, un leader très exceptionnel. Il n’est nul besoin d’ être politologue pour se rendre compte qu’il sort de la norme de tous les leaders latino-américains. Depuis Fidel Castro il n’y a pas eu un dirigeant capable d’influer sur la problématique latino-américaine comme l’a fait Chávez. L’objectif du livre est d’aller chercher les sources qui l’expliquent, l’explication de comment s’est créé Chávez.

Quatre traits de son enfance expliquent ce phénomène. En premier lieu, et comme peu de gens le savent, Chávez a eu une enfance pauvre. Il a été un enfant paysan et un marchand de sucreries dans les rues. Pour lui la pauvreté est un état qui ne lui fait pas peur et qu’ à la fois, est vécu comme une injustice profonde dans un pays si riche. La deuxième clé consiste en ce que, depuis l’enfance, il a le désir d’être un artiste, il veut être un peintre et un poète, il est créatif. Troisième, c’est un bon élève, un "bûcheur". Il était toujours le premier à l’école primaire, dans la secondaire et à l’académie militaire. Évidemment, c’est un enfant qui a un quotient intellectuel hors norme. L’autre clé est sa passion par le sport et la culture de l’effort qu’il en retire.

Jusqu’à l’âge de 18 ans il n’est pas en contact avec la politique, il la découvre dans l’Académie Militaire. En réalité ce qu’il connaît bien depuis sa petite enfance est l’histoire populaire du Venezuela telle que l’a lui a racontée sa grand-mère, qui a une importance capitale dans sa vie. Avant tout, il était une autodidacte. Il a une formation académique et en même temps il sait faire de tout avec ses mains, grâce à son passé paysan et sa carrière militaire. Il sait cultiver du maïs et réparer un tank. Quand il a commence à s’intéresser à la politique sa ligne principale était le nationalisme, l’idée que le Venezuela a été un grand pays, le libérateur de l’Amérique latine. Il en résulte que il s’attache à la figure de Simón Bolívar. Dans une certain mesure, Chávez se voit comme le Bolivar du XXIe siècle, celui qui va entreprendre la deuxième libération de l’Amérique latine.

Chávez rompt avec les formes classiques de la gauche en Amérique latine.

Chávez n’est pas issu de la tradition des partis, il surgit précisément quand les partis traditionnels s’écroulent. Son mouvement pour un Ve la République naît autour des mouvements sociaux et populaires. Il est un militaire qui se soumet aux élections et arrive au Gouvernement avec un projet de régénération politique. Quand il gagne les élections il n’est pas vu comme socialiste et ilne se présentera pas comme tel jusqu’à 2003 ou 2004, après le coup d’État de l’oligarchie. En principe, il est défini comme quelqu’un qui veut remettre le Venezuela debout qui veut un Etat plus juste , une régénération politique. Bien qu’il passe des accords avec les partis politiques traditionnels de gauche, il n’en est pas issu, comme Raphaël Correa et Lula viennent du mouvement social, comme Evo Morales, dans une certain mesure.

Comment réussit-il a provoquer l’enthousiasme et la reconnaissance des classes populaires vénézuéliennes ?

Il devient populaire de jour au lendemain. Il passe de l’icongnito absolu à la popularité totale en quelques seconde. Cela arrive quand il est à la tête de la révolte militaire et qu’il intervient à la télévision, en parlant en direct. Dans son intervention il dit à ses compagnons qui continuent de combattre de se rendre. Dans cette intervention que tout le pays regarde il dit deux choses qui ont eu un grand impact sur tous les Vénézuéliens. La première, consiste en ce qu’il assume personellement la responsabilité de la révolte. En ce temps- là, aucun homme politique n’assumait la responsabilité de ses fautes, tous les renvoyaient sur les autres. De ce fait il apparaît comme un homme honnête. Le deuxième fait est dans ce"pour l’instant" qu’il prononce, et qui indique qu’il a l’intention de ne pas abandonner mais de recommencer.

Alors qu’ il est déjà dans la prison, sur tous les murs apparaissent des slogans peints des "Viva Chávez". Lors du carnaval qui intervient peu de semaines après, beaucoup de familles habillent ses enfants avec l’uniforme militaire et le béret rouge qui le caractérisent. Son aspect est populaire, il ressemble à un Vénézuélien, chose qui n’était jamais arrivée à aucun dirigeant du pays. Il est un sang mêlé d Indien, de Noir et d’Européen, les trois racines vénézuéliennes. Il parle comme un Vénézuélien, franchement et avec simplicité. Les gens ont vu dans lui un reflet de ce que nous pourrions imaginer comme le peuple idéal du Venezuela.

Le livre traite d’une facette peu connue de Chávez, celle de l’intellectuel qui n’a jamais arrêté de lire et de se former théorique et politiquement. De quel type d’intellectuel s’agit-il ?

Chávez est avant tout une personne qui aime lire et aussi un autodidacte. Pendant qu’il se forme à l’Académie Militaire il prépare un doctorat qu’il n’a jamais présenté, mais il écrit une thèse sur les transitions, dans laquelle il s’intéresse en particulier à l’espagnole. Evidement comme beaucoup d’autodidactes, il a une formation un peu chaotique: il lit en fonction des livres qui lui tombent sous la main. Parmi ceux-ci il y a les oeuvres de Marx, de lénine, du Che Guevara ou des théoriciens de la Révolution chrétienne. De plus, il a la chance d’avoir quelques professeurs de grande qualité. Il se forme à leur contact et devient professeur dans l’université de théorie et de pratique militaire. Peu à peu, il se forme une conception bien précise de ce qui doit être un gouvernement qui est au service du pays.

En attendant, il est pris après la révolte militaire, il a transformé la prison en espèce d’université. Il a sollicité des professeurs pour qu’ils donnent des cours de lecture, des exposés sur les livres … Ils Utilisent la prison comme une faculté complémentaire. Il( allait toujours avec deux ou trois livres sous le bras et quelques crayons. D’une façon surprenante, Nietzsche lui plaisait beaucoup , il citait toujours le Zaratustra.

Il a été accusé d’avoir donné un rôle excessf aux militaires dans le gouvernement

C’est vrai. Il est issu de l’armée, c’est un homme qui connaissait bien les forces armées. Pour lui lacadémie militaire a été la principale école de vie, de formation politique et de dirigeant. Evidemment, il estimait que l’armée vénézuélienne était corrompue, vendue, aliénée, au service de l’impérialisme, dirigée par les fonctionnaires nord américain installés au sein de l’Etat major. Mais dans cette même armée c’est là où il va construire diverses structures d’appui à la rébellion militaire.

Après sa sortie de prison, , Chávez a décidé d’aller aux élections, contre l’avis de beaucoup de ses compagnons qui continuaient de parier sur la voie militaire. Il entre dans le jeu démocratique mais en s’appuyant sur l’Armée, qu’il met au service du peuple, en utilisant toutes ses ressources et infrastructures pour les politiqueq sociales . Dans les pays du Sud, où une grande partie des administrations publiques ne fonctionnent pas, l’Armée est une institution efficace. Il s’appuie sur les militaires, oui, mais quand il va constituer son premier gouvernement il le fait sur la base des partis de gauche existants, ceux qui l’avaient appuyé et ceux qui ne l’avaient pas appuyé. Il n’y a pratiquement pas de militaires à ce moment là dans l’exécutif. De plus, c’est la même Armée qui lui inflige un coup d’État en 2002.

Nous voyons sa lucidité révolutionnaire et démocratique quand il désigne son successeur, Nicolas Maduro. Il pourrait choisir un militaire, ce qui aurait été le plus simple. Mais il choisit la voie la plus difficile route, il choisit un civil et quelqu’un qui n’a même pas de grande responsabilité dans le parti. Parce qu’il sait que la continuité de la Révolution exige que les militaires obéissent au civil.

Les médias ont joué un rôle important dans l’opposition envers Hugo Chávez, au Venezuela et dans le reste du monde. Toutes les grandes entreprises et conglomérats de la communication ont essayé de le discréditer. Comment expliquez vous ce phénomène ?

Le même phénomène existe dans d’autres pays ayant des processus semblables, les médias attaquent aussi Correa, Evo Morales, Cristina Fernández et Lula et Dilma. Le Venezuela, fut le premier pays, à avoir été transformé en exemple du fait que "le Gouvernement veut contrôler les médias".

Quand Chávez triomphe en 1998 les deux partis qui ont alternativement gouverné en Venezuela depuis 40 ans s’écroulent. Après avoir perdu les élections avec des résultats catastrophiques, les conservateurs de Copei et les social-démocrates d’Action Démocratique ont perdu tout le prestige. Alors, la fonction de l’opposition est assumée par les médias, les grands journaux et les télévisions.

Se sont les médias qui impulsent le coup d’Etat contre Chávez en 2002. La television manipule les images en montrant que des tireurs chavisters s’en prennent aux manifestants de l’opposition. Ce qui fait qu’il y a beaucoup de militaires qui disent: "Nous ne pouvons pas permettre que Chávez tire sur le peuple!”et se joignent au coup d’État. Plus tard il a été prouvé que les tireurs étaient mercenaires payés par les putschistes. A ce moment, une assemblée civile assume le pouvoir avec tous les grands entrepreneurs du pays, est nommé présisdent le dirigeant du patronat et tous les maîtres des médias appartiennent à ce milieu et ils sont encensés par les golpitas. 48 heures après Chávez revient au pouvoir. Et, bien que ces médias soient ceux qui ont promû le coup, il ne les interdit pas. Comme démocrate convaincu, il leur permet de poursuivre leur travail. Ces médias ont continué à conspirer jusqu’à aujourd’hui. Ils sont tous violemment antichavistas. Ce qu’a fait Chávez ça a été de développer des alternatives, comme la télévision publique ou les médias communautaires.

El PaÏs a titré en espagne le jour où ils ont démis Chávez “La chute d’un caudillo", le mot caudillo a en Espagne un sens très concret. Comment est-ce que l’on peut qualifier Chávez de Caudillo? C’est absurde. Précisemment dans ce pays où les militaires ont fait chuter la République.

Après sa mort qu’est ce ce que le Venezuela a conservé de Chávez?

C’est un Venezuela très différent de celui qui l’a vu arriver au pouvoir. C’est un Venezuela dans laquelle 10 millions de citoyens sont sortis de la pauvreté et dans lequel il n’y a plus d’analphabétisme. C’est un Venezuela avec le plus grand nombre d’étudiants dans les amphis des écoles et des universités que tous les pays latino-américains. C’est le pays qui a créé un système public de santé, qui n’existait pas. C’est un pays qui grâce aux missions a réparti un bien-être entre toute la population. C’est un pays qui cette année va distribuer 325.000 logements aux familles les plus humbles. Un pays qui a créé un système de pensions pour ceux qui n’ont pas pu cotiser pendant des années, comme les travailleurs précaires et les femmes au foyer. C’est un pays en pleine construction d’infrastructures : ils construisent des chemins de fer, des métros et des aéroports. C’est un pays qui construit un Etat de bien être et paie sa dette sociale, en utilisant les ressources du pétrole pour essayer d’élever la société à un niveau de citoyennenté qui corresponde à une puissance, comme le voulait Chávez. C’est le pays qu’a laissé Chávez.

Est-ce un pays sans problèmes ? Non tel n’est pas le cas . Bien que la presse donne toujours une image chaotique du Venezuela, ses citoyens n’ont jamais vécu mieux que maintenant. De fait, beaucoup des bénéficiaires de ces mesures sociales aujourd’hui forment déjà une classe moyenne et la classe moyenne on le sait ne vote pas de la même manière que les classes populaires. Electoralement, nous allons voir le changement.

Pourquoi cette figure est-elle si difficile à comprendre depuis l’Europe, y compris par les progressistes ?

Qui est Chávez? Il est l’homme qui a porté un coup d’État au président de l’Internationale Socialiste , Charles Andrés Pérez. Évidemment, il y a toute la social-démocratie derrière lui. Quand il a gouverné le Venezuela il a été déssaisi par un tribunal pour corruption. Une partie de son argent a servi à aider à beaucoup de Partis socialistes, et parmi ceux-ci le parti socialiste espagnol.

Charles Andrés Pérez était-il un socialiste ? Probablement comme Mubarak, qui était aussi président de l’Internationale socialiste . Ou aussi socialiste que Ben Alí, qui a été vice-président. Un socialiste qui a été l’un des dirigeants les plus corrompus de l’histoire du Venezuela, un homme qui a conduit une répression brutale contre la gauche vénézuélienne en étant ministre de l’Intérieur avec Rómulo Betancourt. Il était un socialiste qui n’avait rien de socialiste. Le problème de Chávez a été d’expliquer aux social-démocrates européens que le vrai progressiste était il et pas ce dirigeant corrompu qui servait seulement à l’oligarchie et qui a été celui qui a introduit le paquet néolibéral qui a conduit à l’insurrection de 1989, le Caracazo. Pour beaucoup de gens Chávez ne peut pas être de gauche parce qu’il s’est opposé à un social-démocrate.

Le modèle bipartiste sorti de la transition après la chute de la dictature militaire était complétement épuisé, des scandales de corruption dans les partis, la crise économique, l’augmentation de la brèche entre pauvres et riches produite par politiques néolibérales, un pays noyé par la dette et quelques gouvernements obéissants au FMI. C’est le Venezuela au début des années 90. Un scénario similaire, malgré de grandes différences , qui existe dans quelques pays d’Europe. Est-il possible que surgissent aussi en Europe de nouvelles forces politiques qui rompent avec le modèle comme cela s’est passé en Amérique latine ?

Il y a quelques organisations politiques de gauche, critiques de la situation qui existe en Europe qui commencent à s’intéresser aux modèles latino-américains commencent . Alexis Tsipras, le leader de la Syriza grecque, est un homme qui ne cache pas son admiration par Chávez et il l’a cité dans quelques occasions. En France, Melenchon dirige le Front de Gauches et il ne cache pas qu’il admire Hugo Chávez. Il ne s’agit pas d’imiter évidemment Chávez, parce que les réalités sont très différentes. Mais il y a de plus en plus de similitudes.

La crise est un prétexte pour démanteler l’État providence. Chávez est la démonstration de ce que l’on peut reconstruire cet État du Bien-être, que l’on peut y croire. Il ne s’agit pas d’imiter ce qui est fait en Amérique latine, mais oui s’inspirer de quelques solutions qui ont été les siennes. Pourquoi nous est-ce que nous élisons des présidents si quand ils sont élus ils se limitent à prendre le téléphone et demander à Bruxelles ce qu’il faut faire ? Eux aussi ont subi cette crise de la démocratie. L’une des fonctions du livre est de diaboliser Chávez pour comprendre son oeuvre.

Luis Giménez San Miguel / Público

Traduit par Danielle Bleitrach pour histoireetsociete

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